Chapitre 14.
Qu'est-ce que...?
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- T'es contente maintenant?
Merlin que cette fillette était embêtante. Elle débarquait comme ça, sans que Ginny ne sache comment, ni pourquoi.
Ginny était en train de fumer au bord de la fenêtre de sa chambre. Oui, fumer. Elle avait, une heure plus tôt, rassemblé tout son courage pour acheter un paquet de cigarettes. Des Malboro. Elle avait attendu, une fois de retour à l'hôtel, que la pluie de décembre se calme pour pouvoir en allumer une. Au départ elle avait crachoté, mais elle s'était vide habituée au goût âcre de la cigarette, et elle en était maintenant à sa cinquième.
Rose avait débarqué comme ça, par magie – bien que ce ne soit pas un sortilège – dans la chambre.
Ginny soupira.
- Viens t'asseoir avec moi Rose.
L'enfant ne se fit pas attendre, et s'exécuta. Ginny ne prenait même plus la peine de lui demander qui elle était, ni d'où elle venait.
- Alors? Reprit Rose.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Ben, t'a essayé l'alcool, la drogue, tu fumes, t'a changé ton apparence, t'a failli coucher avec un inconnu...
- Ce n'est pas un inconnu, la coupa Ginny irritée, c'est Drago Malfoy. Je serait tombée sur n'importe qui, peut-être, mais pas lui. J'aurais jamais couché avec lui.
- Et pourtant, t'a faillis.
Silence. Ginny avait bel et bien failli coucher avec Drago Malfoy, mais c'était parce que, étant droguée, elle avait cru que c'était Harry. Elle ne voulait pas l'admettre, mais elle avait pourtant bien caressé son corps du regard. Et vice-versa. Elle secoua la tête pour chasser ces pensées, et regarda au loin.
Le ciel sombre menaçait comme toujours de déverser ses larmes sur la ville.
- Dis-moi, qu'est-ce que tu veux là, maintenant? Demanda Rose
La réponse vint sans qu'elle eut besoin de réfléchir.
- Voir Harry.
- Qu'est-ce qui t'empêche d'aller le voir?
- Moi
Là aussi la réponse était venue automatiquement.
- Pourquoi?
- Parce que, j'ai juré que je ne reviendrais pas avant qu'il aille mieux.
- Comment tu le saura?
- Mon instinct, ou je sais pas quoi. Je reviendrais quand j'en aurais le courage.
- Tu es une Gryffondor, tu as le courage.
- Mon courage m'a, pour l'instant, abandonnée. J'ai tout épuisé en quittant Harry, je devais prendre des distances.
- Pourquoi?
- Parce que je l'aime, admit Ginny, et je ne supportais plus de le voir ainsi.
- Pourquoi veux-tu voir Harry alors?
La réponse était évidente, mais identique à la précédente.
- Parce que je l'aime.
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*Du côté de Square Grimmauld.*
- Je peux vous parler?
Sur le pas de la porte, Luna regardait Ron et Hermione s'embrasser, mi-amusée, mi-dégoûtée.
Les deux amoureux se séparèrent d'un même mouvement, embarrassés. Luna rit de bon coeur, offrant un peu de légèreté à l'atmosphère de la maison. Ce fut Hermionne qui l'interrompit.
- Qu'est-ce que tu veux? J'espère que tu n'est pas venue ici rien que pour rire de nous.
- Non non, réussit à répondre Luna entre deux éclats, t'inquiètes.
- Alors? On t'écoute.
Luna s'assombrit un peu, se calma, passa l'encadrement avant de refermer la porte derrière elle et de la verrouiller. Ces précaution étaient parfaitement inutiles, mais Luna s'en fichait. Juste au cas où.
Elle leur raconta alors ce qu'elle avait raconté à Georges.
Et aussi ce qu'elle projetait de faire.
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*Retour à la vie de Ginny*
- Il te manque quelque chose.
Ginny se demanda si Rose était toujours aussi énigmatique. Ses phrases n'avaient aucun rapport avec la discussion qui avait été engagée. Cependant, elle pris la peine de soupirer, et demander.
- Quoi?
- Devine.
- Harry.
Au vue de la tête qu'elle faisait, Rose était exaspérée. Sûrement à cause de la sottise de son interlocutrice. Mais cette dernière ne savait pas de quoi il en retournait. Rose décida de ne pas répondre, préférant lui dire.
- Habille toi chaudement, et suis moi.
- On va où?
- On sort.
Les réponses de cette enfant étaient définitivement incomplètes et énigmatiques. Mais Ginny obtempéra tout de même et enfila des vêtements chauds. Elle se plaça ensuite devant la porte, mais Rose était restée au milieu de la chambre.
- Ben alors?
- Viens, on transplane.
Effectivement. Elle rejoignit la fille aux cheveux blancs, et plongea ses yeux dans le vide inexpressif qu'était le regard de l'enfant.
Elle se prirent les mains.
Et furent aspirées.
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Le vent souffla, envoyant une bourrasque de pluie en plein dans le visage de Ginny, qui venait d'atterrir avec Rose dans un endroit familier.
Elle sourit.
Poudlard.
École de sorciers très réputée dans l'Angleterre. École où Ginny avait laissé milles et uns souvenirs heureux, d'autres moins. Elle se souvenait des cours, de la magie qui régnait entre les murs de l'école, de la salle comune des Gryffondors, de la Grande Salle, son plafond et ses repas conviviaux. Elle se souvenait les match de Quidditch, les secrets échangés dans les dortoirs. Son premier baiser. Son premier baiser avec Harry. Les sourires de ce dernier. Et puis petit à petit, elle remonta à la guerre qui avait eu lieu dans l'enceinte du château, et se rembrunit.
Elle ne devait pas. Elle secoua la tête pour chasser ces sombres pensées, et suivit Rose, qui avait lâché ses mains pour passer la grille du château. L'entrée n'était pas surveillée, on ne redoutait plus le danger des mages noirs.
Quelques minutes plus tard, Rose et Ginny passèrent la Grande Porte principale en silence.
Le hall était vide – à l'exception de quelques fantômes qui ne lui prêtèrent pas attention – et elles poursuivirent leur chemin jusqu'aux escaliers.
Pourquoi n'y avait-il personne?
Pourquoi Poudlard était vide?
Quelque chose de spécial était arrivé.
Ginny s'accorda une brève pause.
Elle réfléchit.
Et soudain.
Déclic.
Elle comprit.
