Je vous souhaite de bonnes fêtes et je remercie encore une fois ceux qui m'ont laisser des reviews (Peetniss -toujours :)-, Laura, Guim0veX5, Hutcher40) rien ne fait plus plaisir que de savoir qu'on est suivit.
Je précise aussi, pour répondre à Hutcher40 que je ne suis pas Hubert de Hunger Games France, mais Ivy de Gotham City. Bonne lecture :)
Chapitre 6
Le premier jour au centre d'entraînement, je suis anxieuse, car pour la première fois, il n'y a ni journalistes ni escortes qui nous séparent des autres tributs. Au contraire, nous sommes réunis dans une salle close, entourés d'armes plus meurtrières les unes que les autres.
- Vous êtes là pour représentez vos districts, pour porter vos couleurs avec honneurs. Ils vous ont choisis, prouvez-leurs qu'ils avaient raisons. Nous sommes là pour vous aidez à gagner les Hunger Games.
L'instructeur en chef est un beau parleur, j'ai presque envie de le croire et vu la tête de certains tributs, j'en conclus que je ne suis pas la seule. Assis dans un demi-cercle, je sais que les choses commencent maintenant. Mags nous a dit de faire attention à ce que nous faisons et disons, certaines choses peuvent nous sauver la vie d'autre nous condamner. Même si j'ai hoché la tête, je dois avouer ne pas totalement avoir comprit ses paroles.
- Certains seront tentés de rester aux stands d'armement, mais la plus par d'entre vous mourrons de causes naturelles : le froid, la faim, la soif, l'infection sont au tant à craindre que n'importe qui d'autre. C'est pourquoi je vous conseille de ne négliger aucune activité. Enfin, je vous rappelle que vous n'êtes pas dans l'arène : s'il vous plaît, ne commencez pas à vous entre-tuer.
Je me demande si c'est déjà arrivé, des tributs qui commencent à se battre dès le centre d'entraînement. Je n'ai pas le souvenir qu'on en est déjà parlé, ce qui me laisse penser que ça a du se dérouler pendant les premiers jeux… Quand personne n'était encore habitué aux Hunger Games.
Comme me l'a conseillé Mags, je vais d'ateliers en ateliers. Je prends garde à m'y retrouver avec des tributs différents, pour examiner leur comportement, leurs manières, leurs atouts. Certain seront mes alliés, d'autres mes ennemis. Mais peu de mots sont échangés, si bien que je me contente d'observer. Peu de groupes se sont formés : ceux du Deux et du Un restent ensembles, les deux tributs du Sept se suivent, les restes se sont séparés. Moi-même je me suis éloignée d'Hook, certaine que nous couvrirons plus de terrain ainsi.
Tout est si silencieux, quand on passe outre des instructions. J'ai l'impression que personne n'osent parler à voix hautes.
Si bien que quand nous quittons la salle, la seule chose que je peux répondre à Ezla quand il me demande comme c'est passé ma journée, c'est un haussement d'épaule.
Le deuxième jour est déjà plus mouvementé. Premier cris d'encouragement de la par du tribut du Un -Shone, si ma mémoire est bonne- quand sa compère -Lux ?- passe le parcourt. Des grognements de luttes pour ceux à l'atelier de combat au corps à corps. Le sifflement des armes au stand de tire.
De mon côté je me contente d'activités calmes : en compagnie de la fille du Six j'apprends à poser des pièges, le gars du Huit se montre particulièrement doué pour le camouflage, avec le gars du Trois j'apprends à faire du feu, les deux du Douze ne quittent pas le stand de survit. Je vois au loin le gars du Deux saisir un boulet et l'envoyer contre une cible mouvante.
Je lance un regard à Hook, celui-ci ne rate pas une seconde des agissements des tributs du Un et du Deux. Mags nous a dit de nous méfier d'eux et très vite je comprends pourquoi. Ils n'ont pas le même niveau que beaucoup d'autre.
Mais ce ne sont pas les seuls qui m'étonnent. Ceux du Sept et du Dix montrent plusieurs aptitudes impressionnantes : reconnaître un aliment comestible d'un autre, déplacer des poids. La fille du Dix notamment –Lisel je crois- montre un talent certain à manier le fouet, chacun de ses claquements me donner des frissons. Et je ne cesse de m'interroger : ont-ils été choisis pour leurs aptitudes ?
J'entends des exclamations sur ma droite et y découvre Hook au stand de tire. Certain se sont arrêtés pour observer et je le vois saisir une lance. Il la jette sur le mannequin et touche sa cible en plein cœur. Hook sourit et derrière lui, je vois les tributs du Deux acquiesciez d'approbation. Je grommelle : heureusement que Mags nous avait dit de ne pas montrer notre potentiel.
- C'est comme lancer un harpon, me dit Hook en s'approchant.
- D'accord, dis-je avec détachement. Je suis sûre que ça en impressionne plus d'un.
D'un coup d'œil, il comprend et se penche sur moi. Je crois qu'on nous observe.
- Tu es ma seule alliée.
- Pour l'instant, dis-je plus bas –je ne veux pas qu'on comprenne que nous sommes en désaccord. Mais quand tu serras dans l'arène, tu voudras sûrement quelqu'un qui puisse assurer tes arrières.
Je me lève sans lui laisser le temps de me répondre. Je suis un peu en colère contre lui, mais surtout contre moi. Je ne peux pas lui reprocher de mettre toutes les chances de son côté. Cette histoire d'alliés me taraude plus que ce que je ne veux bien avouer. Il est évident que nous ne pouvons pas nous protéger l'un l'autre et que nous avons besoin d'aide.
Mais plus important, je ne veux pas qu'on soit "les derniers". Il me faut quelqu'un pour faire le sale boulot. Quelqu'un qui pourra… Je n'arrive pas à formuler cette pensée. Je ne veux pas.
Je me dirige rapidement –pour qu'il comprenne que je ne veux pas être rattrapée- vers le stand des aliments comestibles et-
- Mais non imbécile ! Ca, c'est du poison ! DU POISON ! C'est jaune, nom d'un pin ! Même un abrutit comme toi devrait le comprendre !
Les cris de la fille du Sept attirent tous les regards et je suis au tant surprise par la réaction de son compère –Shaft, ça, je l'ai bien retenu- qui se terre sur lui-même en baissant la tête.
- Désolé, Leaf, dit-il avec une voix d'enfant.
- Désolé ?! Désolé ! C'est ce que tu diras dans l'arène après avoir mangé des baies empoisonnées ?
A nouveau il se ratatine sur lui-même – si c'est possible- et Leaf se détourne de lui, furibonde. J'observe Shaft et vois ses épaules se soulever, comme s'il sanglotait.
L'institutrice est visiblement dépassée par la situation, elle ne doit pas avoir l'habitude de voir un colosse pleurer comme un enfant. Je m'approche d'eux et prend place. Il me semble si inoffensif et le temps d'un instant, je soupçonne une tactique. Si c'en est une, elle marche, car je ne peux m'empêcher d'être attendrit.
- Moi aussi j'ai du mal avec le poison.
Il renifle sans relever la tête.
- Mais, tu sais, je suis sûre qu'ensemble on peut y arriver.
J'ai l'impression de parler au petit frère que je n'ai jamais eu et c'est étrange.
- Tu perds ton temps, siffle Leaf. Cet imbécile ne le retiendrait pas, même si tu lui donnais tout une vie pour l'apprendre.
Je lui lance un regard noir auquel elle répond par un simple haussement d'épaule dédaigneux. Je pose ma main sur l'épaule de Shaft et celui-ci relève la tête.
- Elle a raison, me chuchote-t-il en mettant sa main sur sa cicatrice. C'est à cause d'elle.
- Shaft, coupe Leaf. On t'a déjà dit de ne pas en parler, tu veux que tout le monde se contre toi !?
Il baisse à nouveau la tête.
- Désolé, Leaf.
- Euh, bon, ce n'est pas grave, reprend l'instructrice. Je vais réexpliquer.
Ca a été une journée perturbante et le soir, je ne vais pas m'entraîner avec Hook. Je reste dans ma chambre à réfléchir, mais j'ai l'impression qu'il n'y a pas de solutions à mes problèmes, ni réponse à mes questions. Je profite de mon insomnie pour faire des exercices. C'est tout ce qu'il me reste à faire, après tout.
Au troisième jour, je n'ai qu'une préoccupation : me trouver des alliés. Très vite je comprends qu'il ne me suffit pas de choisir, je dois aussi être choisie. Et c'est une autre histoire. Je n'ose pas me faire remarquer. Je n'ose pas tenter une activité et m'y mettre à fond : je sais que si je persiste à ne rien faire, personne ne voudra de moi parce que je serais trop faible. Mais si j'essaye et que j'échoue, ils comprendront qui je suis, ce que je vaux réellement.
En sortant du centre d'entraînement, je me sens mélancolique et je n'adresse la parole à personne.
Il n'y a qu'une seule personne à qui je voudrais parler, c'est Mags. J'ai besoin de mon mentor.
De retour à l'hôtel, je me décide à aller la voir –le silence dont elle fait preuve ses derniers jours ébranle le peu de convictions que j'ai obtenu et je ne peux plus me laisser abattre. Je la trouve sur le canapé, un verre à la main. La télé est allumé et elle a le regard perdu sur l'écran : une moisson. Je ne reconnais personne, j'en conclu qu'il agit d'une année précédente. La sienne peut être ? Non, elle nous entend arriver et éteint sur l'image de Dirk, le gagnant des 21e Hunger Games, le mentor du Deux.
Je me plante devant elle et un regard suffit pour qu'elle comprenne que j'ai besoin de lui parler.
- Allons prendre l'air, dit-elle simplement.
Je pars à sa suite. Avant de m'engouffrer dans l'ascenseur, Hook me lance un regard interrogé et je lui réponds par un sourire. J'espère qu'il comprend qu'il ne doit pas s'inquiéter. Mags nous amène au sommet de l'hôtel et me guide jusqu'au toit. De là haut, nous avons une vue panoramique sur le Capitole. Un souvenir de ma mère m'emmenant sur une falaise pour voir les bateaux s'éloigner me revient en mémoire et je souris.
- Tous semblent plus insignifiant quand on prend de la hauteur.
Une bourrasque fait voler nos cheveux. Je prends une grande inspiration et j'essaye de me souvenir de l'odeur de la mer –je ne l'ai quitté que depuis six jours et je l'ai presque déjà oublié.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Me demande doucement Mags.
- Je me repose trop sur Hook.
Elle ne semble pas du tout l'étonner et soudain, je me rends compte qu'elle a essayé de m'y préparer.
- Je dois choisir un allié et être choisie en retour. Et je ne sais pas comment je vais pouvoir m'en sortir dans l'arène.
Elle prend une grande inspiration et fronce les sourcils.
- Tu t'es enfin décidé à te battre ?
Je ne lui réponds pas. Je n'y échapperai pas : je ne vais pas me réveiller dans mon lit après avoir rêvé de tout ça, je ne vais pas non plus revenir dans mon district après être entrée dans la légende, je vais mourir dans cette arène. Mais j'ai ce sentiment atroce qui s'accroche à mes tripes : l'espoir.
- Je ne pense pas y arriver. Mais ce serait vraiment honteux de ne pas donner le meilleur de moi-même.
Elle me sourit, il y a une sorte de fierté dans son regard et je me sens ragaillardie. Elle pose une main sur mon épaule et me dit sur le ton de la confidence.
- Nous allons réfléchir sur la meilleure tactique à adopter pour te trouver des alliés sans avoir à trop te dévoiler.
Je réponds à son sourire et je la vois qui se détourne.
- Ce n'est pas la seule chose dont je voulais vous parler…
Ce deuxième point est hautement plus personnel. Je voudrais lui parler de son comportement mais très vite, les phrases s'emmêlent dans ma tête. Est-ce que je peux vraiment me permettre d'aborder ce sujet ?
- Vous…
J'hésite.
- Mags, il y a quelque chose qui ne va pas et je sais que ça nous concerne. Depuis que vous nous avez surprit en train de nous entraîner, vous avez changé. Quel mal y a-t-il à s'entraîner ? Nous ne faisons que mettre toutes les chances de notre côté ! Et il n'y a pas que ça, depuis que nous sommes au Capitole vous… vous…
Je me tais car je lis beaucoup trop de tristesse dans son regard. Je réalise sans comprendre que la vie d'un vainqueur est bien loin du conte de fée qu'on nous promet. Il y a forcement anguille sous roche. Qu'est-ce qui pousse Mags à agir ainsi ? Qu'est-ce que le Capitole peut bien lui faire ?
- Vous avez peur ?
Elle hausse le sourcil et je crois que j'ai touché dans le mille. Mags s'appuie sur le rempart et je crains de la voir vaciller. J'ai peut être été trop directe.
- Oui, dit-elle dans soupir. J'ai peur pour l'avenir.
Elle s'arrête de parler, je crois qu'elle hésite. J'ai envie de lui dire que je ne suis plus à ça prêt.
- Je ne devrais pas t'en parler… Il y a tellement d'autre chose auquel tu dois penser.
- Non. Dites-moi.
Elle me regarde dans les yeux et je dois vraiment avoir l'air convaincante car elle soupire de résignation.
- Dirk… Je crois qu'il n'est jamais vraiment sorti de l'arène.
C'était donc bien la moisson des 21e Jeux de la Faim qu'elle visionnait.
- Il y a deux ans, il m'a parlé d'un projet. Quelque chose de fou et d'inconcevable. Il disait que c'était pour donner plus de chance de s'en sortir, pour ceux qui serait désignés.
Je ne comprends pas très bien ce que Dirk aurait pu trouver pour améliorer les chances de gagner, mais s'il avait vraiment trouvé un moyen, où était le mal ?
- Il voulait entraîner les futurs tributs. Créer une sorte de programme où chaque enfant pourrait s'inscrire et s'entraîner au maniement des armes, à la survit… Toutes ses choses essentielles dans les Hunger Games.
Elle marque une pose et je crains qu'il n'y ait pas de mais. Ces tributs du Deux qui avaient l'air de parfaitement bien se servir de couteau et de poids… Qui savait faire du feu… Reconnaître un aliment comestible d'un autre… Je rêve soudain d'entendre un mais.
- Mais le Président Whiff à refuser ce programme. Car il est évident que chaque district n'auront ni l'argent, ni les gagnants nécessaires pour se faire entraîner. Whiff a toujours voulu des jeux équitables.
Pour une fois que le Président Whiff pensent à être équitable, je ne vais pas lui jeter la pierre.
- Mais ce n'est pas le cas de tous au Capitole et malheureusement, notre cher Président subit une pression. Snow, par exemple, appuie le programme et la santé du Whiff décline… Tout ça me rappelle inlassablement que je ne peux rien y faire.
J'avale douloureusement ma salive et je sais que je me mets à trembler.
- Ca me rappelle que peu importe le nombre d'effort que je fais, je ne peux pas tous vous ramener, que je suis obligée de vous regarder vous entretuez dans l'espoir qu'au moins un s'en sorte. Mais même après ça… Même si ça arrive… On n'est jamais vraiment sauf
Elle se tourne vers la ville et s'accroche au rempart.
- On ne sort jamais véritablement de l'arène.
