Chapitre 16.

Vers la lumière.

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Ginny.
Merci d'être venue ici.
Aide moi.

Je t'aime.

(Comme toujours, Dumbledore détient toutes les réponses.)

Les seuls mots qui avaient rendu heureuse Ginny, étaient ''Je t'aime.''

Le reste... était dénudé de sens.

Tout particulièrement, le '' Aide moi'', et le post scriptum.

L'aider? Alors que c'était lui qui avait sombré?

Sa baguette se trouvait peut-être avec Dumbledore. Mais le premier n'était pas digne de confiance pour Harry qui ne le connaissait pas suffisament. Le second était mort.

Non, personne n'est mort.

Le souvenir reste, et fait qu'on reste vivant.

Un homme peut mourir trois fois. Une fois lorsque le corps est mort. Une seconde fois lorsque l'entourage accepte sa mort. Une troisième fois lorsqu'on l'oublie.

Albus Dumbledore n'était mort que deux fois, ou une pour ceux qui s'y accrochaient.

Ginny ne pensait pas que ce grand homme mourrait un jour une troisième fois.

Ginny sortit de la salle sur demande, et se dirigea vers le bureau du directeur.

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Lorsque Hermione pénétra dans la cuisine, Harry était allongé sur le sol, immobile à cause du sort qu'on lui avait jeté, la défiant craintivement du regard. Elle détourna les yeux. Il ne fallait pas qu'elle recroise son regard.

Elle s'agenouilla auprès de lui, et saisit le couteau à lame affinée qu'on lui tendait.

Personne d'autre ne pouvait le faire, car elle savait par expérience comment guérir à la façon moldue une coupure. Par expérience, car elle était tombée un jour des escaliers, et avaient regardé les médecins recoudre son bras.

Harry refusait toute forme de magie, il fallait toute faire correctement, à la façon moldue.

Elle savait donc à peu près comment s'y prendre. Elle retint son souffle.

Comment faire ça à Harry? Lui faire du mal. Elle ne pouvait pas le faire.

Mais pourtant, elle le devait, pour son bien.

Elle ferma les yeux, inspira à grands à-coups. Rapprocha la lame de la peau de sa victime.

Elle devait penser que ce n'était pas Harry. Elle tenta de s'en convaincre.

Mais murmura tout de même.

- Pardon.

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Comme précédemment, les couloirs étaient vides. Elle parvint sans peine jusqu'à la statue qui bloquait l'entrée du bureau du directeur de Poudlard.
Mais elle n'avait pas de mot de passe.

- Bonjour.

Elle sursauta. On lui avait parlé. Plus précisément, la statue lui avait parlé. Ce n'était pas anodin.

- Tu es Ginny Weasley n'est-ce pas.

(La jeune fille répondit pas un hochement de tête approbatif, et l'aigle doré reprit)

- Je t'attendais. Tu a mis du temps à venir. Entre.

La statue pivota, laissant dévoiler un escalier sur lequel elle grimpa.

Arrivée à l'étage supérieur, elle poussa la porte de bois sculptée, et pénétra dans le vaste bureau aux murs couverts de rayonnages de livres. Face à elle, un bureau de chêne était encombré de paperasse, et sur les quelques morceaux de murs nus, des tableaux d'anciens directeurs.

Spontanément, Ginny se dirigea vers celui du professeur Albus Dumbledore.

Il était vide.

Mais.

Comme ayant senti la présence de la jeune fille, une silhouette pénétra dans la toile par le bord gauche du cadre.

Albus Dumbledore lui sourit. Tristement.

- J'espère qu'il n'est pas trop tard.
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Deux mois, une semaine et trois jours.

Jour pour jour.

C'était le temps où Ginny n'avait pas vu, ni même aperçu la rue du 12 square Grimmauld. Tout ce temps. Beaucoup trop de temps même. Elle rêvassait à l'idée de remettre les pieds dans la demeure, de retrouver un chez-soi certes sobre, et où elle n'avait pas passé beaucoup de temps, mais un chez-soi tout de même rassurant par rapport à tout ce qu'elle avait vécu.

Ginny expira longuement.

Elle n'arrivait pas à se résoudre à franchir cette immense rivière qu'était la route, à monter la montagne périlleuse qu'étaient les trois marches devant le porche, à ouvrir la porte sombre, et à pénétrer dans cet endroit qu'elle convoitait tant.

Elle n'y arrivait pas.

Parce qu'elle avait peur. Peur de ce qu'elle devait faire. Peur de découvrir ce qu'il y avait derrière ces murs.

Et surtout Harry.

Elle ne se doutait pas que depuis son départ, Harry avait pu tourner encore pire que ce qu'il était déjà. Ou bien, elle exagérait les choses. Mais quelle que soit la chose qu'elle découvrirait derrière ces murs, et ce qu'elle allait accomplir en conséquence, elle en avait peur.

Quelle chose étrange pour une élève de Gryffondor! Le courage était censé être sa première qualité.

C'est avec ces pensées qu'elle ferma fort les yeux.

Rose arriva.

Ginny le savait. Elle savait aussi pourquoi elle était là.

La petite enfant aux cheveux de neige lui sourit, puis pris la main de Ginny, et y exerça quelques légères pressions pour l'encourager. D'un sort, la fillette traça des mots au sol. Ginny n'eut pas besoin de baisser les yeux pour savoir ce qui était gravé dans la pierre du trottoir.

Courage et Lumière.

Elle sourit à son tour, et sur ce, traversa le néant qui la séparait de la porte.

Au moment de poser sa main sur la poignée, cette dernière pivota, et le battant s'ouvrit sur...

elle poussa un cri d'horreur.