Voilà enfiiiin le chapitre 5 !

Désolée pour l'attente :) et merci pour toutes vos reviews

J'espère qu'il vous plaira, on entre dans la tête d'Edward une fois de plus, mais cette fois un peu plus longtemps !

Enjoy


Chapitre 5 :

[P.O.V. Edward]

À moi ! cria le monstre.

Mon instinct, que j'avais mis tant d'efforts à réprimer, prit le dessus sur ma raison. Je fondis sur le sale cabot qui avait eu l'audace de poser ses mains sur elle, et qui avait l'impertinence de se pencher sur elle, d'essayer de poser ses lèvres répugnantes sur celles de ma compagne.

À moi !

En moins de dix seconde, j'avais agrippé ma Bella et la transportais en direction de chez moi. En sécurité. Là où plus personne ne pourra la toucher.

Mon esprit aurait dû être confus, j'aurai dû ne pas réaliser pleinement ce que j'étais en train de faire. Au lieu de cela, j'avais l'impression de penser plus clairement que jamais, et tout devint évident à mes yeux, tandis que je transportais le plus précieux trésor du monde dans mes bras.

Elle était là, ma lumière, mon ange, mienne, et je ne la laisserai plus jamais m'échapper.

Je ne la laisserai pas s'éloigner de moi. Je ne la laisserai pas vivre loin de moi, respirer loin de moi.

Elle était mienne.

Il aurait peut-être été plus sage de la séduire petit à petit. Mais je n'arrivais à rien de cette manière. Je ne la laissais pas indifférente, mais elle ne voyait pas à quel point nous étions parfaits l'un pour l'autre. Elle était effrayée par moi, et elle avait toutes les raisons d'avoir peur. J'étais un monstre assoiffé de sang âgé de plus d'un siècle, et je me battais de toutes mes forces pour m'empêcher de céder à l'instinct primitif qui me dictait de marquer ma femelle.

Chaque fois que je la regardais, que je respirais sa délicieuse odeur, ou que je me trouvais simplement à moins de mille mètres d'elle, un puissant besoin de planter mes crocs dans son cou délicat pendant que je la ferais mienne me saisissait, me torturait. Maintenant même, alors que je la serrais contre moi, j'avais le sentiment que je pourrais craquer dans la seconde. Je ne respirais pas, par peur de ne pas pouvoir me maitriser.

Je jetais un coup d'œil à Bella. Elle était inconsciente. J'aurai tout donné pour pouvoir entendre ses pensées à l'instant. Son beau visage était détendu, contrairement à quelques minutes auparavant, lorsqu'il était déformé d'horreur. Je serrai les dents avec force en réalisant que j'avais dû la terrifier, une fois de plus. Mais c'était un bien faible prix à payer pour qu'elle soit mienne. Si cela faisait en sorte qu'elle reste près de moi, j'étais prêt à commettre les pires horreurs. Quitte à la faire souffrir.

De toute manière, j'allais passer le reste de mon éternité à la rendre heureuse.

J'étais arrivé chez moi. J'allai directement la déposer dans mon lit. Je ne la regardais même pas, de peur de ne pas pouvoir tenir, et sortis en trombe dans la forêt environnante, essayant de m'éloigner d'elle le plus possible. Il n'y avait eu que ma fureur contre ce sale chien pour m'empêcher de penser à son petit corps fragile contre le mien.

Lorsque le « contact » s'était fait entre nous, Bella avait étonnement réagit comme toute les autres femelles vampires trouvant leur compagnon, quoique plus brièvement. Pendant un peu plus de vingt-quatre heures, elle s'était tordue de désir et de besoin dans son lit, dégageant une odeur encore plus entêtante que d'habitude, son corps me suppliant de la faire mienne, de marquer ce qui m'appartenait de droit.

Mais je ne pouvais pas. Pas encore.

Parce que même si elle était à moi, même si elle m'appelait à elle, Bella n'était pas encore prête. Émotionnellement, psychologiquement. Alors j'étais resté prudemment à plusieurs mètres d'elle, savourant son état de manque, priant un dieu qui n'existait pas de m'octroyer le contrôle nécessaire pour ne pas lui faire de mal. Je la voulais entièrement consciente de ce qu'elle faisait, au moment où je la marquerai. Je voulais qu'elle sache, qu'elle comprenne dans quoi elle s'embarquait. Je voulais qu'elle soit follement, éperdument amoureuse de moi, qu'elle sente le profond lien qui nous unissait tout comme je le ressentais.

Puis, lorsqu'elle dépendrait de moi autant que je dépendais d'elle, lorsqu'elle me voudra autant que je la voulais, je la transformerai.

Parce que je ne pouvais pas m'imaginer passer l'éternité sans elle.

J'étais certain qu'elle ne comprenait même pas ce qui était en train de lui arriver. Elle devait être plus perdue que jamais.

D'une certaine manière, je me sentais coupable de ce que je lui avais infligé pendant ces semaines où je l'avais suivie. Traquée. Mais je n'avais pu m'en empêcher. À défaut de pouvoir la marquer, je pouvais au moins m'assurer qu'elle était en sécurité. Et qu'aucun autre mâle n'essaierait de me voler mon bien.

À des kilomètres d'elle, je repris un tant soit peu mes esprits. J'avais été tenté de retourner chez elle, pour vérifier que le loup-garou était bel et bien mort, mais je m'en étais abstenu. La police était probablement déjà sur les lieux.

Je réalisai que mon téléphone vibrait dans ma poche, depuis un bon moment maintenant. Alice.

Bien sûr.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je sans préambule en décrochant.

« Ne la brusque pas », me répondit la voix d'Alice, comme je m'y attendais. « Elle est chamboulée, et fragile. Si tu la brusque, Edward, les choses se passeront mal. »

« Qu'est-ce que tu a vu ? » Elle resta silencieuse.

« Alice ! » grondai-je. « Dis-moi ce que tu as vu ! »

« Fais juste attention. Ne la brusque pas, et surtout, ne la mord pas. » Et elle raccrocha.

Je remis mon téléphone dans ma poche, irrité.

Ne pas la brusquer. Ne pas la mordre. Très bien.

Pas tout de suite, du moins.

Je prenais les avertissements d'Alice très au sérieux. Ses visions avaient toujours raison, elles ne la trompaient jamais.

J'étais agacé qu'elle refuse de me donner plus de détails. J'appréhendais ce qui pourrait arriver, lui arriver. Je ne voulais pas lui faire de mal.

Tu lui en as déjà fais.

J'étais à une centaine de mètres de la villa lorsqu'une idée me vint. Ça serait probablement beaucoup plus facile de cette manière…

Mon téléphone vibra :

On arrive. - A

oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo

[P.O.V. Bella]

J'ouvris les yeux lentement, ayant l'impression d'avoir raté quelque chose d'important. Il faisait sombre, mais quelques rayons de soleil m'atteignaient en pleine figure. Je tournai la tête et laissai mon regard parcourir la pièce dans laquelle je me trouvais.

Ce n'est pas ma chambre.

Puis mes derniers souvenirs revinrent à la surface de mon esprit. Ma respiration se coupa, et je me redressai sur le lit en tremblant de tous mes membres.

Jacob. Jacob était…

Je n'eus pas le courage d'aller au bout de ma pensée.

La panique montait en moi à une vitesse jamais atteinte jusqu'à présent. Je sortis du lit en m'emmêlant les pieds dans les draps, et couru jusqu'à la porte. Je l'ouvris à toute volée et fis un pas hésitant dans le couloir.

Et si c'était un piège ?

Je ne savais pas où j'étais, et j'ignorais qui m'avait enlevé. Tout ce que je savais, c'était qu'il… qu'il…

Qu'il n'avait pas hésité à tuer Jake.

Je sentis la nausée me monter à la gorge. Je ne savais même ce qu'il était. Aucun humain n'aurait eu la force de faire ce que ce monstre avait fait.

J'avançai avec précaution, guettant le moindre bruit qui m'aurait indiqué la présence de quelqu'un. J'arrivai au bout du couloir, en haut d'un escalier de marbre. Je posai mon pied sur la première marche glacée, et je réalisai que j'étais pieds nus. À vrai dire, je… je ne portais plus qu'un grand t-shirt qui m'arrivait à mi-cuisse.

Rien d'autre.

Mon sang se glaça dans mes veines, et je retins de justesse le cri qui voulu franchir mes lèvres.

Je m'étais réveillée pratiquement nue, dans un lit.

J'assemblai avec horreur les pièces du puzzle. Je n'avais même pas la force de réfléchir davantage avant de sauter sur la conclusion la plus logique. La plus terrible.

J'agrippai la rampe pour ne pas m'écrouler. Il ne semblait y avoir personne ici, c'était peut-être ma seule chance de m'échapper.

Je descendis l'escalier prudemment, toujours sur mes gardes.

« Bonjour, Bella ! »

Je fis brusquement volte-face, surprise.

Devant moi se tenait Alice, la fille que j'avais rencontrée à la soirée. La sœur d'Edward.

Mais qu'est-ce qu'elle fait ici ?

Elle sautilla jusqu'à moi et me prit par la main pour m'entrainer vers le sofa le plus proche. J'étais restée muette d'étonnement.

« Tu vas mieux ? » me demanda-t-elle en s'asseyant près de moi.

« H-heu… j-je… oui… enfin non ! Que… qu'est-ce que je fais là ? Où suis-je ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » Les mots sortaient de ma bouche à une vitesse vertigineuse.

Elle me regarda d'un drôle d'air. « Tu ne te souviens pas ? Tu es venue à la fête que j'organisais hier soir, tu as un peu trop bu et tu t'es écroulée de sommeil dans mon lit. Tu as semblé faire des cauchemars toute la nuit. »

Hein ?

« Comment ça ? Quelle fête ? Non… hier j'étais… j-j'étais avec Jake et il… il… »

Je recommençais à trembler.

Alice posa une main apaisante sur mon épaule, et me fixa droit dans les yeux.

« Non, Bella. Tu étais ici hier soir. Tu ne t'en souviens vraiment pas ? On s'est vraiment bien amusés pourtant. »

« M-mais… Jake… »

« Je ne sais pas qui est ce Jake », me coupa-t-elle, « Mais c'était probablement un cauchemar. Tu étais ici hier soir, avec moi. Il ne s'est rien passé de grave. »

Sa voix était assurée, tout en elle était incroyablement convaincant. Mais je ne me souvenais de rien, et tout cela sonnait faux.

Pourtant… pourtant je commençais à y croire. Sa version des faits s'inscrivaient dans mon esprit comme étant ce qui s'était vraiment passé. Je devins moins méfiante, mon corps se relâcha, enfin calme. Une partie de moi me chuchota que j'étais devenue trop sereine d'un coup. Que tout ça n'était pas normal.

Mais je ne l'écoutai pas, et restai convaincue de ce qu'Alice me racontait.

« Oui… tu as sûrement raison… » soufflai-je en passant une main dans mes cheveux désordonnés.

Bien sûr qu'elle avait raison. J'avais rêvé tout ça, rien n'était réellement arrivé. Je n'avais pas revu Jacob, et il n'était pas mort. Il était toujours à Forks, à faire dieu sait quoi.

C'était beaucoup plus facile à croire, que de penser que je devenais folle.

« Bien sûr que j'ai raison ! » conclut-elle avec un grand sourire. Elle me montra une pile de vêtement posés sur le canapé d'en face. « Je t'ai ramené quelques trucs, puisque tes vêtements de la veille sont inutilisables. » Elle fronça le nez et se pencha pour me chuchoter discrètement : « Tu as vomis dessus. »

Je rougis d'embarras. « Désolée… » Je n'avais jamais bien tenu l'alcool, et je me sentais horriblement gênée d'avoir été dans cet état devant des gens que je ne connaissais pas.

Elle me sourit gentiment et se leva comme si de rien était. Elle pointa du doigt un endroit sur sa gauche. « La salle de bain est par là. Tu peux t'y changer, et prendre une douche aussi si tu veux. Tu trouveras une brosse à dent neuve près du lavabo. »

Je la remerciai, retenant mon envie de renifler discrètement mes cheveux.

La salle de bain était jolie, simple, pas trop grande. Maintenant que le choc commençait à se dissiper, je réalisai à quel point la maison dans laquelle je me trouvais était luxueuse. Le salon était immense, éclairé. Vraiment beau.

Mais je n'avais pas vraiment la tête à faire attention à la décoration.

Je pris ma douche sans me presser, ayant vraiment besoin d'un petit moment seule avec moi-même.

Je ne me reconnaissais plus. Ces dernières semaines j'étais devenue si craintive, paranoïaque. Ce ne me ressemblait pas. Quand un problème survenait dans ma vie, je l'avais toujours affronté de pleine face. Jamais je n'avais cherché à l'éviter, à fermer les yeux. J'avais également toujours été du genre à me faire confiance, faire confiance à mon instinct. Et pourtant, j'étais là à me demander si je ne devenais pas folle, si quelque chose clochait chez moi, plutôt que de penser ne serait-ce qu'une seconde que ce n'était pas de moi que venait le problème.

Tout ça devait vraiment s'arrêter.

Je ressentais tous ces trucs bizarres pour une raison. Je n'étais pas folle, et je n'allais pas le devenir. J'allais découvrir ce qui était en train de se passer. J'allais être aussi perspicace que possible, ne négliger aucunes hypothèse.

Après le petit déjeuner.

Je me séchai et m'habillai rapidement des vêtements qu'Alice avait mis à ma disposition qui, étrangement, étaient parfaitement de ma taille.

Je sortis de la salle de bain mais Alice n'était plus dans le salon. Il me fallut cinq bonnes minutes pour la trouver, dans la cuisine. J'écarquillai les yeux devant tant de nourriture disposée sur la table.

« On va être combien exactement ? » demandai-je, abasourdie.

Elle leva les yeux au ciel. « Ne sois pas bête voyons. C'est pour toi, j'ai déjà mangé. »

« P-pour moi ? Tout ça ? »

« Hein-hein. Ne t'en fais pas, je ne te forcerais pas à tout avaler. » Elle rigola.

Même si elle plaisante, quelque chose me dit qu'elle serait parfaitement capable de me forcer à tout manger.

Je ne la connaissais pas beaucoup, mais elle avait l'air d'avoir un sacré tempérament.

Je m'assis à table et elle fit de même, déclarant vouloir me tenir compagnie.

« Alors Bella, qu'est-ce que tu pense d'Edward ? » me demanda-t-elle pendant que je me servais une crêpe.

« Edward ? »

« Mon frère. »

Sa question me prit au dépourvu. J'avais presque oublié de qui elle était la sœur. Comment répondre honnêtement sans la vexer ?

« Hum. Hé bien, il est… » Étrange. « Spécial », terminai-je.

Elle gloussa, d'une manière étonnamment gracieuse.

« Spécial, vraiment ? Je te trouve plutôt gentille. » Elle se pencha vers moi comme pour me faire une confidence. « J'aurais plutôt dis lunatique et carrément chieur, avec un manche à balais coincé là où je pense. »

J'éclatai franchement de rire. Je n'aurais pas dis mieux. Un grognement retentit quelque part autour de nous.

« Qu'est-ce que c'était ? » sursautai-je.

« Seulement mon chien. Il est assez sauvage et il a du mal avec les étrangers, alors je l'ai enfermé dans la chambre réservée aux invités, en haut. » Ses yeux pétillaient d'un humour que je ne parvenais pas à saisir.

« La chambre des invités ? Où ai-je dormis alors ? »

« Dans ma chambre. »

Je me retournai brusquement, stupéfaite.

« Qu'est-ce que vous faites là !? » m'exclamai-je en me levant pour lui faire face.

Comme d'habitude, Cullen resta d'un calme placide, leva un simple sourcil ironique pour toute répartie.

« Non contente d'avoir monopolisé mon lit pour la nuit, vous osez vous adresser sur ce ton à votre supérieur ? » sa voix était doucereuse, suintant un poison mortel qui me faisait trembler.

Mais de quoi tremblai-je exactement ? Pas de peur… pas vraiment.

Une tension incroyable se dégageait de lui, se propageait dans l'air et venait invertir mon corps.

Voyant que je n'osais pas répondre, il reprit la parole. « Pour votre information, j'habite ici. »

Putain. Et moi qui pensais que ça ne pouvait pas être pire.

Avait-il été là hier soir ? M'avait-il vu dans l'état que m'avait décrit sa sœur ?

« Edward m'a gentiment prêté sa villa pour ma petite fête. » expliqua Alice.

Merci, j'avais compris.

Je hochai la tête, pétrifiée, espérant de toute mon âme qu'il ne m'avait pas vu comme ça.

Je me tournai vers Alice. « Merci, pour tout. Vraiment. Mais je dois rentrer maint- »

« Non. Certainement pas. » Sa voix froide me cloua sur place, et son regard fit vibrer quelque chose en moi.

Qu'a donc cet homme pour me faire réagir ainsi ?

« J'ai besoin de vous ici », continua-t-il. « Un peu de paperasse à faire. »

« Mais… c'est ma journée de congé et… »

Il me jeta un regard noir. « Vous avez eu suffisamment de congé dernièrement. J'ai besoin de vous ici, donc vous resterez. »

« Mais - » tentai-je encore de protester, surprise par sa véhémence.

Le regard qu'il me jeta suffit à me faire taire.

« Très bien. » marmonnai-je.

Il me dévisagea un petit moment, puis me fit signe de le suivre.

Je voulu remercier Alice encore une fois, mais elle n'était plus là. Je retins un soupir.

Mais qu'est-ce que je fous ici…


Alors, vous en pensez quoi ?

Je sais que l'attitude d'Edward porte à confusion parfois, entre son désir d'être avec Bella, de la « séduire » et l'attitude qu'il a eu envers elle jusqu'ici. Il est froid et plutôt antipathique, mais le pauvre c'est pas de sa faute, il est tellement tendu en sa présence ;) (n'y voyez aucun double sens hein! )

Je vous rassure, il va apparaître plus « humain » dans les prochains chapitres.

Enfin voilà, que pensez-vous de l'évolution de l'histoire jusque là, ce qui se passe ? Ça vous plait toujours autant ? Comment imaginez-vous la suite ?