Avertissement : le flash-back de ce début de chapitre est celle du script du film, tel qu'il aurait dû initialement se terminer.

10.

- Ce monde est un cadeau. De Nami et d'Ezra.

Yama et Albator se tenaient face à face. Yama remarqua quelque chose : Albator semblait miroiter comme un mirage de chaleur.

Albator baissa son sabre dont il braquait le tout jeune homme et lui tendit l'oscillateur dimensionnel.

- Mais si l'humanité faillit de nouveau, tu sais quoi faire avec ça. Ce voyage, aussi, forme un cycle éternel. Aussi longtemps que vivra l'humanité, la légende du capitaine Albator vivra elle aussi Peut-être pour toute l'éternité. Mais n'oublie pas, si un jour tu as besoin de moi, je reviendrai, ou plutôt ce sera à toi de me retrouver dans la mer d'étoiles et de me ramener.

Et, avec ces derniers mots, Albator s'évapora, laissant derrière lui sa cape, son bandeau et le gravity saber.

Depuis le transmetteur du vaisseau, un message parvint à la passerelle déserte de l'Arcadia.

- Ici la fédération solaire. Ceci est un avertissement. Rendez votre vaisseau immédiatement. A tous les survivants, abandonnez vos armes, et sortez du vaisseau. Le silence sera interprété comme de la défiance. Nous n'hésiterons pas à ouvrir le feu.

Les moteurs en matière noire s'allumant l'Arcadia revint tout entier à la vie.

L'Arcadia s'étant ranimé, il se prépara à s'arracher au sol terrestre.

Yama avança et prit la barre. Une forme semble s'extraire des ténèbres et Mimay réapparut.

- J'ai donné ma vie à Albator. Je vis pour l'Arcadia.

L'Arcadia ayant complètement fini son autorégénération, la matière noire ayant une nouvelle fois entouré le vaisseau, s'y étant infiltrée pour pénétrer aussi tous les corps et les ramener à la vie, le sol trembla alors que le cuirassé reprenait son envol, laissant dans son sillage la flotte de Gaïa.

Un autre voyage commençait pour le vaisseau maudit et son équipage pourvu d'un nouveau capitaine. (*)

- Mais je n'étais pas toi… Ça n'a pas fonctionné…

- Sans doute que ton âme n'était pas assez noire, préféra rectifier Albator. Tu as assisté à la renaissance de la Terre alors que moi je l'avais détruite ! Tu as fait un bon pirate.

- Il a pourtant fallu que Mimay m'amène sur sa planète, que j'y retrouve ton âme justement, pour te ramener à la place qui a toujours été la tienne ! Bien que je ne sois pas sûr que cela ait été le miracle que tu attendais !

- Je l'ai eu, plus tard, avec Myna, puis Alban… Là, c'est ce pauvre gosse qui ne me remerciera jamais d'être à l'origine de ses jours !

- Je vais effectivement libérer ce cuirassé de mon spectre et aller auprès de lui.

- Je te le confie, à nouveau.

- Et toi, sois très prudent. Gaïa a changé et sais désormais comment nous faire du mal.

- Ce n'est pas toi qui envisageais qu'on allie nos forces contre les Walkyries ? ironisa le grand pirate balafré.

- Je le pense toujours. On n'est jamais assez nombreux face à une menace commune.

- Je ne veux pas plus de Gaïa qu'ils ne veulent de moi. Je tenterai ma chance face à la matière rouge, le moment venu !

- Bourrique ! Au passage, je te conseillerais bien de ne plus te jeter dans une salle des machines au bord de l'implosion, ça t'a mis dans un sale état !

Pour toute réponse, Albator se contenta d'un dédaigneux haussement des épaules.


- De n'avoir aucun besoin, ça permet de savourer d'autant plus les petites choses, remarqua Kei en reposant sa tasse de thé.

- J'admire ton calme, avoua Yattaran. Notre situation n'est guère brillante et toi tu savoures une boisson !

- Il faut bien que je m'occupe en attendant que nous reprenions notre vol, rétorqua la blonde.

- On s'est fait complètement surprendre, ça ne se reproduira plus.

- Il y a intérêt, gronda Kei. L'Arcadia se régénère peut-être, mais qu'il se fasse trouer comme du papier à mâcher n'est pas bon signe du tout ! Ajoute à cela qu'on n'arrive plus à anticiper l'arrivée des vaisseaux de Gaïa, et on peut dire qu'on est mal embarqué !

- Et ça risque d'aller en empirant, prédit Mimay en rentrant dans la salle faisant office de cantine et de salon de détente. On devrait partir très loin d'ici, mais c'est tout l'inverse qui s'annonce.

- Des nouvelles du capitaine ? s'enquit Kei.

- Il dort encore. Il y a du saké ?

Et Yattaran fit glisser la bouteille vers la Niflung.


(*) Merci à The Beautiful Cleopatra qui, à l'époque, a traduit l'intégralité du script du film, dont le final est ici repris à ma sauce