Chapitre 07.
Foule.
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La foule.
Rien de mieux pour noyer ses pensées.
Pour les cacher derrière le brouhaha incessant des passants.
Ces passants qui crient au téléphone, ces anonymes qui murmurent leurs vies minable, ces gens qui discutent entre eux de tout et de rien. Ces bruits de pas précipités. Ces sons de froissement lorsque quelqu'un tourne les pages de son journal, ou lorsque les habits se frottent entre eux. Ces bruits anodins tels le bruissement des feuilles, l'eau qui coule dans les caniveaux, les oiseaux qui se taisent.
Assise sur un banc au bord d'une rue encombrée, Ginny se laisse sombrer dans tous ces bruitages. En cet instant précis, elle n'avait besoin de rien d'autre. Le regard vide fixé au sol trempé, elle se concentrait pour attraper les paroles des passants au vol, de façon à en apprendre plus sur le monde qui l'entourait, plutôt qu'à se concentrer sur ce qui venait de se passer.
Par exemple, elle surprenait un enfant se plaindre de n'avoir pas assez d'argent pour s'acheter un jeu video. Ginny ne savait même pas ce que c'était, mais elle s'en fichait : un homme tibutait en jurant son patron qui l'avait visiblement viré. Une femme demandait à son collègue au téléphone, de lui réserver une place en première classe pour le prochain vol en direction de New-York...
Puis soudain la pluie. Après quelques minutes, Ginny dut admettre qu'elle devait s'en aller. Non pas parce que la pluie lui transperçait les entrailles, mais parce que tous ces gens s'en allaient, emportant leurs brouhaha au loin, assourdi par la pluie, trop monotone pour empêcher la jeune fille de penser. Elle se leva donc avec peine, et se traina pour appeler un taxi.
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- Où est Gin'?
Ron regarda Hermionne, les yeux remplis de tristesse. Pourquoi fallait-elle qu'elle pose la question? Il baissa la tête sans répondre, et poursuivit la tâche qu'il avait entreprit.
Lorsque Ron était rentré au 12 square Grimmault vingt minutes plus tôt, il s'attendait à retrouver le faux sourire de sa soeur, une sombre blague de son frère aîné, et la tête de déterré de son meilleur ami. Il n'avait eut aucun des trois, juste : en entrant dans la cuisine, quelques gouttes se sang sur le sol, et un couteau laissé à l'abandon. Georges avait eu le bon sens de leur laisser un mot indiquant que Harry était à l'hôpital - et Ron eut le malheur de comprendre qu'il s'était mutilé - accompagné de Ginny. Quant à Georges, il était juste sorti quelques instants. Il était en train de nettoyer les tâches pourpres sur le carrelage lorsque Hermionne est arrivée.
Cette dernière remarqua à quoi s'appliquait le roux, et ne ou retenir un sanglot. Que s'était-il donc passé? Elle décida de tenter de se retenir de s'effondrer en larmes, et se résolut à attendre que Georges et Ginny reviennent pour avoir des explication. Elle laissa Ron poursuivre en silence sa tâche, en un regard, elle avait compris qu'il désirait être seul.
Hermionne commença à grimper les escaliers en grimaçant. Ces gouttes de sang torturait son esprit. Pourtant elle n'était pas stupide, loin de là. Elle savait bien évidemment que ce sang provenait de Harry. Mais ce qu'elle ne comprenait pas, c'est pourquoi il avait fait cela. D'ailleurs, elle ne comprenait pas son comportement depuis de début. Depuis qu'il avait sombré dans sa dépression, Hermionne ne pouvait plus sonder son esprit.
Elle s'arrêta soudain au milieu de son ascension.
Elle était devant la chambre de Harry et Ginny.
La porte, contrairement à son habitude, était entrouverte.
Prise par la curiosité, elle poussa la porte, laissant échapper un grincement, pour se retrouver face à un vide.
