Disclaimer: Hidekazu Himaruya
Personnages: Francis, Arthur, Alfred, Gilbert, Antonio, Oc!Marco
Rating: K+
Genre: Angst, Romance, Family
Chapitre 3: Confiance
Alfred pénétra dans le grenier, suivit de son frère. Il s'exclama «Y a plein de choses ici.» Il semblait ravi et trottina jusqu'à une malle qu'il ouvrit, tombant à moitié à l'intérieur. «C'est un coffre au trésor.
- Alfie on devrait pas être ici. Papa nous a dit de ne pas traîner au grenier.» Matthieu serra son ours en peluche contre lui et regarda son frère qui fouillait toujours dans les malles. «Il ne va pas être content.
- On va faire comme dans l'histoire qu'il m'a raconté hier soir.» chantonna Alfred, sortant une étoffe. Il rit et continua «Je serais le roi serpent.» Il attrapa quelque chose et ouvrit de grands cheveux «Hoo regarde, des cheveux.» Il tenait une perruque à la main et fit «On a pouvoir jouer avec.
- Alfred.» fit à nouveau le plus calme des jumeaux, peu rassuré. Il ne sentait pas du tout l'idée de son frère. Il sentait que il allait avoir des ennuis à cause de lui. Mais il posa son ours en peluche et rejoignit Alfred car la curiosité l'avait emporté sur le reste. Ces cheveux l'intriguait lui aussi. Il prit la chose et fit «On dirait des cheveux comme ceux des servantes. Ils sont longs.
- Tu crois que c'est comme dans les histoires? Un scalp?»
Matthieu lâcha la perruque, reculant d'un coup et regarda la chose avec crainte. Ils se fixèrent puis détournèrent le regard. Alfred déclara, calmement «On demandera à papa.
- Oui il nous racontera d'où ça vient.» renchérit son frère en attrapant son jouet pour le serrer contre lui, désirant retourner dans sa chambre pour s'amuser. Fouiller le grenier à la recherche de trésor ne lui plaisait plus.
Alfred continua, sans se préoccuper de l'attitude de son jumeau et tira une robe d'un coffre «Regarde, une robe.» Il eut un large sourire «On va pouvoir jouer.» Il fit un large sourire à son jumeau et celui-ci hocha la tête, sentant que l'idée de son frère signifiait un jeu amusant, comme c'était souvent le cas.
«Jouer à quoi?
- A la quête du roi serpent.»
Matthieu cligna des yeux. Son frère lui avait raconté, avec ses mots, cette histoire que leur père lui avait raconté la nuit précé était un peu jaloux de ne pas avoir eu le droit lui aussi à cette histoire et était bien décidé à la réclamer à leur père le soir même. Cependant il ne voulait pas passer à côté d'un jeu «D'accord.»
Alfred sauta de joie «Et même Kuma pourra participer.»
Son frère eut un grand sourire. Il était ravi que son jumeau pense à son précieux ours en peluche et l'inclut dans leurs jeux. Il trottina vers son frère pour entendre ce que l'autre avait prévu, impatient de commencer à jouer.
Arthur serrait les poings. Il attendait la réponse. Il espérait juste qu'elle serait à son goût. Il fixa de ses yeux verts son interlocuteur, le menaçant de dire quelque chose de contraire à ses attentes. Un silence tomba et Francis finit par répondre, d'une voix douce «Parce que tu es un être humain.»
L'homme-serpent ouvrit de grands yeux, il ne s'était pas attendu à ces paroles et en resta un instant surpris avant de se rependre «C'est tout?
- Tu souffrais, tu étais maltraité. On te traitait comme un animal. Alors j'ai décidé de te sortir de là. J'ai des relations qui se sont chargées de te...voler va-t-on dire. Ton ancien tortionnaire aura une belle surprise quand il verra ta cage vide si ça n'a pas déjà eu lieu.»
L'ancien captif eut un léger sourire en imaginant la tête que devait avoir fait cet homme cruel en voyant sa disparition.
«Pourquoi suis-je enfermé dans ce cas?
- Laisserais-tu un inconnu dans ta maison?
- ...Non.» admit Arthur, se sentant un peu stupide d'avoir posé la question. C'était évident que l'autre n'allait pas le laisser se promener chez lui sans savoir d'abord s'il était digne de confiance ou pas. «Qu'allez-voue faire de moi maintenant?» grogna-t-il, méfiant. L'autre n'avait pas intérêt à le garder comme curiosité. Il ne serait plus une attraction. Il se battrait s'il le fallait mais plus personne ne le traiterait comme un animal. Maintenant qu'il était libre, il ne se laisserait plus faire.
«D'abord te remettre sur pieds. Tu es maigre comme un clou et faible. Du repos et de bons repas te rétabliront bien vite. De plus, il vaut mieux que tu reste caché pour le moment. Le cirque est toujours en ville. Je ne veux pas que tu retombes entre leurs mains.
- Je vois...» murmura l'autre entre ses dents, toujours sur la défensive. Il eut un sifflement et regarda son sauveur, cherchant ses mots «Et que pensez-vous obtenir au final? Me faites pas croire que vous avez fait ça pour rien.
- Mais si. C'était purement désintéressé.» Il haussa un sourcil quand l'autre eut un ricanement ne croyant visiblement pas un mot de ce qu'il disait. «Quand tu iras mieux, je t'offrirais un travail ou de l'argent pour que tu aille faire ta vie où tu veux.»
Arthur ouvrit de grands yeux. Il y croyait à peine. Lui qui pensait que personne ne voudrait de lui avec son apparence. Il était bien surpris. Et ne savait pas quoi penser. Il était troublé et ne savait plus quoi dire. «Laissez moi réfléchir.
Très bien.» souffla Francis, sortant de la pièce «Je reviendrais te voir plus tard. Repose toi bien.» La porte se referma, et Arthur resta seul.
Il regarda la plateau et alla s'asseoir, commençant à manger. C'était tellement bon. Il se régalait, et termina le plateau, regrettant d'avoir déjà fini. Il s'allongea sur le lit, bras croisés derrière sa tête, et regarda la plafond de la chambre. Il resta immobile, et pensa à tout ça. Cet homme était-il digne de confiance? Il avait envie de savoir mais en même temps il avait peur de la vérité. Et si ce noble voulait le garder comme curiosité? Il se releva et alla regarder à la fenêtre. Le jardin était immense et calme. Arthur ne connaissait que la cruauté des hommes. Il ne se rappelait pas bien de ce qui avait précédé sa vie au cirque. Il se souvenait juste d'avoir été vendu à cet homme cruel. Il se mordit la lèvre inférieure, refusant de penser à ça. Comment faire confiance quand on vivait ça? Il ne savait pas quoi penser. Il refusait de faire confiance si facilement. Jamais il ne se laissait embobiner par le sourire de ce noble. S'il l'autre croyait l'acheter avec de le nourriture et du confort, il se trompait lourdement.
«Comment puis-je lui faire confiance?»
Il posa son front contre la vitre, les yeux dans le vague. Soudain il vit deux petites silhouettes qui courraient dans le jardin. L'une d'elle tenait une épée en bois. L'autre tenait un ours en peluche.
Arthur ouvrit la fenêtre et se pencha, voulant voir un peu mieux. Il vit soudain son sauveur qui arrivait à son tour et l'entendit dire «Alfred, Matthieu.
- Papa!
- Qu'est-ce que vous faites?
- On joue à la quête du roi, comme dans l'histoire que tu m'a raconté hier soir.
- Mais pourquoi c'est ton frère qui joue la princesse?
- Parce que je suis son héros.» S'exclama le petit à l'épée de bois, sautillant sur place. Il ne semblait pas se rendre compte de quoique ce soit. «Et je le sauve du méchant dragon Kuma»
Le noble se pencha et prit celui en robe dans ses bras «Rentrez, on va aller en ville.
- Oui!»
Arthur se pencha et resta immobile, quand l'autre leva la tête et croisa son regard. Il lui sourit et partit avec ses fils vers le manoir. Arthur rougit et recula précipitamment. Il referma la fenêtre et retourna sur le lit où il se roula en boule.
Cet homme l'enfermait dans une chambre mais c'était pas précaution, parce qu'il ne le connaissait pas, et ne savait pas s'il pouvait lui faire confiance. Il l'avait certes sauvé mais ne pouvait pas le laisser en liberté chez lui sans prendre de précaution.
Il ramena ses genoux contre son torse et posa son visage dessus. Il les entoura de ses bras et se balança d'avant et arrière, pensant à tout ce qui lui était arrivé. Il avait encore du mal à imaginer que son calvaire était terminé, que plus personne ne lui ferrait de mal. Que cet homme cruel et stupide ne l'approcherait plus jamais. Jamais plus son fouet ne s'abattrait sur lui. Jamais plus il ne serait enfermé dans une cage. Jamais il ne serait présenté à un public.
Des larmes lui piquèrent les yeux.
Il les essuya d'un geste rageur. Il ne voulait pas montrer une quelconque faiblesse, refusait de pleurer. Il n'était pas faible, pas faible. Tandis qu'il se martelait ces mots, il sanglotait, incapable de comprendre ce sentiment, incapable de s'arrêter de pleurer. Jamais il ne n'avait pu pleurer pendant sa captivité, il avait toujours peur d'être entendu, d'être surpris par un de ses tortionnaire dans ce moment de faiblesse.
Il était enfin seul, dans un endroit confortable, sans personne pour l'espionner. Il avait encore du mal à réaliser sa situation. Calmé il se recroquevilla sous les couvertures, enfouissant son visage dans l'oreiller. Peut-être...peut-être pouvait-il faire confiance à cet homme? Qu'avait-il à perdre après tout? Rien.
Matthieu était blotti sous les couvertures, attendant que son père vienne lui raconter une histoire, comme il l'avait promit. Il attendait avec impatience et savait déjà quelle histoire il allait réclamé. La même que son frère avait eu la veille. Il n'avait eu que des bouts que son jumeau lui avait dit. Il n'en avait pas eu assez.
La porte s'ouvrit et son père arriva dans la chambre. Francis vint s'asseoir au bord du lit et fit, avec tendresse «Quelle histoire voudrais-tu entendre?
- La même que tu as raconté à Alfie hier soir.
- D'accord. La quête du roi serpent donc. Une belle histoire d'amour.
- Oui.» s'exclama le petit garçon, les yeux brillants. Il était impatient d'entendre ce récit qui allait sans doute faire partie de leurs jeux pendant un moment.
Francis se mit à raconter l'histoire, variant quelques points par rapport à la veille, rajoutant même un épisode ou deux pour que son fils n'ait pas une version réchauffée de l'histoire de son frère. Il conclut «Et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.» Il baissa les yeux sur son petit Matthieu et vit que celui-ci ne dormait pas. Les grands yeux violets le fixaient.
«Et ensuite?
- C'est fini. C'est la fin de l'histoire.» rit Francis, s'amusant de voir que l'histoire avait passionné le petit au point de l'empêcher de dormir.
«Déjà?» Fit le petit, déçu.
Son père lui caressa la tête, et se mit à chanter une petite chanson pour endormir son enfant, le berçant par les paroles de la berceuse. Le petit s'endormit, la tête pleine de rêves. Francis se leva et quitta la chambre, refermant délicatement la porte derrière lui.
Francis restait pensif. Il avait discuté avec son invité et celui-ci était resté sur la défensive. C'était évident après tout. Comment pourrait-il faire confiance à quelqu'un après ce qu'il avait vécu? Cela coulait de source que il serait méfiant, après toutes les maltraitances qu'il avait subis dans sa vie. Mais le jeune adulte était bien décidé à apprivoiser son invité et à gagner sa confiance.
Il restait immobile devant la porte de la chambre, pensif. Il finit par ouvrir la porte et vit deux yeux verts posés sur lui.
«Vous êtes là depuis un moment.» Arthur secoua la tête «Vous avez peur de moi?
- Non. Je ne savais juste pas quoi te dire. Je ne veux pas t'effaroucher.
- Je ne suis pas un trouillard.» grogna l'homme-serpent, sans le quitter des yeux. Il restait très clairement sur la défensive et ne semblait pas vouloir se détendre. Il était dos au mur, tendu, comme prêt à se battre.
Francis eut un sourire pour le rassurer mais cela ne sembla pas marcher. L'autre n'eut pas de réaction. Le noble fit «Je reviens te faire ma proposition. Travailles pour moi et tu auras une vie tranquille. Tu seras libre, nourri et abrité. Tu auras un salaire et des amis.
- Je n'ai pas besoin d'amis.» siffla Arthur, sans bouger d'un poil et il fronça les sourcils quand l'autre se mit à rire, amusé par son attitude.
«Très bien.» Il s'assit «Si tu veux partir, je te laisserais t'en aller avec de l'argent pour commencer une vie autre part. Mais...je te conseillerais d'attendre un peu.
- Parce que le cirque est toujours là, je sais.» souffla Arthur, détournant la tête, refusant de laisser apparaître une quelconque émotion. Il était toujours méfiant «Et si je choisissais de travailler pour...» Il le fixa, sembla hésiter, puis reprit, d'un ton plus sûr «...toi. Qu'est-ce que je devrais faire?»
Francis eut un sourire, ravi de la question, sentant que l'autre était tenté d'accepter sa proposition mais refuser de se montrer trop intéressé. Il était sans doute trop fier pour ça. «Quelque chose qui correspondra à tes capacités. Si quelque chose te tente, je tâcherais de te donner un travail en rapport avec cela.»
Arthur le fixa, intensément. Il se leva pour regarder l'autre bien en face. Il ne dit rien pendant quelques instants puis répliqua «Tu me ferais confiance si facilement?
- J'ai tendance à donner une chance aux gens. Jusqu'ici, j'ai toujours eu raison.»
L'homme-serpent resta pensif, et baissa les yeux vers le sol. Il hésitait, il voulait prendre cette chance mais n'osait pas. Une légère hésitation l'empêchait toujours d'accepter. Ce manoir représentait une chance de vivre heureux, de gagner sa vie sans être exposé aux regards des gens, de ne plus être traité comme un animal de cirque. Il hocha la tête «Très bien, j'accepte. Mais ne t'y crois pas trop. C'est juste pour l'argent que je fais ça.»
Francis eut un large sourire et se mit à rire, avant de dire «Très bien, je te laisse réfléchir à ce que tu aimerais faire.» Il laissa passer quelques instants de silence puis fit «J'espère que tu te plaira ici. JE reviendrais te voir tout à l'heure, tu me donneras ta réponse définitive.» Il se détourna et sortit, après avoir salué son invité.
Celui-ci se laissa tomber sur le lit, réfléchissant à ce qu'il pourrait faire. Cuisinier? Il n'y connaissait rien et il y en avait surement déjà un bon. Jardinier? Il regarda ses mains couvertes d'écailles. Il ne savait pas. Valet? Il grogna. Il n'aimait pas cette idée. Mais il n'avait pas trop le choix. Il se retourna sur le lit, pensif. Ce n'était pas une question de motivation. Il se sentait capable de travailler de la sorte mais ne se sentait pas à l'aise. Il n'avait jamais fait ça.
Un profond soupir le secoua, il ferma les yeux. Il était libre, il pouvait gagner sa vie honnêtement, il aurait un toit et de la nourriture. Mais il devrait obéir à quelqu'un. Il n'était pas fort pour obéir. Il était un rebelle et après avoir été soumis à cet homme brutal pendant longtemps, il n'avait plus aucune envie d'être obligé de suivre des ordres. Ça ne lui plaisait pas.
Mais il n'avait pas vraiment le choix.
Il était obligé d'accepter la proposition de toute façon. Il n'avait nul part où aller, ne savait pas où aller non plus. Il était seul. Tout cela ne lui portait pas chance, et en plus son physique n'aidait pas le moins du monde.
Quand Francis revit, Arthur était débout, l'attendant de pied ferme. Il avait les bras croisés et le regard enflammé. Il fit «J'accepte ta proposition. Mais traites moi mal et tu le regrettera.
- Je vois.
- Je veux être payé.
- Bien entendu.
- Avoir des jours de congés.
- Cela s'entend.
- Et être traité en égal.» cracha Arthur, le regardant intensément.
Francis eut un doux sourire et fit «J'en avais bien l'intention.» Il tendit la main à son nouveau serviteur et fit «Marché conclus?»
L'homme-serpent eut un infime mouvement d'hésitation et prit la main, la serrant. Il détourna aussi le regard, gêné de croiser celui de son sauveur. Il ressentait un mélange de joie, de méfiance et d'impatience. Mais il refusait de montrer une quelconque émotion. Il ne voulait pas baisser sa garde, pas devant un inconnu, fusse celui qui l'avait tiré de son calvaire.
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