Merci à LostInMySoul et severine32.

Voici la suite, bonne lecture.

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Chapitre 18.

Retour.

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Rapport secret de Alina Stevens sur la patiente Ginny Weasley, alias Meg Smith.

Ginny est incroyable.

Si je pouvais la décrire en deux mots, ce sont bien le Courage, et la Lumière.

Au départ quand Il est soit disant tombé dans la dépression, elle L'a, comme toute femme aimante se doit de le faire, soutenu. Mais, contrairement à bon nombre de gens, au bout de quelques mois elle est restée auprès de Lui, espérant incessamment que Son sourire reviendra un jour. Elle luttait chaque jour pour éviter qu'Il ne sombre un peu plus, et elle avec Lui.
Au fil du temps, sans que quelqu'un ne s'en rende compte, Ginny s'est mise à développer une sorte de seconde identité, qui ne s'est – à ses yeux – manifestée qu'en hivers (elle n'a pas donné de date précise car depuis le début, les jours se ressemblaient dans leur tristesse, la faisant perdre la notion du temps) sous la forme d'une petite fille aux cheveux blancs, nommée Rose. Cette dernière n'apparaissait que rarement, et toujours pour dire le fond de la pensée de Ginny, qu'elle n'osait s'avouer.

Plus tard, lors de nos séances, Ginny a réalisé qu'elle avait toujours aimé les roses blanches. Et à vrai dire, le nom de Rose était bien choisit, car Rose correspondait dans les moindres détails à ce qu'était Ginny à l'intérieur. C'est à dire aussi délicate qu'une rose, et toujours aussi épineuse, en gardant la fraîcheur et l'innocence de l'enfance.

Revenons-en au fait : la plus grande preuve de courage dont Ginny ait fait part, c'est lorsqu'elle L'a quitté. Éprouvant autant d'amour pour cet homme, elle eut l'audace de partir, afin de s'occuper d'elle-même en premier lieu. Mais comme peu de gens l'auraient fait, au lieu de se réfugier chez des membres de sa famille, ou chez ses amis, elle est partie s'installer seule à Londres, dans un hotel moldu, et s'essayer aux dangers de ce monde tels que l'alcool et la drogue, et un certain homme qui (à ce qu'il paraît) était une sorte d'ennemi de sa personne. Sans qu'elle ne me donne trop d'informations, je devine qu'elle a du passer une nuit avec lui, sans pour autant passer à l'acte. Remarque, étant donné qu'elle était sous l'emprise de stupéfiants, je ne suis pas vraiment sûre. La seule chose dont je sois certaine, c'est que pendant toute la durée de son séjour dans le monde moldu, pas une seule seconde Ginny n'a cessé de penser à Lui.

Et c'est en ce fait, qu'elle est Lumière.

Par la suite, après avoir passé de longues heures à chercher comment Le guérir du sortilège – car on Lui avait lancé un sort – de dépression, elle n'a pas hésité à réunir les deux uniques choses qui nécessitaient Sa guérison. Sa baguette. Et Elle. Or, elle n'étant pas entièrement reconstruite, elle a du venir me consulter pour être suffisamment forte.

Nous avons passé près de deux mois à travailler sur sa reconstruction. Deux mois de travail intense, fort en émotions.

Lors de notre dernière séance, j'ai décrit Ginny, elle-même, après un bilan, par ces mots, qui lui correspondent si bien.

Courage et Lumière.

Maintenant, Ginny doit être en train de Le guérir, aussi douloureux que cela puisse être, tandis que moi, j'écris ces quelques mots sur ce bout de papier, qui, par soucis de confidentialité, périra dans le feu dès que ma signature y aura abandonné les dernières lignes d'encre.

Alina Stevens

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Rose arriva.
Ginny le savait. Elle savait aussi pourquoi elle était là.
La petite enfant aux cheveux de neige lui sourit, puis pris la main de Ginny, et y exerça quelques légères pressions pour l'encourager. D'un sort, la fillette traça des mots au sol. Ginny n'eut pas besoin de baisser les yeux pour savoir ce qui était gravé dans la pierre du trottoir.
Courage et Lumière.
Elle sourit à son tour, et sur ce, traversa le néant qui la séparait de la porte.
Au moment de poser sa main sur la poignée, cette dernière pivota, et le battant s'ouvrit sur...
elle poussa un cri d'horreur.

Harry! C'était Harry devant elle. Bel et bien vivant. Il était, certes un peu maigrichon par rapport au souvenir enjolivé qu'elle avait maintenu de lui, mais il était toujours aussi beau à ses yeux. Elle caressa du regard la douce forme de son visage encadré par ses cheveux bruns en bataille, ses yeux vert et tendre, et effleura l'idée de l'embrasser.

Quelque chose cependant attira son regard à l'extrémité de son champ de vision. Vers le bas. Vers son bras. Harry n'était vêtu en cet hivers pluvieux que d'un t-shirt, ce qui laissait parfaitement entrevoir la peau claire de ses avant-bras.

Et c'est cela qui lui avait arraché un cri d'horreur.

Une longue cicatrise qu'on devinait profonde parcourait son avant-bras, à partir du poignet, jusqu'au creux du coude. Une cicatrise meurtrière sur chacun de ses bras. L'une avait bien cicatrisé, tandis que l'autre était encore rouge, et menaçante.

Ginny se souvint la chose qui l'avait poussé à partir. C'était la première marque sanglante. Mais la seconde? Avait-il recommencé?

À cette douloureuse pensée, des larmes roulèrent sur ses joues. Elle ferma les yeux et voulu murmurer un « Harry » entre deux sanglots étouffés. Elle n'en eut pas le temps.

La main de Harry avait touché son visage, son revers effleurant la jour de Ginny afin d'en effacer les larmes. Elle releva la tête en quête d'un sourire. Elle dut faire face à un visage fermé, quasi identique à celui qu'elle avait quitté deux mois plus tôt.

Son coeur se déchira.

Silencieusement.

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La femme s'avança, offrant son corps frêle au vent. L'hiver touchait à sa fin, mais le froid mordant continuait à faire des ravages. Elle se couva dans son manteau, et soupira, faisant échapper de sa bouche un nuage humide. Elle sortit d'une de ses poches une minuscule bouteille, d'alcool. Elle en but une gorgée, avant de sortir d'une autre de ses poches, une feuille de papier, noircie par une écriture à la fois arrondie et gribouillée. Elle ramassa un morceau de bois qui traînait par là, et y attacha la feuille à l'aide d'un vieil élastique. Elle versa un peu d'alcool sur le papier, et sortit un briquet. Qu'elle actionna.

La feuille s'embrasa.

Bientôt, il ne restait du papier blanc tacheté d'encre noire, que des cendres, qui s'envolèrent vers le ciel, contant les mots qui y était livrés aux étoiles, en espérant que l'histoire leur plaira.

Alina Stevens venait de conter l'histoire d'une sorcière, dont la plus grande peur était de tout perdre, au ciel de nuit. Elle rebut une gorgée d'alcool, et disparut dans la nuit.

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- Ginny!

La jeune fille regarda par dessus l'épaule de Harry, et malgré les larmes qui brouillaient son champ de vue, elle reconnut Hermione. Cette dernière avait vu toute la scène. Elle tira Harry afin qu'il laisse la jeune rousse – toujours teintée en brune – passer. Le survivant lui jeta un regard, toujours aussi douloureux, mais Hermione détourna vivement du regard, ce que Ginny ne manqua pas de remarquer. Pour la première fois. Le garçon rentra dans la demeure, et disparut derrière une porte.

Hermione tira le poignet de Ginny afin de pouvoir fermer la porte, et empêcher le froid de trop refroidir la résidence, ce qui était déjà bien entamé. Elle la débarrassa de son manteau, et l'entraîna vers le salon. Elle lui offrit du thé, que la jeune fille refusa d'un geste de tête, et s'assit en face d'elle.

Bientôt, fatiguée d'attendre des mots qui n'étaient pas prêts de sortir de sa bouche, Hermione se leva, et alla gifler Ginny. Celle-ci, sous le choc, releva la tête, et Hermione discerna le cours de ses pensées moroses s'estomper. Un mouvement de colère agira la rousse, qui parla enfin.

- Mais?! Quoi?!

- C'est pas trop tôt, dit Hermione avec un sourire. Je veux que tu sache... Le bras de Harry, c'est pas lui.

- Pardon?! Intervint Ginny, toujours en colère, levant un sourcil.

- En fait... comment dire ... Je t'expliquerais. Mais avant...

Hermione prit les mains de Ginny dans les siennes. Y envoya une légère pression, rassurante.

- Raconte-moi ce qui s'est passé.

Ginny soupira. Elle s'attendait à cette question, et savait qu'elle ne pouvait pas l'esquiver, ni même retarder la réponse. Elle se dégagea, et baissa la tête.

- Il y a des choses que je ne dirais pas, mais je peux vous raconter ce que j'ai fait pendant tout ce temps.

Hermione sourit. Elle avait remarqué le ''vous'', et apprécia la perspicacité de Ginny. En effet, derrière la porte campaient tout les autres habitants de la bâtisse, y compris Harry, attendant son récit. Hermione s'assit à côté de la soeur de Ron, et attendit.

C'est dans les larmes, et avec une lueur d'espoir dans les yeux, que Ginny raconta son absence.

Lorsque Ginny se tut, ses larmes avaient cessé de couler depuis belle lurette. Le récit n'avait pas duré bien longtemps, seulement une vingtaine de minutes, mais tous les habitants de la demeure avaient pénétré dans la pièce, afin de s'installer plus confortablement dans les fauteuils. Y compris Harry, malgré qu'il ne se soit posté debout derrière Ginny, ses mains caressant ses cheveux, le regard toujours aussi vide.

S'en suivit un long silence, interrompu de temps à autres par un changement de position, ou une respiration bruyante. Ce fut Luna, qui le combla de sa voix claironnante.

- Je suis contente que tu sois de retour.

Son sourire réchauffa le coeur de Ginny. C'est vrai, elle était – enfin – revenue. Mais il ne fallait pas oublier sa tâche. Mais avant cela, encore une chose. Une petite chose qui la chifonnait.

- Qu'est-ce qui s'est passé ici? Demanda-t-elle en sentant les larmes lui venir aux yeux. Son bras...