Découverte

Après ça, je décides de retourner dans ma chambre pour raconter à Sehun ce que Kris pense de nous, et surtout savoir ce qu'il en pense lui. Mais d'un autre côté, Kris a raison. Ces dernières semaines, j'ai agis de manière égoïste et n'ai pas pensé aux sentiments des autres. Et les sautes d'humeur que Sehun faisait de plus en plus régulièrement ne m'ont pas préoccupées. Il faut que je tire ça au clair. Je vais devoir avoir une conversation sérieuse avec lui.

Je prends une grande inspiration avant de rentrer dans la chambre. Sans prévenir. Et je le regrettes immédiatement. Sehun est allongé sur mon lit. Nu. Il... Il est allongé sur mon lit, complètement nu ! À poil ! Et... Et il se... Il se mast-

« Luhan ! Nan, c'est pas ce que tu crois, je... »

J'imagine que je suis encore plus rouge que d'habitude... Je recules, toujours en le fixant puis, quand j'ai dépassé le pas de la porte, je pars en courant dehors. Je cours aussi loin que je peux. J'atteris dans un parc et, les larmes aux yeux, je me recroquevilles sur moi-même et me laisse tomber dans l'herbe.

« Sehun.. Sehun, il... Il faisait ÇA sur mon lit... »

Je pleures de plus belle. Mais dans ma tête c'est bizarre. Ça doit être le choc émotionnelle. Parce qu'en fait, je ne sais pas si je pleures par apport à son acte ou si je pleures par apport aux sentiments qu'il éprouve pour moi et que je viens à peine de comprendre. Après m'être calmé, je flânes un peu et arrives devant un café, à la sortie du parc. Je ne sais pas pourquoi, mais je décides d'appeler Sehun.

« C'est moi, » dis-je en reniflant.

« Luhan, je suis désolé ! Désolé ! Je voulais pas, je v- »

« Dis, ça te dirais de venir boire un bubble tea avec moi ? »

« Hein?Heu... Je... J'arrive. »

Quelques minutes plus tard, je le vois arriver dans le café. Il est essoufflé, et sa veste est négligemment attachée : il a du se dépêcher. Il me cherche des yeux et, lorsque nos regards se croisent, une sorte d'électricité intense passe entre nous deux. Je frissonnes tandis qu'il s'approche d'un pas tremblant. Il s'assoit mais on n'ose ni parler ni se regarder. Cela dure de longues minutes.

« Qu'est-ce que ce sera ? »

« Un Bubble Tea Taro pour moi, s'il vous plaît. »

« Mettez-en deux. »

Après avoir reçu notre commande, nous ne parlons toujours pas. Je commences mon Bubble Tea. Cela me rappelle tout les bons moments que j'ai vécu avec Sehun. C'est lui d'ailleurs, qui m'a fait découvrir le Bubble Tea. Depuis, je suis devenu affreusement accro et on ne manque pas une occasion d'aller en boire ensemble. C'est un peu nos moments rien qu'à tout les deux, où on oublie tout le reste du monde. Tout les souvenirs remontaient au fur-et-à-mesure jusqu'à ce que j'arrive à ce soir. J rougis malgré moi et regardes enfin Sehun. Il n'a toujours pas commencé son à boire et fixe le vide, la tête baissée. De temps en temps, il ouvre la bouche puis la referme aussitôt. Il va pleurer, ça me donne envie de le prendre dans mes bras. Il faut que je le rassures, que je lui dise quelque chose, n'importe quoi.

« Il est vraiment bon, ce Bubble Tea. Allez, bois. »

Il ne me regarde même pas, se contente de hocher la tête et de boire une gorgée. Je souris. Il est vraiment parfait. Sexy et mignon à la fois, gentil et drôle... Parfait. Et dire qu'il est dans cet état à cause de moi...

« Désolé, » dis-je subitement.

« Pardon ? »

Il relève la tête, complètement ahuri.

« Désolé, je n'ai pensé qu'à moi récemment... C'est ma faute si tu vas mal mais je ne l'avais pas réalisé alors excuse-moi. »

Sehun rougit, ce qui est assez rare. Il rougit et frissonne.

« Luhan... Non. Hyung. Je suis désolé, c'est plutôt à moi de m'excuser... Je... Je suis jaloux et possessif quand j'aime quelqu'un. »

Il se tait pendant quelques secondes.

« Et je t'aime. Tu es la personne que j'aime le plus au monde. »

Je rougis, un peu désemparé.

« Ce qu'il s'est passé ce soir... Je voulais pas que tu vois cette partie de moi. J'étais un peu plus énervé que d'habitude, à cause de cette fille à qui t'envoies des messages. Et aussi parce que tu ne l'as dis qu'à Xiu Min. Désolé, je vous ai entendus... Puis j'étais frustré que tu ne m'aie rien dit. Que tu ne me fasses pas confiance pour ces choses là. Que tu dormes dans un lit à deux mètres de moi mais que je ne puisses rien faire. Rien te faire. Et comme j'étais frustré, j'ai pas réfléchi, je sais pas ce qu'il m'a pris. Je... J'ai vu ton lit et là... Là... » bégaye-t-il avec une expression paniquée.

« C'est pas grave. Oublions-ça. »

« Tu ne m'en veux pas ? » demande-t-il, abasourdi.

« Je t'aime trop pour t'en vouloir pour quoi que ce soit, » dis-je en me grattant la tête. « Je ne sais pas si c'est de la même manière que toi mais bon... »

Il sourit enfin.

« On rentre ? »

J'acquiesce et on marche lentement sous le ciel étoilé. On est très proche l'un de l'autre et on finit par se tenir la main.