Chapitre 05.

La goutte pourpre...

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Ginny déboula dans la cuisine à toute allure, renversant au passage une chaise qui encombrait son chemin.

Elle s'arrêta brusquement en voyant Harry de dos, qui ne paraissait pas être blessé. Elle reprit son souffle, tout en se demandant ce qui lui avait prit de gémir ainsi. Mais la réponse vint rapidement lorsqu'une bourrasque de vent fit frapper une branche à la vitre, faisant pivoter le jeune garçon. Juste le temps que Ginny voie, en une fraction de seconde, un éclair rouge sur son bras.

Elle comprit bien vite en voyant le couteau posé sur la table.

Harry se détourna tout en posant sa main sur son bras.

- Non, gémit-elle.

Elle se le répéta dans sa tête, tout en laissant les larmes encombrer sa vue. Elle vit des gouttes pourpres tomber sur le carrelage, comme au ralenti. Puis, elle vit la tête de l'homme qu'elle aimait tenter de se maintenir droite. Enfin, elle le regarda tomber doucement, lentement, jusqu'à atteindre le sol dans un bruit sourd.

Elle était incapable de bouger, toujours chamboulée. Elle luttait pour se réveiller, ce n'était qu'un mauvais rêve après tout. Elle aurait aimé ouvrir les yeux, se retrouver nue auprès de Harry, son torse se soulevant lentement avant de se rabaisser, croiser son regard heureux, comme si rien de tout cela n'avait jamais existé. Comme si ce n'était qu'un mauvais rêve. Mais c'était bel et bien la réalité. Et elle se devait de l'aider.

Elle fit un pas, puis un second, s'avançant vers Harry. C'est alors qu'elle la vit enfin. La longue plaie profonde le long de son bras. C'est pour cela qu'il s'était évanoui, il avait perdu trop de sang. Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Ginny ne s'y connaissait pas trop en médecine.

Par réflexe, elle prit tout de même une serviette à la va-vite, qu'elle serra autour du bras de Harry. Elle s'était enfin réveillée, sortie de sa transe, elle se précipitait pour trouver de quoi l'aider. Elle lui fit boire de l'eau. Mais c'était totalement inutile.

Elle appela Georges en un cri apeuré. Celui-ci arriva rapidement, et comprenant la situation, lui dit qu'il fallait l'emmener à l'hôpital. Ils n'avaient pas le choix, l'hôpital moldu était leur seule solution. Tandis que Georges portait Harry, Ginny sortit et arrêta une voiture qui par le plus heureux des hazards passait par là, en quelques secondes, la femme assise au volant su ce qui se passait, et n'ayant rien d'important à faire, elle les fit monter dans sa voiture et les emmena à l'hôpital le plus proche.

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Ginny n'était jamais entrée dans un hôpital, et elle en était bien heureuse. L'odeur des médicaments empestait dans les couloirs eux mêmes envahis par des patients déambulant tels des zombies. C'était un peu comme un cimetière, où les fantômes passent et repassent inlassablement. Heureusement, Harry n'était pas gravement blessé comme Ginny l'avait plus tôt pensé. C'était juste une « scarification comme les autres » d'après le médecin qui avait traité et recousu le bras de Harry. Cela n'avait que légèrement rassuré Ginny. L'essentiel était le geste. L'intention de Harry. Il n'y avait d'autant plus, aucune raison à cela.

Tandis qu'elle ruminait ses idées assise sur un de ces sièges durs et inconfortables dans le couloir en face de la chambre où Harry dormait, elle ne vit pas le médecin enlever du bras de ce dernier une petite boule noire qui se désintégra...

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- Tu n'a toujours pas répondu à ma question.

Ginny releva la tête, et regarda d'un air dubitatif Rose qui se tenait devant elle. Son visage impassible lui faisait peur. Mais sa beauté en était d'autant plus fracassante, malgré l'innocence de ses traits.

- Que fais-tu là? Demanda Ginny.

L'enfant soupira avant de re-déclarer.

- Gin' , tu n'a toujours pas répondu à ma question.

Sur ses mots, sans laisser le temps à la rousse de répondre, la jeune fille s'enfuit. Cette fois-ci, Ginny n'avait pas envie de la poursuivre. Elle se leva, et entra dans la chambre de Harry toujours endormi. Rapprochant une chaise du lit, elle lui prit la main, comme à son habitude, soi-disant pour le rassurer. La raison en était toute autre.

- Je t'aime Harry.