Chapitre 5
Adossée contre le mur, Arya fixait son avant bras. Le Maître l'appelait, elle devait le rejoindre. Tentant de paraître normale, elle descendit dans le parc de Poudlard. Le vent lui fouetta le visage.
Elle courut jusqu'à la lisière de la Forêt Interdite. Lorsqu'elle eut dépassé plusieurs arbres, elle ferma les yeux et se concentra. Elle n'avait pas encore son permis, mais elle pouvait transplaner, elle le sentait.
Destination, détermination, décision, pensa-t-elle.
Un tourbillon l'emporta. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle sut qu'elle était arrivée à l'endroit où elle avait été appelée. Elle se trouvait dans une pièce sombre, malgré le grand feu qui brûlait dans la cheminée. A côté d'elle se tenaient son père, Auguste Nott et Regulus Black.
Elle sentait que d'autres personnes étaient dans la pièce, mais elle ne distinguait pas bien leurs visages.
Le Seigneur des Ténèbres était debout devant elle.
Comme la première fois où elle l'avait vu, il lui sembla que la pièce devenait de plus en plus froide. Ses poils se hérissèrent sur ses bras et un frisson la parcourut.
-Mes Mangemorts, murmura-t-il. Mes fidèles compagnons.
Comme un seul homme, tous s'inclinèrent devant lui.
-Regulus Black, approche toi.
Regulus se releva, toujours la tête inclinée et s'avança vers Voldemort.
-Toi aussi, Arya Nott.
Stupéfaite, Arya s'exécuta et vint se placer devant lui.
-Vous êtes mes deux plus jeunes serviteurs. Et je dois savoir si je peux compter sur vous.
Les deux Serpentards restèrent muets. Arya sentait la puissance qui émanait de l'homme qui se trouvait devant elle.
Le Seigneur des Ténèbres les dévisagea.
-Laissez-nous seuls. Immédiatement.
Les autres Mangemorts obéirent. Lorsque la salle fut vide, Voldemort se retourna et fixa le feu.
-Avez-vous entendu parler de Mme Siavy, qui travaille au Ministère ? Elle a deux enfants, tous les deux scolarisés à Poudlard. Matthew et Angèle Siavy.
-Oui maître, répondit Arya. Ils appartiennent à Serdaigle, et sont en 5ème et 3ème année.
-Eh bien, cette femme a récemment publié, dans la Gazette du Sorcier, un texte sur les moldus. Selon elle, nous devrions nous intéresser un peu plus à eux, car ils sont, paraît-il, nos égaux.
Il se retourna et fixa Arya et Regulus.
-Je veux que vous alliez chez elle et que vous … la forciez à changer d'avis sur les moldus. Faites comme bon vous semble, mais je ne veux plus qu'un article de ce genre soit publié. Est-ce clair ?
-Oui maître, répondirent-ils.
-Excellent. Ne parlez de cette mission à personne. Je veux que vous vous occupiez d'elle avant les vacances des enfants.
-Ce sera fait Maître, murmura Regulus.
-Oh, et une dernière chose … faites-la parler sur l'Ordre du Phénix.
Arya acquiesça et se concentra pour transplaner. Elle sentit la main de Regulus attraper la sienne et ils réapparurent, une demi seconde plus tard, à l'orée de la forêt interdite.
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Pour la première fois de sa vie, Arya priait pour que le temps s'écoule le plus lentement possible. Chaque soir, elle et Regulus se retrouvaient dans la salle commune vide, pour parler du plan, mettre au point le moment où ils disparaîtraient de Poudlard.
Le plan était simple. Le Seigneur des Ténèbres leur avait envoyé des informations. Le Lundi, Mme Siavy était seule dans sa maison. Son plus jeune fils était chez ses grands parents, et le père ne rentrait de son travail que très tard. Aussi étrange que ça puisse paraître, personne n'avait réussit à recueillir la moindre information sur le mari. Peut-être était-il d'origine étrangère, mais en tout cas, aucun dossier du ministère ne mentionnait un certain M. Siavy.
La veille du jour J, ils se réunirent pour réviser une dernière fois le plan. Quand ils eurent fini, Arya rangea tous les documents dans un pochette.
Tout se passerait comme prévu. Le plan était parfait.
Le lendemain, Arya eut l'impression de vivre dans un rêve. Sa journée s'écoula très vite, sans qu'elle ne retienne quoi que ce soit. Vers 17h, comme chaque jour, les Serpentards rentrèrent dans leur salle commune, pour décompresser.
Très vite, chacun vaqua à ses occupations. Lucius partit dans son appartement, John et Severus jouèrent aux échecs, pendant que Narcissa, Andromeda et Bellatrix se promenaient dans le parc.
Arya et Regulus firent semblant d'être occupés à lire, à parler, jusqu'à ce que la grande horloge sonne 21h. Ils se joignirent à la foule d'élèves qui sortaient de la Grande Salle, pour retourner à la Salle Commune. Ils attendirent calmement que chacun parte se coucher. Une fois que la Salle fut vide, Arya et Regulus sortirent discrètement hors de Poudlard, et se dirigèrent vers le parc.
Lorsqu'ils furent sûrs d'être hors de vue, il se mirent face à face, se regardant dans les yeux.
-Tu es prête ? Demanda Regulus.
-Et toi ? Répliqua Arya.
Le jeune homme eut un bref sourire.
-Il est temps de prouver notre fidélité.
Arya ne l'avait jamais vu aussi sérieux. Il lui tendit le bras, et après un instant d'hésitation, elle le saisit, les yeux fermés.
Quand elle rouvrit les yeux, elle se trouvait dans une petite pièce accueillante. Devant elle se dressaient deux canapés et une petite table. Les murs orangés étaient ornés de photos, et plusieurs dessin enfantins y étaient accrochés. Des jouets s'étalaient sur le tapis beige.
Aussitôt, les deux jeunes inspectèrent la pièce. Lorsque 23h30 sonna, Regulus s'appuya contre la cheminée, pendant qu'Arya s'asseyait sur la table de la cuisine, tous les deux vêtus d'une grande cape noire.
Dehors, un craquement sonore retentit, suivi d'un grincement. Quelques secondes après, une femme d'une trentaine d'années entrait dans la maison.
Elle posa son sac à main dans son vestibule, après avoir accroché son manteau à un cintre et avoir allumé la lumière. Elle s'étira, et s'éloigna dans la maison. Aussitôt, Arya sortit sa baguette magique et lança un sort.
Regulus n'avait pas bougé d'un poil quand la femme entra dans le salon. Lorsqu'elle aperçut le jeune homme, elle se figea. Il leva la tête vers elle.
Pendant une seconde, le temps s'arrêta. Comme au ralenti, la femme attrapa sa baguette, mais Regulus la désarma. Alors que la femme se retournait pour s'enfuir, elle s'arrêta net en voyant Arya.
Se comprenant cernée, la femme se colla contre un mur et ferma les yeux.
-Inutile d'essayer de transplaner, répliqua Arya. J'ai lancé un sort.
La femme recula. Son visage pâlissait à vue d'œil.
-Qu'est-ce que je vous ai fait ? Murmura-t-elle.
Arya la contourna pour venir se mettre à côté de Regulus. Tous les deux retirèrent leur capuche.
-Dans l'un de tes articles, tu as annoncé que …
Regulus sortit de sa poche un journal, qu'il déplia. Il lui montra le grand titre.
-Mme Siavy, qui travaille au Ministère de la Magie a publiquement pris la défense des moldus, lors de la conférence de notre nouveau ministre.
Le jeune homme marqua une pause et dévisagea Mme Siavy.
-Il se trouve que cet article n'a pas plu au Seigneur des Ténèbres.
La femme écarquilla les yeux.
-Vous travaillez pour lui ? Mais … Vous n'avez même pas 20 ans !
Regulus pointa sa baguette sur elle.
-Endoloris.
Sa voix était étrangement calme, et ses yeux dénués d'expression. Les deux jeunes regardèrent Mme Siavy se tordre de douleur au sol.
Puis il leva le sort. Mme Siavy resta étendue par terre, les yeux fermés.
-Les moldus ne sont pas nos égaux, martela Regulus, en détachant bien les mots.
Il pointa de nouveau sa baguette vers elle.
-Compunctionis
Arya ne connaissait pas ce sort, qui appartenait sans doute à la magie noire. Mme Siavy poussa un hurlement déchirant. En d'autres circonstances, Arya aurait sans doute eu l'impression que ses entrailles se glaçaient, mais à l'instant, elle n'avait qu'une envie : mettre son pied dans la tête de cette pleurnicharde. Alors qu'elle croyait que ses oreilles allaient exploser, Regulus cessa le sortilège.
-Je suis pas sûr qu'elle ait bien compris, dit Regulus, un petit sourire sur le visage.
Il se tourna vers elle, et Arya leva sa baguette.
-Oh, pas de problème. Je pense qu'il faut doubler la dose.
Elle fit mine de réfléchir un instant.
-Carbones ignis.
Arya sentit la puissance du sort dans son être. Lorsque le sortilège toucha Mme Siavy, un sentiment de puissance s'empara d'elle. Cette femme était inférieure, il fallait la punir. Avec un certain plaisir, elle vit les larmes couler sur les joues de la mère.
Lorsqu'elle arrêta son sort, Regulus se tourna vers elle.
-Magnifique celui-là ! Où tu l'as appris ?
-Père a beaucoup de livres sur la magie noire, répondit-elle, un grand sourire sur ses lèvres.
A ses pieds, Siavy gémit de douleur. Regulus s'accroupit à côté d'elle.
-Tu as retenu la leçon ?
Pas de réponse.
-Bon, tant pis. Un dernier pour la route ?
Arya haussa les épaules.
-Endoloris.
De nouveau, le sort frappa la femme. Après l'avoir fait durer quelques secondes, Regulus fit signe à la jeune fille d'arrêter.
-Je pense que ça suffira.
Il attrapa Mme Siavy et la fit asseoir sur une chaise. Les yeux fermés, elle se laissa faire, totalement vidée de ses forces.
Regulus la secoua un peu. Ne la voyant pas réagir, il la menaça de l'attaquer encore une fois. Impuissante, Mme Siavy ouvrit ses yeux remplis de larmes.
-Qu'est-ce que vous me voulez ? Murmura-t-elle. Ce n'était qu'un article …
-On n'est pas là que pour l'article, la détrompa Arya.
Elle dévisagea Regulus. Ce dernier se passa la langue sur les dents. Voyant leur petit manège, Mme Siavy haussa difficilement un sourcil.
-Écoute, le plus simple, c'est que tu nous dises ce qu'on attend, et nous, on s'en va.
Arya se passa la main dans ses cheveux.
-Si je te parle de l'Ordre du Phénix ?
La réaction de Mme Siavy ne fut pas maîtrisée. Lorsque Arya prononça le nom de l'Ordre, elle sursauta. Se reprenant une seconde après, elle releva la tête avec force. Arya en fut presque impressionnée. Malgré les sorts qu'elle avait subi, elle les regardait avec une lueur de défi.
-Je ne vous dirai rien.
Regulus leva les yeux au ciel.
-Vraiment ?
Aussi rapide que le vent, Regulus la frappa au visage. Arya sortit sa baguette.
-Ne m'oblige pas à te forcer la main.
-Essaye pour voir, cracha-t-elle.
-Endoloris.
Cette fois, mue par sa volonté de fer, Mme Siavy n'esquissa aucun geste.
-Endoloris.
De nouveau, rien ne sortit des lèvres de la femme. Arya crispa ses doigts sur sa baguette.
-Legimens.
Surprise, Mme Siavy ne fit rien pour se défendre. Pendant un instant, Arya crut qu'elle avait gagné, quand elle sentit que quelque chose l'empêchait de voir les souvenirs de la femme.
Lorsque Arya rouvrit les yeux, une lueur de haine dans le regard, Regulus vit rouge. Cette femme leur résistait ?
-Endoloris.
Cette fois, Mme Siavy tomba au sol, le corps secoué de spasme. Après une bonne minute, il leva le sort.
-Toujours rien ?
Voyant que Siavy ne répondait pas, Regulus et Arya échangèrent un regard. Pendant que Regulus lui lançait un sort, Arya lui en envoya un autre.
La résistance de cette femme était impressionnante. Après quelques minutes de torture, elle ouvrit la bouche pour parler.
-Arrêtez, murmura-t-elle. J'ai trois enfants, vous ne pouvez pas me faire ça.
-C'est vrai, on ne devrait pas, admit Arya. Quel dommage que tu ne nous donnes aucune information.
-Diffindo ! S'exclama Regulus.
Une entaille déchira la chemise de Mme Siavy, et du sang commença à perler de la plaie.
Combien de temps s'était-il écoulé, Arya n'en avait plus aucune idée. A ce moment, elle ne pensait qu'à obéir au Seigneur des Ténèbres.
-Parle, ou ce sont tes gamins qu'on questionnera.
Un gémissement sortit de ses lèvres. Les deux Serpentards regardèrent Mme Siavy se tordre au sol, sanglotante, hystérique.
-Laissez les en dehors de tout ça, je vous en supplie … vous ne pouvez pas, s'il vous plaît … par pitié, laissez moi
Regulus et Arya échangèrent un regard. Une nouvelle fois, Regulus la tortura. Elle poussa un cri déchirant, entrecoupé de pleurs et de supplications.
A ce moment là, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant entrer un homme d'âge mûr. Un grand silence s'installa dans le salon. Il s'arrêta net en voyant le spectacle qui se déroulait devant lui.
Pendant une seconde, personne ne bougea.
-Va t'en ! Hurla Mme Siavy, dans un cri désespéré.
Mais Mr Siavy lâcha sa mallette pour se précipiter vers eux. Arya réagit par réflexe. En voyant cet homme courir vers elle, elle leva sa baguette.
-Avada kadavra ! S'écria-t-elle.
L'éclair vert heurta l'homme, qui s'écroula au sol pendant que Mme Siavy poussait un hurlement à glacer le sang.
Tâchant d'être calme, Arya s'avança lentement vers le corps de l'homme. Elle s'agenouilla et le retourna sur le dos. La réalité la frappa de plein fouet.
-C'est un moldu, murmura-t-elle. Ce n'était pas une menace.
Regulus releva la tête.
-Quoi ?
-C'est un moldu, répéta-t-elle, plus fort.
Hystérique, Mme Siavy se mit à crier, pleurer et hurler. Regulus lâcha un grognement et la visa.
-Endoloris.
Cette fois, lorsqu'il arrêta le sort, plus aucun son ne s'échappa de la bouche de Mme Siavy. Elle restait muette, les yeux fermés, les joues nimbées de larmes.
Les deux Serpentards la regardèrent un instant se tordre au sol, gémissante. Regulus attrapa le bras d'Arya.
-Il faut partir.
La jeune fille se laissa entraîner par son camarade hors de la maison, les yeux fixés sur le cadavre de Mr Siavy et le corps sanglotant de sa femme.
Ils descendirent dans le jardin, tous les deux un peu chamboulés. Ils passèrent le portillon, et se tournèrent vers la maison. Une dernière fois, Regulus sortit sa baguette.
-Morsmordre, murmura-t-il.
Un filet noir s'échappa de sa baguette et la marque des Ténèbres apparut au-dessus de la maisonnette.
Ils échangèrent un regard et Arya se sentit défaillir. Regulus la rattrapa par la taille et ils transplanèrent.
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Ce qui se passa ensuite, Arya n'en avait aucun souvenir. Lorsqu'elle se réveilla, elle était dans son lit, à Poudlard, bien qu'elle n'ait pas le souvenir de s'être couchée.
Elle se redressa un peu, malgré la fatigue qui s'emparait d'elle. Elle jeta un coup d'œil à la pendule accrochée au mur. Il n'était pas encore 4heures. Elle soupira et essaya de se rendormir. Après 10 minutes passées à revoir son meurtre en boucle, elle se décida à sortir un peu.
Elle s'habilla discrètement, pour ne pas réveiller ses amies. Après avoir enfilé sa robe de sorcière, elle attrapa sa baguette et sortit de la Salle Commune.
Ses pas la menèrent d'eux-même vers la bibliothèque. Elle y était allé si souvent, qu'elle aurait pu s'y rendre les yeux fermés. Elle força quelques instants sur la poignée avant de se souvenir de l'heure. Bien sûr que la bibliothèque était fermée à cette heure là !
Elle tourna les talons et décida de faire une ronde dans les couloirs. Au bout d'un moment, elle s'appuya au mur, et ferma les yeux. Elle s'apprêtait à tourner les talons quand elle entendit un bruit de pas. Une voix grave posa une question qu'Arya n'entendit pas. Une autre voix répondit et après un bruissement, il n'y eu plus que le silence.
Arya s'avança un peu. Devant elle, il n'y avait qu'un mur nu, sans autre ornement qu'un heurtoir. Elle fronça les sourcils et l'examina. Un tête d'aigle.
Elle se tenait devant la porte de la Salle Commune des Serdaigles. Elle allait partir quand une voix grave retentit.
- Je représente l'extérieur, ce qu'on veut montrer aux autres. Il faut se méfier de moi. Qui suis-je ?
Arya sursauta et s'éloigna, mine de rien.
Elle connaissait le principe de la Salle Commune des Serdaigles. Une réponse et pas un mot de passe pour rentrer. Puis, le pan de mur commença à bouger, alors Arya se cacha derrière l'armure rouillée posée dans un coin.
Étonnée, elle regarda le professeur Mcgonagall et un homme sortir de l'embrasure, accompagnés par deux enfants. Arya les reconnut aussitôt. Matthew et Angèle Siavy. L'homme commença à parler, lentement.
Arya n'entendit pas ce qu'il dit, mais le hurlement déchirant du petit garçon lui brisa le cœur. D'où elle était, Arya aperçut la fille, plus âgée, se mettre à pleurer.
Désespéré, Matthew se laissa tomber au sol. Angèle le prit dans ses bras, et ils pleurèrent ensemble, serrés l'un contre l'autre. Mcgonagall s'agenouilla à son tour.
L'homme lui resta bien droit. Il continua à parler, malgré la tristesse des deux enfants. Ses paroles firent redoubler les sanglots de Matthew.
Arya se plaqua la main sur la bouche. Les larmes commençaient à couler sur ses joues. Elle se laissa glisser contre le mur, silencieuse. Qu'avait-elle fait ?
Elle avait détruit la vie de ces jeunes. Elle avait tué leur père et torturé leur mère. Pire, elle avait pris du plaisir à le faire.
Elle enfouit sa tête entre ses bras. Elle revit le cadavre de Siavy, et les yeux vides de sa femme. Elle mordit sa main de toutes ses forces pour s'empêcher de hurler.
Ses yeux la brûlaient, et un goût de sang emplit sa bouche. Les cris de Mme Siavy résonnaient à ses oreilles.
-Votre mère a survécu. Elle est à St Mangouste.
Les deux enfants relevèrent la tête, les yeux baignés de larmes, reflets d'un chagrin qui ne s'effacerait jamais.
Arya se recroquevilla sur elle-même. Elle ne voulait plus entendre. Allongée sur le sol, derrière son armure, elle regarda les enfants se lever, les jambes flageolantes, et suivre Mcgonagall et l'homme, encore dans les bras l'un de l'autre.
Lorsqu'elle fut sûre qu'ils étaient hors de vue, elle se traîna sur plusieurs mètres avant de réussir à se lever. Elle courut dans le couloir, le plus loin possible des Siavy.
Ses sanglots à peine étouffés résonnaient dans le silence de la nuit. Elle s'appuya au mur, avec l'envie de se rouler en boule et de ne plus bouger.
Mais, reconnaissant l'endroit où elle se trouvait, elle se précipita sur le mur en face d'elle, frappant de toutes ses forces dessus.
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Lucius se réveilla brusquement. Il regarda l'heure. 14 h 16. Il s'apprêtait à se rendormir, quand il comprit ce qui l'avait réveillé. Quelqu'un était en train de tambouriner à la porte.
Il s'habilla de pied en cap, et sortit de sa chambre. Personne dans la salle commune. Étonné, il comprit que la personne se trouvait dans le couloir.
Il franchit les mètres qui le séparaient de la porte, qu'il ouvrit brusquement, prêt à piquer une crise. Son cri énervé mourut sur ses lèvres quand Arya s'effondra dans ses bras.
Elle s'agrippa à sa robe, le corps secoué par ses pleurs.
-Je ne voulais pas, sanglota-t-elle. Je ne voulais pas.
Elle enfouit sa tête dans le cou du Préfet-en-chef. Ce dernier lui caressa les cheveux, pour essayer de la consoler.
-Qu'est-ce que tu as fait, Arya ? Demanda Lucius, d'une voix douce.
-Je l'ai tué, hurla-t-elle, à moitié hystérique. Qu'est-ce que j'ai fait ?
Une éclair de compréhension frappa Lucius. Il se souvint de Voldemort, demandant à Arya et à Regulus d'avancer, pour leur donner leur première mission.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Murmura-t-il.
Arya lui raconta tout. Elle lui décrit la façon dont Mr Siavy s'était effondré sur le sol, après qu'elle l'ai tué, comment elle avait torturé Mme Siavy sans aucune hésitation.
-Je l'ai tué, Lucius, murmura-t-elle. Il est mort.
Ses jambes flanchèrent et le préfet-en-chef la rattrapa un peu avant que ses genoux ne touchent le sol. Voyant qu'elle était incapable de se tenir debout, il la prit dans ses bras.
-Il m'a obligée, Lucius. Je ne voulais pas, mais j'ai cru qu'il allait m'attaquer.
Lucius ne savait pas ce qu'il allait faire, quand une porte s'ouvrit.
-C'est pas bientôt fini !? S'écria Lily Evans.
Elle haussa un sourcil quand elle vit le visage baigné de larmes d'Arya.
-Mais qu'est-ce que tu …
-Désolés Evans, la coupa Lucius. Va te coucher.
Voyant que la Gryffondor ne bougeait pas d'un pouce, il se dirigea dans sa chambre, Arya toujours dans ses bras. Il ne voulait surtout pas que quelqu'un d'autre la voit dans cet état.
Il referma sa porte derrière eux. Arya continuait de murmurer qu'elle l'avait tué quand il la posa sur son lit. Ses yeux s'agrandirent par la peur en le voyant s'éloigner.
-Ne me laisse pas, murmura-t-elle, la voix étrangement éteinte.
Il attrapa sa main, et la serra dans la sienne. Il avait l'impression qu'elle était redevenue une petite fille.
-Je suis là.
Elle ferma les yeux. Lucius lâcha sa main, et remonta la couverture sur elle. Il installa son fauteuil à côté du lit, histoire qu'elle sente sa présence.
Il lui enleva une mèche noire qui lui tombait devant les yeux, et elle lui saisit de nouveau la main.
Même s'il était fatigué, il veilla Arya jusqu'à ce qu'elle plonge dans un sommeil agité. Au bout d'un moment, l'étreinte sur sa main se desserra.
Il la retira doucement, faisant bien attention à ne pas la réveiller. Et lentement, il sombra dans le sommeil.
