Chapitre 13.

Drogue.

.

L'enfant ouvrit la fenêtre, laissant l'air froid s'engouffrer dans la chambre, sortit, ferma la fenêtre, et sauta.

Ginny, dans un mouvement destiné à empêcher le suicide de Rose s'était relevée, et avait esquissé un geste d'aide.

Elle se retrouvait maintenant avec une main retenant le drap qui couvrait son corps, par dessus Drago, s'empêchant de tomber sur lui avec la force de son second bras.

Mais ce fut à cet instant là que le jeune homme se réveilla, retrouvant ainsi au dessus de lui la nommée Meg. C'était affreusement gênant, surtout après ce qui s'était passé la veille. D'autant plus que le drap cachait mal la poitrine de Ginny. Surpris, il voulu se dégager, mais roula sur le peu de matelas qui lui restait avant d'atterrir mollement sur le sol. Par chance, Ginny ne retomba pas sur lui, et resta avachie sur le lit.

Drago poussa un juron, et s'éloigna le plus possible du lit, tandis que Ginny recouvrait à la va-vite avec le drap les parties de son corps qui avaient étés découvertes.

Ginny n'avait pas vraiment fait attention à Drago, elle pensait plutôt à Rose. Était-elle morte? Mais qui était-elle tout d'abord? Rose en savait tant sur Ginny, c'était déstabilisant. Le pire, c'est qu'à chaque fois qu'elle lui parlait, elle disait toujours des choses qui avait le don de faire réagir Ginny.

C'était vrai, Ginny était conne. Elle se trouvait conne.

Elle avait bu, jusqu'à en être ivre. Ensuite... ensuite?

Que c'était-il passé? Elle reporta alors son attention sur Drago.

Le frisson qui lui avait parcouru le dos revint quand elle le vit. Mais elle ne put s'empêcher d'admirer son torse musclé, ses muscles saillants malgré la structure frêle de son corps. Elle attarda son regard sur son abdomen, sur son jean qui descendait sous ses hanches laissant entrevoir son boxer, remontant sur sa poitrine, ses épaules, son bras, redescendant le long de ses muscles, son avant bras... La Marque de Ténèbres.

- Par le caleçon de Merlin! S'exclama-t-elle

Il fallu un quart de secondes à réaliser que cette réplique avait été fatale. Il ne savait pas qu'elle était Ginny Weasley, et encore moins qu'elle était une sorcière. L'expression n'étant utilisée que dans le monde magique, elle venait de se trahir.

Drago se releva, passa sa main dans les cheveux, tentant de rassembler ses pensées, et de trouver les mots. Il commença par la phrase qui eut le don de faire éclater Ginny.

- Ce n'est pas ce que tu crois... commença-t-il.

- Ah oui! Et comment tu peux expliquer ÇA ! Hein?!

Drago poussa un long soupir avant de tourner la tête et plonger sur regard froid dans les yeux de Ginny. Elle se calma. Ses souvenirs de la soirée étaient très flous, mais ce dont elle se souvenait ne lui plaisait pas, notamment tout ce qui s'était déroulé dans cette chambre. Mais elle retint en mémoire que Drago ne savait pas qui elle était, ou du moins pas avant tout à l'heure quand elle avait prononcé le nom de Merlin. Aussi elle espérait qu'il croyait qu'elle était bel et bien Meg Smith.

- Si c'est ta question, NON, on n'a pas couché ensemble!

- Et tu crois que tu va me faire avaler ça?

Même en colère, elle était si belle. Mais il fallait qu'il lui explique, qu'il efface le malentendu.

- Calme toi, et dis moi ce dont tu te souviens, je te raconterais la suite.

Ginny hésita un instant. Comment le croire sur parole? Mais il avait une telle assurance, et son regard montrait une certaine gêne, alors, elle allait tenter le coup, et le laisser expliquer.

- Je me souviens d'être entrée dans un bar. Tu es arrivé, on a bu, beaucoup. La suite, je te laisse me la conter.

.

Elle se pencha vers Malfoy et lui murmura à l'oreille.

- Tu saurais pas où je peux me procurer du shit?

Il releva la tête un tantinet surpris, puis opina, paya l'addition pour lui et Ginny, et se leva, suivi de la jeune fille.

En attendant la chanteuse poursuivait la chanson, une chanson qu'elle avait écrite, « Angels don't exist ». Une sorte de slow version rock. Ginny s'arrêta un bref instant pour en écouter les mélancoliques paroles.

Drago connaissait bien ces paroles, si tristes mais si belles. N'attachant pas plus d'attention au groupe, il regarda Meg. Il avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part. Sûrement sa beauté n'était-elle pas oubliable. Elle était si belle. Ses yeux bleus. Ses joues rosies par le froid. Ses lèvres qui semblaient si douces. Si délicates.

Pris par un désir tendre, il déposa ses lèvres sur les siennes. Avec douceur. Cela ne dura qu'une poignée de secondes. Suffisamment de temps pour Drago de désirer la jeune femme encore plus.

Meg voyait la situation sous un autre angle. C'était comique : elle rit encore. Drago était exaspéré qu'elle soit saoule, il aurait préféré la rencontrer sobre, sûr qu'elle en serait d'autant plus belle.

La chanson toucha à sa fin alors que Drago et Meg passèrent la porte d'entrée du bar. Meg pris la peine d'écouter les dernières paroles de la chanteuse et sursauta pour une raison qui échappait à Drago.

Il entraîna la jeune brune dans une ruelle proche, jusqu'à une petite porte verte, qui était l'entrée de service d'une boite de nuit réputée. Il toqua, et la porte s'ouvrit sur la grande masse sombre qu'était le gardien.

- Voyez-vous ça? Monsieur Malfoy, que voulez-vous?

- De la cocaïne.

Le gardien resta dubitatif en apercevant Meg.

- Pour la d'moiselle aussi?

- Juste une dose pour nous deux.

Le gardien disparu quelques instants, avant de revenir un sachet en plastique dans la main. Drago le paya, le remercia, et s'en alla.

Il ne pleuvait pas ce soir là, mais le froid mordait quand même les os.

Drago s'assit sur le banc d'un parc, à côté de Ginny. Il ouvrit le sachet plastique et y découvrit tout le matériel nécessaire.

Il prit l'enveloppe qui contenait la drogue, et versa le contenu sur le banc de pierre, qui était sec. Il s'aida d'un morceau de carton pour en faire une ligne, puis saisit une des deux pailles. Il hésita avant de tendre la sienne à Meg.

- T'es sûre que tu veux le faire? Demanda Drago perplexe.

- Ouais, répondit Ginny en riant, ouais, je découvres la vie. Tout à l'heure, c'était l'alcool, maintenant, ça.

Drago accepta la réponse d'un hochement de tête. Lui tendit la paille. Elle la saisit, s'accroupit en se mettant au niveau du banc, et sniffa. Drago l'imita.

Blanc.

Souvenirs estompés.

Désillusion.

Drago était moins shooté que Meg, car ayant eu une dose de coke moins importante que la pseudo-brune, et n'étant pas aussi bourré qu'elle au départ.
Il se souvint brièvement être arrivé dans l'hôtel où se logeait Meg, environ deux heures plus tard. Meg était dans un état lamentable. Il avait du la trainer jusqu'à sa chambre, et une fois là bas...

Drago alluma le chauffage, ôta son manteau et le blouson de Meg. Entra dans la salle de bain pour s'asperger le visage d'eau. Il était de plus en plus lucide. Il voulu faire de même pour Meg, mais cette dernière n'avait même pas la force de se mettre au niveau du lavabo. Il l'entraîna alors jusqu'à la douche, et lui versa de l'eau dessus. D'un mouvement inexpliqué, elle attrapa la paume de la douche, et le mouilla aussi. Elle rit. Certes, c'était amusant. Comme un jeune couple.

Sauf qu'elle était shootée, c'était différent.

Elle aussi se mouilla, mais en entier. Il soupira. Non par perversion, mais pour la santé de Meg, il fallait qu'elle ôte ses vêtements mouillés. Il n'avait aucune pensée malsaine, juste l'envie de la protéger.

À lui aussi. Il ôta sa chemise, et alla la suspendre pour qu'elle se mette à sécher. Quand il revint vers Meg, il ne fut pas surpris de voir qu'elle n'avait pas bougé d'un pouce.

Il lui enleva ses chaussures. Retira ses bas, sans regarder sous la jupe qu'elle portait, malgré la difficulté de la tâche. Elle commençait à se débattre, les yeux semi-clos. Elle battait des jambes, et pour la retenir, il du se mettre au dessus d'elle. Retenant ses poignets d'une main, il utilisa l'autre pour enlever son haut. C'était difficile. Elle commençait à cesser le combat, et Drago pu enfin lâcher ses poignets, et utiliser son autre main.

Elle était si belle. Les courbes de son corps si parfaites. Si attirantes.

Drago essaya de se dompter. Réussit, mais...

Des mains parcouraient son torse. Caressant sa peau avec douceur. Soulignant ses muscles avec sensualité.

Il regarda le visage de Meg. Elle lui sourit, rapprocha son visage du sien. Leurs lèvres se trouvèrent.

Élan de passion.

Désir.

Drago l'embrassa dans le cou, descendit sur son épaule. Descendit encore, petit à petit, effleurant de ses lèvres chaque parcelle de la peau douceâtre de Meg. Sa poitrine. Détacha son soutien-gorge. Ses lèvres parcoururent le creux de ses seins. Lentement. Contact charnel, corporel, sexuel plein de saveur. Meg qui s'accrochait à lui poussa un gémissement. Sensuel.

- Harry...

Drago stoppa net. Il se redressa. Comment? Harry? Le nom de son ancien ennemi. Était-ce un hazard, ou bien avait-il fait une erreur des plus graves? Il fallait qu'il vérifie. Était-elle une sorcière? La connaissait-il?

Nan, il devait être parano, ou quelque chose dans le genre pour imaginer de telles choses.

Et pourtant.

Il se leva, passa sa main dans ses cheveux. Il fallait qu'il trouve son identité, vérifier que cette splendeur féminine était belle et bien moldue. Il se pourrait dans ce cas qu'elle connaisse un ''Harry''. Il se souvint, enfant qu'il cachait ses secrets sous son oreilles, cachette pour une personne stupide. Par réflexe, il chercha sous les oreilles de velours. Il trouva ce qu'il cherchait : une baguette.

- Merde.

Bon, déjà, c'était une sorcière. Avec un peu de chance, ce serait une simple anonyme qui fantasmait sur le héros de la guerre. Drago ne pouvais pas laisser le doute s'installer. Il poursuivit ses recherches en fouillant les tiroirs. Puis l'armoire. Sous une pile de vêtements, il trouva une photo.

- Merde.

Harry Potter. Ron Weasley. Hermione Granger. Ginny Weasley. Neuville Londubat. Fred et Georges Weasley. Luna Lovegood. Toutes ces personnes étaient souriaient bêtement sur la photographie. Ces Gryffondors pour la plupart, tous amis du héros du monde magique : Harry Potter, le Survivant. Son ancien ennemi. Ancien, car on l'a forcé à être son ennemi. Il a changé maintenant. Mais il ne doit pas trop se rapprocher de lui. Qu'est-il devenu d'ailleurs? On n'entend plus parler de lui.

Revenons à la photographie. Comment Meg avait-elle obtenu cette photo? Il était peu probable qu'elle l'ait volée, ou qu'on lui ai donné. À moins que... qu'elle soit une des personnes sur la photo.

- Merde.

Ça aurait pu être n'importe quelle sorcière, mais il fallait que la malchance fasse que cette 'Meg' soit proche de Harry.

Drago revint vers Meg, la photo à la main. Observa attentivement.

Meg le regardait. Complètement dans son autre monde, elle ne se rendait pas compte que son interlocuteur n'était pas celui qu'elle croyait.

- Harry?

- Merde. Merde! Merde! Merde! MERDE!

Drago était fou de rage. Comment ne s'en était-il pas rendu compte plus tôt. Meg Smith et Ginny Weasley étaient une seule et même personne. La ressemblance était notable. Comment ne s'en était-il pas rendu compte? Il était dégoûté. Comment avait-il pu? La toucher. L'embrasser. La désirer.

De rage, il balança un coup de pied dans une corbeille, qui rebondit sur le mur.

Merde.

.

- Après ça, je t'ai mis dans le lit, et voilà.

Ginny aussi était dégoûtée.

- Et t'a même pas pris la peine de me rhabiller?!

- Je te rappelles que moi aussi j'étais shooté, on peut pas penser à tout!

Ils se défièrent du regard.

Ginny poussa un soupir et détourna la tête. Puis, elle pris le temps d'avaler tout cela, aidée de ses propres souvenirs flous.

Elle savait que la seconde étape, après l'alcool, était la drogue. Elle ne pensait pas que ça allait aller aussi loin. Heureusement, ce n'était pas allé trop loin.
Elle se souvint avoir pris la cocaïne, elle se souvint être rentrée dans la chambre, elle se souvint des bisous dans le cou, sur sa poitrine. Non! Comment avait-elle pu? Elle était dégoûtée.

Elle se souvint aussi la raison pour laquelle elle s'était laissée faire. Elle chassa la pensée de Harry de son esprit, pour faire des reproches à Drago.

- T'a mis du temps à comprendre qui j'étais!

- Il faut dire que t'as bien changé.

- Toi aussi. Pourquoi d'ailleurs?

Il se tut. A quoi bon lui cacher, après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble. Il avoua, mélancolique.

- Tu sais, on m'a quasiment forcé à être un Mangemort. Les Malfoy sont de purs et durs Mangemorts, étant un de leurs descendant, je n'avait pas le choix. Quand tout ça s'est terminé, je n'avait plus ma place dans ce monde. Ma mère est morte, mon père et ma tante à Askaban. Me laissant leur fortune. Je me suis juste incrusté dans le monde moldu, pour explorer plus en détail de que Voldemort lui reprochait. J'ai découvert que c'était un monde magnifique, doté de plein de choses que nous ignorons. Par exemple, comme tu a pu le tester cette nuit, l'alcool et la drogue. Toutes ces choses, qui seraient trop dangereuses pour le monde sorcier, mais si excitantes. ... bref, je m'égares. Pour ne pas être reconnu par les sorciers qui habitent Londres, j'ai changé mon apparence, tout comme ce monde m'a changé.

Il s'arrêta. Il parlait trop. Il jeta un coup d'oeil à Ginny. Elle avait bu chacune de ses paroles. Comme attendrie. Elle murmura.

- Au moins, tu es heureux.

- Et toi? Dit-il amèrement. Tu t'es teint les cheveux, changé de style. Ca t'arrives souvent de demander de la drogue à un mec que tu viens de rencontrer? Tu recherche le danger. Tu est toute dépravée. Pourquoi tes rêves sont hantés par cette Rose, et par Harry? Pourquoi n'entends-on plus parler de lui? Qu'est devenu le grand Harry Potter? Pourquoi n'es-tu pas à ses côtés, à te balader dans un parc à son bras riant niaisement? Pourquoi...

Il stoppa net ses question quand il vit une délicate larme couler sur sa joue. Il ne rêvait pas. Elle pleurait. Ses questions l'avaient-elle donc blessée? Puis il se souvint de ses mots. '' Au moins, tu es heureux.''. Qu'est-ce que ça voulait dire? Elle avait gagné la guerre. Pourquoi n'était-elle pas heureuse, aux côtés du héros de cette même guerre? Tout lui échappait.

Ginny quant à elle se rendit compte à travers ces question qu'elle allait bien plus mal que ce qu'elle croyait. Elle était si ''dépravée'' aux yeux des autres. La nuit, elle rêvait bien de Rose et de Harry, mais elle ne s'était pas rendue compte qu'elle en criait leurs noms dans son sommeil. Et Harry. Son nom lui arracha un sanglot, et elle fondit en larmes.

Drago fit un mouvement en avant, voulant l'aider, la réconforter. Mais cela n'allait pas arranger les choses. Il tenta de lui parler.

- Ginny.

- Va t'en!

- Mais...

- Va t'en, par Merlin!

- Explique-moi, je peux peut-être t'aider.

Silence. Ginny prit le temps de calmer ses pleurs avant de lever la tête.

- Un jour peut-être je t'expliquerais.

- ''Un jour peut-être'' est une tournure de phrase qu'utilisent les gens qui rechignent à dire ''jamais''.

- Dans ce cas, un jour, je t'expliquerais.

.

Ginny avait raccompagné Drago jusqu'à la station de métro la plus proche.

Alors qu'ils s'apprêtaient à se séparer, Ginny le retint du bras, pour lui dire en rougissant.

- Faisons comme si tout ce qui c'était passé n'avait jamais eu lieu.

- Ça vaudrait mieux pour nous deux.

Effectivement, cette soirée n'était pas à raconter à tout le monde. Eux même n'avaient pas à s'en souvenir. D'autant plus que chacun avait plus ou moins vu les faiblesses de l'autre. Il lui fit un dernier sourire. Sur ce, il s'éloigna. Après quelques pas, il se retourna héla Ginny, et lui dit.

- Fais toi aider Weasley – ou devrais-je dire Smith – t'es gravement dérangée.

Elle sourit. Toujours aussi vulgaire le Malfoy apparemment. Elle prit tout de même la peine de répondre.

- La seule personne qui puisse m'aider, c'est Rose.

Elle s'éloigna à grands pas, ignorant la question que Drago se posait à voix basse.