Chapitre 8

Au cinquième jour, la pression monte d'un cran. Dernier jour d'entraînement, demain, nous serons évalués. Mags nous avait dit que ses notes étaient surtout là pour impressionner le public, les futurs sponsors. Mais c'était aussi pour informer les futurs ennemis de nos talents cachés.

C'est pourquoi on en était venu à se demander ouvertement ce qui me taraudait depuis le premier jour dans le train : quel talent allais-je bien pouvoir montrer ?

- Tu sais bien faire des filets, non ? Tente Ezla.

- Oui, mais un filet est une arme qui ne fonctionne que sur les poissons.

- Oui, mais tu peux… Je ne sais pas moi, mettre du poison dessus ?

Je ne sais pas quand j'ai commencé à ressentir de la sympathie pour lui, mais le voir faire au tant d'effort pour que je m'en sorte me touche sincèrement.

- Ce n'est pas une mauvaise idée, dis-je sans trop y croire. Mais ce ne sera pas suffisant.

- Montre leur que tu es capable de faire une arme avec n'importe quoi.

Je me tourne vers Mags en me demandant si je suis réellement capable d'une telle chose, mais elle reprend avant que j'ai le temps de répondre.

- Quand j'ai fais mes crochets, personne n'y a cru, pour tant.

Elle s'interrompt. Pour tant, elle est toujours là. Je me tourne vers Hook.

- Que vas-tu leur montrer, toi ?

- Plusieurs choses. Qu'ils sachent que je suis multifonction.

- Le but n'est pas d'avoir la meilleure note, reprend Ezla. Mais dans avoir une correcte. Je me souviens que Lick n'avait eut qu'un cinq à son évaluation. Mais sa tactique était surtout de passé inaperçu. Tu pourrais poser des pièges ? Le capitole adore quand les tributs tombent dans des pièges.

On ne peut pas dire que ça me rassure.

- Il suffit d'observer ce qui t'entour, il faut juste te dire que tout ce que tu vois, peut te servir d'arme, avec un peu d'imagination.

- Mais je ne suis pas comme ça Hook. Quand je vois un trident, je ne m'imagine pas embrocher autre chose que du poisson.

Je quitte la table parce que je n'en peux plus. De toute façon, il va être temps d'aller au centre.


Je reste avec mes alliés aujourd'hui, d'après Leaf, il faut que Shaft s'habitue un minimum à nous. Je sais qu'hier Mags et leur mentor ont discuté de notre alliance et surtout notre tactique. Quant à nous, nous planifions nos interviews. Il y a des chances pour qu'on ne se retrouve pas directement dans l'arène, c'est pourquoi nous devons trouver un moyen de nous rallier et les seuls qui peuvent en décider ainsi sont les gens du Capitole. Il faut qu'on leur donne envie de nous voir tous réunis. Il faut qu'ils aient envie de voir de quoi on est capable tous ensemble et pour ça, nous devons réussir nos interviews.

Après un dernier discours de l'instructeur en chef, chacun se dirigent pour la dernière fois vers ses ateliers qui sont censé nous sauver la vie. Dans un sens, c'est ridicule, nous apprendre à survire alors que le but est de mourir. Ca n'a vraiment pas de sens.

La salle à retrouver le silence des premiers jours, peut être parce que c'est la dernière fois où nous ne sommes pas autorisés à nous entretuer. Mais ce silence est pesant. J'ai l'impression d'être à nouveau le jour de la Moisson, à attendre que mon nom soit prononcé. A espérer entendre n'importe quoi d'autre tant que ça rompt le silence. Le vent, un souffle, un salut, un chant. Un chant ?

- Sous le vieux saule au fond de la prairie, l'herbe tendre te fait comme un lit, allonge-toi ferme tes yeux fatigués, quand tu le rouvriras le soleil sera levé.

C'est une mélodie qui brise silence et elle vient du stand de survit. Je me tourne et y voit accroupit les deux du Douze. Je les avais presque oubliés. D'ailleurs, vu les regards interrogés de ceux qui les entourent, je ne crois pas être la seule. Ce n'est pas vraiment un chant, plus un fredonnement automatique parce qu'ils ont l'air concentrer sur ce qu'ils font. Et même si je ne connais pas l'air, j'ai l'impression d'être ramenée au Quatre, quand je passais mes après midi de libre avec les faiseuses de filets.

- C'est très joli, dit-je en m'approchant.

Ils sursautent, preuve qu'ils agissaient par automatisme. Je prends place à leur côté, Shaft est à ma suite.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un chant de notre district, me chuchote la fille.

- C'était quoi, demande Shaft –et j'ai l'impression qu'on entend que lui.

Ceux du Douze se recroquevillent un peu plus sur eux-mêmes souhaitant surement être invisible, mais toute l'attention est sur eux maintenant.

- Le Chant de la Vallée, répond le garçon. C'est notre préférer.

Ils recommencent à fredonner et je remarque une ressemblance entre eux deux –même cheveux noir, même yeux gris. Peut être sont-ils de la même famille ? Peut être même orphelin. Surement la raison pour laquelle ils sont là.

- Vous êtes frères ? Demande Shaft sans préambule.

- Non, pas du tout. Nous étions voisins dans la Veine.

- Vous vous ressemblez beaucoup.

Ils gardent le silence et celui-ci ce propage dans la salle. Très vite cela devient insupportable et il me faut le rompre à nouveau.

- Nous aussi, nous avons nos chansons, au Quatre. En mer, ça rythme la cadence, mais mes préférés sont celles des tisseuses.

- Tu pourrais nous faire écouter ? Me demande la fille.

Je m'étonne de leur intérêt pour les chansons, après tout je ne l'avais dis que pour relancer la conversation. Mais pourquoi pas, je préfère ça plutôt que de songer à notre mort prochaine. Comme je n'ai pas une très belle voix –je me souviens qu'on se moquait souvent de moi à cause de ça- je me contente de fredonner.

- Enfant du voyage ton lit c'est la mer, ton toit les nuages, été comme hiver. Ta maison c'est l'océan, qui te berce grâce au vent, mais n'oublie pas pour au tant, qu'ici on t'attend.

Je souris bien malgré moi, parce que si je ferme les yeux, j'attends la mer, je sens le soleil et les fils que je tisse sous mes doigts.

- Par delà la mer une fille aux cheveux d'or, perdu dans le vent du nord, attend désespérément le jour, où reviendra son grand amour.

Nos chants parlent généralement d'amour perdu en mer, qui attend sur terre, de voyage intrépide, de navire qui chavire, de tempêtes en frontière et d'amour pour la mer. Je réalise pour la dernière fois qu'il n'y aura plus de musique. Plus d'instant facile et léger. Bientôt, nous allons devoir lutter.

- Merci.

Je me tourne vers ceux du Douze et nous nous comprenons. Dans un sens c'est étrange de vivre cette constatation avec des personnes que je ne connais pas et que je n'aurais pas d'occasion de connaître. Mais c'est rassurant de voir que même si rien ne nous unis –j'ai presque envie de dire que tout nous sépare- nous pouvons nous comprendre.

Je me dis, peut être qu'un jour, il n'y aura plus de District.


J'ai fuis le repas ce soir là. Parce que je n'ai plus envie de parler. J'aimerai juste oublier quelque instant que je vais participer aux Hunger Games. C'est un temps que je ne peux m'octroyer que pendant ma douche. Il n'y a rien de plus agréable mais je n'ai pas cette sensation que tous coulent sur mon corps. Je me concentre alors sur les gouttes qui s'écrasent contre mon visage.

J'ai à nouveau ce sentiment d'être vide.

Encore une fois, mes pas me guident vers la chambre d'Hook –je crois que j'y ai élu domicile- et je le retrouve à manier une pousse de bambou qui appartenait à la déco de l'hôtel. J'ai envie de lui demandé de l'aide, mais que pourrait-il faire de plus ? Par moment, j'en oublie qu'il n'est pas mon mentor, mais un tribut comme un autre. A aucun moment je ne me suis préoccupée de ce que lui pouvait ressentir. Il se montre robuste et serein, mais si ça se trouve, il est aussi terrifié que moi.

Je n'ai jamais songé au fait qu'Hook est peur d'entrer dans l'arène.

- Comment tu fais pour être aussi calme ?

Il cesse tout mouvement, le temps de réfléchir puis hausse les épaules. Un haussement d'épaule. C'est tout. Je sens ma colère monter. Je sais qu'elle est mal dirigée, parce que je ne suis pas en colère contre lui mais contre moi. Contre le Capitole aussi et les rebelles qui n'ont pas du pensé aux conséquences de leurs actes. Si aujourd'hui nous subissons les Jeux de la Faim, c'est à cause d'eux.

- Comment tu fais pour pas craquer ? Depuis que je suis monté dans ce train, j'ai du faire trois crises de colère et au tant de larmes, mais toi tu es resté impassible. Tu es si confiant que ça ?

- Non.

- Alors comment ? Comment tu fais pour t'accrocher à la vie comme ça ?

- Je sais qu'ils m'ont pris mon avenir.

- Et tu l'acceptes ?

- Non.

Je suis dépitée. Désemparée. J'ai l'impression que mes forces me quittent et je me laisse tomber sur son lit.

- Tu n'as pas pleuré une fois.

- Si, quand Toph est venu me dire au revoir.

Toph, cette femme qui l'avait trouvé et élevé avec de nombreuses autres. Il a pleuré pour elle.

- Depuis le début tu me soutiens, tu m'entraînes, tu me motives. Pourquoi ?

- On est dans le même bateau, Peach.

- Il coule, notre bateau.

- Et que font les marins quand leur bateau coule ? Ils s'entre aident.

- Je n'ai pas vraiment l'impression de t'être d'une grande aide.

Il soupire et vient s'asseoir à côté de moi.

- Tu me donnes envie d'être plus fort. On a toujours fait ça toi et moi, depuis qu'on a appris à nager ensemble : on s'entre aide. Parce qu'on est pareil.

Je m'interroge. Ca peut paraître idiot, mais au Quatre, nous sommes liés aux personnes avec qui on apprend à nager. Ca a une valeur symbolique. C'est pourquoi, quand je suis devenue orpheline, je n'ai pas été surprise qu'Hook vienne me voir. Inversement, quand nous étudions dans la même classe, il était normal pour moi de l'aider à travailler. Des petites attentions qui faisaient qu'on était lié. On s'est toujours entre aidés.

Mais de là à dire que nous sommes pareille.

- Je me souviens, repend-t-il. C'était ton père qui nous avait appris à nager.

- Comment tu peux t'en souvenir, on avait quatre ans !

- Parce que ce n'est que quand j'ai appris à nager que je me suis senti pour la première fois en sécurité. J'ai toujours cru que la mer m'emporterait, puis j'ai su que je pouvais la dompter et j'ai plus réussi à m'en passer.

Hook l'enfant d'un naufrage emporté par la mer. C'est une crainte que je peux concevoir.

- Oui, je me souviens que tu séchais beaucoup pour aller te baigner. Tu t'étais même pris une raclé par un Pacificateur qui t'avais trouvé dans la crique.

- Je m'en suis pris des tas, des raclés par les Pacificateurs, dit-il sur le ton de la plaisanterie. La pire, ça devait être le jour où j'avais volé du bois au village des vainqueurs. C'est d'ailleurs là que j'ai rencontré Mags.

Je me souviens, c'était après cette histoire qu'Hook avait été considéré comme voyou.

- Mais pourquoi avoir volé du bois ? Parce qu'on n'a jamais eut le fin mot de l'histoire.

Il me regard un instant avant de tourner son visage vers le vide, le regard perdu. Un sourire ce dessine sur ses lèvres.

- Je me construisais un bateau.

Il garde le silence et moi aussi. Toute cette histoire pour un bateau ? Venant d'Hook, ça me surprend.

- Je voulais être capitaine, m'avoua-t-il à mi-voix.

Je reste bouche-bée, touchée par sa confession. Je découvre un autre aspect de sa personnalité. Alors comme ça, Hook a un rêve ? Si les gens du district l'apprenaient. J'en viens à me demandé ce qui a poussé Hook à devenir un délinquant –un voleur, un fouteur de merde, un bagarreur- après tout, rien n'aurait pu le mettre sur cette voie. Il n'avait pas de bouches à nourrir, il n'avait pas le mépris du district, il n'y avait personne pour lui chercher des noises. Alors pourquoi avoir mal tourné ?

- J'aurai pu m'enfuir par la mer.

Soudain je réalise. Il n'a pas trouvé sa place. Après tout, il n'avait aucune attache. Panem, le Capitole, pour lui, ça ne signifiait rien. Ses parents ne venaient peut être même pas de nos terres. Je souri malgré moi, comme si d'autres terres pouvaient exister ailleurs, plus loin… C'était sans doute ce que voulait vérifier Hook.

Savoir d'où il venait.

- Je t'aurais pris avec moi, dit-il sur le ton de la plaisanterie.

- Qui te dit que j'en aurai eu envie ?

- Je t'en pris, ça se voit dans ton regard que tu en meurs d'envie.

C'était vrai. J'aurai eu envie de partir n'importe où plutôt que dans l'arène.


L'attente est longue. Sept personnes doivent passer avant moi et je dois me montrer aussi impressionnant qu'eux. Je dois être inoubliable. J'ai une pensée pour les tributs du Douze qui subissent une attente plus douloureuse que la mienne.

J'essaye de ne pas trembler, parce que beaucoup de regards sont tournés vers nous. Nous : Lux, Blade, Prune, Hook et moi. Shone est déjà entré dans la salle. Si eux ont l'air confiant et serein, moi je ne suis pas du tout rassurée. Mais ceux du Deux nous fixent et Hook ne se dérobe pas. Alors moi non plus. Cinq bancs plus loin se trouvent Leaf et Shaft, ce dernier à une main sur son crâne et elle lui chuchote quelque chose à l'oreille. Plus loin encore, il y a Lisel, qui se tient droite et regarde devant elle. Son attention se tourne vers moi et elle me gratifie d'un signe de tête.

Je regrette qu'elle ne soit pas devenue mon alliée. Mais qui sait ce que nous réserve l'arène.

- Tribut femelle du Un, Lux.

Cette dernière se lève prestement, faisant basculer ses cheveux blonds derrière son épaule et sourit au Pacificateurs qui la font entrer dans la salle. J'aimerai être capable de faire preuve d'en tant d'assurance.

- Tout ira bien, me chuchote Hook.

- Dis ça à mon estomac.

Ce dernier menace de rendre mon petit déjeuner. Je me demande quelle note me refileraient les juges si je leurs vomissais dessus. Avec cette réflexion, je comprends que le stress prend le dessus sur ma raison. Je ris jaune et Hook pose sa main sur mon épaule.

- Tout ira bien, me répète-t-il. Fait juste de ton mieux.

Je prends une grande inspiration pour m'apaiser et me ressaisis. Ce n'est pas encore le moment de sombrer. Très vite, je ne regrette plus la lenteur du temps quand Elan du Quatre est appelé. Bientôt ce sera à Hook, puis à moi.

- Tu es prête ?

- Non.

C'est au tour de la fille du Trois qui s'en va et je ne sais pas si j'arriverai à garder mon calme quand Hook sera appelé. Tout va si vite que je ne réalise pas que vient mon tour.

- Tribut femelle du Quatre, Peach... Peach, c'est votre tour, dépêchez vous.

Mais je suis incapable de me lever. Deux Pacificateurs m'encerclent alors et je reviens à moi : c'est mon tour.

La salle d'entrainement a été aménagée pour l'occasion. Quatre mannequins amovibles sont installés pour les démonstrations de combats, tout un arsenal est mit à notre disposition, le stand de camouflage est tout aussi bien garnis. J'ai l'impression d'être la première à rentrer dans cette pièce.

Au balcon je vois les juges discuter, sûrement en pleine délibération et c'est à peine s'ils font attention à mon arriver.

- Peach Ripple, District Quatre.

Quelque tête se tourne vers moi, mais j'entends encore l'écho de leurs conversations.

Je regard d'abord ce qu'il y a autour de moi : qu'est-ce que je peux bien leur montrer ? Je n'ai pas de compétence en maniement d'épée ou en tire à l'arc, j'ai l'impression d'avoir oublié comme tendre un piège, mes mains tremblent et mon pouls marque un rythme irrégulier.

Je dois me calmer.

Je prends deux grandes inspirations. Ce n'est pas le moment de paniqué. Je repense aux conseils de Mags et d'Hook. Il me faut commencer par ce que je maîtrise à la perfection : je saisis des cordes et me met à tisser mon filet. Je fredonne un air pour le faire plus rapide et constate que j'ai attiré l'attention de certain. Il me faut moins de cinq minutes pour le faire et j'y accroche des poids aux extrémités, je le lance ensuite sur un mannequin qui se retrouve coincer dessous. Je me retourne et vois mon action accueillit par un simple haussement d'épaule.

Je vais en stand de survit, muni d'une lame et saisit un bout de bois, une ficelle et une pierre. Au Quatre, la meilleure arme pour un gamin, c'est son lance-pierre. Mais je comprends bien vite que je perds leur intérêt. J'essaye de ne pas me laisser submerger par les battements de mon cœur qui me donnent le tournis. Qu'est-ce que je pourrais bien leur montrer d'autre ?

Qu'est-ce qui pourrait prouver que je suis capable de faire des armes avec n'importe quoi ?

Des hameçons ! Cette idée me remmène à moi : je peux encore leur montrer mes hameçons. Je saisis des ficelles, une lame et tout ce qui me tombe sous la main et me mets en mouvement.

Après un petit temps je leur montre avec fierté mes hameçons et cela ne semble pas du tout les impressionner. Certain hausse un sourcil, se rappelant sûrement de ce que Mags savait faire avec ça, mais pour beaucoup ce n'est pas suffisant. Je regarde mes pauvres hameçons, mon lance-pierre et mon filet qui n'en valent pas plus et réalise qu'ils ont raison. Je regarde au tour de moi, espérant trouver quelque chose de mieux à faire puis une idée me vient. Pas sûre d'y arriver, je me dis que ça vaut toujours mieux que rien.

Je me dirige vers les armes et saisir une lame, un poids qui tient dans ma main et une corde. Je noue les deux extrémités intelligemment au tour des deux objets . Je fais ça plus tôt rapidement et vérifie que les nœuds tiennent la route . Je relève la tête et vois que j'ai réussi à capter l'attention de quelque uns -au moins, certain semble intéresser par ma faculté à faire des noeuds. Je me lève alors et me dirige vers un mannequin. Je lance d'abord le boulet -par vérification- et touche ma cible. Je crois que j'ai assez d'attention pour le moment. Je mets mon plan à exécution.

Après une grande inspiration je saisi la lame. Il me suffit juste d'un lancer direct pour toucher ma cible. J'essaye de me convaincre que ça n'a rien de compliqué : il faut que je vise et que je lance. Viser et lancer.

Je me rappelle les paroles d'Hook : c'est comme lancer un harpon. C'est comme lancer un harpon. Je lève le bras et visualise la trajectoire. C'est comme lancer un harpon. Je souffle pour me concentrer. C'est comme lancer un harpon. Puis je m'arrête : je n'ai jamais été doué au lancer de harpon. Mais la pêche à la ligne est une des mes activités préférée.

Je donne du mou à ma lame et la fait tournoyer pour prendre de la vitesse. Quand le sifflement près de mon oreille devient continue, je n'ai qu'à tendre le bras pour que la lame s'élance et se plante dans le cœur du mannequin. Je tire un bon coup pour décrocher la lame et recommence. Cette fois, j'utilise le premier mannequin comme obstacle pour atteindre celui derrière. D'un effet de mouvement, je contourne le premier et plante la lame dans la gorge du deuxième. Je tire encore une fois. Un regard en arrière m'informe qu'ils me regardent tous attendant sûrement que je fasse quelque chose d'extraordinaire. Mais je crois bien que je n'ai rien qui puisse les impressionner réellement.

Je recommence à donner de l'élan à ma lame. Peut être que si j'arrive à piéger tous les mannequins en même temps ça suffira. Je ferme les yeux, ne me concentrant que sur les sifflements de mon arme et le ressort de mannequin en mouvement. Capturer tout ses ennemis en même temps n'a jamais été quelque chose de facile et j'ignore si je suis capable de le faire. Mais je ne suis plus à ça prêt. J'essaye de me rappeler de la technique du lasso de Lisel, mais je crois que mon fil n'est pas assez grand et qu'il manque un nœud.

Je garde les yeux fermés, devinant où se situe les mannequins et dans une torsion de bras –où je manque de me couper- je lance la lame qui s'enroule autour du mannequin le plus éloigner, laissant les autres dans une liberté total. Ce n'est pas ce que je cherchais à faire, mais ça, personne ne semble le remarquer. Alors je lance l'extrémité de mon arme et le poids s'abat sur le mannequin, lui décrochant la tête. Je ramène le poid vers moi en tirant sur la corde et, dans un mouvement latérale, donne assez de mou pour que la lame de défasse d'elle-même.

Elle tombe au sol et quand j'essaye de la ramener à moi, elle se ressert à la base du mannequin. Coincé.

Quand on pêche au lancé de filet, il arrive que celui reste coincé. Pour ne pas perdre le courant de poisson, il faut alors improviser. Je fais alors passer la corde derrière les autres mannequins, lance le poids sur le fil tendu qui s'enroule et se bloque. Il me suffit de tirer vers moi assez fort pour que la corde se ressert sur les mannequins et les emprisonnent. Prit au piège.

Je lâche un grand soupire et je ne peux m'empêcher de sourire : j'ai réussis.

Je me tourne alors vers les juges et remarque certain sourire sur leur visage. Mais il y a aussi autre chose. Une autre attente. La peur grandit peu à peu en moi parce que ça ne leur semblent pas suffisant. Qu'est-ce qu'ils attendent de moi ? Je me retourne vers mon piège mais je ne vois pas. Je ne vois vraiment pas.

Je les regards à nouveau et le sourire à quitter leurs visages, ils ont du comprendre qu'ils n'y auraient pas de suite, mais à quoi s'attendaient-il ?

Puis je réalise. Pour eux, ce n'est pas fini tant que je ne les ai pas achevés.


Salut à tous ! J'aimerai commencé d'abord par des remerciements à ceux qui me suivent pour leurs reviews (Peetniss -là depuis le début :p-, guim0veX5 et Marauder a day) qui font toujours plaisir.

En suite, je voudrais donné quelque indication sur ce chapitre : j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire, notamment la scène de l'évaluation. D'abord parce que, comme Peach, je ne savais pas quoi lui faire faire (depuis le début elle n'est pas très douée donc si elle avait fait quelque chose de phénoménale, ça aurait été trop facile à glisser dans l'histoire). Je voulais qu'elle attire l'attention, mais pas en ce montrant combative.

J'ai beaucoup beuger pour l'écrire mais si je n'avais pas fini ce chapitre jamais vous n'aurez eut la suite. Alors je le poste dans l'espoir de le récrire bientôt.

C'est pourquoi, je vous demande votre avis, la prestation de Peach lui voudrait quelle note auprès des juges ?

Quant à la chanson, rendons à Ceasar ce qui appartient à Ceasar ; c'est une comptine que j'ai apprise en colo y a très longtemps : Enfant du Voyage de Petula Clark

à Marauder a day : le petit décalage entre l'arriver au Capitole et le Défilé n'est rien de plus qu'un souci de détail. Comme j'avais précisé que les tributs du Douze mettaient un certain temps à arriver, je ne pouvais pas faire débuté le défiler dès le débarquement du Quatre. Ca semblait logique dans ma tête :\

Voilà, merci d'avoir lu :D