Bonjour à tous ! Désolée pour ce retard mais j'ai eu quelques problèmes de connexion internet, d'ordi et de parents (pas nécessairement dans cet ordre...). Enfin bref, voilà le dernier chapitre. ^^ J'espère que vous l'aimerez. :)

Je poste l'épilogue bientôt !

Disclamer : tout est à Namco, bien sûr ! Sinon, l'histoire se serait bien fini !

*Chapitre 5 : Les jeux sont faits*

-LLOYD AURION ! Arrête ça tout de suite !

Yuan et Kratos se levèrent tous deux en hâte et s'avancèrent dans le couloir pour voir...un... un carton...un carton avec des jambes. Des petites jambes qui couraient vers les deux hommes, le portant loin d'Anna. Le carton laissa échapper un gazouillement...avant de se cogner aux jambes, bien plus grandes, de Kratos. Yuan haussa un sourcil, prit d'un doute et d'un pressentiment, mais il fut choqué lorsque Kratos, loin d'être surpris, souleva le carton, pour laisser place à un enfant d'un peu plus d'un an et éclata de rire en le prenant dans ses bras. Yuan eut un choc : Kratos a ri, Kratos a ri, il a ri... cette phrase tourna en boucle dans l'esprit du demi-elfe avant qu'il ne se rende compte de la présence de l'enfant. Ce dernier, à sa hauteur dans les bras de son père, le regardait de ses grands yeux bruns, identiques à ceux de Kratos. Il avait des cheveux châtains en désordre et un sourire grand et fier, plaqué sur le visage. Il tendit les bras vers Yuan, et celui-ci recula d'un pas.

-Yuan, Lloyd ne va pas te faire de mal, sourit Kratos.

-Je ne pense pas qu'il va me faire du mal ! S'insurgea le demi-elfe. C'est juste... tu sais bien que je ne suis pas doué avec les enfants.

-Tu n'es pas doué avec les gens en général, répliqua l'ex-séraphin.

-Hé !

Kratos ne dit rien mais eut un sourire auquel Yuan ne pu s'empêcher de répondre. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas eu une conversation de genre avec qui que ce soit. Une conversation exemptée des mots « espions », « traîtres », ou « missions ». Une conversation simple et banale. Etrangement, Yuan se surprit à savourer l'instant.

- Quel âge il a ?

- Il a un peu plus d'un an.

Le demi-elfe détailla l'enfant un moment. Il avait un visage d'ange et ses yeux brillaient d'une lueur éveillée et facétieuse. À la vue de ce qui vient de se passer et de son regard je pense que la vie avec ce gamin ne doit pas être facile tous les jours...

Comme si il avait entendu sa pensée, Kratos le regarda et hocha douloureusement la tête. Yuan souri et ouvrit la bouche pour demander confirmation, mais il fut interrompu par Anna qui remonta le couloir et vint se planter devant son mari, regardant son fils. Celui laissa échapper un son à mi-chemin entre le rire et le cri, et escalada son père pour aller se percher sur ses épaules.

- Lloyd, dit Anna, descend et viens prendre ton bain tout de suite !

- Nan !

- Oooh si !

- Naaaaan !

- Kratos, pourquoi a-t-il fallut que tu lui apprennes ce mot ?

- Euh...Je crois qu'il l'a apprit tous seul, déclara Kratos, penaud.

- Hum.

La jeune femme fronça les sourcils et Kratos fit descendre Lloyd de ses épaules, ignorant les protestations éperdues de son fils.

- Désolé, mais ta mère insiste, tu sais.

- Nan !

- Malheureusement...

Il tendit l'enfant à sa mère et celle-ci reparti après avoir rendu un sourire à Yuan.

Les deux hommes repartirent dans le salon en silence, Kratos avec un air mi-désespéré, mi-amusé Yuan un sourire gravé sur les lèvres.

-Je ne pensais pas...

-Yuan, l'interrompit Kratos, si tu fais un commentaire...

-Message reçu ! Dit Yuan en riant pour de bon cette fois.

- Il a l'air adorable, finit il par dire après un silence.

- ça, c'est parce que tu ne le fréquentes pas tous les jours... Il est surtout turbulent, mais il nous permet aussi de penser à autre chose. Pour ce qui est d'avoir l'air adorable, disons qu'il n'a que l'air...

- Je vois... Lloyd, hein ?

- Ce n'est pas vraiment le prénom que nous avions prévu au départ, expliqua Kratos, je voulais Asbel et Anna, Caliban. Et puis finalement, on est tombés d'accord sur Lloyd.

- J'aime bien.

Kratos ne répondit pas, mais il eut un sourire avant de reprendre.

- Qu'est ce que tu voulais dire, avant que mon fils n'intervienne ?

- J'abordais les sujets qui fâchent.

- Ha.

- Le barrage au Nord, il...

- Je sais, l'interrompit son ami, j'y vais tous les jours... ce n'est pas si loin à vol d'oiseau. Il ne désemplit pas et il tient avec le soutient de Forcystus... Lorsqu'il sera moins dense, on passera. Il ne tiendra pas éternellement.

- Ta femme non plus. Tu sais bien ce que l'exphère est en train de lui faire...Ce n'est pas prudent, d'y aller trop tôt, mais si tu prends trop ton temps, elle, n'en aura plus.

-Je le sais aussi. Et je ne veux pas que Lloyd se retrouve sans sa mère que se soit d'une manière ou d'une autre.

- Si ton plan échoue, il sera privé de vous deux.

-Arrêtes d'être aussi pessimiste, s'il te plait.

Yuan ne répondit rien. Il y a pessimisme et réalisme, songea-t-il pourtant, leur bonheur ne se compte qu'en années voir en mois...

-Bien je vais y aller.

Le demi-elfe se leva et remit sa cape. Kratos l'escorta en silence jusqu'à la porte, une fois qu'il en eu franchi le seuil, il se tourna vers son vieil ami.

- Je ne reviendrai pas ici.

Kratos fronça les sourcils, mais ne parut pas vraiment surprit.

- Pourquoi ?

- Il n'y a pas que moi qui suis à ta recherche, il serait dommage que l'on repère ma signature en Mana et que l'on vous trouve, ce qui est fort possible si je fais trop d'allées et de retours par ici.

Kratos l'observa avec perplexité tout d'abord, comme si il cherchait une quelconque embrouille, puis son expression se changea en reconnaissance.

- Pourquoi m'aides tu ainsi, Yuan ?

Il ne répondit rien, et se contenta de sourire. Kratos soupira et lui tandis la main. Yuan sentit une étincelle d'amitié comme il n'y en avait jamais eu entre eux.

- A dans longtemps je l'espère, mon ami, dit il.

Ils se serrèrent la main et le demi-elfe s'éloigna d'un pas furtif sans même se retourner. Il repensa rapidement à la question de Kratos. Peut être que je veux t'accorder un bonheur qui m'a été refusé, avait il eu envie de répondre. Mais il savait, et Kratos aussi, que jamais ces mots n'auraient pu franchir ses lèvres.

Les mois qui suivirent, Yuan s'impliqua totalement dans ses projets : gérer les renégats, s'occuper de Tethe'Alla, duper Yggdrasill en faisant semblant de rechercher Kratos, parcourant Sylvarant en long et en large.

Il y avait depuis, ce jour là une sorte de vide en lui. Un stress permanant et irrévocable que son ami soit finalement retrouvé. Bien sûr, il avait peur que la famille de Kratos soit découverte, mais la raison de ce stress ne tenait pas que de cela. Il savait que si les anges envoyés pour rechercher l'ex-séraphin arrivaient à la petite maison, ils repèreraient son mana. Il devrait alors s'expliquer à Yggdrasill. Et si celui-ci commençait à se méfier de lui, alors tous ces plans tomberaient à l'eau : Il avait besoin de la pleine confiance de Mithos. Car même si la trahison de Kratos avait renforcé la confiance du chef du Cruxis en lui, Yuan se savait un peu comme un funambule : près à tomber à tout instant. Il ne pouvait se permettre le moindre faux pas, car si il était découvert sur un point, tout le reste risquait de s'enchaîner. Et bien trop de têtes en dépendaient : la sienne, même si Mithos ne le tuerai peut être pas par respect pour Martel celles de ces lieutenants : Soren, Botta ; et celles de tous ses hommes. Et cela il ne pouvait surtout pas se le permettre.

Il avait su dès le premier jour que ce bonheur serait éphémère. Que cela se terminerait mal. Il le savait...Mais peut être court-on davantage après les choses quand elles ont plus de chances de nous échapper ?

Yuan courrait. De toutes ses forces. Il avait abandonné ses ailes, faute d'avoir l'impression d'aller vite. Il venait d'apprendre que les le barrage au nord venait d'être levé. Au départ il l'avait bien prit. Puis on l'avait informé qu'il s'agissait d'une décision de Kvar et non d'Yggdrasill. Et il avait paniqué. Car Kvar avait sans aucun doute tendu un piège à Kratos, trop humilié de ce qui c'était passé des années plus tôt et sans doute bien décidé à récupérer sa chère exsphère. Ces petites pierres commençaient à dégoûter Yuan.

Il était maintenant arrivé à la forêt d'Isélia. Il entra et la première chose qui l'accueilli fut un cadavre. Yuan se pencha au dessus et l'examina. Un demi elfe. La poitrine transpercée. Proprement et nettement. Il reconnu bien là le style de Kratos. Il était donc bien ici. Il y avait bien un piège.

Il se releva et reprit sa course, l'estomac noué. Tout lui échappait, la situation devenait hors de contrôle. Il slaloma entre les arbres, puis au bout de quelques centaines de mètres, s'arrêta. Il tendit l'oreille pour repérer le moindre indice sur l'endroit où il pourrait aller. Et ce fut ce qu'il entendit qui le choqua. Rien. Il n'y avait rien pas le moindre bruit. Aucun oiseau chantait, pas une feuille ne bougeait le vent lui-même semblait s'être arrêté. Ce silence lui rappelait trop celui qui avait suivit la mort de Martel. Ce silence lourd et pesant. Ce silence de deuil.

Il regarda frénétiquement autours de lui. Puis il entendit une immense plainte s'élever. Il sortit ses ailes et s'envola, jusqu'au lieu d'où provenait le cri. Il se posa avec une roulade, emporté par son élan. Yuan se redressa et analysa la scène en quelques secondes. Des cadavres jonchaient le sol mousseux, la terre était souillée de sang, et Kratos appuyé contre un arbre. Il s'approcha de lui. Kratos était avait le visage sale et des larmes avaient tracé des sillons sur ses joues, ses yeux grands ouverts mais totalement vides fixaient un point sans le voir. Dans ses mains une petite chaussure rouge et à ses pieds son épée. Yuan n'eu même pas besoin de lui demander ce qui venait de se passer. Les corps déchiquetés, la chaussure ainsi que son expression valaient toutes les explications du monde. Yuan s'avança un peu plus et tenta de trouver quelque chose à dire. Mais pouvait il vraiment compatir ? Perdre sa femme, ou pour lui sa fiancée, était une chose. Mais la perte d'un enfant était d'autant plus insurmontable qu'elle était injuste. Yuan se campa sur ses deux pieds et croisa les bras.

-Alors, tu vas m'aider ?

Le demi-elfe ne savait pas pourquoi c'était ces mots là qui avaient franchi ses lèvres. Kratos leva son regard vers lui et sembla mettre plusieurs secondes avant de le reconnaître.

-Tu sais ce que veux faire Mithos, non ? Je me fiche des humains mais il va impliquer Martel là dedans et la graine suprême ! Le monde risque de dépérir et en plus elle n'aurait jamais voulu que...

-Je m'en fiche.

-Quoi ?

-ça m'est égal. Tout est fini. Ce monde pourrit peut bien disparaître, je n'en ai rien à faire. Il ... ne me reste plus rien...

-Alors brise le seau d'Origin !

-Je m'en fiche, je te dis ! De toi, de Mithos, du monde et même de Martel, je...

Yuan le projeta au sol d'un coup de poing et tira son épée. Kratos ne réagit même pas et se contenta de se relever. Il était tel un cadavre doué de mouvements. Yuan ne supportait pas ce visage calme et inexpressif il avait envie de le briser. L'humain aurait être en colère, rebelle au système, pas dans cet état léthargique ! Il voulait que Kratos dise quelque chose, hurle ou même essaye de le tuer, pensant que c'était lui qui l'avait vendu. Il aurait préféré tout voir sauf cet homme brisé qui lui faisait face. Il s'avança, attrapa son col, brandi son poing et l'envoya de toutes ses forces.

-Comment ?! Comment peux tu même oser dire ça ?! Hurla-t-il.

Kratos ne se défendit pas et resta prostré dans la même position. Yuan prit son épée et tourna sa lame vers l'humain. Il prit de l'élan... mais abaissa finalement son arme avec un regard dégoûté.

-Tu ne mérites même pas que je t'achève.

Il se retourna, et partit. Kratos pouvait bien faire se qu'il voulait à présent, lui non plus n'en avait plus rien à faire. Il savait qu'il allait rejoindre le Cruxis et que dans les années qui viendraient ils seraient amenés à s'affronter. Yuan soupira. Il se sentait vide lui aussi. Si Kratos revenait au Cruxis alors il venait de perdre toutes ses chances de réunir les mondes et de libérer Martel d'une agonie éternelle.

Le demi-elfe tiqua. Si seulement il n'avait pas encouragé Kratos sur cette voie ! Cela lui aurait épargné bien des désillusions et aurait privé l'humain de bien des souffrances. Il savait pourtant que cette aventure finirait dans le sang et les larmes !

Mais Kratos avait lui aussi raison dans ce qu'il venait de dire : "tout est fini".

La partie de cartes à laquelle Yggdrasill et Yuan jouaient venait de s'achever.

Et il avait perdu cette donne.

Tout était fini.