Chapitre 15.

Gui.

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- Ah. C'est Noël.

Le temps avait passé si vite, elle ne s'était pas rendue compte que l'année, par son mois de Décembre, touchait à sa fin.

Elle venait de remarquer le gui pendant au dessus de sa tête. Elle s'arrêta. La branche retenue par un fil doré au plafond, était agrémenté d'un ruban de velour rouge. Un sentiment l'envahit.

Ou plutôt un souvenir.

Harry passa la main dans les cheveux de Ginny, avant de rapprocher son visage du sien. Lentement.
Il déposa ses lèvres sur les siennes.
Envol. Passion. Chaleur. Bonheur. Noël.
Lorsqu'ils se séparèrent enfin, il la regarda tendrement. Elle plongea ses yeux émeraude sans les siens, et fit un sourire béat. Amoureux. Il retira le ruban de velour qui retenait en un noeud voluptueux la coiffure soignée qu'elle s'était faite, pris le temps de sentir la douce odeur de son parfum, avant de l'accrocher en un sort au brin de gui sous lequel avait eu lieu leur étreinte.
- C'est notre gui. À jamais.
Dit-il tendrement, en scellant le sort de sorte que personne ne puisse le retirer. Sur ce, Ginny l'embrassa à nouveau. Elle l'aimait.
À jamais.

À jamais.

Ginny pouffa. En y repensant, la scène n'avait rien de vraiment romantique. Mais c'était le geste qui comptait.

À jamais.

C'était lors de sa cinquième année, juste avant qu'ils partent au Terrier pour Noël.

Sa gorge se serra. C'était la dernière année qu'elle avait passé avec Harry.

À jamais.

La dernière année où elle avait pu le voir tous les jours (ou presque).

Juste après la mort de Dumbledore ce fut les vacances. Puis il était revenu au Terrier. Pour le mariage de son frère. Et...

À jamais.

Il avait confirmé qu'il partirait.

Elle se souvint de leur étreinte ce jour là.

Et puis, l'année qui suivit, sans lui. Avec lui. Dans son coeur.

Puis enfin le jour de la guerre.

Elle n'avait pas osé l'embrasser ce jour là, et elle le regrettait amèrement.

Sa mort prétendue. Le désespoir qu'avait ressenti Ginny à cet instant là.

Son réveil, et la joie, le réconfort.

Et enfin...

Elle secoua la tête. Elle ne devait pas y penser.

D'ailleurs, elle tentait de revenir à l'instant présent. Que faisait-elle là d'ailleurs? Elle se souvint de la présence de Rose.

L'enfant avait respecté le silence des divagations de Ginny. D'ailleurs, elle aussi était plongée dans une certaine léthargie . Peut-être avait-elle, elle aussi étudié ici, ou elle y étudiait encore? Voyant que Ginny en avait fini avec sa remarque sur le fait que c'était Noël, et les pensées qui l'accompagnait, elle se tourna vers une porte.

Ginny n'avait aucun souvenir de la présence de cette porte quelques secondes plus tôt, mais cela importait peu. Ginny attendit que l'enfant la précède, mais elle fit un non de la tête en disant :

- Je ne peux pas entrer là dedans. Je sais ce que tu y trouvera, et je connais ta réaction. Peut-être que tu comprendra pourquoi je t'ai emmené ici. Peut-être que tu ne me verra plus. Tu saura trouver ton chemin de toute façon. Après tout, (Rose eut un sourire) tu es une Gryffondor.

Ginny ne comprenait pas ce qu'elle disait, mais elle n'en avait cure : elle poussa la lourde porte, qui pivota sans peine, entra dans le noir de la salle, et la masse de bois se referma dans son dos.

Silence.

Vide.

Puis lumière.

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- Harry. On crois qu'on a compris. Laisse nous t'aider.

Hermione se mordillait la lèvre inférieure. Elle était anxieuse. Ils étaient tous réunis à table, et Ron avait enfin pris la parole. Elle avait attendu une réaction de Harry, mais il était resté de marbre, tandis que ses interlocuteurs s'agitaient. Il ne dit rien. À croire qu'il n'avait pas entendu. Ron voulu insister.

- Harry, on va t'...

- Rogue, le coupa Harry d'un ton de lamentations, il est mort. J'aurais pu le sauver si j'avais compris plus tôt.

Des soupirs exaspérés dans la salle. Ça ne servait à rien, d'essayer de discuter avec lui, de lui.

Ron se tourna vers Hermione, qui compris dans son regard que le plan B allait être mis à exécution.

Hermione se leva, furieuse, faisant racler bruyamment sa chaise sur le sol, et posa ses mains sur ses hanches.

- Tu sais que je m'y oppose fermement!

- Mais...

- Il n'y a pas de mais! Je ne le ferais pas, un point, c'est tout!

Sur ses mots, elle se leva et quitta la cuisine pour se réfugier dans l'escalier.

Après avoir nombre regards encourageants – mis à part celui de Harry – Ron se leva à son tour, et suivi le chemin qu'avait emprunté celle qu'il aimait.
En fermant la porte, il entendit un « Immobilus Totalus! ».

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Il n'y avait rien dans la pièce aux murs blancs, vides. Il n'y avait rien, à part...
Un coffre.
Instinctivement, Ginny s'en approcha, se mit à genoux devant afin de soulever le couvercle de bois sombre. Un légère odeur de cannelle et de bois de forêt s'éleva dans l'air.
Pas étonnant : dans le coffre, quelques brins de cannelle et des feuilles de pin se mêlaient aux confettis blancs qui recouvraient probablement un objet.

Elle enleva la garniture quelques instants avant de découvrir dans le coffre une boite.

Elle était rectangulaire, et longiligne.

Ginny sourit.

Elle comprit enfin.

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- 'Mione...

Une larme coulait sur la joue de la jeune fille. Ron l'enlaça tendrement, avant de lui murmurer à l'oreille.

- Tu veux l'aider non?

Hermione s'accorda quelques secondes avant de répondre la voix nouée.

- Oui bien sûr. Mais pas comme ça.

- Il le faut. C'est tout ce que nous pouvons faire.

Hermione le savait, il fallait bien se résigner à le faire un jour. Alors, pourquoi retarder l'échéance?

- D'accord.

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Sa mâchoire se décrocha – littéralement.

Ginny avait compris que Rose l'avait mené à la salle sur demande, qui à la pensée du gui et de Harry était apparue, afin d'y récupérer la baguette de Harry?Pourquoi ne l'avait-elle pas fait plus tôt?

Seulement...

Elle avait soulevé le couvercle de la boite rectangulaire, convaincue que ce geste la rendrait heureuse, de voir qu'il y a encore de l'espoir.

Mais...

Il n'y avait pas de baguette.

Juste un bout de papier.

Et quelques mots.


Voilà :)

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