Chapitre 19.

Pardon.

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Hermione eut un sursaut, que Ginny remarqua du coin de l'oeil. Elle se tourna vers elle, déjà les larmes avaient envahit ses yeux.

- Je suis désolée.

Excuses prononcée de la voix rauque de Hermione. Excuses sincères. Qui attisa la curiosité, mais aussi la colère de Ginny. Ron intervint.

- Ce n'est pas de sa faute, dit il plus pour Hermione que pour sa soeur. Ce n'est pas de sa faute...

- Mais de quoi bon sang?

Ron se tut. Il ne voulait pas parler. Il préféra regarder longuement Luna, avant de s'éclipser avec Hermione, et Harry, suivis de près par Georges. Il ne restait donc dans la pièce que Luna et elle. Ginny lui envoya un regard questionneur, et à la fois accusateur.

- Ce n'est pas ma faute Gin'. C'est la faute de personne. On croyait aider.

La rousse hocha la tête. Et attendit.

- En fait, ...

Luna lui raconta ce qui c'était passé. Lorsqu'elle arriva au moment décisif, elle eut une brève hésitation avant de poursuivre.

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Hermione devait penser que ce n'était pas Harry. Elle tenta de s'en convaincre.
Mais murmura tout de même.
- Pardon.

La lame d'argent s'enfonça lentement dans la chair. Le sang n'apparut pas tout de suite, juste quelque seconde après. Elle fit un mouvement, et la lame poursuivit sa course le long du bras de Harry. Ron était étonné du sérieux avec lequel Hermione se consacrait à la tâche, mais il savait à quel point c'était difficile pour elle. La jeune fille évitait soigneusement les veines et arriva au niveau du poignet.

Là, derrière le sang pourpre, elle la vit. Une boule noire, presque maléfique d'après son aura, mijotait sous la veine, l'emprisonnant de ses tentacules translucides. Hermione eut un hoquet de stupeur, mais se reprit vite. Il fallait l'enlever. Elle glissa la pointe de son couteau sous la chose sombre, qui se détacha automatiquement, et la retira soigneusement du bras de son ami.

Elle voulu penser que c'était fini, mais ça ne l'était pas. Le bras de Harry était ouvert. Il fallait le refermer, mais il fallait qu'elle se débarrasse de ce qui lui occupait les mains, c'est-à-dire le couteau, et donc la chose dessus : trouver un endroit où l'entreposer afin de l'étudier. Comment faire? Mais ce problème fut vite résolu : la boule sombre et maléfique se désagrégea.

Elle jeta le couteau au sol, sans se soucier de faire des taches, et attrapa la serviette humide qu'on lui tendait. Harry saignait. Trop. Beaucoup trop. Il fallait arrêter l'hémorragie. Mais à bien y réfléchir, elle ne savait même pas comment s'y prendre.

Hermione paniqua. Que faire? En cet instant précis, il fallait qu'elle oublie comment faire. Sa respiration s'était accélérée, et son coeur battait à tout rompre. Elle allait céder. Abandonner.

Puis tout à coup. Imperceptible, mais ayant un effet de choc sur Hermione. Un pincement. On l'avait pincé. Luna l'avait pincé. Et elle l'avait bien senti. Elle se réveilla.

Hermione saisit l'aiguille et le fil qu'on lui tendait, et après s'être assurée qu'il soit stérilisé, et commença les points de suture sur les bras de Harry.

Ce fut tout aussi douloureux psychologiquement que lorsqu'elle lui avait ouvert le bras, mais cette fois-ci, elle savait qu'elle le sauvait au lieu de lui faire du mal.

Ça allait déjà mieux.

Pour elle autant que pour lui.

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Ginny ne savait pas quoi penser. Elle était partagée entre différents sentiments. L'horreur, à la découpe du bras de Harry. La reconnaissance, pour le désir de leurs amis de l'aider. La tristesse, pour la souffrance de Harry durant cette épreuve. Et l'espoir, car Harry avait maintenant le contrôle de ses deux bras.

- Plus tard, quand Harry s'est remis de tout ça, on a remarqué qu'il faisait des gestes attentifs envers nous, avec ses deux bras. On a pensé qu'on avait réussit. Il ne manquait plus qu'à savoir où étaient les autres ''boules sombres'' dans son corps. Mais on ne savait pas.

Ginny resta un instant silencieuse après les paroles de Luna, mais lorsqu'elle voulu répondre, la jeune fille lui coupa la parole.

- Tu sais, il passait ses journées dans le vestibule, à regarder au dehors, au cas où tu arriverais. Il t'attendait patiemment. Il t'attendait, chaque jour, dans l'espoir que tu reviendrais.

Ginny, émue, laissa couler les larmes le long de ses joues. Des larmes de joie.

Et pour la première fois depuis trop longtemps...

Elle sourit

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Il fallait qu'elle le fasse. Elle le savait. C'était une sorte d'obligation, une réalité à laquelle elle ne pouvait faire face. Une nécessité qu'elle ne pouvait contourner. Mais elle ne voulait pas lui faire de mal, même si c'était pour son bien. Confusion régnait dans son esprit, jusqu'à ce que des bras l'enlacent. Des bras parcourus de cicatrices. Harry.

Elle se retourna pour lui faire face, et toujours emprisonnée dans son étreinte, murmura.

- Harry...

- Rogue, je n'ai jamais cru en lui. Pourtant, il était toujours de notre côté, il nous aidait, à sa manière certes, mais il nous aidait. Je l'ai laissé mourir sous mes yeux, sans rien faire, je l'ai laissé abandonner la vie comme il a été obligé d'abandonner la femme qu'il aimait, Lily. Tout est de ma faute.

Ce fut la phrase de trop. Elle en avait assez de l'entendre prononcer de pareilles idioties. Elle en avait assez de le voir aussi déprimé, dépité, comme condamné. Elle en avait assez de ce comportement qui lui était imposé par un stupide sortilège. Sortilège qu'elle pouvait lever.

- Pardon de te faire ça Harry...

Elle avait pris sa décision. Elle sortit d'une poche cachée dans sa chemise une baguette. Celle de Harry. Elle la pointa vers la nuque de ce dernier, et dans un effort surhumain de volonté...

- Avada Kedavra.