Avant de commencer ce chapitre voici quelques choses à lire avant (oui, un peu comme les petits papier qui se trouvent avec les kinders surprises) :
- Attention chapitre "BOUCHERIE" (qui au passage est le seule de la phase PRINTEMPS).
- Encore un chapitre que l'on peut qualifié de "chapitre de la solitude", les Gardiens et autres esprits vont apparaitront que dans le prochain chapitre.
- J'espère que vous avez fait une bonne rentrée pour ceux qui reprennent le chemin de l'école (dit la fille qui ne rentre qu'à la fin du mois).
- Bonne lecture.
PRINTEMPS, partie 2
Combien de temps Mary était restée prostré là, sur le carrelage froid de la salle de bain. Une demi-heure ? Deux heures ? Trois minutes ? Elle l'ignore. Sa tête était dans un état étrange entre un trop plein de questions et le vide absolu. Mais toutes ces pensées était tournées vers la résolution d'une seule question : qu'est-elle devenue ? Car il y avait une chose, une chose dont elle était certaine, c'était que quelque chose l'avait changée. Quelque chose, l'avait transformée. Quelque chose avait transformée elle, Mary, en la chose qui se reflète dans le miroir.
Mary appuya sa tête sur le carrelage, lui procurant ainsi une fraicheur qu'il la soulagea un peu. Elle en soupira rassuré. Cela voudrait dire qu'elle n'était pas un fantôme ? Étant donnés qu'elle avait des sensations. Cela voudrait dire qu'elle n'était pas morte ?
Elle essaya tend bien que mal à se remémorer le parcours qu'elle avait fait entre la maison des jumeaux et la sienne. Portant rien d'anormal lui vient à l'esprit. Il faut dire aussi qu'elle avait fait ce parcours plus d'une centaine de fois, donc elle avait avancée en mode automatique sans trop regarder ce qui se passe autour d'elle. Oui mais une métamorphose comme celle-là doit se ressentir… Peut être qu'elle l'oubliée… Qu'on la force à oublier… Mais comment ?
Soudain la sonnerie de la porte d'entrée retentit à travers l'appartement, tirant la jeune femme de ses pensées. Elle entendit vaguement quelqu'un se dirigeait vers la porte et l'ouvrir. Il y eu un silence quand soudain elle entendit son petit frère dire :
« - Maman ! Papa ! Il y a une policière qui veut vous voir ! »
Cette phrase termina de faire émerger Mary de son cocon de pensées. Doucement elle se releva, essayant d'ignorer ses membres tremblants. Et se dirigea vers le salon d'où elle entendit sa belle-mère emmener le membre du service d'ordre. La jeune femme se posta à la porte légèrement en retrait même si elle était désormais invisible. Assit sur l'un des fauteuils du salon se trouvait l'agent de police. Elle avait le visage grave de ceux qui avaient quelque chose de difficile à dire. Son père, sa belle-mère et son petit frère se trouvaient tous les trois sur le canapé. Si les adultes avaient compris que quelque chose de grave c'était produit, ce n'était pas le cas du jeune garçon. D'ailleurs la policière regarda ce dernier avec une certaine gêne avant de dire lui d'une voix douce :
« - Est-ce que tu pourrais me laissé seule avec tes parents s'il te plait ? Je dois leurs dires quelque chose que les enfants de ton âge ne devraient jamais entendre. »
Monty regarda silencieusement la femme à travers ses lunettes puis sortie du salon. Au passage il traversa sans le savoir sa sœur qui ne put s'empêcher de grimacer. Quoiqu'il arrive par la suite elle ne s'habituerait jamais à cette sensation. Les adultes restés dans la pièce se regardaient durant quelques secondes en silence. Ce fut le père de Mary qui craqua et ne put retenir des trémolos dans sa voix :
« - Il est arrivé quelque chose à Mary. »
La phrase était sorti de la bouche de son père, comme si c'était une évidence.
« - S'il vous plait, dites le nous rapidement. » Demanda presque comme un supplice sa belle-mère.
La policière poussa un soupir puis repris d'une voix professionnelle avec dans ses yeux le vide de ceux qui voudraient être ailleurs :
« - Le corps de votre fille a été retrouvé à une centaine de mètre de chez vous. Les premières constatations montrent qu'elle a été assassinée.»
Le corps du père se plia comme s'il avait pris une balle en pleine poitrine. La belle-mère ne bougea pas, mais on eu l'impression que tout sang avait déserté son visage. Mary quant à elle avait la même sensation que si elle était passée sous une douche froide.
Morte… Elle était morte.
Alors que cette vérité la pétrifié sur place, la recouvrait d'un brouillard d'incertitude et d'horreur. Morte, elle était morte. Mais pire que tout quelqu'un avait abrégé volontairement sa vie. Elle était morte. Assassinée. Elle était morte. Assassinée. Elle était morte. Assassinée. ELLE ÉTAIT MORTE ASSASSINÉE. La phrase tournée en boucle dans sa tête jusqu'à ce que les mots n'uses plus aucuns sens pour elle.
Elle sortie de sa transe uniquement quand ses parents et la policière se levèrent. Les phrases qui réussirent à atteindre son esprit embrumé lui indiquèrent qu'ils partaient faire une identification du corps. De son corps. Son corps. Elle devait voir son corps. Voilà la pensée qui traversa Mary. Cette pensée aussi morbide et tordue soit-elle, était aussi celle qui la rassura le plus. Car elle ne provenait pas de sa panique, de son incertitude, non. Elle venait de son esprit cartésien et logique. De son intelligence, la seule chose d'on elle pouvait sans dommage se vanter. Voir son cadavre lui prouvera une bonne fois pour toute sa mort. Voir son cadavre, lui permettra aussi de savoir de quelle manière précise elle était morte, vu qu'elle ne possède aucun souvenir de ce moment qui l'a fait passer de vie à trépas. Mais surtout elle pensa à ce moment précis et de toute sa logique qu'en voyant son cadavre elle pourra trouver la force de continuer et aller de l'avant. Et qu'importe si elle ignorait où cet avant la conduirait.
Voilà comment Mary se retrouva à suivre sa famille et l'agent de l'ordre. Monty fut confié à la voisine de pallier. La jeune femme se demanda comment ils allaient lui annoncait son décès. Le premier problème que posa son … nouvel état était qu'elle ne pouvait s'assoir avec les autres dans la voiture de service. Si la situation était autre cela aurait put lui arracher un sourire. Mais là elle se contenta de hocher les épaules et de prendre un raccourci.
Aussi Mary arriva quasiment en même temps que la voiture. Elle s'autorisa un sourire. Pour une fois que quelque chose se passait comme elle le désirait durant cette nuit. Cela lui permit de continuer sa filature. La suite se passa dans un flou total. Puis soudain elle se retrouva dans la morgue. La salle ne ressemblait pas à celles qu'elle avait vue dans les films policiers. Elle n'était pas sombre, mais lumineuse et fortement éclairé. Presque aveuglante à cause des murs blancs et des meubles en inox qui fessait réfléchir la lumière. Mais surtout d'une propreté digne d'un bloc opératoire. Et au beau milieu, un corps couvert d'un drap blanc poser sur la table d'autopsie. Son corps. Entourait, de ses parents, de la policière et de Mary. Cette dernière regarda les trois autres. Ses parents se soutenaient l'un et l'autre, les yeux rivés sur le drap blanc. Le visage fermé la policière attrapa un bout de drap et demanda poliment si elle pouvait le retirer. Les gorges du père et de la belle-mère devaient être tellement nouées qu'ils ne purent qu'hocher la tête. Et elle découvrit le visage de cadavre de Mary. Au même moment, son père s'effondra sur le sol en sanglotant, plus soutenue par la belle-mère qui avait désormais les mains sur la bouche pour essayer de contenir ses sanglots. Cela fut étrange pour cette dernière. C'était comme si elle se retrouvait en face d'une photo en trois dimensions d'elle-même. Ou plutôt comme si elle avait une poupée de cire à son image. La seule pensée qui lui traversa l'esprit sur le moment fut que son assassin avait épargné son visage.
Mary ne se souviendra jamais combien de temps ils restèrent là. Elle se souvient seulement des sanglots de sa famille qui entamait même sans le vouloir leurs deuils et qui se répercute. De son visage dont elle fessait face et qui était déjà d'une pâleur mortuaire. Mais tout d'abord du fait qu'elle eu du mal à se persuader que la chose allongeait sur la table était tout simplement son cadavre.
Elle retrouva brutalement la notion du temps quand la policière, visiblement gênée par la scène demanda doucement à ses parents s'ils voulaient monter en haut régler certains papiers. Après un hochement affirmatif de la tête, ces derniers la suivirent laissant Mary seule en tête-à-tête avec son corps.
La jeune femme resta quelques instants en silence et dans la même position. Quand soudain un désir impérieux la prit. Celui de voir sa blessure. La blessure mortelle qui la fait passer de vie à trépas. Alors, sans réfléchir et d'un geste vif, elle enleva entièrement le drap qui la recouvrait. Et comprit immédiatement pourquoi, outre la nudité, la policière avait fait en sorte que seule son visage soit découvert.
Massacre. Voilà le mot qui convenait pour ce qu'on lui a fait subir. Mary qui était restée calme jusqu'à présent recula vivement de la table, se sentant sur le point de dégobiller. Quelqu'un avait littéralement découpé son bas ventre rendant ce dernier comme un bout de viandes sanguinolentes. La pâleur de sa peau contrastée avec la couleur rouge noirâtre de ses entrailles. Les entailles qui délimités plus ou moins cette plaie béante était fait de façon sale et grossière. Mais le pire c'est que même un néophyte en biologie pouvait voir qu'il lui manquait certains de ses organes. De plus une odeur de sang et de début de pourriture, masquaient auparavant par l'odeur de désinfectant qui imprégnait la salle commença à poindre.
Mary qui avait continué de reculer, les mains sur son visage pour éviter à la fois de sentir l'odeur atroce que dégager son cadavre et de vomir, heurta brutalement la table d'autopsie qui se situait derrière elle. A moitié affaler sur la table elle continua à regarder son corps mutilé. La crise de panique qu'elle avait eu quand elle s'était rendu compte de sa métamorphose était brutalement revenue. La sensation d'étouffer refit surface. La jeune femme eu l'impression que les murs de la morgues se refermaient sur elle comme un cercueil.
Ne pouvant supporter davantage, Mary s'enfuit. Elle quitta la morgue, quitta le commissariat et s'enfonça dans la nuit noire.
