Beaucoup se sont posé des questions à propos de Tanya et Edward, je vous dirai seulement de ne pas trop vous fier aux apparences ;)

Je pense que ce chapitre ne va pas en éclairer beaucoup, mais creusez-vous la tête ^^

Et surtout n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez =) j'adore !

Enjoy


Chapitre 3 :

J'essuyai anxieusement mes mains moites contre ma jupe. J'appréhendais plus que jamais cette journée au boulot. Monsieur Cullen m'avait demandé d'aller le voir dès mon arriver, ce que j'allai faire, en espérant pouvoir éviter ses foudres. Dans son état normal je le trouvais déjà impressionnant, mais lorsqu'il était furieux il aurait facilement pu passer pour Zeus.

Et sa beauté diabolique n'a rien avoir avec le fait que je le compare à un dieu.

J'avais passé la nuit à me ressasser le moment où il était entré dans mon bureau, mais je ne comprenais toujours pas la raison de sa colère. Il avait visiblement été mécontent de me trouver là, mais pourquoi ? À cause de Tanya ? C'était possible. Après tout, une relation de ce genre était strictement interdite. Il avait probablement peur que je fiche sa carrière en l'air en racontant ce que j'avais entendu.

Une partie de moi mourrait d'envie de le faire, autant pour virer cet homme devant qui je perdais tous mes moyens que pour discréditer Tanya Denali. Mais je n'étais pas une lâche, si je devais écraser Tanya, ce serait à la loyal.

Et je l'écraserais tellement bas qu'elle ne pourra plus jamais me regarder de haut.

Je sentis ma nervosité monter d'un cran comme j'arrivai devant le bureau de Mr Cullen. J'avais peur à la fois de ce qu'il pourrait me dire, et de sa simple présence qui me terrifiait. Je fermai les yeux fortement, prenant une grande inspiration et m'intimant au calme.

« Relax », me murmurai-je à moi-même. « Il ne va pas te mordre. »

Je pris mon courage à deux main et cognai à sa porte.

« Entrez » entendis-je.

Il a l'air plus calme qu'hier soir, c'est bon signe.

Je pénétrai dans son bureau d'un pas hésitant, et je pris un petit moment pour observer celui-ci. Tout plutôt que de le regarder, lui.

J'étais entrée ici des dizaines de fois au temps où Maggie l'occupait, mais il était méconnaissable. La décoration était indéniablement plus masculine, et bien évidement tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des motifs floraux avait disparu. J'avais un peu de mal à l'admettre, mais il me plaisait nettement plus maintenant. Je ne voulais rien avoir en commun avec cet homme.

« Alors, la décoration vous plait ? »

Je sursautai et me tournai vivement vers lui, baissant immédiatement la tête lorsque je me rendis compte que je le regardais. Poser les yeux sur lui me faisait presque mal, et je ne comprenais pas pourquoi.

« Je vous ai posé une question. » dit-il. Il se leva de sa chaise et s'accota à son bureau.

« Je… Oui… C-c'est très… joli… » répondis-je d'une voix un peu trop aigüe.

« Joli ? » ricana-t-il, sa voix sonnant un peu incrédule.

Je rougis, me trouvant un peu ridicule d'avoir sorti ça.

Il resta silencieux de longues secondes, et je sentais regard sur moi. Je me demandais à quoi il pouvait bien penser à ce moment précis. J'aurais voulu qu'il aille droit au but quand à la raison de ma venu ici, qu'on en finisse.

« Asseyez-vous » ordonna-t-il. Ou du moins, je le pris comme un ordre.

J'obéis sans un mot, tandis qu'il retournait derrière son bureau.

« Miss Swan, j'ai remarqué que vous n'aviez pas été très… présente, depuis mon arrivée ici », attaqua-t-il d'emblé.

Je me tendis, sentant les reproches et les réprimandes venir.

« Néanmoins, vous m'avez semblé être un excellent élément », continua-t-il, me prenant au totalement dépourvu par ce compliment. Je n'avais pu m'empêcher de relever la tête en entendant ça, et le petit sourire sur ses lèvres me surpris un peu plus encore. Il avait l'air si… gentil, en cet instant.

Et beau, aussi…

Mais ça ne dura qu'une seconde.

« J'espère bien que vous ferez du bon boulot à l'avenir, Swan. Je détesterai avoir à me débarrasser de vous. » Je sursautai, n'ayant même pas songé à cette éventualité. Il pensait me mettre à la porte pour que je n'ébruite pas ce que je savais à propos de lui et Tanya ? Ou alors était-ce vraiment dû à ma « non-présence » des derniers jours ?

Non ! Ça ne peut pas arriver !

« Comprenez que je ne peux pas me permettre d'être entouré de gens incompétents », il marqua un temps, « Soyez prête à vous montrer indispensable, Miss Swan. »

Je serrai ma jupe entre mes poings, sentant la colère monter en moi face à ses propos.

Il est détestable.

Il se leva, et j'en fis de même. Apparemment, notre entretien était terminé. « Ne me décevez pas. » ajouta-t-il, et sa voix me sembla légèrement menaçante. Un frisson me parcouru, me rappelant à quel point cet homme m'avait l'air dangereux.

Je sortis de son bureau le plus rapidement possible, sentant son regard de fauve dans mon dos. J'en avais presque oublié devant qui je me tenais, pendant quelques secondes.

oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo

Je passai le reste de la journée dans mon bureau, mais je n'arrivai pas à travailler correctement. J'étais en colère contre ce type qui se permettait de remettre en question mes qualifications. Certes, il ne m'avait pas beaucoup vu par ici depuis qu'il était là, mais ce n'était pas de ma faute ! Et puis j'étais excellente dans ce que je faisais, il n'avait pas à me parler comme ça, à presque me menacer de me virer.

Je le détestais. Avant aujourd'hui, j'éprouvais juste une étrange crainte envers lui, mais maintenant c'était une véritable aversion. Ça ne m'empêchait pas d'être, disons… angoissée en sa présence, mais ça me donnait presque le courage de lui répondre vertement. Presque.

J'en ai envie en tout cas.

J'atteignis l'ascenseur, décidant de ne pas rentrer trop tard pour éviter une autre scène comme celle d'hier soir. Les portes se refermaient lorsque Tanya se glissa à l'intérieur à une vitesse ahurissante. Je ne l'avais même pas vu arriver.

Je voulais l'ignorer, n'ayant aucune envie de me prendre la tête avec elle maintenant, mais elle ne l'entendait visiblement pas de cette oreille.

D'un coup sec, elle m'agrippa le bras et me plaqua contre la paroi. Je glapis, de surprise et de douleur.

« Mais ça va pas ?! » m'exclamai-je en cherchant à me dégager. Ses ongles pointus s'enfonçaient dans ma peau à travers ma veste.

Son visage était terrifiant en cet instant. Étrangement, il me rappela un peu celui de mon patron.

Ses yeux étaient noirs, et m'auraient tués s'ils l'avaient pu.

Je sentais la peur s'insinuer en moi. J'avais toujours refusé de laisser Tanya m'impressionner, mais je l'avais jamais vu comme ça jusqu'à maintenant. Ses traits parfaits étaient figés dans une fureur palpable.

Elle raffermit sa prise sur moi et approcha son visage du mien. Son souffle glacial me frappa.

« Ne… t'approche… pas… de… LUI ! » rugit-elle d'une voix basse et menaçante, réussissant toute fois à crier le dernier mot.

Je m'étais figée, tout mon corps était raide. Un mélange de panique et de crainte m'envahissait.

Qu'est-ce qui lui prend ?

« Q-qui ? » bredouillai-je.

Elle plissa ses yeux sombres.

« Tu le sais bien… Ne joues pas avec mes nerfs, Swan. »

Mes yeux s'écarquillèrent comme la réalisation me frappait.

« M-monsieur C-C-Cullen ? »

« Ne prononce pas son nom ! » cria-t-elle, hystérique, ses mains serrant davantage mes bras.

Je crus que mes os allaient être broyés.

Elle est complètement folle.

« D-désolée ! Désolée ! »

Elle sembla reprendre un minimum le contrôle de ses émotions.

Un ding retentit et les portes s'ouvrirent directement sur le parking sous-terrain.

« Rappelle-toi juste de te tenir loin de lui » elle prit mon menton entre ses doigts glacés et approcha sa bouche de mon oreille « il est à moi, ne l'oublie jamais », susurra-t-elle comme un ultime avertissement.

J'eus à peine le temps de cligner des yeux qu'elle avait disparut, me laissant complètement seule dans le parking désert. Je tremblais tellement elle m'avait foutue la trouille.

Je commence à trop m'habituer à être dans cet état.

Je trouvai ma voiture et une fois dedans je pris le temps de me calmer avant de rouler jusqu'à chez moi, massant mes bras endoloris.

J'étais totalement perdue. Pourquoi Tanya m'avait-elle menacée de la sorte ? Il n'y avait absolument rien entre « sa propriété » et moi. Même pas un semblant de quelque chose.

Et pourquoi Tanya se sentirait-elle « insécure » à cause de moi ? Elle répétait partout que j'étais sans intérêt et s'amusait à me trainer dans la boue à la moindre occasion. Et pour être honnête, Tanya n'était vraiment pas le genre de fille à qui je pourrais faire concurrence physiquement. Elle ressemblait à un mannequin tout droit sorti d'un magazine de mode, tout le monde se retournait sur son passage.

Alors comment pouvait-elle croire que Cullen pourrait me regarder, moi, quand il l'avait, elle ? C'était ridicule. Je repensais à sa fureur, on aurait dit qu'elle voulait me tuer.

Il y a vraiment des femmes qui deviennent cinglées à cause des hommes…

Le lendemain, lorsque j'allai au bureau, elle ne fut pas là. Le surlendemain non plus. Ni le jour d'après, ni les jours suivants.

C'était vraiment bizarre. Tanya ne s'absentait que très rarement. À vrai dire, elle se faisait toujours porter malade lorsque le soleil réchauffait et illuminait enfin toute la ville de ses rayons, mais je la soupçonnais de seulement vouloir en profiter, au lieu de rester enfermée par une si belle journée.

Au bout de quelques jours, j'avais demandé à Angela si elle avait eu des nouvelles de Tanya. Elle m'apprit que celle-ci avait démissionné. Soudainement, sans aucune raison.

J'étais abasourdie. Tanya Denali, démissionner ? Elle adorait beaucoup trop écraser les autres pour ça.

Et puis ce n'était vraiment pas logique qu'elle s'éloigne de son… amant… après m'avoir menacé de la sorte.

Je n'étais pas la seule à trouver ça étrange, personne ne comprenait sa démission. Toutes les deux, nous étions les meilleures ici, et maintenant elle était partie, foutant sa carrière en l'air.

Et j'avais hérité de sa place au gala de charité qui aurait lieux ce week-end. Tanya devait s'y rendre avec Mr Cullen afin que nous puissions en parler dans notre magazine, et elle partie, Cullen avait décidé de me la donner. Ça ne m'étonnait pas vraiment, j'étais la meilleure pour ce job, et il le savait bien, malgré notre « différent » d'il y a quelques jours. Curieusement, il ne semblait pas affecté par l'absence de Tanya. Pas du tout, même. Personne ne pourrait soupçonner qu'il y avait eu quoique ce soit entre eux.

J'étais contente d'aller à ce gala. On en parlait depuis des semaines déjà, et c'était Maggie qui avait choisie Tanya pour y aller. Celle-ci devait être accompagnée du cavalier de son choix. Sur le coup, j'avais été horriblement déçue, et même un peu amère à cause de la motivation de Maggie. Elle avait choisi Tanya parce qu'elle « correspondait mieux au profil », disait-elle.

Une fois Maggie remplacée, Cullen avait voulu y aller avec elle.

On se demande pourquoi.

Néanmoins, j'appréhendais un peu cette soirée. Je tenais à peine quelques minutes avec lui, comment allai-je faire pendant des heures entières ? J'avais l'espoir qu'il me paraitrait moins intimidant dans un lieu public lumineux et remplit de monde. Le voir dans un autre contexte m'aiderait peut-être à faire taire cette angoisse que j'éprouvais lorsque j'étais près de lui.

Je prenais grand soin à ne jamais me retrouver seule avec lui, et j'évitais carrément de le regarder. Malgré tout, je restais affreusement consciente de sa présence. Chaque fibre de mon corps l'était.

J'appelai mon père vers vingt heures, de la maison. Il fut très heureux de m'entendre. Je lui parlai du départ de Tanya, ma rivale du côté professionnel, ainsi que du gala auquel j'allais me rendre. Il était vraiment content pour moi. Nous parlâmes encore une bonne demi-heure avant de raccrocher.

Le lendemain, un paquet m'attendait dans mon bureau. Je l'ouvris et découvris une magnifique robe en soie et mousseline dans les tons bleus nuit. Il y avait aussi de hauts escarpins assortis et un superbe pendentif. Celui-ci, en or blanc, était en forme de cœur et entièrement recouvert de diamants, excepté le centre où était fichée une petite perle blanche. Je l'admirai de longues minutes, presque incapable d'en détacher mon regard tant il était beau. Il avait dû coûter une fortune, et le reste aussi.

Une carte accompagnait le tout.

Portez cela au gala. Et ne me faites pas honte.

E.C.

J'écrasai cette carte dans mon poing, furieuse. Quel goujat !

Mon orgueil me disait de tout jeter à la poubelle, mais je n'avais malheureusement rien d'autre à porter qui pourrait convenir. J'avais prévue de m'acheter une robe, mais elle n'aurait jamais été aussi belle que celle-ci…

Je pris sur moi et ravalai mon envie d'aller dire ma manière de penser à ce type qui ne méritait pas mieux que la trace de ma main sur sa joue.

C'est ton patron, Bella, ton patron… Tu ne peux pas le tuer…

oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo

Samedi soir arriva, et je me retrouvais à devoir me préparer en vitesse. Cullen m'avait fait passer un message par Angela qui disait qu'une voiture allait passer me prendre à vingt-et-une heure. Il était vingt heure trente, et je sortais à peine de la douche. Je séchai mes cheveux en vitesse et les bouclai légèrement grâce à mon fer à friser. Je ne passai par beaucoup de temps sur mon maquillage, j'optai pour un joli rouge à lèvre rose nacré qui allait bien avec ma peau pâle, un peu de mascara et un trait de crayon noir. C'était discret, mais ça allait.

La robe fut un peu compliquée à enfiler et à fermer toute seule, mais j'y arrivai. Le chignon fut un peu difficile à faire par contre, je n'étais pas une habituée. Le magnifique collier de diamant reposait au creux de mes seins, et mettait en valeur mon décolleté. Je me trouvais très jolie ce soir. Je faillis même ne pas me reconnaitre lorsque je me regardai dans la glace. À vingt-et-une heure moins dix, je descendais avec précaution les escaliers de mon immeuble, et sortis dehors. Je remarquai tout de suite une grande limousine noire garée à quelques mètres de moi, et me demandai si c'était là la « voiture » qui m'attendait. Elle faisait un peu tâche dans ce quartier loin d'être huppé, et j'imaginais mal mes voisins y monter. Je m'en approchai avec hésitation. Immédiatement, le chauffeur en sortit et vint m'ouvrir galamment la portière. Je l'en remerciai d'un sourire, et me glissai à l'intérieur avec un peu plus d'assurance.

« Plutôt pas mal, pour une fille de votre genre. »

Je sursautai, n'ayant pas remarqué l'homme qui était assis sur la banquette d'en face.

« Comment ça, pour une fille de mon genre ? » dis-je sèchement, les mots m'échappant avant que je ne puisse les retenir.

Ses lèvres frémirent, comme retenant un sourire. « N'en soyez pas offensée, c'était un compliment. »

Cette fois-ci, je ravalai mes paroles, n'ayant aucune envie de commencer une joute verbale avec mon patron.

C'est pas comme si ça me touchait, de toute façon.

Je croisai les bras sous ma poitrine et regardai par la fenêtre, l'ignorant royalement tout le long du trajet. Je sentais toujours son regard sur moi, et je ne pus m'empêcher de frissonner. Inexplicablement, sa présence me rendait nerveuse. De son côté, il semblait plutôt… tendu.

La limousine se garait bientôt devant un hôtel luxueux. Ironiquement, ce genre de soirées de collecte de fonds étaient toujours organisées dans des salles dont le prix de la location aurait pu sauver grand nombre de gens.

D'après ce que j'avais compris, il s'agissait là d'une collecte de fonds pour une fondation qui apportait son soutient aux personnes victimes de violence conjugale, ainsi qu'aux enfants ayant subis des abus. J'étais vraiment contente de pouvoir écrire sur une œuvre caritative aussi importante.

Dès que la voiture s'arrêta, Cullen sortit en trombe de la voiture, si vite que j'eus à peine le temps de cligner des yeux. Il me tint poliment la portière le temps que je sorte, mais je sentis bien que je l'exaspérai de par ma lenteur. Bien sûr, il fallut que ma maladresse se manifeste à ce moment là et me fasse trébucher.

Je tombais droit sur lui, mais il m'attrapa par les bras avant que je ne percute son torse. Ses mains étaient glacées sur ma peau nue. Je frissonnai violement à son contact, et il me relâcha aussitôt avec un claquement de langue agacé.

« Faites donc attention », asséna-t-il durement.

Je rougis devant son regard réprobateur. Il tourna les talons et s'éloigna à grand pas vers la porte d'entrée sans prendre la peine de m'attendre ou de m'offrir son bras.

Quel mufle !

Je le suivis avec difficulté à cause de mes hauts talons. Je m'étais forcée à porter des talons relativement hauts pour mon boulot, mais ceux-là devait bien faire quinze centimètres. Je faisais presque la même taille que Cullen grâce à eux, mais ça ne m'avait pas empêchée de me sentir toute petite devant lui.

En arrivant à la salle où se passait la soirée, je restais bouche-bée devant tant de luxe. Je me trouvai soulagée d'avoir accepté de porter la robe que Cullen m'avait offert. J'aurais eu l'air plutôt… bon marché si j'en avais acheté une moi-même. Je venais de réaliser qu'elle avait probablement coûté beaucoup plus cher que je ne l'avais crû.

« Tâchez de vous mélanger à la foule », furent les derniers mots qu'il prononça avant de disparaitre.

Sympa…

J'eus l'impression qu'il m'avait lâché dans la fausse aux lions.

Je n'avais jamais été dans une soirée de ce genre, j'étais donc plutôt intimidée et impressionnée. Mais j'étais Isabella Swan, que diable, et je n'allais certainement pas jouer au petit l'agneau effarouché devant tous ces gens pompeux. Je pris mon courage à deux mains, m'armai de mon sourire le plus charmant et allai aborder le premier homme chauve et bedonnant que mon regard croisa.

oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo

Au bout de vingt minutes de bavardages superficiels et d'autant de questions concernant cette fondation que le permettait la politesse, j'étais à la fois fatiguée et exaspérée. Fatiguée parce que les « généreux donateurs » se préoccupaient pour la plupart plus de l'image d'eux qu'allait projeter leur participation à cette cause qu'à la cause elle-même. Et exaspérée surtout parce que je n'avais pas réussi à croiser la fondatrice. Quoique, il valait peut-être mieux, car si je me souvenais plus ou moins de son visage que j'avais pu apercevoir à quelques reprise dans le journal, son nom me sortait complètement de la tête.

Je m'octroyai une petite pause, et allai aux toilettes me réarranger un peu. Dès que j'en sortie, une fille me sauta pratiquement dessus.

« Salut, tu dois être Isabella », dit-elle avec enthousiasme, tandis que je la dévisageai, interdite. « Je suis Alice Cullen, enchantée. » Elle me tendit la main, un grand sourire éclairant son visage.

Je lui serrai la main machinalement, encore surprise de m'être faite abordée de cette manière. Sa main était glacée.

Comme celle de Tanya, me rappelai-je en frissonnant.

Simple coïncidence.

Je détaillai rapidement la jeune femme devant moi. Ce qui me sauta aux yeux en premier fut sa robe. Couleur prune, taille empire, et lui arrivant à mi-cuisses, elle aurait dû dénoter dans un tel endroit où tout le monde portait de longues robes de soirée, mais elle semblait au contraire tout à fait à sa place. Sa peau était incroyablement pâle, même plus que la mienne, mais peut-être était-ce simplement l'impression que j'avais, causée par ses courts cheveux noirs corbeau partant dans tous les sens.

Et il y avait ses yeux… Je n'avais vu cette étonnante couleur que sur une seule personne.

Ou peut-être deux, à bien y penser…

Et cette personne se dirigeait présentement droit sur nous, visiblement furieuse.

« J'espère que mon frère ne te malmène pas trop » s'enquit Alice, inconsciente du danger qui se dirigeait vers nous. « Il a bon cœur mais il peut être une vraie tête à claque quelques fois ! » rit-elle.

Son frère ?

Mon esprit fit soudain la connexion. Cullen. Alice Cullen.

« Alice ! Qu'est-ce que tu crois faire, bordel ?! »