Bonjour bonjour! J'espère que tout va bien, voilà le septième chapitre de ma fiction! Comme promis, ce chapitre est plus long que celui de la semaine dernière, et il y a un peu plus d'action. La correspondance entre Hermione et Rogue se poursuit toujours, il y aura deux lettres dans ce chapitre. Merci beaucoup à tous ceux qui m'écrivent des reviews et je m'excuse encore de ne pas avoir le temps de vous répondre, comme la semaine dernière je vais vous répondre en vrac dans un paragraphe un peu plus bas. Concernant l'écriture de cette fiction, j'ai terminé hier à deux heures du matin le chapitre neuf, un chapitre capital de la fiction comme vous le verrez dans deux semaines, et je pense le retravailler un peu avant de commencer le dixième. En fonction de mes disponibilités, j'essaye d'écrire le plus possible mais j'ai énormément de travail en ce moment... Je vais faire mon possible pour continuer à garder mon rythme de un chapitre par semaine, mais je ne suis pas certaine d'y arriver... Je vous tiendrai au courant bien sur!

Merci à fofix - Zeugma - Jenifael09 - noumea - Mariefan85 - pitouloulou - dj83 et Melissa-Lena pour toutes ses reviews :)
Quelques réponses en vrac :
La passion d'Hermione pour les potions, qui en quelque sorte ont permis de remplacer Ginny, ne va pas vraiment déraper, du moins c'est mon avis pour le moment. Hermione adore ça, elle s'enferme parfois du reste du monde pour travailler dessus mais elle ne va pas retomber dans une spirale infernale à cause de cela... tout simplement parce qu'au contraire de Ginny, les potions lui sont accessibles, et c'est l'inaccessibilité de Ginny qui la fait souffrir, le fait que quoi qu'elle fasse, Ginny ne sera jamais à elle. Avec les potions, il n'y a pas ce genre de problèmes. Bon, un petit spoiler pour le chapitre suivant, sur le bal, puisque beaucoup ont émis cette hypothèse... Non, Ron ne va pas inviter Hermione, et non, ça ne sera pas un bal masqué, donc Rogue et Hermione ne danseront pas ensemble. Je n'aime pas trop l'idée du bal masquée, parce que soyons réalistes, ce n'est pas un masque qui empêche de reconnaître la personne en face de soit, surtout quand cette personne est notre professeur depuis sept ans. Mais il se passera bien quelque chose au bal... Vous verrez donc la semaine prochaine!

Bonne lecture à tous, Passion-Fugace


Chapitre 7 : Votre bouche peut mentir, mais pas vos yeux

Chère H,

J'ai lu attentivement votre rapport sur votre essai de potion, et si le choix d'utiliser de la poudre de marguerite me semble astucieux, en revanche les yeux de scarabées sont d'une totale inutilité ! Leurs effets sont contraires à ceux que je recherche. Avec l'ajout de la marguerite, mon essai a pris une couleur jaune pâle, qui s'accorde parfaitement avec mes prévisions. Je l'ai testée dans la soirée, mais cela n'a pas fonctionné. L'oiseau a vacillé un instant, puis est tombé raide mort sans espoir de retour. Peut-être avons-nous besoin d'une sorte d'antidote que nous pourrions emmener avec nous, mais comment savoir si cela fonctionnerait… il faudrait le tester sur une personne réelle, et bien que j'aie plusieurs suggestions de cobayes… il vaudrait mieux s'abstenir.

Comment se passe vos soirées avec vos prétendus amis ? Recommencez-vous à manger un peu ?

Quant à moi, à propos de ce dont nous avons parlé, peut-être avez-vous raison. Je tenterai de le faire avant les vacances, si le courage me vient.

S.

PS : irez-vous au bal de Noël ? Déposez votre lettre derrière la statue de l'homme au grand chapeau du quatrième étage, au fond à droite, le nom de cet homme m'échappe.

Hermione replia la lettre et la rangea dans une boîte, où toute sa correspondance se trouvait. Elle se leva ensuite de sa chaise et observa le parc à travers sa fenêtre, songeuse. Cela faisait bientôt quatre mois qu'elle parlait avec S, et elle avait l'impression qu'il était le seul à la voir telle qu'elle était réellement.

L'idée d'une sorte d'antidote n'était pas du tout stupide. Hermione ne comprit pas pourquoi elle n'y avait pas pensé plus tôt… Mais comment savoir si une fois de l'autre côté, on était encore apte à boire une potion ? Ils avaient réussi à fabriquer un mélange qui permettait de passer de l'état de vivant à celui de mort, il fallait maintenant réussir à fabriquer le mélange qui permettait de passer de l'état de mort à celui de vivant. Ce qui semblait beaucoup plus compliqué. Hermione soupira. Elle allait encore passer de nombreuses nuits blanches à étudier des grimoires de potions et établir ses calculs pour prévoir les effets des associations d'ingrédients.

Cela ne lui déplaisait pas tant que ça finalement. Elle esquissa un sourire qui illumina quelque peu son visage ravagé par la fatigue.

-Hermione dépêche-toi, qu'est-ce que tu fabriques ? Tu vas rater le match de Quidditch ! s'écria Ginny, la faisant sursauter.

-Oui, j'arrive, répondit-elle. Pars devant, je te rejoins. Il faut d'abord que je réponde à quelqu'un.

-Très bien, mais ne prend pas trois heures si tu veux avoir une bonne place ! Il faut que j'y aille, Harry veut nous faire son petit discours d'encouragement… On va écraser les Serpentards !

-J'en suis certaine ! fit Hermione en souriant. Je serai au stade dans deux minutes !

Ginny lui adressa un petit signe de la main et sortit de son appartement. Hermione l'observa jusqu'à ce qu'elle disparaisse et ses cheveux de feu restèrent sur ses yeux comme s'ils l'avaient éblouie. Elle ferma les yeux un instant et se pinça l'arrête du nez si fort que les larmes lui montèrent aux yeux. Elle devait arrêter de penser à Ginny. Et surtout, de penser à ses cheveux.

Ginny était avec Harry. Ginny était avec Harry. Ginny était avec Harry.

Hermione souffla un coup et attrapa sa plume.

Cher S,

Les yeux de scarabées m'avaient pourtant semblé correspondre à nos attentes, mais il est vrai qu'ils n'ont donné aucun résultat, j'en conclus donc que vous aviez raison. Quant à l'antidote, j'aurais du y penser beaucoup plus tôt… Je commencerai à travailler dessus dès demain, avez-vous déjà quelques pistes ?

Le match de Quidditch entre Griffondors et Serpentards va débuter dans quelques minutes, il faut donc que je file. Je suis contente cependant que vous ayez repensé à ce dont nous avons parlé et que vous comptiez le faire pendant les vacances ! Je suis certaine que tout se passera à merveille, et vous vous sentirez libérer d'un poids ensuite. Et puis, cela fait si longtemps que vous ne deux ne vous êtes vus… Vous avez certainement beaucoup changé tous les deux. Il se passe beaucoup de chose en une année, alors en plusieurs ! Et quel meilleur moment que Noël pour ces retrouvailles ? Je vous souhaite bonne chance.

Pour moi, je me suis un peu rapprochée de mes amis, disons que la situation est redevenue celle de début d'année, à quelques changements près. Celui que je considérais comme mon meilleur ami ne m'adresse plus la parole car j'ai rejeté ses sentiments, et je ne suis plus si amoureuse de cette fille, même si ses cheveux et son parfum me font toujours tourner la tête. Mais vous aviez raison, comme toujours. Les potions m'aident à oublier cela, quand je les étudie, mes problèmes ne sont plus.

Je ne mange pas énormément, ni ne dors beaucoup… je ne m'en rends pas tellement compte pour vous dire la vérité. Je passe la majorité de mon temps à étudier pour notre projet et je suis tellement concentrée que je ne perçois ni fatigue ni faim. Mais j'essaye d'y faire attention.

Je ne sais pas encore si j'irai au bal, je n'ai pas de cavalier – ni cavalière – et je n'ai aucune idée de comment m'en procurer un… même si j'en trouvais un, cela me semblerait étrange. Je travaillerai probablement au calme ma potion. Y allez-vous ?

Déposez votre prochaine lettre derrière le tableau de Gaspek Poke du rez-de-chaussée.

Affections, H.

Hermione relut rapidement sa lettre pour vérifier qu'aucune information sur son identité ne s'y trouvait, plus elle se rendit au quatrième étage en courant pour déposer sa lettre. Le château était désert. Tous les élèves étaient déjà au stade, attendant impatiemment le début du match.

Hermione s'y rendit d'un pas rapide. Malgré la foule, elle repéra facilement Neville et se faufila jusqu'à lui.

-Viens vite Hermione, lança Neville, Madame Bibine vient de siffler le coup de départ !

Elle lui adressa un sourire comme réponse et posa son regard sur les deux équipes. Très vite, ce ne fut plus que des traînées vertes et rouges qui parcouraient le stade de part et d'autre. Hermione perdit dès la première demi-heure le fil du score. Seuls les commentaires de Luna la maintenaient d'actualité.

-Oh regardez, un des poursuiveurs de Serpentards vient de faire un demi-tour soudain, complètement inutile ! Des nargoles lui ont probablement envahi l'esprit, j'en ai aperçus quelques unes qui volaient sur le terrain. Voila maintenant qu'un des batteurs de Serpentards vient d'envoyer un cognard sur le gardien ! Oh, mais il l'esquive ! Bravo McFillian, non McFlolan ! Je veux dire McFinlan…

-C'est McFinda, dit McGonnagall en s'emparant du micro. Miss Lovegood, essayez de retenir le nom des joueurs avant le match… soupira-t-elle d'une voix désespérée.

-Désolée professeur, je n'ai pas eu le temps, j'étudiais les siphons à Joncheruines que mon père m'a envoyé, répondit Luna toujours dans le micro. Ils ont de grandes capacités et permettent de débarrasser le penseur de tout ce qui pourrait le distraire dans son environnement immédiat, n'est-ce pas fabuleux ? Oh, Ginny marque ! Dix points de plus pour Griffondor, termina Luna de sa voix rêveuse.

Hermione aperçut le professeur McGonnagall prendre un air dépité et elle sourit. Il fallait un moment avant de s'habituer au comportement de Luna, mais une fois qu'on l'avait adopté, elle se révélait comme une jeune fille en or.

Le match se poursuivit. L'équipe de Griffondor faisait des merveilles sur le terrain, virevoltant parmi les joueurs de Serpentards qui cherchaient plus à déstabiliser leurs adversaires qu'à marquer. Vers le milieu du match, une fine pluie commença à tomber. Hermione frissonnait.

Au bout de deux heures, Hermione commença à s'ennuyer, le Quidditch ne l'avait jamais passionné. Elle laissa son esprit s'évader et perdit la notion du temps. Elle était dans sa chambre, préparant sa potion, ajoutant ingrédients après ingrédients… C'est bien Hermione, lui disait une voix, tu vas y arriver… Tu as presque réussi à créer ta potion, il ne manque qu'une seule chose. La voix était presque un murmure, mais elle pénétrait Hermione jusqu'au cœur, la chamboulant complètement. Elle fut parcourut d'un frisson. Mais qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle d'une voix suppliante. Je n'arrive pas à trouver ! Hermione sentit la main de la personne se poser sur son épaule et son cœur se figea. Pense à moi… lui répondit la personne. Pense à moi… Hermione se retourna pour voir cette personne, mais elle était seule. Elle fit un pas en arrière, horrifiée. Mais qui êtes-vous ? Qui êtes-vous ? Ou êtes-vous ? Répondez ! Mais personne ne lui répondit bien sur. Elle était seule.

Hermione ouvrit les yeux. Le visage du professeur McGonnagall lui apparut flou au dessus d'elle. Elle avait froid et mal au dos, que c'était-il passé ? Elle tourna la tête à droite et à gauche et ressentit une vive douleur au cou.

-Miss Granger ? fit McGonnagall d'une voix douce. Est-ce que vous m'entendez ?

-Je… Je… Qu'est-ce que… balbutia Hermione.

-Vous avez eu un malaise, lui expliqua son professeur. Londubat a dit que vous aviez eu un moment d'absence et que vous vous êtes soudainement effondrée, en proliférant des phrases absurdes. Nous allons vous conduire à l'infirmerie. Pouvez-vous vous lever ?

-Non, je… pas… d'infirmerie… je… bien… non…

-Calmez-vous Granger, tout va bien.

Hermione cligna des yeux plusieurs fois. Elle avait l'impression que l'école toute entière l'observait, elle se sentait complètement oppressée par leurs regards. Pourquoi tout le monde la fixait-elle ? Que c'était-il passé, pourquoi continuait-elle à ressentir la main de cet inconnu sur son épaule ? Hermione avait de plus en plus de mal à respirer. Qui était la personne qui lui avait parlé ? La voix lui disait quelque chose mais elle n'arrivait pas à l'identifier. Une voix grave, apaisante. A qui appartenait-elle ? Et pourquoi la regardait-on, qu'est-ce qu'elle faisait là, par terre ?

Hermione n'arrivait plus à réfléchir, elle sentait la sueur couler de son front. Son cœur battait trop vite, beaucoup trop vite. Elle avait mal à la poitrine. Elle chercha à bouger, mais des mains la maintenaient au sol. Hermione bougea frénétiquement son regard pour chercher de l'aide, mais tout le monde semblait s'amuser de la situation. Elle aperçut deux élèves la pointer du doigt en ricanant. Que ce passait-il ? Elle chercha à respirer mais sa gorge se bloqua. Hermione se mit à suffoquer.

Au dessus d'elle, le professeur McGonnagall remuait les lèvres. Elle lui disait probablement quelque chose, mais Hermione n'entendait rien. Un bourdonnement incessant lui parvenait aux oreilles. Une quinte de toux la prit et elle sentit la nausée l'envahir.

Dans un dernier espoir elle regarda la foule autour d'elle, peut-être pour trouver un ami. Elle n'y trouva que du mépris. Mais pourtant, elle s'accrocha à un regard, des yeux si noirs qu'elle se demanda si elle n'était pas en train de rêver. Elle n'aperçut pas le visage de la personne, juste ses yeux noirs et elle aperçut à l'intérieur la souffrance. Des yeux vides et éteints, des yeux sans espoir, qui ne reflétaient aucune envie. Elle s'accrocha à ses yeux, mais avant qu'elle ne put savoir à qui ils appartenaient, elle eu un spasme violent, et fut plongée dans le noir total.

oOoOoOo

Lorsqu'Hermione ouvrit les yeux, elle se trouvait allongée dans un lit de l'infirmerie. Il devait être tard dans la nuit car le château était silencieux et Hermione apercevait le ciel noir sans étoile à travers les fenêtres. Un mal horrible lui déchirait le crâne. Elle repoussa le drap et se leva lentement, avec un gémissement de douleur. Sa démarche n'était pas assurée. Hermione fit quelques pas jusqu'au lavabo et y mouilla une serviette, qu'elle se passa sur le front.

Elle essaya de se souvenir de ce qu'il s'était passé, mais tout était flou. Seuls les yeux noirs d'ébène étaient inscrits dans sa mémoire. Hermione s'observa dans le miroir de l'infirmerie et elle se trouva un peu moins pâle et moins maigre qu'avant. Pomfresh lui avait certainement administré elle ne savait quel médicament pour lui faire retrouver des forces. Hermione le regrettait presque. Avant, elle faisait peur à voir, mais au moins elle avait une certaine identité. Elle avait quelque chose qui la caractérisait, même si c'était en négatif. Maintenant, elle était juste banale. Hermione releva ses manches et aperçut les longues cicatrices blanchâtres qui barraient ses bras. La plupart avait disparu. Hermione en était soulagée, elle n'aurait pas à s'expliquer avec l'infirmière à ce sujet.

Elle retourna se coucher après un moment et avala d'une traite la potion de sommeil sans rêves posée sur sa table de nuit.

Lorsqu'elle se réveilla, l'horloge au mur indiquait les onze heures du matin. A côté d'elle, un jeune garçon était allongé sur un lit avec une énorme bosse violette sur le front. Elle ne le connaissait pas. Pompom arriva quelques minutes après.

-Comment vous sentez-vous miss Granger ? demanda-t-elle.

-Très bien. Est-ce que je peux sortir ?

-Eh bien… vous n'avez eu qu'un petit malaise du à une déshydratation… ce qui n'est pas grave du tout. Cependant… continua-t-elle – et elle semblait hésitante – vous souffrez clairement de malnutrition, et j'ai repéré vos marques sur les bras et les jambes… j'ai demandé une consultation avec un médicomage, mais étant donné que vous êtes majeures, il me faut votre accord et je pense que…

-Non, ce n'est vraiment pas la peine, la coupa sèchement Hermione. Je vais très bien.

-Granger, toute l'école est au courant de votre situation. Je suis vraiment d'avis d'un rendez-vous.

-Et moi non. Ecoutez, si ça ne va pas je viendrais vous voir, d'accord ? Mais pour l'instant mon seul problème est de ne pas pouvoir quitter ce lit. J'ai beaucoup de travail à rattraper et j'aimerai bien y aller.

-C'est que… fit Madame Pomfresh, troublée. Je suppose… que vous pouvez y aller, oui, soupira-t-elle. Mais il faut vraiment faire attention. Si vous atterrissez de nouveau à mon infirmerie pour cause de malaise avec dénutrition… je n'aurai d'autre choix que de vous inscrire de force à un programme.

-Oui, répondit Hermione d'une voix vague, c'est ça. Je peux partir maintenant ?

-Et bien… oui. Je veux vous revoir dans un mois, pour contrôler votre état. Je vous enverrai un hibou.

Hermione hocha la tête et sortit de son lit. Après un dernier coup d'œil à l'infirmière, elle s'éclipsa de l'infirmerie sous le regard inquiet de Pomfresh.


J'espère que ce chapitre vous a plu, la semaine prochaine n'oubliez pas votre tenu de soirée pour le bal de Noël! Merci à tous ceux qui me lisent, vous êtes les meilleurs.
A bientôt, Passion-Fugace