Comme promis, voilà le chapitre 7

Merci pour vos reviews, Bonne lecture :)


Chapitre 7 :

[P.O.V. Edward]

Bella était en état de choc.

Je ne pouvais que la comprendre. Ma sœur et mes deux frères étaient sortis de nulle part, et avaient eu un comportement tout sauf humain et normal.

Alice avait foutu un beau bordel. Il n'y avait aucun moyen pour arranger cette situation sans tout révéler à Bella. Du moins en partie. Mais au fond, j'étais reconnaissant pour ça. Je savais que je pouvais compter sur Alice pour protéger Bella, même de moi.

Je m'en voulais atrocement. Ce n'était pas un sentiment qui m'était familier, la culpabilité. Le vampire en moi me disait toujours que j'avais le droit de faire ce que j'avais voulu faire, mais je savais que c'était faux. Je devais protéger Bella. C'était mon rôle. Je n'aurai jamais dû perdre le contrôle à ce point. C'était beaucoup trop dangereux pour elle. Je n'avais pas prévu que je réagirai comme ça à son contact, mais j'aurais le prévoir.

Autant je souhaitais plus que tout qu'elle reste à mes côtés, autant je souhaitais qu'elle soit heureuse de faire ce choix par elle-même. Je ne voulais même pas songer à l'éventualité où elle ne me voudrait pas autant que je la voulais. Elle ne pouvait pas me dire non.

Je ne prendrai pas non pour réponse. Elle est à moi.

Je voulais être confiant à propos de ça, mais la vérité était que je ne l'étais pas. Les humains ne ressentaient pas le lien comme les vampires.

Un vampire ne pouvait pas repousser son âme-sœur. Il ne pouvait même pas vouloir vivre sans. Notre âme-sœur, une fois que nous l'avions rencontré, devenait notre unique point de repère, la seule raison pour laquelle nous étions sur terre. La vie ne valait rien sans, une fois que nous l'avions connu.

Avant de rencontrer Bella Swan, je ne comprenais pas comment nous pouvions devenir si dépendants d'une autre personne. Maintenant, je savais.

Je savais que sans elle je n'étais rien. Et ça me foutait une trouille monstre.

J'étais apaisé de savoir qu'au moins je ne la laissais pas indifférente. Et je savais que, pendant quelques secondes au moins, elle avait ressenti la connexion entre nous. Je l'avais vu dans ses yeux.

Maintenant, par contre, je n'y voyais qu'un semblant de panique.

« Qu'est-ce que vous êtes ? » souffla-t-elle avant de prendre une gorgée de son café au lait, les yeux baissés vers ses genoux.

Alice le lui avait fait rapidement sur ma demande. Bella n'aimait pas le café noir.

Nous étions tous les trois assis au salon, Bella seule dans un fauteuil, Alice sur le canapé en face d'elle et moi debout près de ce dernier. Emmett était parti et Jasper était tout près, à la lisière de la forêt, essayant de calmer le flot d'émotion de Bella. Ça fonctionnait, dans une certaine mesure.

« Nous… » hésita Alice. « Nous sommes… »

Bella ne me regardait même pas. Ça me tuait. J'aurais tellement voulu entendre ses pensées. Je trouvais plutôt ironique le fait que l'univers m'empêche de lire dans la tête de la seule personne qui en valait vraiment la peine. Un juste châtiment pour mes péchés passés, sans doute.

Alice me jeta un coup d'œil, attendant clairement que j'entreprenne les explications par moi-même. Je levais les yeux au ciel, d'apparence nonchalant. Mais à l'intérieur, j'étais mort de peur. Je redoutais plus que tout la réaction de Bella.

« Nous sommes des vampires », lâchai-je abruptement, peu disposé à tourner autour du pot pendant des heures.

Bella sursauta et leva enfin les yeux vers moi, incrédule. Puis, l'incrédulité laissa place à la colère.

« Sérieusement ? » cracha-t-elle, visiblement furieuse. « Arrêtez de vous foutre de ma gueule ! Je mérite une explication ! »

« C'est la vérité, Bella… » dit doucement Alice. « Nous sommes des vampires. »

Son regard passa d'Alice à moi, à la fois méfiante et effarée par ce que nous affirmions. Puis elle remarqua nos expressions mortellement sérieuses. Elle avait compris que nous ne plaisantions pas. Je pouvais voir dans ses yeux que son cerveau travaillait à toute allure, assemblant les pièces du puzzle une par une, menant à l'inéluctable conclusion.

« Impossible » dit-elle d'une voix blanche. « Les vampires n'existent pas. »

Je pouvais entendre son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Puis elle prit une grande inspiration et revêtit un air déterminé, les yeux braqués sur moi.

« Prouvez-le. »

J'acceptai le défi avec un sourire en coin. Moins d'une demi-seconde plus tard, je me retrouvai accroupi devant elle, mon nez à un centimètre du sien. Elle lâcha un petit cri et recula prestement. J'attrapai à temps sa tasse de café avant qu'elle ne tombe sur elle et la déposai sur la table basse derrière moi. Elle me regardait avec des yeux écarquillés.

« V-vous … »

« Je pense que tu peux me tutoyer, maintenant », raillai-je en me relevant.

Elle rougit à mon insinuation.

« Tu nous crois maintenant ? » demanda Alice.

« Je n'ai pas vraiment le choix… » marmonna Bella. « Je comprend mieux certaines choses. »

Elle avait l'air étrangement calme, pour quelqu'un qui venait d'apprendre une nouvelle de cette ampleur. Était-ce uniquement dû au don de Jasper, ou pouvais-je espérer qu'elle ne nous voit réellement pas comme des monstres ?

Elle regarda Alice avec hésitation. « Je… je peux vous poser quelques questions ? À tous les deux ?»

« Bien sûr ! » répondit ma sœur avec enthousiasme.

« Si vous êtes des vampires, ça… ça dire que vous buvez du sang ? »

« Bien vu, Sherlock », confirmai-je, sarcastique.

Elle me jeta un regard à la fois mauvais et nerveux avant de se retourner vers ma sœur.

Cette dernière s'empressa de préciser « Du sang animal seulement ! Nous avons l'habitude de nous appeler des végétariens, puisque notre famille ne consomme pas de sang humain. On est des « gentils » vampires, tu vois ? »

Bella acquiesça lentement, semblant soulagée.

Pauvre petit agneau innocent… si tu crois que ça m'empêchera de te croquer…

« Qui sont les deux hommes qui étaient avec vous tout à l'heure ? »

« Le blond c'est Jasper, mon mari, et le grand brun c'est Emmett, notre « frère ». Il est marié à Rosalie, que tu ne connais pas encore. Il y a aussi Carlisle et Esmée, qui sont en quelques sortes nos parents. »

« oh… », dit-elle pensivement « Donc vous avez tous… un partenaire, c'est ça ? » Elle me jeta un coup d'œil qu'elle voulu sans doute discret. Je retins un sourire satisfait.

Intéressée ?

« Sauf moi. » répondis-je en la gratifiant d'un regard appuyé.

Elle rougit à nouveau.

Adorable.

« Bon », décréta Alice en se levant « Je dois y aller moi. Edward répondra à toutes tes interrogations Bella, ne t'en fait pas. »

« Heu… en fait… il vaudrait mieux que… » bredouilla-t-elle en se levant à son tour. « Il… il faut que j'y aille moi aussi. »

Elle était visiblement peu rassurée à l'idée de rester seule avec moi.

Elle se sent plus en sécurité avec deux vampires plutôt qu'un seul.

Elle était vraiment une drôle d'humaine.

Mais ma sœur était déjà partie, et je n'allais certainement pas laisser Bella m'échapper. Je ne pouvais pas prendre le risque qu'elle s'enfuie. Peut-être son calme n'était-il qu'une façade, ou peut-être ne réalisait-elle pas encore tout à fait.

Elle ne semblait pas avoir tout compris. Elle n'avait toujours pas saisit qu'elle n'était venue à aucune fête hier soir, et que ce Jake était réellement mort. Par ma faute.

Il vaudrait mieux que je taise cette information.

« Je… au revoir » dit-elle en se dirigeant vers la porte d'entrée.

Je fus devant elle en moins d'une seconde, et elle se cogna le nez sur mon torse. Elle leva les yeux vers moi, surprise, puis ses sourcils se froncèrent légèrement, signe qu'elle était agacée.

« Vous ne pourriez pas éviter de faire ça à l'avenir ? » se renfrogna-t-elle.

« Il me semble t'avoir déjà demandé de me tutoyer, Isabella » susurrai-je en penchant la tête sur le côté.

Je ne manquai pas le frisson qui la saisit.

Elle aime quand je lui parle comme ça, hein…

« Visiblement, vous n'avez pas eu besoin de ma permission pour commencer à le faire, vous. »

Je la dévisageai, une ombre de sourire aux lèvres, amusé.

« Tutoies-moi » m'entêtai-je.

Elle leva les yeux au ciel. « Poussez-vous, je veux rentrer chez moi. »

Je ne bougeai pas d'un pouce. Elle leva de nouveau les yeux au ciel et me contourna en soufflant bruyamment.

Je la laissai presque atteindre la porte, mais au moment même où elle tendit la main vers la poignée, je m'interposai, et ses doigts frôlèrent mon entrejambe. Je retins un gémissement.

Elle sursauta et ramena en vitesse ses doigts vers elle. « Arrêtez de faire ça ! » Elle avait un petit air sévère à croquer.

« Ou sinon quoi ? » me moquai-je « Tu vas me mordre ? »

« Me tente pas », marmonna-t-elle entre ses dents.

J'éclatai de rire. Elle était vraiment délicieuse. Je me réjouissais de la petite joute verbale que nous avions. Qu'elle ose me parler comme ça me prouvait qu'elle était un peu plus à l'aise en ma présence, ou du moins qu'elle n'était pas terrifiée par moi. La provoquer semblait être pour moi le seul moyen de susciter une réaction chez elle, mais je devais avouer que j'adorais ça.

« Laissez-moi passer » se renfrogna-t-elle en croisant les bras.

« Pas avant que tu ne te décide à me tutoyer. » Ni après d'ailleurs.

« Arrêtez ça, c'est ridicule ! »

Je maintins ma position, croisant à mon tour les bras en m'adossant nonchalamment contre la porte. Je lui adressai un petit sourire insolent en la voyant me mitrailler du regard.

« Je ne vais pas vous tutoyer ! Vous êtes toujours mon patron et - »

« Il va bien falloir, si tu souhaites un jour pouvoir sortir d'ici » la coupai-je.

« Vous n'êtes pas sérieux ? » demanda-t-elle, abasourdie.

Je lui souris pour seule réponse.

Elle regarda autour d'elle cherchant sans doute quelque chose qui pourrait venir à son secours. Elle sembla trouver, puisqu'elle se dirigea à grand pas vers la fenêtre. Je la laissai faire, curieux. De toute manière elle ne pourrait pas sortir par cette issue, toutes les fenêtres étaient verrouillées.

Elle souleva le rideau, juste assez pour passer entre lui et la fenêtre, sans pour autant inonder la pièce de la lumière du soleil. Une bouffée de tendresse me submergea.

Bien sûr, elle pense que le soleil peut me blesser.

Au bout de quelques minutes de tentative infructueuse, elle se rendit à l'évidence qu'elle ne pourrait pas sortir par là. Elle émergea du rideau, en soufflant d'agacement. Elle capta mon regard moqueur.

« Vous le saviez, hein ? »

« Évidement. J'habite ici. » appuyai-je d'un air condescendant.

Son regard navigua entre le rideau et moi plusieurs fois, elle se mordilla la lèvre, indécise. Je bandai les muscles pour m'empêcher de lui sauter dessus.

Elle braqua les yeux sur moi. « Si vous ne me laissez pas partir, je devrai vous y forcer. »

Force petite, force.

J'haussai un sourcil, à la fois en un signe d'amusement et de défi.

« Et comment comptes-tu t'y prendre ? »

J'ai ma petite idée.

« J-je… » hésita-t-elle. « Je vais ouvrir ces rideaux. »

J'étais curieux de voir si elle le ferait vraiment. Elle n'était pas vraiment consciente de notre lien, mais se pouvait-il qu'il ait tout de même une certaine influence sur elle ? Quelque chose qui ferait qu'elle ne supporte pas l'idée de me blesser, même s'il en allait de sa propre sécurité ? Je devais tester cette théorie.

Je fis un pas vers elle, souriant. Elle serra le tissu sombre dans son poing. « Je vais vraiment le faire ! » me menaça-t-elle.

J'avançai toujours, et elle ne se décida toujours pas à l'ouvrir, si bien que je me retrouvai bientôt à moins de trente centimètre d'elle. « Eh bien ? » raillai-je, secrètement heureux qu'elle ne l'ait pas fait.

Elle me regarda un moment, clairement embarrassée, et un brin honteuse. Elle lâcha le rideau. « Désolée… souffla-t-elle. Je suis désolée, je ne voulais pas… »

Mince.

Elle se sentait coupable, maintenant. J'aurais dû le prévoir, la connaissant.

Mais tu ne la connais pas vraiment…

Je lui souris, un peu moqueur, tentant de refouler mes pensées. « Le soleil n'est pas un danger pour nous. »

Elle rougit « Ah. » commenta-t-elle simplement.

J'enchainai rapidement, le ton un peu railleur « Bien sûr, j'accepte de te pardonner pour avoir voulu me réduire en cendre… à deux conditions. »

« Quoi ? » demanda-t-elle, méfiante.

« Première condition : tu dois me tutoyer, bien sûr. »

« Bien sûr… » elle roula des yeux.

« Deuxièmement, tu… tu me tiens compagnie pour quelques jours. »

Elle ouvrit grand les yeux. « Pardon ? Et puis quoi encore ! »

Elle se dirigea à grand pas vers la porte. Je l'attrapai par le bras et lui fit faire volt face.

« Penses-y, tu pourras me poser toutes les questions qui te passent par la tête, et j'y répondrai », essayai-je de la convaincre. Si ça ne fonctionnait pas, je devrais utiliser le chantage, voire la manière forte en dernier recourt. Je ne tolèrerai pas qu'elle s'éloigne de moi. Maintenant qu'elle connaissait ma vraie nature, ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle ne tombe follement amoureuse de moi. Je voulais que ça arrive le plus tôt possible.

Elle hésita, visiblement tentée.

« Tu n'as pas envie d'en savoir plus sur les vampires ? » Lui demandai-je avec un sourire charmeur.

Elle cligna des yeux, comme éblouie.

« D'accord », dit-elle lentement après avoir réfléchi quelques minutes. « Mais seulement pour aujourd'hui. Je… je partirai demain matin. »

Elle se défit de ma poigne et retourna s'assoir. Je la suivis, satisfait. Elle avait beaucoup hésité mais finalement sa curiosité l'avait emportée. À croire que cette fille n'avait aucun instinct de survie.

Maintenant qu'elle connaissait ma vraie nature, et ne semblait pas en être choquée outre mesure - bien moins que n'importe qui d'autre l'aurait été -, je me sentais plus détendu en sa présence. Moins sur la corde raide. J'avais l'impression que je pouvais enfin être moi-même, un minimum. J'étais heureux de ne plus devoir laisser cette distance froide et professionnelle entre nous.

Mais je devais malgré tout toujours faire attention à ne pas craquer. Ni à mon envie de boire son sang, ni à mon instinct qui me conjurait de la faire mienne.

Bientôt.

Bientôt son corps jouira de plaisir sous le mien.

Mais il valait mieux que j'évite ce genre de pensées pour le moment.

oooOOOoooOOOoooOOOoooOOOooo

[P.O.V. Bella]

Je n'arrivais pas à croire que j'aie accepté de rester. Les vampires avaient-ils le pouvoir d'hypnotiser les gens, comme dans les séries télévisées ? Je m'étais sentie étrangement éblouie par lui.

Je réagissais étonnement bien à cette situation. Je devrais probablement être morte de peur et chercher à m'enfuir, mais je n'en ressentais pas le besoin. Juste une drôle d'appréhension en présence d'Edward.

Ce qui était encore plus étrange était que je me sentais bien plus à l'aise en sa compagnie maintenant que je savais qu'il était un vampire. Comme si quelque chose qui me dépassait complètement était enfin au bon endroit.

Ou peut-être était-ce à cause du baiser.

Ah oui... ce baiser.

Putain.

Nous nous étions embrassés. Mutuellement.

J'aurais aimé pouvoir dire qu'il m'avait sauté dessus et que j'avais voulu le repousser, mais ce serait mentir. Je n'avais même pas eu envie de le repousser. Je me détestais pour ça.

J'avais voulu son corps contre le mien, sa bouche sur ma peau.

Sa bouche... sur mon cou. Avait-il voulu me mordre ? Je tressaillis à cette pensée.

J'étais encore moins rassurée à l'idée de rester seule avec lui. Mais j'avais des dizaines de questions et mon instinct de journaliste ne m'autoriserait pas à rester sans réponse.

Alice avait dit qu'ils étaient des « gentils » vampires, qu'ils ne buvaient pas de sang humain. Mais pouvais-je vraiment la croire ? Étais-je réellement en sécurité ? Quelque chose me poussait à lui faire confiance, même si je n'aurais peut-être pas dû. S'ils avaient voulu me faire du mal, ils l'auraient déjà fait.

Malgré tout, je n'avais plus peur d'Edward. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il m'apparaissait plus humain maintenant que je connaissais sa véritable nature. Et ce qui me criait auparavant de rester loin de lui, cet instinct qui me poussait à le fuir et à inconsciemment penser que cet homme pourrait changer ma vie, je le trouvais normal à présent. Banal.

Après tout, quoi de plus normal que d'avoir cette réaction face à un vampire ? J'aurais dû me douter bien plus tôt de ce qu'il était. Tous les signes étaient là. Cette aura menaçante, le fait qu'il ne buvait jamais de café, ou quoique ce soit d'autre, sa peau pâle et froide...

Un détail me frappa.

Sa peau froide.

Je posai la question que j'avais sur le bout de la langue sans y réfléchir davantage. « Est-ce que Tanya est un vampire ? »


Alors, étonnés par la réaction de Bella ? Que pensez-vous de ce chapitre ?

Dites-moi tout =)