NA : Bonjour! Non, je ne suis pas morte! Plusieurs courriels m'ont été envoyés au cours des dernières semaines concernant cette histoire et je voulais vous dire que je ne l'ai jamais réellement abandonné. Le fait est que je travaille à temps plein (un boulot qui me demande beaucoup d'attention et d'énergie) et que je me marie cet été (youppi!), j'ai donc rarement l'occasion d'ouvrir mon ordinateur afin de passer quelques heures à écrire mon histoire préférée. Toutefois, comme je vous l'ai dit, je ne l'ai pas abandonnée. Je me couche tous les soirs en m'imaginant des scénarios qui la complèteraient; je n'ai simplement pas le temps ou l'énergie pour les écrire. Quand je mettrai à jour la prochaine fois? Je ne sais pas, mais je vous promets qu'il y aura une suite. Si je vous oublie, continuez de me harceler, j'aurai peut-être un soir comme ça où je pourrai publier un nouveau chapitre! Merci beaucoup pour tout!
Ceci est un gros chapitre que j'ai écris il y a quelques mois déjà. C'est très important de le lire jusqu'au dernier mot pour comprendre les prochains chapitres.
Merci encore!
Chapitre 8
Je venais de sortir de chez Agusto quand, la lumière éblouissant mon visage, je constatai que j'étais dans mes plus beaux atours. N'étant qu'à une dizaine de blocs de l'Institut Jefferson, je savais que la chose la plus logique à faire après m'être fait jeter la carte de crédit de Kurbinsky au visage aurait été d'aller m'acheter des vêtements derniers cris, mais je n'en avais aucune envie.
Attirée comme un aimant, je n'avais pas réfléchi plus d'une seconde à la porte du restaurant avant de me diriger vers l'Institut, directement vers le bureau d'Angela. Sachant que je pourrais profiter de cette promenade au centre-ville pour lui remettre les vêtements qui lui appartenaient, je les avais agrippés au moment de sortir de mon appartement et les avais glissés dans mon sac.
C'est ainsi que j'avais passé le quart d'heure suivant à descendre à dixième avenue jusqu'au Musée d'Histoire naturelle de l'Institut Jefferson. Marchant d'un pas vigoureux, profitant de ce rare moment de calme diurne, je respirais l'air frais du jour, sentant au passage les doux effluves émanant d'une boulangerie qui venait de terminer ses dernières brioches.
J'étais presque arrivée à mon but lorsque que j'aperçus le Hoover Building devant lequel je devais passer pour me rendre à destination. Je ne pus m'empêcher de penser à Booth. Le délicieux après-midi que j'avais passé avec lui la veille était bien imprégné dans mon esprit et sachant pertinemment que je devais m'efforcer de l'oublier dans le futur, je ne pouvais que me demander ce qu'il faisait à ce moment précis.
Soupirant, je secouai la tête, me redressai et m'efforçai de franchir les dernières centaines de mètres qui me séparaient de l'Institut.
C'est drôle de savoir à quel point l'apparence d'une personne influe sur la manière dont on se fait regarder. Alors que deux jours auparavant, quand je m'étais pointé dans cet établissement, on m'avait à peine regardé et les regards que j'avais reçus avaient été teintés de haine et de mépris; aujourd'hui, du haut de mes chics talons et dans un vieux tailleur que j'avais acheté à rabais il y a plusieurs années, non seulement je recevais des regards des gens, scientifiques, dirigeants, touristes que je croisais, mais j'avais aussi droit à des bonjours. Certains hommes m'avaient même ouvert la porte à plus d'une reprise.
Pénétrant à nouveau dans le labo qui m'avait précédemment coupé le souffle, j'avançai vers le bureau d'Angela d'un pas ferme et décidé. Traversant la pièce, passant par-delà la plateforme médico-légale, le lettrage de la salle d'autopsie attira mon attention. Me rappelant que la sérénité que j'éprouvais présentement était le résultat d'un petit comprimé que m'avait glissé Booth il y a quelques jours, je sentis le besoin de faire un détour.
Un calme serein. Une douce solitude. Un moment de sérénité.
Plusieurs personnes auraient trouvé ce fait sombre et morbide, mais pour le Dr. Camille Saroyan, les seuls moments où elle était en parfaite harmonie avec elle-même étaient lorsqu'elle avait les deux mains directement plongés dans les intestins refroidis d'une victime de meurtre. Personne ne voulait la voir extirper les trippes d'une personne qui avait été vivante i peine quarante-huit heures. C'était donc lors de ces moments qu'elle était enfin dans un état paisible, loin des insoutenables commentaires de Stires, loin des querelles entre Angela et Hodgins et surtout, loin de l'insupportable ton de voix de l'insipide Daisy.
Et c'est dans ce moment de quiétude qu'un frappement à la porte la sortie de sa torpeur.
« Docteur Saroyan? »
Elle leva les yeux, étonnée de ce qu'elle vit à la porte. Laissant tomber les boyaux qu'elle tenait dans ses mains, elle s'avança vers moi un regard suspicieux au visage.
« Miss Brennan! S'exclama-t-elle. Que me vaut l'honneur? »
- En fait, je venais remettre ces vêtements à miss Monténégro et j'ai pensé arrêter ici pour vous remercier.
- Me remercier?
- Pour ce que vous avez laissé à Booth, hier.
- Oh!
- Je sais que vous n'étiez pas obligée.
- Je suis médecin, j'ai prononcé le serment d'Hippocrate.
- Non, vous ne l'étiez pas. Personne n'aurait su si vous n'aviez rien fait. Je voulais vous remercier pour ça… et je voulais aussi vous assurer que… je ne suis pas une junkie.
- Je ne suis pas là pour vous juger.
- Mais vous le faites!
- Miss Brennan, je…
- Vous me jugez et il n'y a rien de mal là-dedans. J'exerce une profession mal perçue dans la société et je semble soutenir une dépendance aux drogues dures. Vous avez toutes les raisons du monde de me juger, mais je voulais que vous sachiez que je ne suis pas accro aux drogues.
- Je croirais le contraire. Le fait que vous ayez besoin de la méthadone le prouve, avait-elle finalement décidé d'être honnête avec moi.
- J'ai évidemment une dépendance physique à l'héroïne, mais je ne tente pas d'enterrer aucune douleur émotionnelle par la prise de ces drogues. Je ne les prends pas par plaisir, mais pas obligation. Je suis une prostituée de rue. Mes clients n'ont pas tous la grande classe et il m'arrive qu'on m'oblige à prendre des substances que j'aurais préféré ne jamais toucher. Lorsque je peux l'éviter, j'évite tout genre de drogues qui pourraient me causé des dépendances physiques ou psychologiques.
- Vous me semblez une femme intelligente et incroyablement rationnelle, miss Brennan, mais pourquoi exercez-vous ce métier pourri? Je n'y répondis point, je ne lui lançai qu'un sourire.
- Merci pour la méthadone, Dr. Saroyan, dis-je enfin en sortant de son bureau.
- Attendez, miss Brennan? Pourquoi vouliez-vous me dire tout ça?
- Je souhaitais vous faire comprendre. Je n'aime pas quand les gens ont la mauvaise impression de moi. Au revoir Dr Saroyan ».
J'avais jeté un dernier regard vers elle qui m'observait la bouche semi-ouverte alors que je quittais la pièce.
Fière de mon geste, je souris en traversant la plateforme vers le bureau d'Angela croisant l'arc de sa porte
« Je vous l'ai dit, l'assaillant devait venir de par derrière! » S'était écrié Michael Stires d'un ton passionné.
J'arrêtai nette ma marche
« J'ai retrouvé des traces d'acier inoxydable sur la partie antérieure de la clavicule et de l'hyoïde, avait répondu un autre homme plus petit, barbu le regardant droit dans les yeux.
- Il n'y a pas de blessures défensives, mais une luxation de l'épaule droite! Ce sont des blessures qui sont des conséquences avec une attaque par derrière.
- Alors comment expliquez-vous les traces d'acier?
- Est-ce que ce serait possible que vous vous querelliez à l'extérieur de mon bureau? Je suis sur le point de terminer la reconstruction faciale! S'était interposé Angela.
- La victime mesurait à peine 1m55. Une personne de 30 cm de plus aurait très facilement pu lui asséner les coups de couteau… Excusez-moi, dites-le-nous si on vous dérange! S'était-il écrié en remarquant ma présence.
- Oh! Euh! Excusez-moi, je ne voulais pas vous interrompre. Je voulais simplement redonner ses vêtements à miss Monténégro.
- J'ai fini ici! Avait dit le petit homme sortant en vitesse du bureau et m'accrochant, sans s'excuser, au passage.
- J'ai mieux à faire que de m'obstiner avec cet abruti », avait ajouté Stires avant de se diriger vers la porte.
S'arrêtant près de moi, il me regarda de son habituel regard méprisant et s'avança à mon oreille.
« N'oublie pas ce que je t'ai dit hier, tu m'entends? » Avait-il chuchoté si doucement que je l'avais à peine entendu. Néanmoins, le froid glacial de son ton avait quand même réussi à m'envoyer des frissons le long de ma colonne vertébrale. Sans me jeter un regard supplémentaire, il sortit de la pièce, me laissant soupirer de soulagement.
« Qu'est-ce qu'il vous a dit? Demanda Angela d'un ton suspicieux.
- Rien qui ne vaut la peine d'être répété.
- Désolée pour tout ce brouhaha! Les choses sont, au mieux, tendues ces temps-ci.
- Désolée d'entendre cela.
- Vous savez ce que cela veut dire? Hein?
- Non…
- Ça veut dire que je devrai ENCORE me chercher un nouvel emploi bientôt.
- Pourquoi ça?
- Je suis une de ces personnes qui ne vit pas pour travailler, mais qui travaille pour vivre. Si je n'aime pas mon boulot, j'en cherche un autre et ça finit là!
- Parfois, j'aimerais que les choses soient si simples, dis-je avec mélancolie.
- Je suis désolée! J'oublie parfois que des gens sont dans des situations pires que la mienne, me sourit-elle.
- J'ai ramené vos vêtements, changeai-je de sujet. Je les ai lavés. Tenez, dis-je en lui tendant ses vêtements.
- Oh! Merci beaucoup, mais c'était un don. Je ne voulais pas que vous me les remettiez. Je tiens à ce que vous les gardiez.
- Et moi, je tiens à vous les remettre. Je ne suis pas à l'aise à l'idée de garder quelque chose qui ne m'appartient pas.
- Si je vous les donne, ils vont vous appartenir.
- Je ne peux les accepter. Je ne souhaite pas profiter de la pitié ou de la générosité de personne ».
Elle s'arrêta de me parler une seconde et me regarda dans les yeux. Soupirant gaiment, elle tendit sa main vers les miennes et agrippa les quelques morceaux de tissus.
« Merci, dis-je alors qu'elle me libérait de ce fardeau.
- De rien, sourit-elle. Vous savez, je ne vous les ai pas donnés par pitié. Vous aviez besoin d'aide, je vous ai aidé. Que vous dormiez dans la rue ou que vous soyez millionnaire ne change rien pour moi.
- Votre gentillesse est appréciée.
- Vous voulez qu'on se tutoie? Je veux dire… nous avons porté les mêmes pantalons après tout!
Je laissai m'échapper un petit rire.
- D'accord, je veux bien.
- Tu sais? J'ai une pause qui s'en vient, tu veux prendre un café?
- Je ne sais pas, je n'ai pas vraiment d'ar… le temps.
- Je paie… comme une amie paye un café à une amie.
- Amie?
- On a partagé des pantalons, non? Sourit-elle.
- D'accord. Je ne suis pas certaine que le partage de pantalons soit un signe d'amitié, mais tu sembles être une personne qui a du goût en matière vestimentaire et en tant que nouvelles amies, si nous le sommes, je me demandais si tu pouvais peut-être m'aider à choisir une robe pour une soirée.
- Quel genre de soirées? Demanda-t-elle suspicieusement.
- Quelque chose de chic. Beaucoup plus chic que ce dont je suis habituée si tu comprends ce que je veux dire.
- Bien sûr. Laisse-moi finir la reconstruction faciale et je suis à toi pour le reste de l'avant-midi. Tu peux m'attendre dans le lounge au sommet de l'escalier, je viendrai te rejoindre dans quelques minutes.
- D'accord, dis-je en me retournant vers l'entrée de son bureau.
- Eh Angela! On m'a dit que vous aviez presque fini…Oh! Salut! »
Dans un coup de vent, il avait pénétré la pièce et tout l'air sortit de mes poumons. Comme par enchantement, Booth était apparu devant moi, beau, grand et fort comme dans mes souvenirs. La bouche entrouverte, le fixant rondement comme une truite hors de l'eau, je cherchais quelque chose d'intelligent à lui dire.
« S'lut, fut tout ce qui sortit de ma bouche.
- Pardon?
- Salut.
- Qu'est-ce que vous faisiez ici? Demanda-t-il me fixant du regard avec une étincelle d'intérêt dans le regard.
- Angela m'avait prêté des vêtements l'autre nuit, je suis venue lui ramener.
- C'est bien gentil de votre part. Vous auriez dû me les donner, je les lui aurais rendus.
- Je ne voulais pas vous donner un fardeau supplémentaire.
- Rien que vous pourriez me donner ne saurait être un fardeau, Bones! »
Sentant une grande chaleur me monter au visage, je rougis visiblement. N'arrivant pas à contrôler les aléas de mon corps, je pouvais sentir mes aisselles se moitirent et mon cœur battre un peu plus fort. Je devais sortir de là, au plus vite.
« Je dois sortir, dis-je avant de lancer un dernier coup d'œil à Angela. Angela, je vais t'attendre dans le lounge.
- Bien sûr », avait-elle dit avant de se retourner vers son écran d'ordinateur alors que je quittai la pièce.
Attendant que je sois bien loin de son bureau, Angela se retourna vers Booth et lui lança un petit sourire espiègle.
« La ferme, dit-il alors que le sourire d'Angela s'allongeait.
- Je n'ai absolument rien dit. Je ne suis qu'une fille avec sa tablette et son ordinateur qui termine une reconstruction faciale. Je ne porterai aucun jugement sur votre regard pétillant, l'odeur de transpiration qui vous suit depuis quelques secondes ou la rougeur de vos joues. Je ne dirais pas non plus que vous présentez tous les signes d'un béguin pour votre témoin.
- Vous avez complètement perdu la tête.
- Je n'ai fait que quelques observations.
- Eh bien, gardez-les pour vous.
- Si je vous dis que vous n'étiez pas le seul à avoir le béguin, que diriez-vous?
- Je dirais que je vous aime bien, Angela, mais que j'évite le plus possible de mélanger ma vie professionnelle et ma vie privée.
- Ha, ha! Très drôle!
- Alors qu'avez-vous pour moi? Changea-t-il finalement de sujet. Vous avez un visage?
- Dans quelques secondes… Vous avez des plans pour le week-end?
- Je croyais que j'avais été clair lorsque je vous ai dit que je n'étais pas intéressé.
- Je ne fais que la conversation, mon chéri.
- Si vous voulez le savoir, oui, j'ai des plans pour le week-end.
- Quels genres de plan? Sourit-elle alors qu'on entendit le bip indiquant la fin de la reconstitution facial provenant de l'ordinateur.
- Oh regardez, votre reconstitution est terminée!
- Eh voilà votre victime… Oh mon Dieu! Dit-elle en regardant à l'écran.
- Oh merde! »
Fixant bouche bée ce qui était apparu à l'écran, aucun d'eux n'était capable de bouger alors que le visage qui les fixait sans émotion était le mien.
