Chapitre 02.
La fille aux cheveux blancs.
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- Lupin.
Et c'est repartit. Ginny soupira. Harry déambulait dans la maison, et était tombé sur la photo Teddy, que l'on avait encadré, et accroché au mur de la salle à manger. Ginny devina bien vite que Harry avait remonté à Lupin par le biais de son fils dorénavant orphelin. Elle avait gardé un oeil sur lui tout en préparant les betteraves dans la cuisine. La jeune fille accourut vers lui tandis qu'il fondait en larmes. Elle l'enlaça, tenta de le réconforter tandis qu'il murmurait.
- Lupin, c'était le dernier des maraudeurs. Il avait survécu à toutes sortes d'épreuves. Même en étant un loup garou. Il les a vus tomber, un a un, James, Lily, Sirius, tous ceux qu'il aimait. Il avait des amis, il était aimé. Il avait une famille, avait réussit à trouver un rayon de bonheur malgré sa lycantrophie. Et maintenant, il est mort. Tonks aussi. Il a laissé derrière lui un enfant malheureux d'être orphelin. C'est de ma faute. Je l'ai tué. Je les ai tous tués.
Ginny l'écoutait mais elle n'osait pas lui dire que c'était faux, de peur qu'il se mette en colère. Elle aurait tant aimé lui dire que ce n'était pas de sa faute, mais celle de Voldemort. Elle aurait tant aimé qu'il se rende compte qu'il était un héros, qu'il était aimé de tous. Qu'il n'avait rien à se reprocher. Le pire était que tout ce qu'il disait, elle le savait, l'acceptait, le reconnaissait comme vrai, mais la seule chose qui ne soit que mensonge, était que c'était sa faute.
Elle aurait tant aimé pouvoir faire quelque chose. Elle pleura avec lui. Elle souffrait de sa souffrance.
Elle l'aida à se relever, et l'emmena dans la chambre de Georges, qu'il lui tienne compagnie. Il fallait qu'elle sorte un peu, qu'elle prenne de l'air, des distances. Elle aussi, était au bord du gouffre. Elle ne pouvait même plus penser à autre chose que Harry. Comment va-t-il? A quoi pense-t-il? Va-t-il mieux? Ces questions revenaient à longueur de journée et lui pourrissaient l'existence, à croire que la dépression de Harry était contagieuse.
Elle s'habilla chaudement à la va-vite, de façon à ce qu'elle ne revienne pas sur sa décision, et ne retourne voir Harry. Elle fourra sa baguette dans une poche cachée de son manteau, et enfila ses bottes. Elle sortit à la hate, franchissant la porte et la refermant derrière elle d'un mouvement précipité. Elle fit une pose sur le palier, fière d'avoir franchit cette étape.
C'est alors qu'elle la vit.
Assise sur le trottoir mouillé de l'autre côté de la rue, les genoux repliés sur son torse, les bras enlaçant ses jambes, elle la regardait. Les moldus ne pouvaient pas voir la maison, et de toute façon, la demeure était encore sous le sortilège, ce qui fait qu'aucun sorcier inconnu ne pouvait voir l'habitation. La fillette n'était pas censée la voir, mais elle s'était relevée en remarquant Ginny.
Elle ne devait pas avoir plus de dix ans, avait des cheveux blancs comme la neige, et des yeux trop noirs pour sa peau si pâle. La pluie tombait lourdement sur la tête, mais on aurait dit qu'elle ne s'en rendait même pas compte.
Ginny ne réfléchit pas, elle s'avança pour venir en aide à cette enfant abandonnée, sans prendre compte du fait qu'elle l'avait vue. Elle ouvrit son parapluie, et abrita la fille, qui l'avait suivie du regard.
Ginny s'accroupit pour se mettre à son niveau et regarder dans les yeux de l'innocence.
-Bonjour, tenta-t-elle.
Ce à quoi la jeune fille répondit poliment, suivit d'un "madame" dont Ginny se serait bien passée.
- Où est ta maman? questionna-t-elle
- Je sais pas.
- Comment elle s'appelle?
- Je sais pas si j'ai une maman.
Ginny se tut. Cette fillette n'avait pas de mère? Comment était-ce possible? Mieux vaudrait-il commencer par le début. Son nom.
- Comment tu t'appelles?
- Appelle moi Rose.
- Et ton nom de famille?
La petite fille hésita, avant de répondre "je sais pas". Ginny poussa un soupir, il fallait qu'elle aide cet enfant, à commencer par la mettre à l'abri de cette pluie diluvienne. Mais Ginny ne voulait pas tout de suite rentrer dans la maison, avec Harry.
- Tu veux venir boire un thé avec moi?
Rose ne réfléchit pas une seconde pour répondre un "oui" joyeux. Ginny la trouva un peu sotte de suivre une inconnue de telle manière, mais cela importait peu : elle n'avait rien à craindre. Rose ajouta pour la remercier.
- Merci Ginny.
