NA : Je suis de retour. Sincèrement désolée pour le délai, mais ce soir, me sentant plus inspirée qu'à l'habitude, j'ai ressorti cette histoire des boules-à-mites et me suis rendue compte que j'en avais beaucoup plus long d'écrit que de publié! J'ai donc quelques chapitres à vous proposer dans les prochaines semaines. Merci beaucoup pour votre intérêt et bonne lecture!
Précédemment : La reconstitution faciale de la victime a exposé un visage qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à Brennan, ce qui ramène les soupçons sur elle.
Chapitre 9
Caroline Julian n'était pas de celles qui aimaient se faire donner des ordres. En fait, toute sa vie, elle avait travaillé d'arrachepied afin de devenir la procureure en chef de la cour fédérale de Washington DC. C'est pourquoi que lorsque Seeley Booth simple, mais brillant agent du FBI l'avait appelée pour lui ordonner de faire une recherche extensive sur le passé d'une certaine Tempérance Brennan, elle lui avait rappelé qu'entre les deux, c'était elle qui devait lui donner les ordres. Pourtant, quinze minutes plus tard, elle pénétrait le centre des archives du FBI ronchonnant sur cet irritant, mais ô combien charmant, Seeley Booth qui avait le pouvoir de faire ce qu'il voulait avec tout le monde, y compris l'une des procureures les plus agressives de la ville.
« Seeley Booth! Hurla-t-elle dans en le voyant marcher d'un pas rapide vers son bureau, un beignet au bec.
- Eh! Caroline, vous avez ce que je vous ai demandé?
- Je voulais vous rappeler que je ne suis pas votre secrétaire! Maugréa-t-elle en lui montrant un dossier.
- Je sais ça!
- Je ne suis pas, non plus, commissionnaire ou recherchiste! Le FBI a du personnel pour ça.
- Je suis au courant, mais je ne voyais aucune personne d'aussi compétente que vous pour accomplir cette tâche! Qu'avez-vous trouvé?
Le regardant un instant, n'arrivant pas à croire qu'elle venait encore de tomber sous le charme du jeune agent, elle lui tendit ce qu'elle avait dans les mains.
- Je n'ai trouvé qu'elle seule Tempérance Brennan dans mes dossiers. Plutôt mince comme dossier d'ailleurs. Elle aurait aujourd'hui 35 ans. Fille de Matthew et Christine Brennan, on n'a pas de documentation à propos de son existence avant l'âge de deux ans.
- Ce qui pourrait indiquer que sa famille vivait sous un prête-nom.
- Ou que le dossier ait été perdu dans un incendie ou un déménagement. Elle aurait été élevée dans la banlieue de Chicago où son père était prof de sciences et sa mère comptable. Ses deux parents ont disparus quelques jours avant Noël en 1991, leur voiture ayant été trouvée vide à quelques kilomètres à l'extérieur de la ville avec des traces de sang sur la banquette arrière. Tempérance n'avait que 15 ans.
- Avait-elle de la famille pour s'occuper d'elle?
- Un frère qui a quatre ans de plus qu'elle et qui l'a aussi abandonnée avant le jour de l'an de la même année.
- Mince.
- Ce n'est pas tout. Les services sociaux l'ayant pris à leur charge, la jeune Tempérance se retrouve dans trois familles d'accueil en moins de cinq mois. Elle était sur le point d'avoir seize ans lorsque les services sociaux l'ont perdue de vue. La police locale prétendait qu'elle s'était enfuie de son domicile. Les forces policières ont reçu plusieurs plaintes concernant sa dernière famille d'accueil, mais aucune n'a été jugée comme fondée et donc, aucune accusation n'a été portée contre les parents.
- Elle devait vivre l'enfer dans cette baraque et a donc décidé de fuguer pour s'en sortir.
- Ce serait la solution la plus logique.
- Beau travail, Caroline, dit-il en pénétrant dans son bureau avant de tenter de fermer la porte.
- Ah non! Pas ça, refusa-t-elle en l'empêcher de s'enfermer dans son bureau. Vous allez me dire maintenant, chéri, pourquoi vous m'avait fait descendre dans ce sous-sol poussiéreux à perdre plus de deux heures de ma vie à regarder des microfiches!
- Enquête en cours.
- Et cette Tempérance Brennan est la victime?
- Non, un témoin.
- Je ne comprends pas.
- Regardez le visage de la victime.
- Jolie! Pauvre petite chose.
- Regardez maintenant la photo que j'ai prise de Tempérance Brennan plutôt cet avant-midi.
- Oh my!
- Exactement.
- Vous croyez?!
- Je l'ignore. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, Tempérance Brennan est une prostituée de rue. Selon ses propos, elle serait tombée sur la victime en revenant du boulot plutôt cette semaine.
- Vous croyez que c'est une suspecte?
- Jusqu'à ce que je voie son visage apparaître au lieu de la reconstitution faciale, j'aurais dit que non, mais voilà. Aurait-elle pu tuer cette fille parce qu'elle avait peur de la compétition ou qu'elle lui vole ses clients? Comment se fait-il que deux femmes qui se ressemblent comme des sœurs se retrouvent au même moment dans un trou pareil? Ça n'a pas de sens!
- On aurait aussi pu la tuer en pensant que c'était Brennan, vous y avez pensé?
À cette idée, il se redressa, une lueur de terreur se dessinant sur son visage.
- Vous pensez que ça aurait pu être une erreur sur la personne?
- Ce n'est pas le coin le plus sécuritaire de la ville, cher!
- Mmm.
- Qu'allez-vous faire?
- Pour l'instant? Elle est dans la salle d'interrogatoire, alors, je vais aller l'interroger.
- Pas si vite, bouton d'or! Vous ne croyiez tout de même pas que j'allais faire tout ce travail sans même vous demandez une ou deux faveurs en retour?
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous alors, Caroline?
- Premièrement, expliquez-moi pourquoi cette enquête vous tient-elle autant à cœur?
- De quoi parlez-vous?
- Je ne suis pas aveugle, je vous ai vu hier soir, sous une montagne de dossiers à travailler à des heures que vous auriez passé, normalement, dans une certaine arrière-boutique d'un certain bar à jouer à un certain jeu que nous connaissons tous les deux. Alors, je vous répète : pourquoi cette enquête vous tient-elle autant à cœur?
Soupirant, il regarda ma photo et secoua la tête.
- Il y a quelque chose qui cloche chez cette femme.
- La victime?
- Non, Brennan. Elle est beaucoup trop intelligente pour s'empêtrer dans un bourbier pareil et ne pas s'en sortir pendant plus de quinze ans.
- Comment pouvez-vous savoir qu'elle soit aussi intelligente?
- J'ai discuté avec elle… Elle n'est pas brillante… c'est un véritable génie! Elle pourrait bouffer toutes fouines de l'Institut pour déjeuner! Elle me jure qu'elle n'est pas accro et pourtant le creux de ses coudes est aussi coloré que le visage d'un boxeur. Lorsqu'on est allé manger une glace l'autre jour, j'avais l'impression qu'elle n'avait pas vue la lumière du jour depuis 5 ans.
- Vous avez mangé une glace!
- De tout ce que je viens de dire, ce que vous avez retenu, c'est que nous avons mangé une glace?
- Oui, oui, elle est super brillante! Génial, disait-elle avec sarcasme, mais vous savez qu'on ne fraternise pas avec les suspects.
- Elle n'était pas suspecte à ce moment-là!
- Elle vient du Northwest, Booth! Tout le foutu quartier est suspect!
- Caroline!
- Sweets l'interrogera pour vous!
- QUOI? Le gamin? Non! Mais, vous plaisantez!
- Vous croyez que je ne reconnais pas la petite lueur dans vos yeux quand vous parlez d'elle.
- Je n'ai pas de lueur!
- C'est la même petite étincelle que vous aviez quand je vous ai connu et que vous me parliez de l'avocate avec qui vous couchiez. Vous avez tout le corps qui sent le mâle en rut!
- Je n'ai jamais couché avec elle si c'est ce que vous craignez!
- Je l'espère bien! Il ne manquerait plus que ça!
- Alors, laissez-moi l'interroger!
- Si vous croyiez que je vais vous laisser ruiner mon affaire comme ça! Il n'en est pas question!
- Votre affaire? Depuis quand les petits homicides du Northwest sont votre affaire?
- Depuis que vous m'avez parlé d'une femme trop brillante qui est coincée dans un réseau de prostitution! Voilà, depuis quand! Maintenant restez assis sur votre bacon, je vais moi-même appelé Sweets et il interrogera miss Brennan », avait-elle finalement affirmé d'un ton ferme avant de passer la porte du bureau sans même lui dire au revoir.
Il s'affala sur son siège, les dents grinçantes et les poings serrés. Il n'aimait pas du tout le gamin, pas du tout. Il était bien trop jeune pour être pris au sérieux dans une salle d'interrogatoire et, il le savait fort bien, Brennan ne ferait qu'une bouchée de lui. Et ayant senti la bonne affaire, Caroline allait probablement mêler les mœurs là-dedans. Qui disait mœurs disait gang et qui disait gang disait Sully. Il soupira à nouveau, songeant sérieusement à aller au champ de tir attaquer deux ou trois cibles de carton.
C'est à ce moment qu'elle était entrée en coup de vent dans son bureau. Elle était encore plus furieuse que lui. Lui qui avait fait face à plusieurs reprises aux horreurs que pouvaient perpétrer la race humaine, il avait, pour une des premières fois de sa vie, réellement peur de ce qui se trouvait devant lui. Lui lançant des dars par les yeux, elle lança sur son bureau quelques liasses de billets verts, en petites coupures
« Voici la caution pour Brennan.
- Angela…
- La ferme! Mais qu'est-ce qui vous a pris de l'arrêter comme ça?
- Je n'avais pas le choix, les preuves s'accumulaient contre elle.
- Quelles preuves? Il n'y a aucune preuve! Tout ce que j'ai vu, c'était que la victime lui ressemblait beaucoup. J'ai vu un mec qui vous ressemblait comme deux gouttes d'eau hier à la télé et je ne vous ai pas accusé d'être un vampire!
- Quoi? De quoi parlez-vous?
- Relâchez Brennan!
- Je ne peux pas, pas tant qu'on ne l'a pas formellement questionné.
- Alors, questionnez-la formellement qu'on puisse aller faire les boutiques!
- Je ne peux pas puisqu'on m'a remplacé!
- QUOI?
- On m'a remplacé, je n'ai pas le droit d'interroger un suspect avec qui j'ai « fraternisé », avait-il dit en faisant des crochets avec ses doigts.
- AH! Je le savais qu'il y avait quelque chose entre vous deux.
- Il ne s'est rien passé, affirma-t-il lui lançant un regard sévère, mais apparemment, je suis le seul à le croire.
- Alors, quand est-ce qu'elle pourra sortir?
- Si tout va bien, et que Sweets la démet de tous soupçons, elle sera sortie en fin d'après-midi. Sinon, qui sait?
Angela soupira.
- Bien voilà pour mon après-midi de shopping! Dit-elle alors que Booth pouffa d'un rire moqueur.
- Vous croyiez vraiment la faire sortir avec quoi, 400$?
- 250, dit-elle en croisant les bras. C'est tout ce que j'ai de côté pour aller à Paris!
- Gardez-le alors, je suis sûr que Bones vous serait très reconnaissante de vous être sacrifiée de la sorte et, qui sait, peut-être que dans 40 ans, vous pourrez enfin aller à Paris?
- Pourquoi ai-je écouté mon père et suis devenue une artiste au lieu d'épouser un riche héritier? Se demanda-t-elle philosophiquement.
- Les deux ne sont pas mutuellement exclusifs.
- Et maintenant vous parlez comme Hodgins. Je vous laisse, je ne me sens pas appréciée à ma juste valeur ici. Camille m'a demandé de vous laisser ceci, avait-elle dit en sortant une enveloppe de son sac.
- C'est quoi ça?
- C'est l'identité de la victime.
- Margareth Whitesell, Chicago, Illinois? … Chicago? Beau travail, Angela! Pouvez-vous demander à Cam de comparer l'ADN de la victime avec celle de Brennan, s'il-vous plait?
- Eh! Je ne suis pas votre messager, dit-elle en prenant la porte. Si vous voulez faire un message à Camille, faites-le vous-même. Moi, j'ai 250$ à dépenser pour un bon avocat! »
À suivre…
Dans le prochain chapitre : Sweets interroge Brennan sous l'œil sévère de Booth!
