Chapitre 10.

Changement.

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- Excusez moi mademoiselle, je n'ai pas le souvenir de vous avoir offert une chambre.

Contre tout attente, le réceptionniste avait l'oeil, en effet, en se souvenant de n'avoir pas offert de chambre à cette cliente. Mais il n'avait pas accordé suffisamment d'attention à ladite demoiselle qui réclamait ses clés. Ginny pris tout de même la peine de l'informer.

- Je suis Meg Smith, j'ai réservé ma chambre pour une semaine tout au plus, payée à l'avance. Le fait que vous ne m'avez pas reconnue est sans doute dû au fait que je suis passée chez le coiffeur.

Le vieil homme se livra alors à un examen plus approfondi de celle qui se faisait nommer Meg

Elle était plus belle que d'habitude. Son visage angellique était maintenant encadré de courts cheveux noirs qui flottaient au vent lorsque la porte d'entrée s'ouvrait. Ses yeux étaient soulignés de crayon noir, et mis en évidence par un far à paupière sombre. Elle s'était aussi maquillée d'un rouge à lèvres plus sombre que sa bouche, et ses cils roux étaient peints d'un mascara noir qui les lui allongeaient étonnamment. Ses sourcils avaient sans doute aussi été teints de brun très sombre, ce qui fit que de loin, on ignorait qu'elle avait été à l'origine rousse.

Le réceptionniste ne savait plus détacher son regard de la beauté qui s'offrait à ses yeux. Pour lui, Meg était bien plus belle. D'ailleurs, elle faisait beaucoup plus jeune. Auparavant, elle ressemblait plus à une jeune femme responsable. Dorénavant, elle ressemblait à ces adolescentes en pleine crise, incontrôlables, à la recherche de sensations fortes et de liberté. Une certaine jeunesse sauvage. La seule chose qui indiquait son âge était sa façon de parler. Aussi, il lui fit remarquer en lui tendant ses clés.

- Si vous voulez avoir l'air aussi rebelle que ce que vous voulez paraître, je vous conseille de prendre un langage plus familier, et de tutoyer les inconnus. Ah, aussi, n'hésitez pas sur les injures.

Ginny s'empourpra, pris ses clés, et lui murmura un merci.

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Une fois dans sa chambre, elle déposa les nombreux sacs qui encombraient ses bras, sur le lit. Après avoir changé de coupe de cheveux à l'image des adolescentes rebelles qui sillonnaient les rues, elle avait décrété qu'il était inévitable qu'elle change aussi de style vestimentaire. Aussi avait-elle passé la majorité de l'après-midi à faire les magasins.

Après un brin de toilette, elle se changea, optant pour une jupe courte par dessus des bas, avec un haut déchiré recouvert par un blouson de cuir sombre qui lui tenait chaud, et des bottes à petits talons. Elle se maquilla ( soulignons ce détail, car Ginny avait l'habitude de se maquiller légèrement en une poignée de secondes, tandis qu'ici elle passait bien un quart d'heure à paufiner son look). Elle ressortit de l'hôtel, en gardant cette fois-ci la clé de sa chambre avec elle, et commença à "se promener".

A vrai dire, elle ne marchait pas au hasard dans les rues de Londres. En effet, elle était à la recherche des ruelles sombres susceptibles d'abriter quelques bars ou de trouver des trafiquants.

Ginny était à la recherche de toutes ces choses moldues, redoutées par les gens responsables. Toutes ces choses qu'elle redoutait, mais qui l'attiraient, illicites ou non.

A commencer par l'alcool.

Elle s'arrêta devant une double porte surmontée d'un néon rouge et bleu. On entendait de la musique relativement entraînante, et sans réfléchir, celle qui se faisait appeler Meg entra.

Il s'agissait bel et bien d'un bar. Il y avait assis aux tables et au comptoir des jeunes sans doute âgés de quinze à vingt-cinq ans. Sur la petite scène se produisait un jeune groupe dans sa période d'essai qui n'avait pour don que faire résonner la guitare et briser les oreilles d'un chanteur d'opéra. Cependant, ces maladresses dans la maîtrise de leurs instruments créait une sorte d'équilibre dans la musique de sorte qu'elle fut tout à fait supportable, et même appréciable.

Ginny s'assit sur un des haut tabourets du comptoir et demanda, pour le coup d'essai, la même chose que sa voisine. Cette dernière lui fit un bref sourire avant de se retourner vers son interlocuteur qui, visiblement, la draguait.

Ginny n'avait jamais bu d'alcool, mis à part les bières-au-beurre, et ne savait même pas combien coûtait un verre dans un bar. Aussi tendit-elle un billet au serveur lorsqu'il lui apporta la commande en s'excusant de n'avoir pas de monnaie. Billet que le jeune homme refusa en lui adressant un clin d'oeil, et en déclarant que pour une aussi belle demoiselle, c'était gratuit.

Lorsqu'elle posa ses lèvres sur le bord du verre, elle faillit s'étouffer. Non, pas à cause de l'alcool qui n'avait pas encore atteint sa bouche, mais à cause d'une personne qui s'assit à sa gauche en disant

- Un Gin.

Ginny ne savait pas qu'un "Gin" était un alcool, aussi avait-elle cru qu'on l'avait interpellée en disant "Hein Gin'!". Reposant son verre, elle se tourna pour regarder la personne et s'aperçut avec effroi qu'il s'agissait de Drago Malfoy.

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