OOOH MAAAAN ! Celui-ci m'a prit DES MOIS ! J'ai cru que j'y viendrai jamais à bout ! Enfin bon, le voilà et j'espère que le peu de gens qui lisent cette fic l'apprécieront à sa juste valeur, tant ça a été un CALVAIRE !
Autre chose, du coup entre temps, Xiaolin Chronicle est sortit, cependant ma fic ne sera pas modifié en conséquence. La suite que je lui avait prévu le sera, elle, peut-être (encore faut-il que je finisse déjà cette fic...). Pour le moment je suis pas ultra fan de ces nouveaux épisodes, XS étant tout de même de meilleur qualité que ce soit au niveau de l'histoire comme de l'humour (pour les graphismes je me suis habituée...)
Sur ce, ENJOY comme toujours, et laissez moi vos impressions (quand je dis ça je m'adresse à toi Lucie...)
La situation était plus qu'embarrassante. Sous le choc de la réaction de Raimundo à leur « activité » Kimiko était sortit à moitié nue de la chambre en courant pour prévenir Maître Fung. Car en plus des cris terrifiants et terrifiés poussé par Rai, sa plaie c'était rouverte et les draps étaient tachés de sang.
Mais à présent que les esprits c'étaient calmés et que Raimundo était de nouveau endormis dans des bandages propres et sains, Kimiko mesurait l'ampleur de la gène dans laquelle elle se trouvait. Rai n'avait bien sur pas pu se rhabiller avant que les autres n'arrivent, et la jeune japonaise dépassée par les événements ne s'en était pas souciée, tant elle avait eu peur. Si bien qu'il ne faisait aucun doute pour les autres de ce qu'il c'était passé dans la chambre, pourtant, aucun d'entre eux n'osa y faire allusion, Kimiko semblait toujours traumatisée.
- Tu n'es en rien responsable de ce qui est arrivé à Raimundo, sache-le, fit Maître Fung d'un air compatissant. Tu ne dois pas te sentir coupable de ce qui vient de se produire.
- Il était blessé, je n'aurais pas du accepter qu'il fasse un effort, répondit-elle, mais en même temps…
- En même temps ?, fit le Maître moine perplexe.
- Je n'ai pas eu l'impression que l'effort physique soit la cause de sa réaction, on aurait dit qu'il avait vu quelque chose de particulièrement effrayant mais…mais c'était moi qu'il regardait.
Maître Fung fronça les sourcils, il y avait peu de chance que Kimiko soit la chose qui ai effrayé Raimundo, le jeune homme devait surement avoir vu quelque chose d'autre que la jeune fille. Une discussion serait nécessaire dès le réveil du brésilien. En attendant, après une journée aussi éprouvante il était tant pour tous de prendre du repos…pour de bon cette fois.
- Je réglerai ca dès que Raimundo ira mieux, maintenant je pense qu'il est tant d'aller vous couchez. Je veillerai sur Raimundo, reposez vous, il est important que vous soyez en forme… qui sait ce que demain peut nous réserver.
Les trois guerriers hochèrent la tête et regagnèrent leurs chambres. Ni Clay ni Omi n'osèrent parler à Kimiko, par ailleurs, celle-ci semblait bien plus exténuée que les autres. Dans sa tête résonnait encore le cri poussé par Rai, un cri de pur effroi, qu'il avait eu en la voyant elle. Un frisson la parcouru et malgré les mots de Maître Fung elle ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable.
Qu'avait vu Rai en elle ou sur elle qui ai pu le terroriser à ce point ? Elle y repensa encore avant de s'endormir, et même si elle y parvint rapidement, sa nuit fut mauvaise et peuplée de cauchemars où elle tuait Raimundo de ses mains tout en entendant un rire cruel s'échapper de sa bouche mais qui n'était pas le sien.
Lorsque le soleil fut levé, elle dormait encore, hantée par son crime, mais suite au choc qu'elle avait subit hier soir, les autres moines décidèrent de la laisser se reposer.
Lorsque Rai ouvrit les yeux, la puissante lumière l'éblouit, il se souvenait avec difficulté de ce qui c'était passé la veille, il ferma un moment les yeux et progressivement, sa mémoire lui revint. La fièvre. L'envie. La voix.
Il tressaillit et voulu se relever, mais sa blessure l'en empêcha, lui envoyant une vague de douleur qui le recloua au lit. Raimundo gémit, il ne semblait pas avoir beaucoup récupéré depuis hier. Il avait mal dans chacun de ses membres mais remarqua que l'horrible migraine qui l'assaillait chaque matin depuis des semaines n'était pas au rendez-vous.
La voix… la voix qui le poursuivait chaque nuit, à chacun de ses rêves, cette fois-ci, il ne l'avait pas entendu, si on exclu le moment où il avait couché avec Kimiko…
Coucher avec Kimiko… il se rendit compte seulement maintenant de ce qu'ils avaient fait. Comment cela avait-il pu se produire ?
Il s'en voulu terriblement, car il n'avait pas de sentiments particuliers pour Kimiko en dehors de son amitié. La fièvre l'avait rendu fou, mais juste pour cette nuit. Qu'allait-il bien pouvoir lui dire ?
Raimundo était un dragueur invétéré, même si il c'était relativement calmé depuis son entrée au Temple, et avait tendance à faire du charme à toutes les filles qu'il pouvait rencontrer. Ca avait été le cas de Kimiko il fut un temps, ils avaient longtemps joué à ce petit jeu de la séduction sans que cela connaisse de suite durable.
Mais le plus embêtant dans tout ça, était qu'il avait pris la virginité de Kimiko. Car si lui avait déjà eu une ou deux relations (cela remontait à si loin…), Kimiko n'avait jamais gouté à cette chose qu'était le sexe. Raimundo commença à se sentir de plus en plus coupable par rapport à elle et essaya de formuler dans son esprit embrumé, comment il allait aborder la chose avec elle.
- Rai ?
Le garçon tourna vivement la tête, il n'avait même pas entendu entrer Kimiko…
- Les autres vont arrivés mais il fallait que je te parle en privé, dit-elle en rosissant.
- Moi aussi Kimi, je…
- Non laisse moi parler, fit-elle en le coupant net, écoutes, par rapport à ce qu'il c'est passé hier soir…
Raimundo retint son souffle, il avait peur de ce qu'elle allait lui déclarer.
-… je ne crois pas qu'il soit utile qu'on en parle vraiment, je veux dire, j'ai un peu honte de ce qu'il c'est passé, je ne voulais pas que ça se passe ainsi… Tu es un très bon ami Rai mais…
- Je te vois juste comme une amie aussi Kim, lança le jeune brésilien d'un air soulagé.
Kimiko resta incrédule puis soupira.
- Ouf… je craignais tant de t'en parler, je suis contente que tu en penses la même chose. Alors rien ne change ?
- Non, fit Raimundo, souriant lui-même, rien ne change.
Ils restèrent un moment à se sourire mutuellement puis, un bruit de pas se fit entendre et le reste du groupe pénétra dans la chambre.
- Alors vieux frère, on fait la grasse-mat' ?, lança Clay d'un air jovial.
- Oui Raimundo, j'espère que tu t'es bien reposé pour méditer sur ce qu'il c'est passé hier, fit Omi bien moins enjoué que le texan.
Kimiko et Raimundo se lancèrent un regard quelque peu affolé avant qu'Omi ne rajoute:
- Ta misérable défaite nous a fait perdre un précieux Shen-Gong-Wu !
- Omi je ne pense pas que ce soit le bon moment pour…, commença Kimiko.
- A cause de toi nous ne retrouverons jamais le guerrier de l'Esprit !, continua Omi sans ce soucier de l'intervention de Kimiko, je n'arrive pas à comprendre comment tu as pu être choisis comme Guerrier Shoku !
Raimundo s'assombrit, Omi avait toujours remit en cause sa promotion au rang de leader, pensant être le meilleur guerrier grâce à son ancienneté au sein du Temple. Mais il en avait été autrement, et Omi devait l'accepter ainsi.
- Il n'empêche que je l'ai été, déclara Raimundo, de plus, ce Shen-Gong-Wu ne nous aurait servit à rien, celle que j'ai combattu était de toute évidence le guerrier de l'Esprit…
Il est vrai que Raimundo avait déclaré qu'il s'agissait d'elle juste avant de s'évanouir, mais dans l'angoisse de son état, cela leur était sortit de l'esprit.
Mais Omi ne se laissa pas convaincre et continua de s'acharner sur son camarade.
- Et alors ? Il ne s'agit pas de savoir de qui il s'agissait ! Mais de récupérer ce Shen-Gong-Wu ! Et si cela avait été un autre ? Tu vois, tu as juste fait perdre à l'équipe un moyen de combattre les forces du mal qui se font de plus en plus présente maintenant !
- P'tit gars, honnêtement, cesse de cracher ton venin sur ce pauvre Rai, déclara Clay pour qui toute cette situation devenait insupportable (il détestait les conflits), il a fait du mieux qu'il pouvait…
- Du mieux qu'il pouvait ?, répéta Omi, du mieux qu'il pouvait ?! Et bien si c'est ça le meilleur du guerrier Shoku alors autant laisser les ténèbres de la magie Heylin se rependre sur nous en regardant les abeilles volés !
- Les mouches…, répliqua juste Raimundo, en ayant assez des enfantillages d'Omi.
- Quoi quoi ?, répliqua le jeune moine.
- Oubli ça veux-tu, lui répondit Raimundo qui semblait commencer à avoir du mal à retenir sa colère, nous devrions plutôt nous concentrer sur le fait que Wuya à déjà surement enrôler la guerrière de l'Esprit…
- Wuya a mit la main sur elle…
Maître Fung venait d'entrer dans la pièce et à ces mots, il pâlit.
- Raimundo n'a aucune preuve de ça, fit Omi alarmé par l'air terrifié de Maître Fung, n'est-ce pas Rai ?
Raimundo lança un regard noir au jeune moine et se redressa comme il pu.
- C'était elle, sans aucun doute. J'ai entendu sa voix dans ma tête… Elle n'a pas voulu parler pour de vrai, comme si elle cachait quelque chose. Mais malgré tout, je l'avais déjà entendu… je suis sur que…
- Tu es sur d'avoir déjà entendu sa voix ?, l'interrompu Fung en se penchant vers lui.
- Je… euh… oui… oui j'en suis presque sur…
- Où ? Quand ?, le pressa le vieux sage.
Raimundo lança un regard gêné aux autres moines, il n'avait pas vraiment envie de parler de ça devant eux.
Fung le compris et ordonna à Kimiko, Clay et Omi de sortir.
- Mais…, commença à répliquer Omi.
- Il n'y pas de mais, dit Maître Fung un peu sèchement, sortez s'il vous plait.
Lorsque les autres furent partis, le sage s'assis près de Raimundo l'air soucieux.
- Je vois bien que tu n'es pas dans ton état normal depuis quelques jours, est-ce dû à cette fameuse voix ?
Raimundo resta silencieux un moment, Fung avait vite eu fait de rapprocher les deux éléments. Il ne comptait pas lui mentir, car si quelqu'un pouvait l'aider, c'était bien lui.
- Ca a commencé après le combat final, et c'était toutes les nuits ou presque… J'entends sa voix, c'est celle d'une jeune fille. J'ai l'impression de la connaître mais je n'arrive pas à me rappeler d'où. Elle me dit de la rejoindre, de… de repasser du côté Heylin… Lorsque nous nous sommes battu en haut de l'horloge, je suis sur que c'était sa voix… que cette fille est la même qui me parle en rêve. Y a-t-il une chance que je me trompe et qu'elle ne soit pas la guerrière de l'Esprit ?
Maître Fung avait un air sombre et à la fois concentré sur ce que Raimundo venait de lui dire. Car c'était inquiétant, très inquiétant, et si ce qui était en train de se passer avait un lien avec cette ancienne histoire, alors il savait pertinemment ce que Wuya essayait de faire. Il hocha la tête d'un air désolé.
- Il n'y a aucun doute hélas… ton raisonnement est le bon, Wuya nous a devancé, et depuis longtemps à ce que tu me dis.
- Mais comment est-ce possible, fit Raimundo, comment Wuya a-t-elle pu être au courant avant nous de son existence ?!
- Il y a une raison à ça, mais je ne puis te l'expliquer sans en être sur… Je ferai des recherches sur ce que tu viens de me raconter, mais je suis confiant, tu as une assez bonne maitrise de toi-même et une connaissance du pouvoir Heylin bien plus grande que la notre, je sais que tu résisteras à l'envoutement du pouvoir de l'Esprit. Une chose est sur, ajouta Maître Fung, des heures sombres approchent, et nous devons être tous près à les affronter. Repose-toi Raimundo, je rechercherai un moyen d'apaiser tes nuits et de m'assurer de ce que mijote Wuya.
Raimundo eu un sourire rassuré.
- Merci, dit-il.
Maître Fung ne fit que lui sourire, il avait volontairement éludé ce qu'il savait du projet de Wuya, et à vrai dire, il avait bien peur que Raimundo ne résiste encore que peu de temps contre les attaques mentales de son assaillante.
- Encore une chose, que c'est-il passé hier soir ?
Raimundo rougit à l'évocation de la nuit dernière. Comprenant que Raimundo avait mal compris sa question, Maître Fung ajouta:
- Je parle de ce que tu as vu avant de t'évanouir, Kimiko m'a dit que quelque chose t'avais visiblement effrayé au point de te faire perdre connaissance.
Les souvenirs à propos de sa vision étaient flous, il essaya de se remémorer le visage auquel il avait fait face avant son malaise.
- Elle… je pense que c'était elle… la guerrière de l'Esprit je veux dire, car j'ai reconnu sa voix mentale. Son visage m'était très familier mais je suis incapable de m'en souvenir… Je suis désolé, fit-il en levant les yeux vers Maître Fung.
- Ce n'est rien, répondit-il d'un air compatissant, il est possible qu'elle ne veuille pas que tu t'en souviennes, elle a ce pouvoir. En tout cas je suis heureux que tu m'ais confié tout ça, cela va m'aider à comprendre où Wuya veut en venir. Repose toi Raimundo, nous aurons très bientôt besoin de toi rétabli.
- Tu te rends compte de tout ce que tu lui as dit ?, disait Kimiko visiblement outrée par l'attitude d'Omi, ça fait des semaines que je le vois aller de plus en plus mal et toi tu lui balances ça à la figure ?!
Omi était assit dans un coin du jardin en compagnie de la jeune fille et de Clay, il abordait un visage coupable et regardait le sol en écoutant les réprimandes de la japonaise.
- Si il allait si mal, pourquoi ne nous en a-t-il pas parlé ?, essaya de se justifier Omi.
- Ce n'est pas le genre à se confier, Rai fait plus partie des cowboys solitaires qui préfèrent cacher leurs faiblesses, répondit Clay en regardant d'un air soucieux la chambre dans laquelle Raimundo et Maître Fung parlait depuis maintenant une demi heure, il a trop de fierté…
- J'aurais dû avertir Maître Fung qu'il y avait quelque chose qui clochait dans son comportement, il aurait peut-être pu savoir plus tôt ce qui le préoccupait…
- Non, répondit le texan, Rai aurait nié tout ça, je pense qu'il préfère attendre le moment où il sait qu'il n'a pas d'autre choix que d'en parler, même si il est déjà trop tard…
Il eu un silence dans le groupe, aucun d'entre eux ne savait ce qui était arrivé à Raimundo, mais cela semblait grave et Kimiko, qui c'était aperçu de l'étrange fatigue de son ami, regrettait de ne pas s'en être occupé plus tôt.
Au bout d'un temps, Maître Fung finit par sortir de la chambre. Aussitôt, les trois moines se précipitèrent vers lui.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Il va bien ?, demanda immédiatement Kimiko d'un ton inquiet.
- Il a besoin de repos… beaucoup de repos et surtout de calme, et par conséquent, pas de personnes lui rappelant une erreur qu'il n'aurait pu éviter, ajouta-t-il en direction d'Omi.
Ce dernier baissa la tête honteusement.
- Pour le moment je préfère qu'il reste seul, mais dès qu'il ira mieux je voudrai que vous gardiez un œil sur lui au cas où… Il aura besoin de vous plus que jamais.
- Bien Maître Fung, firent les trois guerriers.
- A présent je vous laisse, j'ai du travail à faire, fit le vieux moine. Il devait en effet trouver le mal qui rongeait Raimundo, ou plutôt, il devait trouver un moyen pour le contrer, car ce qui touchait le guerrier du vent il ne le connaissait que trop bien. Wuya avait besoin de lui afin de redevenir le fléau immortel qu'elle était lors de son affrontement avec Dashi il y a des siècles de cela. Le pouvoir de l'Esprit libéré, plus rien ne pourrai empêcher la sorcière maléfique de prendre le contrôle du monde.
- Vous ne trouvez pas que Maître Fung avait l'air bizarre ?, demanda Omi.
- Oui c'est vrai… je ne l'ai presque jamais entendu dire qu'il avait du « travail », ajouta Kimiko. Vous pensez que c'est en rapport avec Rai ?
- J'en suis quasiment sur, dit Omi d'un ton sérieux, il se passe quelque chose de grave et j'ai bien peur que cela ne fasse qu'empirer…
De nouveau ce soir là, Raimundo ne passa pas le diner avec eux mais Maître Fung resta avec lui un bon moment, à la fois pour changer ses bandages, mais aussi pour lui indiquer de précieux conseils pour vaincre l'intrusion mentale du pouvoir de l'Esprit.
- Elle t'attaque au moment où tu es le plus vulnérable à son pouvoir, car tu ne peux pas te rendre compte tout de suite de sa présence dans un rêve. Eveillé, tu pourrais sentir sa manipulation dans ta tête, mais là il te faudra plus de temps pour t'en rendre compte. Cependant tu restes dans ton rêve, tu peux choisir ce qu'il s'y passe. Dès que tu sens qu'elle est là, essais de garder le contrôle, essais de l'éjecter du rêve, et surtout force toi à te réveiller. Elle tentera de t'en empêcher mais c'est elle l'intruse, dans ta tête tu es plus fort qu'elle.
Dans la bouche de Maître Fung, cela semblait si simple, mais en pratique c'était tout autre chose. Le vieux sage lui avait conseillé de se vider l'esprit avant de dormir mais malgré tout ses efforts, il en venait toujours à penser à quelque chose. Les rares fois où « elle » lui sortait de l'esprit, c'était le groupe, ou bien sa famille qui le préoccupait. Son cerveau semblait ne trouver aucun instant de répit et avait visiblement pris le parti de marcher à pleine turbine. Ce n'est qu'au bout d'un temps qui lui parut interminable qu'il finit par s'endormir…
Quelques instants plus tard, un vent chaud et iodé lui chatouilla les narines. Raimundo ouvrit les yeux. Il était toujours dans la même chambre, mais la porte était ouverte et un petit monticule de sable s'y était déjà engouffré. Raimundo se redressa, redoutant la douleur de son abdomen mais rien ne se passa. Il ôta la couverture et s'aperçu a sa grande surprise que sa plaie était guérit.
Passablement surpris, il entreprit cependant de se lever. Il ne portait plus sa tenue du temple mais un large baggy en jean avec des ceintures de couleur en travers et un débardeur kaki. Il reconnu cette tenue, c'est celle qu'il portait il y a quelques années à Rio.
La lumière l'aveuglait mais il se décida tout de même à sortir de la chambre. Il s'attendait à tomber sur un désert mais au lieu de ça, il se retrouva dans une petite ruelle des favelas de Rio.
Il n'y avait là personne à part lui et deux gamins, un garçon et une fille de dos.
- Allez viens !, disait la petite, on va s'amuser, en plus ma maman cuisine tellement bien !
- Je ne sais pas, répondit le garçon gêné, je ne sais pas si mon père…
- On s'en fiche de ton père !, s'énerva la gamine, viens !
Elle le prit par la main et s'enfuit.
- EH !, cria Raimundo, eh attendez moi ! Je suis où ?
La petite fille s'arrêta brusquement. Le garçon avait disparu.
- Bienvenue dans ta tête Raimundo, dit la fillette avec une voix d'adolescente qui n'allait pas avec son âge.
Et pas n'importe quelle voix…
- TOI !, hurla Raimundo. Mais elle n'était déjà plus là.
Le jeune brésilien sortit de la ruelle et tomba sur une grande plage de sable, au loin il pouvait y voir quelques surfeurs sur les vagues.
- Pffiou !, fit une voix à coté de lui, je me suis déchainée !
C'était elle, il pouvait la voir mais chaque seconde où il regardait son visage, celui-ci s'effaçait instantanément de sa mémoire. Elle était dans son rêve, dans sa tête. Il était temps de la chasser.
- Je ne te laisserai pas faire !, dit Rai. Au même instant le paysage changea, il était dans la cour du temple, en tenue Xiaolin, et elle aussi.
- Mais enfin Rai de quoi tu parles ?, lui dit-elle
Autours de lui, tout le monde le regardait avec étonnement.
- Raimundo, je sais que toi et… (le nom se brouilla dans sa tête) ne vous entendez guère, mais je te prierais de ne pas la déranger pendant son échauffement, lui lança Maître Fung.
- Vous n'êtes pas vrai ! Ce n'est qu'un rêve ! Sors de ma tête !
- Raimundo, fit Kimiko, tu nous fais peur…
Mais le jeune garçon ne se calma pas, il savait que tout cela n'était pas réel, il empoigna la fille sans visage et la frappa de toutes ses forces.
Mais ce fut comme frapper dans du vent.
Tout était noir après-en, il semblait flotter dans le vide mais en même temps, chacun de ses pas résonnaient avec force.
- Montre-toi !, fit Raimundo à bout de nerf, espèce de lâche ! Montre-toi !
- Je ne suis pas lâche, dit une voix résonnante comme si elle venait du vide lui-même, tu te trompes sur les raisons qui me pousse à être ici…
- Je me trompe sur rien du tout, dit Raimundo qui cherchait déjà à forcer son réveil, je ne reviendrais pas du coté Heylin !
Le vide se faisait de plus en plus clair, comme si une lumière venant de très loin partout à la fois se rapprochait doucement, sa voix comme celle de son interlocutrice se faisait aussi plus distante.
- Les choses ne sont pas toujours ce qu'elle semble être…, dit-elle sa voix devenant plus hésitante à mesure qu'elle comprenait ce que Rai était en train de faire, tu devrais m'écouter pour cette fois !
- Je ne t'écouterai jamais ! Dis à celle qui t'envois que je ne reviendrai pas vers elle !
Il sentait la lumière sur son visage, ses paupières laissaient passer des morceaux flous de chambre, il reprenait conscience de son corps tout doucement. Dans quelques secondes il serait éveillé.
- Raimundo, dit la voix venant désormais de très loin, Raimundo… je t'aime !
- Que… Quoi ?
Et il ouvrit enfin les yeux.
Raimundo resta un moment incrédule dans le lit. Avait-il bien entendu ce que la jeune fille venait de lui dire ? Ces mots semblaient sincères mais tellement impromptus. Cela n'avait aucun sens, ils ne se connaissaient pas et ne c'étaient vu qu'en haut de cette tour à Venise…
Et si…
Et si elle était tombée amoureuse de lui à force d'explorer sa tête, ses souvenirs, ses désirs…
Raimundo frissonna à cette idée, c'était on ne peut plus malsain. Il décida de ne pas parler de ça aux autres, quand à Maître Fung il se contenterai de lui dire qu'il avait tout de même réussit à la chasser de sa tête, ce qui était déjà un bon début. Son ennemie perdait de son pouvoir sur lui. Après cette réflexion il lança un regard à la fenêtre. L'aube se levait lentement, il lui restait encore un bon moment avant que le Temple ne s'éveille. Cependant il savait très bien qu'il n'arriverait pas à se rendormir. Il tenta de se lever malgré sa blessure. Bien qu'encore très douloureuse, il sentait tout de même une différence, il avait moins mal et réussit à se mettre debout.
Il ne savait pas exactement quoi faire, Maitre Fung serait-il réveillé par une heure si matinale ?
Il n'y avait aucun doute. Maitre Fung avait passé la nuit à lire et relire encore les plus anciens parchemins que le temple pouvait posséder et il n'y avait qu'une conclusion possible. Wuya utilisait forcément sa jeune apprentie pour manipuler Raimundo afin qu'il ôte le sceau du pouvoir de l'Esprit. Le vieux sage avait confiance en la personne du dragon du vent, mais il ne pouvait pas savoir à quelle limite les Anciens avaient restreint ce dangereux pouvoir, aucune annotations à ce sujet n'avaient été faite, Maitre Fung ne pouvait donc qu'espérer que leur nouvelle ennemie n'ai pas assez de force de persuasion pour retourner contre eux leur plus puissant guerrier.
Il regarda par la fenêtre de la salle d'étude, au loin, l'aube se levait, il avait veillé toute la nuit mais sans trouver de réponses, il savait qu'il n'aurait pas pu dormir de toute manière. Dans la pale lumière du jour naissant, le maitre shaolin semblait plus vieux, plus affaiblit par le temps. Il savait que les temps prochains allaient être très sombres, et qu'il n'y avait que peu de choses qu'ils puissent faire pour empêcher ça. A partir de maintenant, tout reposait sur la force mentale qu'aurait Raimundo face à son ennemie.
Lorsque la matinée fut plus avancée, Raimundo se décida à sortir de sa chambre, il tournait comme un lion en cage depuis des heures, incapable de trouver quelque chose pour s'occuper et également incapable de se rendormir, trop effrayé par ce qui pourrait arriver. Lorsque le temple s'éveilla lui aussi, il se dirigea vers les cuisines afin d'y prendre son petit-déjeuner. Il savait qu'il allait devoir de nouveau affronter le regard des autres, en particulier celui très inquiet de Kimiko, et celui très hostile d'Omi. Lorsqu'il entra dans la pièce, ses trois amis étaient déjà là, immédiatement, comme il s'en était douté, la brune fonça vers lui.
- Raimundo ! Tu aurais du rester coucher… tu es sur que tu te sens assez…
Il l'écarta de son bras et alla s'assoir à sa place habituelle.
- Tu t'inquiètes trop Kimi, je me sens beaucoup mieux.
Il mentait mais n'avait pas besoin de quelqu'un pour s'apitoyer sur lui-même.
Son regard croisa celui d'Omi, son petit corps s'agitait, visiblement mal à l'aise. Kimiko se rassit près de lui et lui fila un coup de coude ajouté d'un regard noir.
- Tu sais Raimundo, pour hier… je suis vraiment désolé mon ami, j'ai été aussi juste que le cheval blessé qui mord celui qui tente de le guérir.
Il y eu un silence où tous se regardèrent d'un air interloqué.
- Clay m'a dit de dire ça, fit Omi en désignant le cow-boy qui esquissa un sourire en rosissant légèrement.
Raimundo baissa la tête et sourit. Omi… comment pouvait-il lui en vouloir, cette petite boule d'égo n'avait parfois aucune idée du mal que ses mots pouvaientt bien faire. Le brésilien passa sa main à travers la table et caressa le crâne lisse du dragon de l'Eau.
- Allez, je te pardonne, dit-il, mais c'est bien parce que c'est t…
Au moment même où il allait finir sa phrase, un bruit terrible se fit entendre dans le temple. Les quatre protagonistes se regardèrent d'un air entendu et se précipitèrent hors de la cuisine, laissant en plan leur petit-déjeuner à peine entamé. Ils coururent vers la source du bruit qui provenait, sans surprise, de la salle des Shen-Gong-Wu. Leurs ennemis étaient tellement accoutumés à venir les voler qu'ils n'essayaient même plus de le faire discrètement. Cependant, le Temple n'avait pas été la proie de leurs attaques récemment, ce soudain regain d'activité n'augurait rien de bon.
Lorsque le groupe arriva sur place, ils ne furent qu'a moitié surpris d'y trouver Jack Spicer et son armée de Jackbots le précédant. Après ce qui s'était passé à Venise, ils auraient du se douter que les forces du mal allaient peu à peu refaire surface.
Directement, Raimundo jeta un coup d'œil autour de l'autoproclamé génie du mal, cherchant presque frénétiquement l'habitante de ses cauchemars. Mais à son grand soulagement, Jack semblait être seul. Ce qui au final n'était pas si étonnant, la mystérieuse ennemie aux yeux verts était alliée à la sorcière Wuya, laquelle avait depuis longtemps rompu ses contacts avec le petit gothique geignard.
- Jack Spicer !, déclama Omi. Rend-toi maintenant et nous ne frapperons pas trop fort tes fesses hors du Temple !
- Allez Jack, fit Kimiko, ne rend pas cela encore plus pitoyable que cela peut l'être, à moins que d'être ridicule ne soit devenu chez toi une seconde nature !
Le concerné ne sembla pas le moins touché par les menaces. Ce n'était pas bon, pensa Rai, Jack avait toujours tendance à partir au quart de tour lorsqu'on se moquait de lui, si il ne réagissait pas, cela voulait surement dire qu'il cachait quelque chose…
- Ma douce Kimiko, à ta place je ne parlerais pas d'être pitoyable, quand ma nouvelle alliée t'aura réduite à néant tu ne…
- Oh ça va Spicer, fit Kimiko d'une voix exaspérée, ne joue pas à ça avec nous ! On sait bien que tous nos ennemis ne te font plus confiance, inutile de nous faire croire que tu as réussis à trouver quelqu'un qui puisse se rallier à ta cause ! Rend nous plutôt ce que tu nous as volé et promis on abrégera tes souffrances !
- Désolé, dit-il en leur présentant le miroir qui inverse qu'il venait de dérober, mais je crois que pour une fois, c'est plutôt vous qui allez me suppliez d'abréger ce combat !
Non, décidément tout cela était mauvais, pensa Raimundo. Ca n'avait aucun sens, Jack n'avait en aucun cas besoin de ce Shen-Gong-Wu qui seul, ne représentait pas un danger, Wuya était déjà sous forme humaine, pour quelle raison en aurait-il eu l'utilité ? Et si le dragon du Vent ne parvenait pas à savoir ce qu'il comptait en faire, alors c'est que quelqu'un d'encore plus intelligent tirait les ficelles, et ce n'était pas une bonne chose pour eux. Jack ne mentait pas, il avait un allié.
- Assez discuter face de crotale, hurla Clay, essais donc d'abréger ça !
Une immense main de pierre jaillit du sol pour se diriger vers son ennemi.
Jack Spicer s'envola, évitant l'attaque. Au même moment une ombre sortit de nul-part et atterrit sur la main, courra tout le long et frappa Clay qui fut projeté à terre. L'attaque avait été si rapide qu'aucun des quatre dragons n'avaient vu qui l'avait porté. Jack de son coté, souriait diaboliquement.
- Alors ?, fit-il, on se décide à me prendre au sérieux ?
De leur coté, Rai et Kimiko c'était précipité sur Clay pour l'aider à se relever, celui-ci n'était pas trop amoché, bien qu'un peu surpris par ce qui venait de lui arriver.
- Nous n'avons pas peur de toi Spicer, enragea Omi qui se préparait à se battre.
- Mais qui a dit que c'est de moi qu'il fallait avoir peur, répondit-il, le même sourire aux lèvres.
Omi apparu interloqué un instant, puis se repris et se mit en position de combat.
- FORCE DE L'…
Mais la fin de son attaque ne vint jamais. Tout comme pour Clay, Omi fut jeté à terre sans ménagement par ce même ennemi fulgurant.
- MONTRE TOI SALE LACHE !, hurla Raimundo autour de lui, cherchant qui mettait en danger ses amis, A MOINS QUE JACK NE T'AI RENDU AUSSI TROUILLARD QUE LUI !
- Ne me compare pas à Jack.
Une jeune fille d'à peu près leur âge était assise sur le toit du temple près d'eux, le regardant d'un air sévère. Elle avait de longs cheveux noirs entrecoupés de dreadlocks roses bonbon. Sa tenue s'accordait avec sa coiffure, un short en vinyle noir, des résilles roses, un haut court noir et ce qui ressemblait à un serre-taille, rose. Son visage ne lui disait rien du tout. Il regarda vers ses coéquipiers, cherchant des réactions. Et là, il vit le regard médusé et embué de larmes de Kimiko.
- Kei…Keiko ?
L'intéressée sauta d'un bon agile sur le sol et toisa la jeune brune.
- Autrefois on m'appelait Kira, mais disons que je me suis mis… au gout du jour…, dit-elle en inspectant son nouveau corps.
- Espèce de petite…
- Kimiko NON !
Raimundo tendit le bras et empêcha la flamboyante guerrière de se jeter sur celle qui fut autrefois sa meilleure amie, sous la force du geste, Raimundo se plia de douleur, s'accrochant désormais à Kimiko pour ne pas tomber. La cyber-goth ne bougea pas, roula des yeux et s'adressa au brésilien.
- Oh ça va ne t'inquiètes donc pas, l'esprit de cette idiote est encore bien assez ancré dans ma tête pour m'empêcher de faire du mal à ta copine, en disant cela elle s'approcha d'eux et particulièrement de Kimiko, nous ne sommes pas vos ennemis dans ce combat, il est inutile que nous nous blessions alors que celle que nous voulons détruire est si puissante. Si tout se passe comme prévu tu retrouveras bientôt ton amie…
Raimundo tentait de rester de marbre devant cette révélation mais ce que la jeune fille disait l'intriguait au plus au point. Elle parlait de Wuya c'était évident, mais qu'est-ce qui pouvait bien pousser cet esprit à lui en vouloir autant ? Il sentait la détermination de celle qui a tout perdu dans sa voix. Quoi qu'il se soit passé entre elles, Kira - ou Keiko - ne laissera pas ça impuni. Il était terrible de penser ça mais à ce jour, ils n'étaient plus en mesure de refuser une aide quelconque. Mais pas non plus de laisser ses amis en présence du danger que ce nouveau duo pouvait apporter.
- Si ce Shen-gong-wu est tout ce dont vous avez besoin alors partez maintenant, dit-il avec fermeté en regardant Jack et sa complice, même si notre combat est le même vous n'êtes pas les bienvenus ici.
Keiko rit doucement et commença à partir avant de se raviser et de se retourner une nouvelle fois vers Kimiko.
- Au fait, je crois qu'elle a toujours rêvé de faire ça…
Et elle l'embrassa sur les lèvres.
- Je ne fais que passer le message, dit-elle en lui faisant un clin d'œil avant de rejoindre Jack Spicer et de partir.
Alors que le petit génie du mal exclamait une autre phrase de victoire, tous c'était regroupé autour de Kimiko qui, choqué par l'acte de Keiko, ne disait plus rien.
- Elle… elle m'a…
- Ce n'est rien, fit Raimundo en la prenant dans ses bras, n'y pense plus… on fera tout pour que la véritable Keiko reprenne sa place… je te le promets…
Sur ces mots, les larmes de Kimiko affluèrent à ses yeux et elle se dépêcha de s'esquiver du groupe pour rejoindre sa chambre.
- Je n'aime pas du tout l'idée qu'un esprit décrépit vienne envahir le corps d'une amie à Kimiko, lança Clay d'un air très sérieux, toute cette affaire sent le vieux crottin à plein nez.
- Un malheur est en train de se forger peu à peu, je peux le sentir aussi, déclara Omi.
« Et ça ne fait que commencer… », Se dit Raimundo en regardant le soleil désormais levé mais qui lui laissais une désagréable impression de froideur, « le pire est à venir… ».
AHAH OUI ! Et il ne croit pas si bien dire ! Allez je vous retrouve la prochaine fois avec un nouveau chapitre où on retrouvera notre mystérieuse rousse et le beau et chaud brésilien dans une sortie... pas si scolaire que ça !
(Mon dieu on dirait l'annonce du prochain épisode d'une série à la con genre Hélène et les garçons...)
