Disclaimer: Hidekazu Himaruya
Personnages: Francis, Arthur, Alfred, Gilbert, Antonio, Oc!Marco
Rating: K+
Genre: Angst, Romance, Family
Chapitre 2: Au Manoir Bonnefoy
Francis faisait les cents pas dans la pièce, attendant avec impatience que quelque chose se produise. Il avait, plus tôt, fait venir des amis. Des connaissances qui savaient opérer discrètement et efficacement. Il fallait bien ça pour récupérer l'homme-serpent sans trop de problèmes. Il avait confiance en ces personnes. Ils agiraient vite et bien. Il avait voulu aller avec eux, aider à sortir le malheureux de sa cage mais on lui avait dit que ce n'était pas une bonne idée, qu'il pourrait gêner la bonne marche de la manœuvre.
Soudain on frappa à la porte et un jeune homme aux cheveux argenté et aux yeux rouges apparut, se dirigeant vers son ami en disant «C'est fait.»
Francis eut un sourire et dit «Il n'y a pas eu de problème Gilbert?»
Celui-ci secoua la tête «Non. Ils le droguent la nuit, pour ne pas qu'il tente pas quoique ce soit.» Il avait prit une voix méprisante, montrant ce qu'il pensait de l'ancien propriétaire du snakeman.
Francis eut un hochement de tête et regarda par dessus l'épaule de son ami:«Où est-il?»
Gilbert sourit «Soutenu par deux amis, en dehors de cette pièce. Tu veux qu'on l'emmène dans une pièce en particulier?»
Le jeune bourgeois hocha la tête et dit, commençant à marcher «Je vais vous montrer.» il sortit de la pièce, posant les yeux sur l'homme-serpent endormi, soutenu par deux compagnons de l'albinos. Il les guida à travers les couloirs jusqu'à une pièce. Elle était grande, avec un lit confortable aux couleurs clairs. Des rideaux bleus étaient à la fenêtre. Une bibliothèque était dans un coin, avec pas mal de livres dedans. Il y avait une petite table avec de quoi dessiner et écrire. Une armoire était posé un peu plus loin. Un miroir était accroché au mur. Le sol était en bois avec des petits tapis ici et là. Un divan avec des coussins étaient posés un peu plus loin. Tout semblait confortable. C'était une chambre agréable. Francis montra le lit, et l'homme-serpent fut allongé dessus. Il avait des traces de coups sur la peau.
«Il est blessé?
- Il a été battu par le propriétaire du cirque.» répondit Gilbert. Il semblait indifférent mais on ne savait pas à quoi il pensait.
«Je vais le faire soigner.» soupira Francis avant de se tourner vers son ami «Merci mon ami.
- Tout le plaisir était pour moi. Ça faisait longtemps que tu ne m'avais pas demandé quelque chose.» rit-il, fourrant ses mains dans ses poches. Il plissa les yeux et dit «Tu as l'argent?»
Le français hocha la tête et sortit une bourse de sa veste, la jeta à son vieil ami qui l'attrapa au vol.
«Les bons comptes font les bons amis.» Rit l'albinos. Il fourra la bourse dans sa poche. «Je te remercie.» Il se détourna et dit «N'hésite pas à refaire appel à moi si besoin est.»
Francis raccompagna le trio à la porte, et serra la main de son ami pour le saluer, les regardant partir en silence. Puis il appela son majordome. Il allait avoir besoin d'aide pour soigner l'homme-serpent. Il faudra le nettoyer et bander ses blessures. Ce serait facile s'il dormait si profondément. La drogue risquait de mettre du temps à se dissiper. S'il le droguait pour la nuit, il n'allait certainement pas se réveiller maintenant.
«Marco»
Un homme aux traits hispaniques se tenait devant lui, ses longs cheveux noirs attachés en queue de cheval, ses yeux verts posés sur son maître.
«Antonio»
Un homme aux courts cheveux noirs et aux yeux verts, souriant, se tenait à côté de son frère. Il regarda Francis et fit, joyeusement «Oui Francis?
- Il est arrivé.
- Es-tu sûr que c'est prudent?
- Il restera enfermé dans la chambre tant que nous ne serons pas certain.» répondit le maître de maison en haussant les épaules «Cependant il a été blessé par le gérant du cirque, il faut le soigner.»
L'espagnol cligna des yeux «Bien entendu.
- Marco va chercher de l'eau chaude. Antonio, va chercher de quoi nettoyer et bander des blessures.»
Ils hochèrent tout les deux la tête et partirent, laissant Francis sur place. Il se rendit dans la chambre et regarda l'homme-serpent qui dormait toujours, les traits paisibles. Il était maigre, et des traces de coups refermés marbraient son corps. Les autres saignaient encore un peu. La pitié envahit Francis et il posa la main contre la joue du blessé, frôlant les écailles vertes qui remplaçaient la peau ici et là.
Il semblait à la fois puissant et fragile, un mélange des deux qui semblait en faire un être à part. Francis n'en avait pas peur. Il allait l'aider à vivre et lui trouverais un emploi qui ne nécessiterait pas de s'exposer encore au public, ou alors il lui donnerais de l'argent pour qu'il aille où il voulait.
Ses serviteurs revinrent et à trois, il lavèrent et soignèrent le snakeman, qui ne bougeait pas dans son sommeil forcé.
«Voilà.»
Il le laissèrent dans la chambre et partirent, refermant la porte derrière eux. Francis fit tourner la clé dans la serrure et se tourna vers ses serviteurs. «Cela doit rester un secret pour le moment.
- Bien entendu.
- Nous ne dirons rien.»
Ils partirent sur un signe de leur maître qui resta à regarder la porte, avant de s'éloigner à son tour, plongé dans ses pensées. Il pensait déjà à ce qu'il allait dire à cette personne quand il serait réveillé. Il ne fallait pas lui faire peur. Il avait sûrement été maltraité pendant un long moment et enfermé dans une cage. Il devait être un peu sauvage. Francis savait qu'il était assez fort pour repousser un assaut. Il avait toujours été doué en lutte. Et ce snakeman était maigre, semblait tellement fragile. Il ne devrait pas être difficile de le maîtriser en cas de problème.
Passant devant la chambre d'un des jumeaux, il entendit de petits bruits et des paroles. Il ouvrit la porte et vit que l'enfant jouait dans le noir avec ses petits soldats de bois.
«Alfred?»
Le petit sursauta «Papa?
- Qu'est-ce que tu fais?
- Je joue. Je n'arrivais pas à dormir. Alors j'essayais de me raconter une histoire en jouant.» répondit le cadet des jumeaux, lâchant ses jouets.
Francis eut un petit rire et s'assit sur le lit, posant le candélabre qu'il tenait sur la petite table de nuit, à côté de l'enfant. «Tu as fait un cauchemar?
- Non. Je me suis réveillé et je n'arrive pas à me rendormir.»
Son père lui passa la main dans les cheveux, avant de dire «Vraiment?
- Oui, j'ai même regardé sous le lit, il n'y avait rien du tout. Rien ne bougeait.» répondit le plus jeune avec un air fier.
Francis sourit «Ne t'en fais pas, les monstres ont peur de moi, ils ne viendront pas.» il savait qu'Alfred adorait les histoires de fantômes mais n'arrivait jamais à trouver le sommeil après, pensant en voir tout le temps. Il avait dit aux serviteurs de ne pas raconter n'importe quoi au petit mais ceux-ci se laissaient souvent avoir face au regard mignon de l'enfant. Il réfléchit quelque instant et dit «Et si je te racontait une histoire?
Ho oui, une histoire.» Alfred plongea sous les couverture, les remontant jusqu'à son menton et regardant son père avec joie. Il adorait ces moments-là, car il entendait des histoires qui étaient inventé, donc qui étaient uniques et il ne les partageaient avec personne. Il les racontait, les résumait à Matthieu, mais elles étaient seulement à lui.
«Cela se passe dans un royaume lointain. Un univers merveilleux où les êtres vivants ont des attributs animaux.
- Ça veut dire quoi?
- Des oreilles de chat, de renard ou de chien par exemple ou encore des queues. Ils vivaient dans un royaume donc où le roi étaient un jeune homme à moitié serpent. Il avait des écailles à certains endroits du corps et une langue fourchue.»
Alfred rit, visiblement en pleine imagination. Francis eut un sourire et continua, laissant son imagination faire le reste. «Ce jeune roi n'avait personne. Il avait un terrible caractère et personne ne le supportait. Il en était très triste mais ne le montrait pas.
- Pauvre roi. Comment s'appelait-il?»
Francis eut un sourire, pensant à quelque chose et dit «Arthur.
- Comme le roi à l'épée?
- Oui comme celui-là.» rit son père, ravi de voir l'intérêt du plus jeune, qui semblait passionné par l'histoire. «Donc un jour, il déclara la guerre au royaume voisin et les combats furent long. L'homme-serpent fut un vrai héros sur le champs de bataille et gagna le respect de ses hommes. Il aidait ceux qui était blessé et se battait comme un vrai chevalier. Un jour le royaume voisin proposa un traité de paix pour arrêter la guerre. Et Arthur proposa un mariage pour mieux célébrer la paix. Romulus, le roi du royaume voisin, donna donc sa fille Lily comme femme au roi-serpent. Seulement elle comptait bien ne pas se laisser faire.» Il eut un sourire taquin et poursuivit, amusé par son histoire «Elle fit de la vie de l'homme-serpent un enfer. Elle ne lui pardonnait pas de l'avoir prit à sa famille pour l'enfermer chez lui.
- Comme dans la Belle et la Bête que tu nous as lue l'autre jour?
- Oui. Alors Arthur lui demanda ce qu'il devait faire pour gagner son amour. Elle lui répondit qu'il devait...» Il continua l'histoire pendant un petit moment, jusqu'à ce que l'enfant se soit endormi. Il se leva et quitta la pièce, refermant la porte derrière lui.
Il se rendit à sa chambre et éteignit son candélabre. Se couchant vite sur son lit, il se plongea dans ses pensées. Demain serait un jour important, il devait se présenter à l'homme-serpent et lui dire qu'il était en sécurité ici, que rien ne lui arriverait et qu'il n'avait plus besoin d'être montré à un public avide d'étrangeté. Il lui offrirait des soins et un avenir. L'autre pourrait commencer une nouvelle vie sans aucune contrainte.
«Espérons que l'on puisse discuter sans problème.»
L'autre devait être un peu sauvage, s'il avait été traité comme il l'avait vu pendant longtemps. Il ne faudrait pas prendre de risques, il resterait prudent et ne ferait rien d'inconsidéré.
Arthur se réveilla. Il se redressa d'un coup et regarda autour de lui. Il n'était plus dans sa cage. Cette première constatation le pétrifia. Il vit aussi qu'il avait des bandages sur ses plaies les plus récentes et qu'il avait une longue chemise qui couvrait sa peau, et plus le simple pagne qu'il avait jusque là.
Que se passait-il?
Il repoussa les couvertures et se leva d'un coup, tenant à peine sur ses jambes. Il se retint au mur et tenta de comprendre ce qu'il se passait.
Hier soir le propriétaire du cirque l'avait fouetté pour avoir osé parler au public, et l'avait privé de nourriture avant de le droguer comme souvent. Ensuite évidement il ne se souvenait de rien. Il se retrouvait dans une chambre. Marchant vers la porte, il tenta de l'ouvrir mais elle était fermée. Grognant il se détourna et alla à la fenêtre, voyant un immense parc devant ses yeux. Il était dans un manoir. Mais où et que faisait-il ici?
Quelqu'un l'avait acheté? Impossible le propriétaire du cirque ne l'aurait pas vendu. Il était son attraction principale. Serrant les dents à cette pensées il chercha des yeux un indice qui pourrait lui indiquer où il se trouvait.
Rien.
Il vit soudain une feuille sur la table et se dirigea vers elle, la prenant pour la lire.
Cher Snakeman.
Je sais que votre nom est Arthur mais je ne voulais pas être trop familier avec vous. Après tout nous ne nous connaissons pas.
Vous vous demandez certainement ce que vous faites ici. La raison est simple, j'ai vu comment vous étiez traité et j'ai décidé de vous sortir de cet enfer.
Vous êtes actuellement chez moi, où vous pourrez prendre le temps qu'il faudra pour vous remettre d'aplomb. Je viendrais bientôt vous voir pour vous parler.
Considérez cette chambre comme la votre pour tout le temps que vous passerez dans cette maison.
Arthur resta figé. Qui l'avait donc prit en pitié? Un spectateur? Il y en avait tellement qu'il ne se souvenait pas de tous. Peut-être un de ceux présent lors de sa rébellion? Il reposa la feuille, pensif. Il se sentait bien, maintenant qu'il n'était plus dans une cage, prisonnier d'un homme qui ne pensait qu'au profit. Il se sentait soulagé de ne plus sentir les odeurs du cirque, car il était mit avec les animaux. Il était soulagé de le plus entendre la voix de l'homme qui l'avait enfermé dans cette cage, ni le claquement de son fouet.
Plus personne ne pouvait le traiter comme une bête.
Il pouvait partir s'il le voulait. Il demanderait au propriétaire de ce manoir. Il lui dirait qu'il ne voulait pas rester et qu'il allait quitter les lieux. Maintenant qu'il était libre, il pouvait faire ce qu'il voulait. Avec un rictus, il se demanda comment avait réagit le propriétaire du cirque en constatant sa disparition. Plus personne ne le mettrait dans une cage ou le présenterait à un public avide de curiosité. Il était libre et comptait bien le rester. Même si tout de suite il était enfermé dans cette chambre, c'était toujours mieux que le cirque. Personne ne l'avait jamais traité de façon correcte depuis qu'il avait été capturé par cet homme. Il avait été traité comme un animal et battu souvent.
Mais c'était fini, plus personne ne lui ferait de mal.
Il ne se laisserait plus faire sans réagir.
Un bruit le fit se retourner, sur la défensive. La porte venait de s'ouvrir. Un homme, accompagné d'un autre qui portait un plateau se présenta à ses yeux. Le serviteur (ça en était forcement un) posa son chargement sur la table et partit. L'autre le regarda et sourit. Il avait des cheveux mis-longs blonds et des yeux bleus. Tout dans son attitude montrait qu'il était une personne riche et cultivée. Arthur serra les dents, reculant d'un pas.
L'autre lui sourit. Il ne semblait pas menaçant et se contenta de dire «Bonjour. Tu es réveillé?»
Il le vouvoyait dans la lettre mais le tutoyait maintenant? Arthur n'aima pas trop ça et gonfla ses joues, appréciant peu la familiarité. Mais il ne dit rien, il voulait savoir ce qui se passait. Il jeta un regard perçant à son hôte et dit, d'un ton sans émotion «Pourquoi?
- Pourquoi quoi?
- Pourquoi m'avez-vous fait sortir du cirque?» il voulait entendre l'autre se justifier, lui expliquer. Il ne voulait pas être un simple caprice, délivré sur un simple pulsion. Il voulait savoir ce qui avait poussé ce noble à le sortir d'affaire.
Et l'autre avait intérêt à avoir de bonnes raisons.
A Suivre
