Chapitre 2

Arya se tenait debout, à côté de son père, tous les deux vêtus de capes noires. Du coin de l'œil, elle distinguait d'autres Mangemorts, habillés à l'identique.

Face à eux, Lord Voldemort. Puissant, immortel, dangereux.

Un silence de plomb s'était installé et Arya ne pouvait s'empêcher de trembler.

-Mes chers fidèles, siffla Voldemort.

Sa voix n'avait été qu'un murmure mais il semblait à Arya que ses paroles résonnaient en elle.

-Ce soir, de nouveaux fidèles rejoignent nos rangs.

Le seigneur des Ténèbres se tourna vers elle.

-Viens, Arya Nott.

Frissonnante, elle s'approcha. Chaque pas résonnait sur le carrelage. Lorsqu'elle fut devant lui, les yeux de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom la fixa et ses yeux la sondèrent.

Elle s'agenouilla devant lui. Ses entrailles se nouèrent et son cœur s'accéléra.

Lentement, il fit glisser la capuche de la jeune fille. Libérés, ses longs cheveux noirs tombèrent devant son visage. Elle avait toujours la tête baissée, quand les doigts fins de Voldemort passèrent son menton.

Une légère pression lui fit lever son visage.

Le Seigneur des Ténèbres la regarda,, examina ses yeux, son nez, ses lèvres.

-Arya Nott. Veux-tu devenir Mangemort ?

-Plus que tout, Maître. C'est un honneur de vous servir.

Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Voldemort.

-Tends ton bras.

Arya s'exécuta. Le sorcier saisit son bras et enleva le tissu qui le couvrait. Il posa la pointe de sa baguette sur la peau blanche et immaculée de la jeune fille.

Pendant un instant, rien ne se passa. Puis une douleur se propagea dans tout son être. Une sensation de brûlure l'envahit.

Malgré la douleur, Arya ne lâcha pas une seconde les yeux de Voldemort. Lorsqu'il retira sa baguette et relâcha son bras, un éclair passa dans ses yeux rouges.

-Bienvenue parmi nous, Arya Nott.

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Arya se laissa tomber dans son fauteuil, dans sa chambre. Son regard se posa sur sa chambre comme si c'était la première fois qu'elle la voyait.

Elle regarda sa valise sombre, posée par terre, à moitié faite. Elle se leva avec nonchalance et rassembla rapidement quelques affaires. Elle partirait le lendemain pour Poudlard, faire sa 7ème et dernière année, en tant que Préfète et que Capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard.

N'ayant pas reçu l'insigne de Préfet-en-chef, elle supposait que c'était Lucius, son homologue qui le deviendrait. Tant mieux. Lucius était un élève exemplaire, toujours de bonne humeur, et Arya n'avait pas besoin d'une responsabilité supplémentaire.

Elle observa son insigne de Capitaine. Elle se souvenait du jour où elle l'avait reçue. Un sourire fendit son visage. Deux ans plus tôt, elle avait ouvert son enveloppe de Poudlard, et elle avait trouvé le petit C entouré d'un serpent.

Lorsqu'elle avait été sélectionnée, lors de sa deuxième année, elle était déjà une bonne joueuse. Si son jeune âge avait attisé la jalousie des autres candidats, ils l'acceptaient tout de même.

Durant toute sa deuxième année, le capitaine, Jordan Greenway l'avait pris sous son aile. Lorsqu'il quitta l'école, elle avait eut peur de ne pas être reprise.

Arya sourit à ce souvenir. Elle se revit, à 13 ans, munie de son balai, sur le terrain brumeux.

Cette année, pour la troisième fois consécutive, ce serait à elle de prendre de nouveaux joueurs, d'évaluer leurs compétences. Avec un petit soupir, elle se déshabilla et se glissa son la couette de son lit à baldaquin, avant de sombrer dans un sommeil léger.

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Le lendemain matin, bien qu'elle soit réveillée, elle garda les yeux clos. Pendant une fraction de seconde, elle avait oublié qui elle était devenue. Ce qu'elle était devenue. Qui elle était.

Elle se tourna sur le côté, et alluma sa lampe de chevet. Elle frotta ses yeux et se leva de son lit chaud, avant que la flegme la prenne et qu'elle se rendorme.

Elle s'habilla rapidement, et sortit de sa chambre.

Lorsqu'elle arriva dans la cuisine, toute sa famille était réunie. Raven, son frère, leva son visage vers elle, son éternel sourire sur les lèvres. Sa mère, Célia, lui adressa elle aussi un petit sourire.

Seul son père, figé dans sa froideur habituelle ne daigna pas lui accorder un regard.

Arya aurait voulu nier sa ressemblance avec cet homme, qui se disait son père. Elle aurait voulu dire qu'ils n'avaient rien en commun. Et pourtant, la jeune fille savait parfaitement à quel point elle tenait de lui.

Comme son père, elle avait la peau claire, comme son père, elle avait les yeux noirs, comme son père, elle avait les cheveux de jais. Elle lui ressemblait, et pas uniquement physiquement. Elle savait qu'émanait d'elle la même aura. Elle avait la même majesté dans ses gestes, les mêmes expressions que son géniteur.

Il l'avait faite à son image, elle était devenue ce qu'il avait voulu qu'elle soit. Il l'avait élevée comme on élève un guerrier, un futur roi. Il lui avait appris à être hautaine, impitoyable, forte. Il avait forgé sa personnalité sous les coups et les brûlures. Il l'avait faite sienne.

Il avait fait d'une petite fille peureuse une femme femme puissante et supérieure.

Comme tous les matins, Arya s'assit à côté de son frère, pendant que sa mère déposait sur son front un baiser léger.

-Bonjour Arya, dit-elle avec douceur. J'espère que tes affaires sont prêtes.

La jeune fille sourit.

-Ne vous en faites pas, Mère.

Mme Nott se servit une tasse de thé et remplit celle de sa fille.

-C'est votre dernière année, les enfants. Profitez au maximum.

Elle sembla hésiter quelques instants mais finit par sourire.

Alors qu'un lourd silence commençait à peser sur la cuisine, la chouette effraie de M. Nott tapa au carreau. Celui-ci se leva immédiatement, comme monté sur des ressorts.

Il tendit son bras à la chouette qui vint s'y poser. Il caressa ses plumes soyeuses et attrapa le journal qu'elle tenait entre ses serres.

Pendant que la chouette allait se percher sur une armoire sculptée, il déplia la Gazette du Sorcier.

Très vite, une moue apparut sur son visage.

Il venait de commencer de critiquer le nouveau ministre de la magie, quand Arya quitta la table.

Lorsqu'elle revint, une demi heure plus tard, ils étaient tous prêts à transplaner.

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Après avoir fait un signe de la main à ses parents, Arya monta dans le train, traînant derrière elle sa grosse valise. Plusieurs fois, des enfants surexcités la bousculèrent. Alors qu'elle avançait jusqu'au fond du train, elle croisa James Potter. Il lui adressa un grand sourire.

-Ah, Nott. Toujours capitaine, cette année ? Après le fiasco de l'année dernière, je pensais qu'ils donneraient le titre à quelqu'un d'autre !

Arya secoua la tête.

-Hors de mon chemin Potter. Je suis Préfète, je te rappelle.

Il haussa les épaules.

-Bah, t'as pas le droit de m'enlever des points. On a même pas encore démarré.

-Je sais, répondit Arya avec un rictus moqueur, mais il se pourrait que je trouve une ou deux excuses une fois à Poudlard.

Il leva les yeux au ciel, et repartit, après lui avoir lancé un '' bon voyage, Nott''.

Lorsqu'elle arriva enfin devant son compartiment, elle n'avait même pas esquissé un geste que déjà la porte s'ouvrait. Regulus Black apparut dans son champs de vision quelques secondes, avant de l'étreindre avec force.

-Salut Regulus, dit-elle, collée contre le torse du jeune homme.

Il la prit par les épaules et la gratifia d'un grand sourire.

-Comment ça va, Arya ?

Il s'effaça pour la laisser entrer dans le compartiment. Andromeda Black se leva et la prit dans ses bras, imitée par ses sœurs.

Regulus, en bon gentlemen, l'aida à mettre ses bagages dans le filet.

Bellatrix et Regulus la regardèrent un instant, comme s'ils cherchaient leurs mots.

-Alors, ça y est, lança Bellatrix. Tu en fais partie.

La jeune femme acquiesça, ne sachant que dire. Regulus lui sourit.

-Je comprends, répondit-il. C'est un peu étrange, n'est-ce pas ?

Alors que Bellatrix allait parler, Andromeda intervint, posa sa main sur le bras de son amie.

-Vous aurez toute l'année pour en parler.

A ce moment là, John Avery entra dans le compartiment, faisant diversion. Il salua ses amis et fit une révérence devant Arya.

-Mon capitaine, s'inclina-t-il.

-Relevez-vous, fidèle équipier, plaisanta la jeune fille.

Il s'assit et se tourna vers elle, un sourire malicieux sur son visage. Arya haussa un sourcil.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Les faucons de Falmouth ont gagné ! Chantonna-t-il. Six cent cinquante à quatre cent quatre vingt dix !

Arya leva les yeux au ciel.

-Vous avez pas encore gagné la finale, remarqua-t-elle. Les Flèches d'Appleby vont vous réduire en miettes.

-C'est ce qu'on verra.

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Auguste Nott s'approche d'elle, sa robe virevoltant à chacun de ses pas. Arya ferme les yeux, la joue contre le carrelage froid et se recroqueville sur elle-même.

Un sanglot silencieux secoue son petit corps et les larmes se mettent à couler sur ses joues. Une main glacée attrape ses cheveux et la force à se relever.

-Ouvre les yeux, siffle la voix de son père.

Arya obéit et l'image trouble de son salon apparaît devant elle. Elle laisse échapper un nouveau sanglot. Son père apparaît dans son champ de vision, baguette à la main.

-Arrête de pleurer, tu entends ? Tu es une Nott, sois fière de ton nom.

Elle sait ce qui va arriver. Du coin de l'œil, elle voit sa mère, le teint pâle, assis dans un fauteuil, les yeux fixés devant elle.

Il pointe sa baguette sur elle, le regard vide de toute émotion.

-Endoloris.

Une douleur indescriptible s'empare d'Arya. Elle ne peut plus réfléchir, elle veut juste que ça cesse. Elle tombe à terre. Ses os sont en feu, et sa peau brûle.

Soudain,, la douleur s'arrête. Elle tourne faiblement la tête, et voit sa mère qui la regarde. Il lui semble apercevoir des larmes sur ses joues. Au moment où Arya tend la main vers elle, les yeux remplis de larmes, suppliante, elle tourne la tête.

Un endoloris silencieux la touche au milieu du dos.

-Tu es trop faible ! Hurle M. Nott. Personne, jamais personne ne viendra t'aider, tu entends ?

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Arya se réveilla en sursaut. Elle cligna des yeux plusieurs fois et le compartiment lui apparu plus clairement. A l'aide de sa manche, elle s'essuya les joues, ayant l'impression que les larmes de son rêve étaient réelles.

Assis à côté d'elle, Lucius se tourna vers elle.

-Ça va Arya ?

Elle hocha la tête.

-Juste un mauvais rêve, ne t'en fais pas.

-Un mauvais rêve ou un mauvais souvenir ? Demanda-t-il, ses yeux gris reflétant son inquiétude.

La jeune fille le regarda, et ses yeux parlèrent pour elle. Comprenant immédiatement, Lucius passa son bras autour de ses épaules.

Ainsi enlacée, elle laissa son regard vagabonder sur le paysage qui défilait.

Elle se souvenait parfaitement de ce jour. Ce n'était pas la première fois que son père la battait, mais c'était bien la première fois que sa mère était là et assistait à la scène. Elle savait qu'elle n'aurait rien pu faire, mais … Quel genre de mère abandonne sa fille de la sorte ? Quel genre de mère laisse son mari frapper et torturer sa fille ?

Sa mère était faible, elle l'avait sans doute toujours été.

Ses yeux se posèrent sur le château de pierre qui apparaissait devant elle.

-On voit Poudlard, s'exclama-t-elle. On ferait peut-être mieux de se changer.