Disclaimer: Hidekazu Himaruya

Personnages: Francis, Arthur, Alfred, Gilbert, Antonio, Oc!Marco

Rating: K+

Genre: Angst, Romance, Family


Chapitre 3: Jardinier


Arthur se réveilla ce matin-là de fort bonne humeur. Cela faisait plusieurs jours qu'il récupérait tranquillement dans cette chambre, bien au chaud, bien nourrit et sans personne pour le regarder.

Pour la première fois depuis longtemps il pouvait bouger comme il voulait, même s'il était enfermé dans cette chambre.

Il pouvait manger à sa faim, dormir comme il voulait, faire ce qu'il voulait sans que personne ne lui donne d'ordres ou ne le frappe, sans des dizaines de paires d'yeux posés sur lui.

Son futur employeur était venu quelques fois pour lui proposer des choses à faire, il hésitait toujours, ne sachant que décider. Travailler dehors, comme jardinier, lui plairait bien mais il n'était pas certain d'être doué en la matière.

Saurait-il faire un beau jardin?

Mais d'un autre côté, il ne se voyait pas servir et agir comme un valet, être servile ou quoique ce soit. Il voulait garder une certaine liberté. Même s'il devait être au service de quelqu'un, il ne voulait pas devenir un simple serviteur. Il était plus que ça.

Finalement être jardinier ne serait pas mal, il pourrait être en extérieur, savourer l'air pur, le soleil, les plantes...tant de choses qu'il n'avait pu côtoyer durant sa longue captivité.

Et puis ce noble était étrange. Il ne semblait pas rebuter par son apparence, aussi étrange que cela puisse paraître. Il lui avait demandé pourquoi il n'avait pas de crocs, alors que il en avait quand il était captif. A cela Arthur avait répondu que c'était de fausses dents, qu'on lui mettait de force pour le rendre plus effrayant. Il lui avait demandé d'où il venait. Il avait répondu qu'il était anglais mais avait refusé d'en dire plus. Un regard noir avait suffit à souligner cela. L'autre n'avait pas insisté.

Un matin, son employeur qui avait dit de le suivre. Il avait obtempéré, méfiant. Il avait ainsi visiter la maison, retenant malgré lui où étaient les sorties. Il avait été ensuite présenté aux domestiques.

Il y avait ces deux frères: Marco et Antonio qui semblaient avoir des origines hispaniques. Ils étaient rieurs et bavards. Il aimait bien le premier, qui l'avait tout de suite mis à l'aise mais se méfiait du second qui semblait ne pas avoir confiance en lui. Il n'aimait pas ce genre de regard.

Il y avait ce cuisinier, nommé Lars. Il ne parlait pas beaucoup et lançait des regards noirs à toute personne farfouillant dans sa cuisine. C'était son sanctuaire et il n'aimait pas qu'on vienne s'incruster. Sa sœur Jolien l'aidait dans sa tâche. Ils vivaient au manoir pendant la semaine et retournaient en ville les deux derniers jours, pour apporter leur paye à leur famille.

Il y avait ce Vash et sa sœur Lily. La seconde aidait aux cuisines en l'absence du cuisinier, et servait à table, et le premier était valet. Apparemment il se prenait pour le gardien du domaine. Et il se chargeait de la cuisine quand Lars n'était pas là.

Le noble préférait s'occuper de ses enfants lui-même. C'était tout à son honneur après tout.

Arthur avait été sur la défensive, parlant du bout des lèvres, presque timide mais lançant des regards méfiants à tout le monde, comme pour les mettre en garde.

Et ce fut fini.

Il revint soulagé dans sa chambre.

Ce ne serait peut-être pas si insupportable après tout. Il n'y avait pas trop de monde, c'était calme (même s'il semblait y avoir des bavards) et il pourrait gagner sa vie.

Ce fut quand il fut couché d'une évidence s'imposa à lui: personne ne l'avait regardé de travers, personne n'avait semblait effrayé ou dégoûté par son apparence. Il en resta surpris. Comment était-ce possible? Ce Francis leurs avait la leçon? Ou alors il était tombé dans un lieu idéal? Lui qui avait été habitué aux regards en coin, à ceux qui le fixaient avec stupeur et fascination, était à présent surpris d'être regardé comme n'importe qui d'autre.

Stupéfait...et heureux.


Il avait commencé à travailler depuis quelques heures et sentait des regards sur lui. Il les ignorait au début mais bien vite jeta un coup d'oeil par dessus son épaule pour voir qui l'espionnait de la sorte. Un petit cri parvint à ses oreilles et il vit deux petites silhouettes qui se cachaient derrière un arbre.

C'était sans aucun doute les enfants du noble.

Amusé, il continua de tailler les rosiers, tant bien que mal. Il apprenait au fur et à mesure mais ne se décourageait pas. Il était en plein air, au milieu de la nature. C'était là qu'il se sentait bien. Ça lui rappelait son enfance, quand il aidait sa mère à entretenir leur petit potager. Ça remontait à loin mais il s'en souvenait très bien. Cependant il n'aimait pas trop penser à cela, ça le remplissait d'amertume et de tristesse.

Il ne se rendit pas compte de la présence à ses côtés jusqu'à ce qu'une petite voix parvienne à ses oreilles.

«Tu es un prince?»

Il sursauta et lâcha son outil, se tournant vers l'enfant qui le regardait avec curiosité. Les grands yeux bleus innocents ne contenaient pas une once de malice.

Arthur se rendit compte des paroles du gamin et fit, étonné «Un prince? Moi? Je ne jardinerais pas si tel était le cas.» il espéra que son ton sec suffise à faire partir le petit, qui le dérangeait un peu. Il ne savait pas trop faire la conversation.

«Et tu t'appelles comment? Moi c'est Alfred. Et mon frère qui se cache là-bas, c'est Matthieu.» il fit un grand sourire au nouvel employé de son père, curieux à son sujet.

«Je m'appelle Arthur.

- Comme le prince!Tu es sur que tu n'es pas un prince?

- C'est quoi cette histoire?

- Ben papa nous a raconté une histoire avec un homme-serpent nommé Arthur qui était prince d'un royaume et héros d'une qu...quête pour épouser une jolie princesse.»

Le jeune homme plissa mes yeux. Qu'avait en tête ce fichu noble pour avoir inventé une histoire pareille? Même s'il y avait le beau rôle. Même si quelque part, c'était flatteur. Ce sournois avait préparé les enfants à sa présence, pour ne pas qu'ils soient effrayé ou surpris par son apparence. Il en fut flatté et curieusement heureux. Mais pas question qu'il formule un seul remerciement à ce type, il était trop fier pour ça. Et il n'admettrait jamais être heureux que les enfants ne soient pas effrayé par son apparence.

Voyant que le petit le fixait toujours, il répondit, haussant les épaules «C'est juste une histoire, et je suis le jardinier ici.

- Tu vas planter des lys? Matthieu adore les lys et les roses.

- Je ne sais pas, il faudra demander à ton père.» Il ne savait pas encore tout au sujet de son travail. Et il ne voulait pas promettre des choses. «Tu as des fleurs favorites aussi?

- Oui j'aime les roses aussi. Et puis les lilas, ça sent bon.»

Arthur remarqua qu'en effet, il y avait beaucoup d'arbustes de lilas dans le jardin. C'était sans doute une fleur appréciée dans cette famille. «Je demanderais à ton père pour les lys.

- Oui.

- Quand à vous, ne cueillez pas de fleurs. Pas sans permission.»

- Mais papa aime quand on lui offre des fleurs.»

Arthur soupira. Ce gamin allait rester jusqu'à quand? Il garda son calme et fit, d'un ton aussi doux que possible «Mais il seras peut-être triste que vous abîmiez le jardin non?» Il n'était pas question qu'il rattrape les saccages de deux petits démons qui voudraient prendre des plantes dans le jardin.

Alfred prit un air pensif, réfléchissant à ces mots avant de hocher la tête, toujours aussi souriant. Il dit alors «D'accord, on ne prendra rien sans demander d'abord.»

Soulagé Arthur hocha la tête et fit «Retournes jouer gamin, j'ai du travail.»

L'enfant le regarda quelques instants puis repartit, rejoignant son frère un peu plus loin. Ils partirent tout deux au loin, retournant dans la maison ou Lily les attendait.

Ravi d'être à nouveau seul, l'homme-serpent se remit au travail, achevant sa tâche sur les rosiers. Il inspira avec délice l'air parfumé par les fleurs, savourant la chaleur du soleil et la douceur de la petit brise. Il se sentait vraiment bien, ainsi au calme, sans personne pour le tourmenter.

Et plus jamais il ne serait enfermé.

Il était libre désormais.

Il s'éloigna des rosiers, regardant le ciel bleu avec un air paisible. La nuit précédente, il avait eu peur que cette paix ne soit qu'un leurre, un piège. Mais en se réveillant ce matin, il avait décidé de tenter la chance. Il resterait un peu sur la défensive mais allait profiter de cette liberté. Il attendrait de connaître les lieux et les habitants avant de se relâcher complètement.


Francis regardait par la fenêtre, amusé par l'attitude de son nouvel employé. Il était encore sauvage mais avait apparemment parlé avec Alfred et tout s'était bien passé.Et maintenant, Arthur regardait le ciel, un vague sourire aux lèvres. Souriant lui-même il s'éloigna de la fenêtre, le laissant en paix. Il allait le laisser profiter de cette liberté, ce cet espace. Il fallait qu'il soigne les blessures invisibles maintenant qu'il était remis sur pied. Ce serait sans doute long, cette captivité ayant fait beaucoup de mal à l'homme-serpent. Mais Francis était optimiste, tout pouvait aller mieux si aucune erreur n'était faite.

Et il devait s'avouer qu'il était toujours aussi fasciné par Arthur et son histoire. Ces grands yeux verts avaient touché son cœur et il n'avait pu s'empêcher de venir en aide à cet être. Ça avait été plus fort que lui. Maintenant, il voulait l'aider à aller mieux, l'aider à surmonter ses douleurs. La confiance serait sans doute longue à venir mais Francis avait foi en lui. Il ferait fondre la gangue de glace que l'autre avait autour du cœur. Peu importe le temps que ça prendrait.

Ce pauvre être avait besoin d'apprendre à vivre comme tout être humain normal.


Arthur était assis dans un coin de la cuisine, mangeant en silence sans se préoccuper des discussions des autres domestiques. Il ne voulait pas se mêler à eux. C'était trop tôt et il n'en avait aucune envie de toute manière. A quoi bon? Il n'en voyais pas l'utilité.

«Il paraît qu'une créature s'est échappée d'un cirque en ville.»

Il se figea, avalant sa bouchée avec difficulté. Il reposa ses couverts, attentif, soudain intéressé par la discussion. Il regarda du coin de l'œil la bande qui parlait plus loin.

Il était inquiet, sans oser se l'avouer. Il avait peur qu'on vienne le chercher jusqu'ici, même s'il était prêt à se battre pour éviter ça.

«Le propriétaire du cirque ne comprend pas. Le matin, la cage était ouverte et pourtant elle était bien verrouillée la veille.» expliqua Jolien, qui lisait le journal, tranquillement.

«Quelqu'un a libéré la créature?» s'inquiéta Vash, se voyant déjà faire des rondes supplémentaire pour être certain que rien n'entrait dans le domaine.

La sœur du cuisinier reprit, haussant les épaules:«En tout cas, on n'a rien vu dans les rues. Alors soit la bestiole est dans la campagne, soit elle est chez quelqu'un.

- Elle n'est pas dangereuse? Et si elle venait jusqu'ici?

- Rassure-toi Lily, si c'était quelqu'un d'exposé dans une foire aux monstres...il ne devait pas être très dangereux. Le propriétaire en a fait tout un scandale. Il parle d'un homme-serpent qui aurait le pouvoir d'hypnotiser les gens et qui aurait du venin. Les gens interrogé affirme avoir vu une créature avec une queue écailleuse.»

Les regards se tournèrent vers Arthur qui détourna la tête, refusant de les regarder. Il ne voulait pas avoir l'air d'une bête traquée. Il savait qu'il n'était pas dangereux. Qu'il ne pouvait faire mal qu'avec ses poings. Il n'avait pas de crocs ni de venin et doutait de pouvoir hypnotiser les gens. En même temps, il n'avait jamais essayé.

Il se remit à manger, angoissé à l'idée que quelqu'un ici aille parler de lui. Il savait que le noble ne le laisserait pas retourner là-bas mais ne voulait pas être poussé à s'enfuir alors qu'il avait trouvé un possible havre de paix. Ce n'était pas juste.

«Bof après tout, homme-serpent ou pas, ce n'est pas un animal. Il n'avait pas à l'enfermer dans une cage.» affirma Jolien, rejetant le journal sur la table.

«Je déteste les foires aux monstres. Je trouve ça cruel. Ce n'est pas comme le cirque qui fait des numéros. Ça expose la différence, et ça transforme les gens en créatures. Ce pauvre type mérite ce qui lui arrive.» Fit Vash, tandis que sa sœur hochait la tête, pour montrer qu'elle était d'accord avec lui.

Lars se resservit, sans dire un mot. Il mangea quelques bouchées puis fit, d'un ton sifflant «Si le maître a décidé de quelque chose, on lui fait confiance.

- Et personne ne viendra ici pour prendre l'un d'entre nous si Francis ne le permet pas.» s'exclama la sœur de Lars, levant un poing vers le ciel.

Celui-ci grogna, réprobateur «Voyons Jolien, ne l'appelle pas par son prénom.

- Mais il m'a dit que je pouvais.

- ….»

Marco hocha la tête «Je suis d'accord, je déteste les foires aux monstres moi aussi. Personne ne mérite ce sort.» Il se tourna vers Arthur et lança, amicalement «Personne ne te trouvera ici.

- Et tu es un humain, Francis t'a engagé. Qui aurait quelque chose à y redire?»

C'était un fait. L'homme-serpent n'était pas un animal en fuite, c'était un humain avec des écailles ici et là. Mais il était intelligent, avait des sentiments. Il ne pouvait être traité en animal. Personne ne ferait ça pour le propriétaire du cirque.

«De toute façon, le cirque est repartit. Tu n'as pas a t'en faire.

- Mais vous en parliez comme si c'était maintenant.» balbutia Arthur, ne comprenant pas très bien. Il avait pensé que le cirque était toujours en ville, et qu'il ne partirait pas sans lui, qu'il faudrait que on le chasse pour qu'il quitte les lieux.

Jolien haussa les épaules:«C'est justement parce que l'homme-serpent n'a pas été retrouvé. Mais il n'y a eu aucune attaque ou quoique ce soit donc personne ne te recherche. C'est juste ce type qui en a fait tout une histoire. Et maintenant les journaux ne savent pas quoi dire donc ils reparlent de cette histoire. Tu n'as rien à craindre.»

Arthur se mordit la lèvre et se leva, quittant la cuisine rapidement. La porte se referma et les domestiques s'entre-regardèrent, surpris. Ils ne comprenaient pas la raison de cette fuite.

«J'ai dis quelque chose de mal?

- Je crois qu'il était mal à l'aise avec nous.

- J'espère que ça lui passera.»


A suivre