Le chapitre deux, comme promis
Merci pour toutes vos reviews, ça me fait vraiment plaisir de voir que ma fiction plait.
Enjoy et laissez-moi votre avis =)
Chapitre 2 :
La première chose dont je pris conscience lorsque je revins à moi était que je me sentais immensément bien. Plus détendue et parfaitement à l'aise que jamais.
J'étais allongée sur quelque chose de moelleux, et doux, et rembourré. Je me sentais entourée d'un cocon de douceur. J'ouvris lentement les yeux, sereine, un sourire de contentement aux lèvres.
Je reconnu ma chambre, les rayons du soleil filtrant à travers les rideaux. Mon regard glissa vers ma table de chevet, là où aurait dû se trouver mon réveil.
Je fronçai les sourcils.
Pas de réveil.
Un petit déjeuner.
Je me redressai lentement, repoussant la lourde et douillette couette qui me couvrait.
Je me stoppai.
Couette qui ne m'appartenait pas.
Je regardai autour de moi, perdue. C'était bien ma chambre.
Mon regard passa de la couette au petit déjeuner. Passant par les oreillers, qui ne m'appartenaient pas non plus. Maintenant que j'y pensais, était-ce bien mon lit ? Il semblait anormalement confortable.
Qu'est-ce que c'était que ça ?
Je tâchai de ne pas paniquer.
Je me précipitai vers la porte, priant pour qu'elle soit ouverte. Elle l'était.
J'hésitai à peine une demi-seconde avant de sortir de ma chambre.
Mon salon n'avait pas changé, à première vue.
Je fis quelques hésitant, redoutant que quelqu'un d'autre soit là. Et si… et si un malade se cachait pour m'attaquer ?
Un malade qui t'achète des draps et qui te prépare un petit déjeuner…
Avec tout ce qui s'était passé dernièrement…
Les évènements de la veille me revinrent en mémoire.
Le cœur arraché…
Le sang…
Le manque d'air…
La panique me prit.
Je m'adossai à un mur, essayant de contrôler ma respiration, essayant de me rappeler.
Mais la dernière chose dont je me souvenais était moi rentrant en taxi.
Puis faisant une crise de panique.
Et après ?
Quelqu'un était entré chez moi par effraction.
Entré par effraction pour me faire à manger.
Génial.
La nourriture est peut-être empoisonnée.
Cette pensée était peut-être un peu parano, mais ça ne m'étonnait même plus.
Je retournai dans ma chambre et jetai le contenu du plateau dans la poubelle.
Pas question que j'avale ça, même si je mourrais de faim.
Un courant d'air me fit frissonner, et je me rendis compte que je ne portais qu'un shorty et un débardeur léger.
Les larmes me montèrent aux yeux. Et si… et si la personne qui était entrée ici m'avait fait quelque chose ?
Je tâchai de rationnaliser, de me dire que si ça avait été le cas, j'aurais ressentis de la douleur au niveau de l'entrejambe. Assurément.
Mais je savais bien qu'il avait pu me toucher d'une autre manière.
Je ne savais vraiment pas comment je faisais pour ne pas faire une autre crise de panique.
Mais je ne voulais pas y penser. Je ne voulais pas imaginer que quelqu'un m'avait touché.
De toute manière, rien ne m'indiquait que c'était le cas. Je me faisais des idées toute seule, je m'imaginais le pire.
D'un autre côté, comment ne pas imaginer le pire avec tout ce qui m'était arrivé dernièrement ?
Cette sensation que j'avais eu d'être suivie, ces dernières semaines. Et maintenant ça. C'était forcément en relation.
J'avais été certaine qu'il ne fallait pas que je baisse ma garde. J'avais eu bien raison.
Je devais faire changer les serrures. Et même en faire installer plus.
Je voulais appeler la police. Je voulais être sous leur protection, qu'ils arrêtent ce malade.
Mais je ne pouvais pas. Je n'avais aucune preuve. Qu'allais-je bien pouvoir leur dire ? Qu'on s'était introduit chez moi pour m'offrir un lit plus confortable et un petit déjeuner ?
Ils me riraient au nez à coup sûr. Ou me feraient interner. Je n'étais pas sûre moi-même d'avoir toute ma tête.
Si j'avais eu les moyens, j'aurai déménagé. Mais je ne pouvais pas. De toute manière, il fallait que je reste près de mon boulot.
Mon boulot.
J'écarquillai les yeux en réalisant, et courus chercher mon téléphone.
« Allo, Angela ? Je suis désolée de mon retard, j'arrive tout de suite ! J'ai eu un empêchement et… », commençai-je dès qu'elle eu décroché, sans même lui laisser le temps de parler.
« Bella ? » me coupa-t-elle. « Je suis déjà au courant voyons, vous avez envoyé un mail tôt ce matin. Ne vous en faite pas, reposez-vous, tout vas bien. J'espère que vous irez mieux très bientôt. »
« Hein ? Que… »
« Monsieur Cullen à accepté votre demande de congé. Il est vraiment très compréhensif. À dans quelques jours. »
Et elle raccrocha.
Je restai figée, le téléphone toujours collé à l'oreille.
Mail ? Congé ? Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?!
Je me laissai tomber sur le sofa, abasourdie.
Quelqu'un… la personne qui s'était introduite ici, avait demandée un congé à ma place. Elle s'était introduite sur mon compte hotmail et avait envoyé un email à mon employeur à ma place. Avait envoyé une ridicule demande de congé par mail. Et Monsieur Cullen avait accepté.
Un frisson me parcourut en me rappelant de la seule fois où j'avais croisé son regard. Terrifiant.
Je lutais vraiment très fort pour ne pas me laisser aller à paniquer et angoisser sur tout ça. Pourtant, il y avait de quoi.
Je voulais juste… je voulais juste tout oublier, reprendre une vie normal, sans toutes ces choses étranges.
Des choses que je n'étais même pas certaine d'êtres réelles.
Un instant j'envisageai d'aller à l'hôpital. De leur parler de tout ça, de leur demander si j'étais devenue folle.
Puis je pensai à Charlie. À mon boulot. À notre avenir, à tout les deux.
Je ne pouvais pas me permettre de tout foutre en l'air, même si tout ça me rendait dingue. Même si je devais vivre dans l'angoisse et la peur.
Je voulu me rassurer en me disant que pour l'instant, aucun mal ne m'avait été fait. Ça ne marcha pas.
Mon esprit était toujours envahi par la crainte de ce qui pourrait arriver.
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J'avais décidé de dormir à l'hôtel quelques jours. Je voulais profiter de mon congé impromptu pour me relaxer, me faire masser, pouponner, pour oublier mes tracas. J'avais envisagé de retourner travailler malgré tout, mais après tout, j'avais bien le droit de prendre soin de moi un petit peu, avec tout ce qui s'était passé.
J'avais fait changer les serrures avant de partir. J'étais bien décidée à passer quelques jours l'esprit tranquille, loin de tout ça.
L'hôtel-spa auquel j'allai s'appelait le Heaven Gold. Il n'était pas le meilleur des meilleurs, mais il avait bonne réputation. J'étais en tout cas assurée de ne pas trouver de bestioles dans la chambre - je détestai ces trucs là.
Je fus apaisée dès que j'y mis un pied. Tout ici aspirait à la détente et au calme. Je m'étais organisée un bon programme pour ces quelques jours, j'avais hâte de commencer.
Je passai la journée au spa de l'hôtel, principalement dans le sauna et le jacuzzi. Ça m'avait indéniablement relaxée.
J'avais été soulagé de voir que les hommes et les femmes étaient séparés pour ces deux activités, même s'ils pouvaient se réunir dans certaines salles mixtes. Je ne me sentais pas à l'aise avec l'idée que des hommes me voient aussi peu habillée.
Ce soir là, je passai ma meilleure nuit de sommeil depuis longtemps. Pour la première fois depuis des semaines, je ne me tracassais pas à l'idée qu'un malade était en train de m'observer. Je dormis comme un bébé, et me réveillai en pleine forme.
Après avoir pris un petit déjeuné dans ma chambre, j'appelai la réception pour me programmer un massage.
« Oh et, si possible, je… je préfèrerai une femme… » dis-je alors que nous allions raccrocher.
« Je suis navrée, mais toute nos masseuse sont prises pour ces prochains jours. Vous avez eu de la chance de dénicher un masseur aujourd'hui. »
« Ah bon… » commentai-je, gênée. Je n'avais aucune envie de me faire masser par un homme, mais je ne savais pas comment décommander maintenant que j'avais déjà demandé un massage. Cela paraitrait ridicule d'annuler pour cette raison.
« Ça vous va toujours ? » demanda la femme à l'autre bout du fil.
« Heu… oui ? » ça sonnait plus comme une question.
« Parfait. »
Je reposai le téléphone, légèrement abattue. Et un peu nerveuse.
Mes contacts avec la gent masculine s'étaient toujours limités à très peu. L'échange le plus intime que j'avais eu avec un garçon remontait au lycée, lorsque j'étais sortie un soir avec Mike Newton. Je me souvins avec un brin écœurement de son maladroit baiser baveux et de ses mains qui descendaient un peu trop bas sur mon dos à la fin de la séance de cinéma. Autant dire que ma seule et unique expérience avait été loin d'être concluante.
Et maintenant, un homme tout ce qu'il y a d'adulte allait me voir pratiquement nue et poser ses mains sur moi. Les faire glisser sur toute la surface de mon dos, de ma nuque… mes jambes… mes cuisses…
Un petit frisson me parcouru malgré moi. Une part de moi avait envie de ça, tellement envie qu'on la touche et la caresse.
Un visage s'imposa à mon esprit pendant une micro seconde.
Je secouai la tête. Ce n'était qu'un foutue massage, rien de plus. Pas de quoi me mettre dans ces états.
Je m'habillai simplement, sachant que j'allai de toute manière devoir me déshabiller une fois en bas.
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On m'avait installée sur la table de massage, je ne portais plus qu'une mini serviette qui me couvrait les fesses. J'avais malgré tout demandé à garder ma culotte. On m'avait regardé bizarrement à ce moment là, mais ça m'importait peu. Il était hors de question que ce mec masse mes fesses, ou qu'il puisse ne serait-ce qu'entrevoir un partie intime de mon anatomie.
J'avais la poitrine plaquée contre la table, et le visage dirigé vers le sol grâce au trou facial. J'étais décidée à ne pas relever celui-ci de toute la séance. C'était déjà plutôt stressant pour moi, je n'avais pas envie de voir l'homme qui allait me masser, je ne voulais pas le rendre plus réel que nécessaire. Tout ça me gênait affreusement.
J'envisageai de tout laisser tomber et de remonter dans ma chambre lorsque j'entendis la porte s'ouvrir.
Ma nervosité monta d'un cran en apercevant le bout de chaussures masculines. Je me rendis compte qu'une partie de moi avait espéré qu'une masseuse se serait libérée comme par magie.
Les chaussures partirent hors de ma vue, et je ne pu plus percevoir le moindre bruit. Pourtant, je savais qu'il était encore là. Je pouvais sentir son regard sur moi. Je pris soudain entièrement conscience de ma semi-nudité, et je me sentis plus vulnérable que jamais.
Deux mains brûlantes se posèrent sur ma nuque, me faisant presque gémir de bien-être à ce seul contact. Il les fit glisser doucement le long de ma colonne vertébrale, sans prononcer un mot. Ses mains semblaient fortes, dures, tandis qu'il les remontait le long de mes côtes. Un intense frisson me parcouru. J'en éprouvai une gêne immédiate.
Une étrange chaleur m'enveloppa dans une langoureuse étreinte. Les mains du masseur continuèrent leur travail, massant, pressant, caressant chaque centimètre carré de peau se situant entre ma nuque et le creux de mes reins. Mon esprit flottait quelque part au dessus de moi, au-delà de la conscience terrestre. J'étais tellement bien, je me serais crue au paradis. J'avais l'impression de rêver. Peut-être était-ce le cas ? Je ne savais plus. Je ne savais plus rien, ni même mon prénom.
Les mains quittèrent mon dos, atteignirent mon pied droit. Ses pouces pressèrent la plante de mon pied, du talon aux orteils, et je pris soudain conscience des gémissements et des soupirs qui s'échappaient de mes lèvres. Mais mon esprit était loin, bien loin, et je ne me préoccupai absolument pas de cela. Tout ce que je voulais, c'était qu'il continu.
Il remonta sur ma cheville, mon mollet, ses doigts frôlèrent l'arrière de mon genou, légèrement, sensuellement. Ses mains glissèrent sur ma cuisse en une caresse brûlante, et je me pris à espérer plus. Une langueur étrange avait envahie mon corps, mon intimité ruisselait, trempant ma culotte. Même le frottement de celle-ci contre mon clitoris me semblait incroyablement érotique en cet instant. Je frissonnais de la tête au pied.
Il fit subir le même traitement à mon autre jambe, et je continuais de gémir pitoyablement. Lentement, d'un geste assuré, il glissa ses paumes sous la serviette, sous mon sous-vêtement. Il empauma durement mes fesses, les moula dans sa main, et un instinct inconnu me dicta de me cambrer et de les pousser vers lui, suppliant pour plus. Plus de tout ce qu'il pouvait m'offrir.
Un puissant grognement retentit dans la pièce, et je frémis de désir. Un coin de mon esprit savait qu'il venait de lui et j'étais fière de provoquer ça. Mon corps était brûlant, et mou entre ses mains. Il aurait pu faire ce qu'il voulait de moi, je n'aurais même pas eu la volonté de protester.
Ses pouces écartèrent mes fesses, glissèrent jusqu'à mon entrée chaude et trempée. Je poussai un pitoyable gémissement en poussant de nouveau contre sa main, quémandant pour qu'il me touche, pour qu'il… fasse quelque chose. N'importe quoi.
Qu'il éteigne le feu qui brûle en moi.
Mais ses doigts ne firent que me taquiner, caressant mes lèvres intimes gonflées de désir, pressant mon entrée sans jamais y pénétrer. Restant toujours en surface à jouer avec moi alors que je bouillonnai littéralement. Je tentai d'avoir plus de contacts en me cambrant et me tortillant, mais sa poigne puissante maintenait le bas de mon corps fermement contre la table.
Puis il lâcha mes fesses, une de ses mains se posant sur le bas de mon dos, l'autre glissant franchement dans ma culotte. Pensant qu'il allait encore me faire languir, je tentai, sans vraiment y réfléchir, de me retourner - ou me relever, peut-être. Mais il fut bien plus rapide que moi, et il déplaça sa main de mon dos à ma nuque, m'empêchant ainsi manifestement de faire le moindre mouvement. Je grognai, mécontente, puis gémis de dépit lorsque je me rendis compte que je ne pouvais véritablement plus bouger.
Je crus entendre un ricanement de sa part, presque imperceptible, puis un claquement de langue net lorsque je tortillai à nouveau mes fesses. Sa mains dans ma culotte couvrit toute mon intimité, et resta parfaitement immobile. Trop longtemps.
Je crus mourir de soulagement, de plaisir et de frustration mêlés lorsqu'il se mit à la bouger, à la frotter contre moi en une langoureuse caresse. Je bondis quand sa paume pressa fortement mon clitoris, secouée par un frisson d'extase. Puis il arrêta, et remonta deux doigts à mon entrée, tout en me maintenant fermement immobile.
Et bordel j'avais tellement envie qu'il me pénètre. Que ses doigts longs et magiques entrent en moi, me remplissent….
Il entra le bout de son index, jusqu'à la première phalange, et je pensai être enfin exhaussée. J'écartai davantage les cuisses, m'offrant à lui. Je voulais plus !
Mais il n'en fit rien. Du moins, pas ce que j'attendais.
Il posa son pouce contre mon clitoris tendu et le frotta, le tordit, le pinça, de gauche à droite, de haut en bas, à m'en faire devenir complètement cinglée. Mes mains se crispèrent contre le bord de la table, n'essayant même plus de contenir les sensations bien trop fortes, trop intenses qu'il faisait naitre en moi. Je m'arquai violement, le corps parcouru de spasme de plaisir.
Et je devins folle, criant mon extase …
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J'étais roulée en boule sur mon lit, tentant de me souvenir de ce qui s'était passé. Je me souvenais de ce qui s'était passé dans la salle de massage, mais j'avais un horrible trou noir juste après. Je m'étais réveillée ici. Je rougis en pensant que j'avais dû tomber dans les pommes.
J'étais morte de honte à l'idée de ce que j'avais laissé cet homme me faire, et encore davantage honteuse de mes réactions. Je me souvins avec un délicieux frisson de toutes les sensations inédites et extraordinaires que j'avais découvertes. Je ne comprenais pas comment tout cela avait été possible, et je me demandai encore si je n'en avais pas seulement rêvé. Mais ça avait été si intense que ça ne pouvait qu'être réel.
Je ne savais pas trop si je devais m'en réjouir. Enfin pour la première fois de ma vie, j'avais expérimenté ce genre de chose. Et ça avait été… hallucinant. Était-ce toujours comme ça ? Peu importe le garçon ? Parce que si j'avais su…
En y repensant, je ne connaissais absolument pas l'homme qui m'avait fait ressentir tout ça. J'imaginais que c'était pour le mieux, après tout. Il resterait à jamais un visage anonyme, l'inconnu qui m'avait fait voir les étoiles. Une partie de moi cependant se désolait de ne pas le connaitre…
Je savais que je n'oublierai jamais ce moment, qu'il resterait gravé dans ma mémoire.
Je me pelotonnai plus confortablement dans les couvertures et me laissai aller au sommeil.
Je suis parfaitement, totalement détendue… même pas eu besoin du bain de boue.
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Je retournai chez moi deux jours plus tard. J'avais bien profité de mon petit séjour, mais je n'avais pas redemandé de massage. J'étais étonné d'être à la fois gênée de ce qui s'était passé, mais aussi d'avoir envie de recommencer.
Mais j'étais vraiment embarrassée. Apparemment, personne n'était au courant de tout ça, mais à chaque fois que je croisai un homme qui avait l'air de faire parti du personnel, je devenais écarlate et m'empressais de changer de chemin.
J'avais un peu appréhendé mon retour chez moi. Mais tout s'était bien passé, ce séjour à l'hôtel m'avait vraiment fait beaucoup de bien.
Je recommençai à travailler aujourd'hui. J'avais un peu de retard à rattraper, alors je restai assez tard au bureau. Je pensais que tout le monde était déjà parti, mais j'entendis une voix provenir du couloir. J'essayai de ne pas y prêter attention, mais elle était de plus en plus forte.
« Oui mon amour, je serai bientôt là. » Je reconnu Tanya. Elle gloussa comme si son interlocuteur avait dit quelque chose de drôle. Puis elle ajouta d'une voix langoureuse, « Bien sûr, je ne ferai jamais attendre le grand Edward Cullen… Tu ne le regretteras pas… Je t'embrasse. »
J'en demeurai béate d'étonnement. Cullen ? Comme dans Monsieur Cullen, le rédacteur en chef ?
Eh ben putain, elle se tape déjà le boss celle-là…
J'étais choquée par ce que je venais d'entendre. Tanya sortait - ou couchait - avec le patron. Certes, j'avais remarqué qu'elle passait pas mal de temps dans son bureau, mais j'avais été loin de me douter que…
Il s'appelait donc Edward… Edward…
Ça ne collait pas vraiment avec le personnage. Cet homme était totalement flippant, alors que son prénom rappelait ceux des personnages des romans d'amour du dix-huitième siècle. J'avais du mal à l'associer à l'être effrayant que j'avais croisé.
En parlant du loup…
Il entra dans mon bureau sans s'annoncer, et il avait l'air furieux.
N'est-il pas sensé être avec Tanya ?
« Que faites vous encore là, Swan ? » demanda-t-il doucement, et ce fut pire que s'il avait hurlé.
J'entendais sa voix pour la première fois, et j'en étais paralysée. Il y avait quelque chose de mortel en elle. Que racontais-je, il y avait quelque chose de mortel en lui.
Je baissai rapidement les yeux sur mes genoux, refusant de le regarder. À chaque fois que mon regard se posait sur lui, mon cœur donnait l'impression de mourir, puis de revenir à la vie, indéfiniment.
C'est insupportable.
« Swan ! »
Je bondis littéralement de mon siège.
« J-je…retard…travail… » arrivai-je à balbutier.
Je ne le vis pas, mais je le sentis plisser les yeux et me fusiller du regard.
« Je me fous royalement de votre retard. » Seigneur, il avait l'air de vouloir me tuer. « Vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même pour cela. »
Je savais bien que j'aurais dû revenir travailler plus tôt.
« Vous n'avez qu'à faire votre boulot en plein jour, comme tout le monde », continua-t-il alors que je me ratatinais sur moi-même. « Je ne vous permet pas de rester ici aussi tard ! Rentrez chez vous ! »
Je ne pus que hocher la tête misérablement, souhaitant plus que tout disparaitre.
« Une dernière chose », ajouta-t-il. « Vous viendrez me voir demain matin, à la première heure. Est-ce bien compris ? »
J'acquiesçai prestement. Je l'entendis soupirer fortement, puis un claquement de porte. Puis plus rien.
Un énorme soupir de soulagement m'échappa alors que tous mes muscles se relâchaient d'un seul coup. Je m'écroulai sur ma chaise.
Putain de bordel.
