Bonjour à tous! Voila le cinquième chapitre (enfin) et la fameuse réaction d'Hermione... Ce chapitre est assez psychologique, il n'y a pas énormément d'action mais il me semble très important et nous apprend beaucoup sur Hermione. On comprend mieux la façon dont elle pense et comment elle se voit et voit les autres. J'espère qu'il vous plaira autant!
Le titre provient de la chanson Courage de Superchick, même chanson dont provient le titre du chapitre 1.
Merci beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup pour toutes vos reviews, vos follows et favoris, je n'en reviens vraiment pas du tout! Déjà plus de 40 reviews avec seulement quatre chapitres de publiés, c'est juste... incroyable ! Vous me faites tous très plaisir !
Merci donc à HeartSerenade - frog38 - dj83 - blupou - Roselia001 - pitouloulou - Eileen1974 - Mariefan85 - fofix - noumea - Zeugma - 666 - Jenifael09 - Ste7851
Bonne lecture à tous,
Passion Fugace
Chapitre 5 : I told another lie today, and I got through this day, no one saw through my game
Hermione repoussa brutalement Ron. Le silence s'était fait dans la salle commune et tout le monde les observait.
-Je… Je… désolée… je…
-Non c'est bon, cracha le rouquin. Tu t'es parfaitement fait comprendre je crois ! Reste donc seule avec tes bouquins, tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi !
Il tourna les talons et monta les marches vers son dortoir à grandes enjambées. Hermione le regarda partir les larmes aux yeux sans savoir que faire.
-Ne t'inquiète pas Hermione, ça va lui passer, fit Harry.
Mais sa voix était lourde de reproches. Hermione hocha timidement la tête et sortit par le trou dans le couloir. Quelle idiote ! Pourquoi avait-il fallu qu'elle réagisse ainsi ? Quand Ron s'était approché d'elle… Elle avait paniqué. Elle ne pouvait pas sortir avec lui, rien que l'idée la répugnait. Ron n'était pas méchant, bien sur, mais… il était totalement immature et maladroit. Rien à voir avec la grâce de Ginny. C'était ça le problème, il n'était pas Ginny. Pourquoi l'avait-il embrassée ? Ce n'était pas comme s'il pouvait l'aimer. Cela faisait des semaines qu'ils ne se parlaient presque plus, qu'ils ne riaient plus ensemble. Hermione passait son temps à essayer de l'éviter. Et puis, qui pouvait tomber amoureux d'elle ? Un rire nerveux s'échappa de ses lèvres.
Elle n'était qu'une idiote. Elle n'était qu'une idiote et elle venait certainement de perdre les seules personnes qui la supportaient un temps soit peu. Elle se détestait. Bien fait pour toi, songea-t-elle férocement. Elle essuya d'un geste rageur les larmes qui coulaient sur ses joues.
oOoOoOo
Le Poudlard Express arriva à Londres plusieurs heures plus tard. Hermione avait passé le voyage seule dans son wagon à observer le paysage qui devenait flou avec la vitesse du train. Elle revoyait encore et encore le baiser de Ron dans sa tête et aurait voulu avoir un retourneur de temps pour pouvoir modifier la réaction stupide qu'elle avait eu. Et tout au fond d'elle, cette voix qui lui disait qu'elle avait perdu ses amis ne cessait de lui parler.
Il était évident que Ron ne lui parlerait plus après ce qu'il s'était passé le matin. Harry, en bon ami, lui lancerait quelques sourires mais resterait avec Ron. La solidarité masculine, sans doute. Quand à Ginny… Hermione avait repoussé et humilié son frère devant tous les Griffondors. Il était certain que la rouquine lui en voudrait.
Hermione était seule. Cela s'imposa à elle, elle était seule. Plus seule que jamais. Elle avait perdu les dernières personnes qui auraient pu l'aider à remonter la pente. Le regard vide, elle avait observé le paysage.
Elle n'avait décroché qu'un Non merci, lorsque le chariot était passé. Ses parents l'attendaient à la gare, mais elle avait vécu cela comme dans un rêve.
Les vacances s'étaient écoulées rapidement et Hermione n'en conservait que des souvenirs flous. Elle avait terminé ses devoirs en quelques jours à peine. Elle se rappelait vaguement avoir fêté Halloween avec sa famille. Ses grands-parents avaient du venir, comme chaque année, mais la jeune lionne n'en était pas certaine. Hermione avait passé ces deux semaines enfermée dans sa chambre, assise sur son lit, comme morte. Il n'y avait plus aucune flamme qui animait ses yeux. Elle avait attendu, peut-être la mort ? Elle ne savait pas.
Ses parents inquiets, avaient tenté de la faire manger, de la faire sortir, mais Hermione n'avait pas mangé et elle n'était pas sortie. Elle attendait.
Son visage s'était creusé, des cernes soulignaient ses yeux et elle paraissait plus fragile que jamais. Tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi ! La phrase que Ron lui avait jetée à la figure tournait dans sa tête sans lui laisser un moment de répits. Elle se voyait le repousser sauvagement. Elle voyait le regard blessé de Ron, elle voyait la douleur qui s'affichait sur son visage. Tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi !
Hermione attendait.
L'avant-veille de la rentrée, Hermione devint plus malade encore. Elle grelottait dans son lit et vomissait dès qu'elle essayait de se lever. Ses parents appelèrent un médecin pour l'examiner, mais Hermione entra dans une rage folle et fit exploser les vitres de sa chambre. Ses parents n'insistèrent pas et Hermione lança un Oubliette au médecin. Elle ferma les yeux et s'enfonça dans un sommeil cauchemardesque. Tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi !
La veille, Hermione se sentait plus faible que jamais. Ses parents se demandaient s'il était prudent de la laisser retourner au château dans son état, mais la jeune lionne ne voulut rien entendre. Il fallait qu'elle étudie pour ses ASPICs.
Le soir, Hermione se jeta une douzaine de sort pour améliorer son physique, mais elle ne parvint qu'à effacer ses cernes et redonner un peu de couleur à son teint pâle. Son visage creux et ses yeux brisés restèrent ainsi. Hermione s'en moquaient. Personne n'allait plus le remarquer, elle était seule. Tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi !
Elle avala un bol de soupe que sa mère lui avait préparé, les larmes aux yeux devant l'état de sa fille. Hermione lui avait adressé un sourire forcé qui avait paru réchauffer son cœur.
-Je t'aime tellement ma chérie, lui avait-elle dit en déposant un baiser sur son front.
Hermione n'avait rien répondu. Elle attendait.
Cher S,
Jamais je n'ai autant souhaité en finir qu'en ce moment. Mes parents voudraient que je leur parle, mais ils ne savent pas. Ils ne comprennent pas les pensées qui m'assaillent dès que je vois une lame. Ils ne comprennent pas ce que c'est d'être seule – réellement seule – de n'avoir aucun ami. Ils ne comprennent pas ce que c'est d'être brisée. Ils ne comprennent pas ce que c'est de détester sa vie comme je déteste la mienne. Ils auraient été plus heureux sans moi.
Si vous saviez comme je n'ai pas envie de retourner au château demain. De revoir tout le monde, de devoir faire semblant.
Je n'ai pas eu le temps de chercher une solution à votre problème. Je m'y remettrai dès que j'arriverai à Poudlard. J'espère que vos vacances ont été meilleures que les miennes. J'attends votre réponse, vous êtes mon seul ami désormais. Déposez-là dans le couloir du deuxième étage, sous la statue.
H.
Hermione avait envoyé sa lettre tard dans la nuit. Elle avait ensuite lentement posé les pieds sur le sol et après avoir vérifié qu'elle n'allait pas se mettre à vomir, elle avait préparé son valise, jetant ses livres sans faire attention. Les yeux toujours vides. Tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi !
oOoOoOo
Le Poudlard Express s'arrêta et Hermione en descendit. Il faisait déjà nuit et en ce début de mois de Novembre, la température était fraîche. Elle s'emmitoufla dans sa cape dans laquelle elle flottait désormais. Personne n'était venu l'attendre. Hermione ne sentit pas même son cœur se serrer face à cette constatation. Elle ne sentait plus rien.
Elle alla directement dans son appartement où sa valise avait été amenée, sans passer par la salle commune. Hermione s'assit sur son lit les jambes croisées et regarda les étoiles au plafond. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle se releva soudain et les arracha avec rage, les jetant aux quatre coins de la pièce. Elle se lança tous ses contre-sorts et retrouva ses cernes, son air malade et abattu, sa pâleur aspirine. Tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi ! Elle frappa le mur de son poing aussi fort qu'elle pouvait et éclata en sanglots.
Alors seulement elle se laissa glisser sur le sol et ses tremblements stoppèrent peu à peu. Elle attendait.
oOoOoOo
Le mois de Novembre se passa sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle se levait le matin, se jetait ses sorts pour dissimuler quelque peu sa fatigue, se rendait en cours et revenait dans son appartement. Parfois, un sandwich ou une assiette chaude l'attendait dans sa chambre et elle mangeait sans envie. Elle savait que c'était Dobby qui essayait de veiller sur elle.
Le soir, après sa ronde, elle se rendait dans la bibliothèque en cachette et étudiait des livres de potions dans la réserve. Elle cherchait comment créer une potion.
Dans la réserve, à la lueur de sa baguette, Hermione faisait de savants calculs pour déterminer les réactions entre les différents ingrédients, les dosages qui permettaient un goût plus ou moins amer. Elle étudiait les chaudrons en or, en argent, en bronze, en métal et apprenait leurs propriétés et leurs actions sur les potions. Ainsi, le chaudron en or annulait l'effet de la corne de bicorne, mais multipliait par cent ceux du crin de licorne.
Durant ses recherches, Hermione oubliait le reste du monde et trouvait ainsi pendant quelques heures une paix intérieure. Elle commençait à comprendre ce que S avait voulu dire en parlant de remède hypnotique.
Ses échanges épistolaires se poursuivaient. S'ils parlaient principalement de leur projet de potion, Hermione et lui échangeant leurs idées d'ingrédients et de dosage, ils continuaient à raconter leurs malheurs et Hermione en apprenait de plus en plus sur son inconnu.
Il avait perdu l'être qu'il aimait le plus au monde et depuis vivait dans son passé. Le fantôme de la jeune femme venait le hanter dans ses rêves et comme elle, il ne parvenait plus à dormir la nuit. On lui avait confié une mission très désagréable et il se retrouvait forcé de veiller sur l'être le plus abject qu'il soit. Comme elle, il avait été abandonné par ses amis.
S était le seul point d'appui d'Hermione. La seule personne qui lui permettait de rester en vie.
Elle n'avait pas dit un mot à un autre élève depuis son retour. Plusieurs fois, Harry avait essayé de l'aborder, mais elle s'était fondue dans la masse d'élève et le Survivant avait fini par la laisser seule. Ron quand à lui, l'ignorait royalement ou lui lançait des regards si assassins qu'Hermione en serait morte sur le coup. Les autres élèves la regardaient dégoutés face à sa maigreur et sa pâleur, et Hermione sentait les chuchotements qui la suivaient sur son passage. Les Serpentards ne perdaient pas une occasion pour la moquer mais leurs phrases acerbes glissaient sur la jeune lionne sans l'atteindre. Rien n'avait plus d'importance hormis sa potion.
Tu ne mérites pas qu'on s'intéresse à toi !
L'accusation de Ron tournait toujours dans son esprit, lui rappelant à quel point elle avait sombré dans ses rares moments de joie. Il n'y avait que lorsqu'elle étudiait que la voix la laissait tranquille. Hermione étudiait donc dès qu'elle le pouvait.
Un soir pourtant, Hermione décida de ne pas se rendre à la réserve. Elle avait entendu dire que les professeurs se réunissaient pour discuter de points importants concernant la gestion du château et la jeune lionne avait décidé qu'il était plus prudent de ne pas se balader dans les couloirs. Le risque était trop grand qu'elle se fasse prendre et elle n'était pas certaine que son statut de préfère en chef lui serait d'une grande aide.
Le cœur lourd elle se dirigeait donc vers son appartement. Elle poussa la porte de sa chambre et eut un moment de terreur en reconnaissant la chevelure rousse de Ginny, qui était assise sur son lit.
-Qu'est-ce que tu fais là ? lança-t-elle d'une voix froide.
Ginny tourna la tête vers elle.
-Je t'attendais.
Hermione la regarda d'un regard vide. Même elle n'arrivait plus à allumer la flamme de ses yeux.
-Pourquoi est-ce que tu nous évites Hermione ?
-Je ne vous évite pas.
-Ce qui est arrivé entre Ron et toi n'est rien. Je m'en fiche totalement. Je ne t'en veux pas.
-Ron est ton frère.
-Et toi tu es ma meilleure amie ! s'énerva Ginny. Qu'est-ce qu'il se passe Mione ?
-Ron est ton frère, répéta-t-elle. Tu dois choisir son camp, pas le mien.
-Mais il n'y a pas de camp à choisir ! Ouvre les yeux ! Ron a choisi d'être un crétin et de t'ignorer, mais moi non ! Le fait que tu n'aimes pas Ron ne concerne en rien notre amitié ! Ni celle entre toi et Harry !
-Ron est ton frère et le meilleur ami d'Harry. C'est normal que vous soyez avec lui plutôt que moi.
-MERLIN HERMIONE ! cria Ginny hors d'elle. JE PEUX ETRE LA SOEUR DE RON ET TON AMIE EN MEME TEMPS !
-…
-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Regarde-toi, tu fais peur à voir. Tu as mangé aujourd'hui ?
-Laisse-moi toute seule Ginny.
-Reviens avec nous, tu nous manques.
-Laisse-moi s'il-te-plaît.
-Ron ne t'en veux pas vraiment…
-Ginny ! Laisse. Moi. Seule. fit Hermione en hachant ses mots.
-Tu as besoin d'aide Hermione, laisse-moi t'aider !
Hermione plongea ses yeux vides dans ceux de Ginny. Elle y retrouva la flamme qui faisait autrefois vibrer son cœur. Mais il resta désespérément calme cette fois là.
-Non.
Une expression d'inquiétude mélangée à la terreur apparut progressivement sur le visage de la rouquine.
-Je n'ai pas besoin de ton aide, continua Hermione. Je ne veux pas de ton aide.
Et sa voix haineuse filait tel un poignard affûté Elle toucha Ginny de plein front et la jeune fille recula face au comportement de son amie. Elle n'avait plus Hermione Granger en face d'elle. Il n'y avait plus que sa carapace. Une coquille vide.
Hermione ne s'aperçut pas qu'elle était de nouveau seule.
Elle attendait.
Ainsi ce termine le cinquième chapitre de ma fiction. Le prochain sera publié comme toujours samedi prochain, dans l'après-midi. J'ai terminé d'écrire hier le neuvième chapitre et j'entame le suivant ce weekend! N'hésitez pas comme toujours à me faire critique et propositions éventuelles, je suis très ouverte!
A bientôt, Passion Fugace
