Bonjour à tous! Je n'ai pas pu poster le chapitre hier, n'étant pas chez moi, mais le voici enfin! Je n'ai pas beaucoup de temps, donc je ne ferai pas une grande présentation comme d'habitude... Je n'ai vraiment pas le temps d'écrire en ce moment, le chapitre 10 est à peine entamé, je posterai donc le chapitre 9 la semaine prochaine et je pense que je passerai ensuite à un rythme de un chapitre toutes les deux semaines, sauf si avec les vacances je réussis à écrire un peu plus (mais mes vacances ne sont que le 28...). Je vous tiendrais au courant.

Voila le chapitre du bal, j'ai beaucoup aimé l'écrire même si la fin a été assez difficile à choisir... J'espère qu'il vous plaira autant les autres, n'oubliez pas de me donner vos impressions! Merci beaucoup à tous ceux qui me laissent des reviews, vous etes les meilleurs! Merci, merci, merci de me lire!

Passion Fugace


Chapitre 8 : Show me you care enough to stay

Hermione se leva de son lit en ce premier samedi des vacances de Noël, en ayant le sentiment que la journée allait être particulièrement désagréable. Elle se passa un peu d'eau sur le visage en se regardant dans la glace et soupira. Le bal de Noël allait être une torture.

Elle avait finalement cédé aux demandes incessantes de Ginny, qui n'arrêtait pas de lui dire Ô combien ce serait amusant et avait accepté d'y aller elle aussi. Ginny lui avait même fourni un cavalier, Alex Ginfer. Il était en sixième année à Serdaigle et Hermione avait passé une soirée à discuter avec lui et la rouquine. Alex était très gentil, pas un tombeur, mais très gentil. Hermione avait plus accepté son invitation pour que son amie la laisse tranquille que pour avoir un cavalier. Cela lui importait peu. Alex était très gentil, mais il était évident qu'elle ne tomberait pas sous son charme. Elle aurait aimé pouvoir l'expliquer à son amie, mais les mots lui manquaient. Et Hermione avait bien trop peur de la perdre.

Après s'être préparée, elle sortit de son appartement et s'étonna de voir Ginny.

-Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Hermione.

-Je t'attendais. Il y a une dernière sortie à Pré-au-Lard prévue aujourd'hui et je veux m'assurer que tu choisiras une robe qui te va bien et pas une espèce de sac poubelle ou je ne sais quoi. On ne peut pas dire que tu fasses très attention à ton apparence en ce moment.

Hermione se força à prendre un air offusqué. Elle devait forcer toutes ses émotions ces jours-ci… Son absence de ressenti commençait à lui peser lourd, mais elle n'arrivait pas à sentir quoique ce soit. Dans son cœur, il n'y avait que du vide. Ni bonheur, ni malheur, ni souffrance, ni amour. Il n'y avait que du vide. Depuis qu'elle était sortie de l'infirmerie quelques jours plus tôt, rien n'avait réussi à lui donner le sourire ou à la faire pleurer. Plus rien ne la passionner et même son essai de potion semblait moins important. Seuls subsistaient ces yeux noirs d'ébène qu'elle avait aperçus avant de s'évanouir. Lorsqu'elle fermait ses yeux, elle revoyait le regard de cette personne la bruler, elle revoyait toute la souffrance qu'elle avait aperçu à l'intérieur, elle revoyait le brasier qui crépitait à l'intérieur, ce même brasier qui enflammait ses propres yeux.

-Je sais quand même choisir une robe… murmura-t-elle après un moment.

Ginny haussa un sourcil.

-Je préfère m'en assurer. Alex est un garçon très charmant et tu lui plais beaucoup.

C'est ça ! pensa Hermione. N'importe quoi, tu l'as probablement payé pour qu'il vienne avec moi, personne ne peut aimer ce que je suis… la laideur absolue. Hermione esquissa un petit sourire gêné.

-Très bien, on peut partir dans une heure, il faut d'abord que je fasse un petit truc avant. On se retrouve tout à l'heure, termina-t-elle en faisant un petit signe de la main.

Hermione se dirigea d'un pas assuré vers le troisième étage s'arrêta devant le tableau représentant une table recouverte de tartes et mets somptueux. Elle regarda la lettre qu'elle tenait dans la main, hésitant à la glisser derrière l'œuvre. Avait-elle vraiment envie de ce qu'elle proposer ou était-ce simplement l'esprit de Noël qui la faisait réagir ainsi. Et s'il acceptait et que ça se passait très mal ? Et si elle le perdait, que ferait-elle ensuite ? Hermione relut une énième fois son écrit, respira un grand coup, glissa la lettre et partit d'un pas rapide avant de changer d'avis.

Cher S,

Déposez votre prochaine lettre derrière la statue au coin du grand Hall.

Bien qu'en ce moment, l'envie de réaliser et de continuer notre projet se dissipe un peu, je continue de travailler dessus et je vous tiendrai au courant dès que j'aurai de nouveaux résultats intéressants.

J'ai finalement décidé de me rendre au bal. J'aurai aimé que ce bal soit masqué, ainsi peut-être aurions-nous pu nous rencontrer… sans nous rencontrer réellement. Je tenais à vous remercier pour ces quatre mois passés. Cet échange de lettre m'aide énormément, bien plus que je ne l'aurais cru lorsque j'ai envoyé ma lettre vers l'inconnu en début d'année. Vous êtes le seul qui me comprenne vraiment, et je sais que nous ne nous sommes jamais rencontré, ou peut-être que si. Peut-être que nous nous détestons dans la vraie vie, mais sur le papier, dans cet échange… vous êtes la personne qui compte le plus pour moi.

Je sais que nous avions conclu au départ de ne jamais divulguer notre identité, mais… je voudrais connaître la votre. J'aimerais vous rencontrer. Je vous attendrai ce soir, près du lac, à minuit. J'attendrai jusqu'à une heure. Je ne vous oblige pas à venir. J'espère juste.

H

oOoOoOo

La soirée arriva beaucoup trop vite au goût d'Hermione. Elle avait passé la matinée avec Ginny au village et avait fini après beaucoup de difficulté à dénicher une robe dorée à volants, que la rouquine avait du retoucher légèrement pour qu'elle ne flotte pas dedans. Hermione n'avait jamais autant détesté son corps. Sa maigreur, ses os qui apparaissaient bien trop à son avis et ses cicatrices qui l'obligeaient à porter un gilet la dégoûtaient. Elle aurait donné tout ce qu'elle possédait pour ne plus être elle.

Le midi, elle s'était forcée à manger une grosse assiette en espérant que son estomac plein lui donnerait quelques formes, mais son ventre était resté désespérément creux. Elle se sentait lourde, énorme, indésirable, pathétique. Elle aurait voulu courir vers son appartement et s'y enfermer jusqu'à la fin de ses jours.

Hermione avait déjeuné seule en silence, sous les regards pesant des autres élèves. Ron refusait toujours de lui parler. Harry, lui, restait la plupart du temps avec son ami, même s'il ne rejetait pas Hermione. Il lui parlait toujours, lui souriait, s'inquiétait pour elle, mais il restait avec Ron. Hermione le comprenait. Personne n'avait envie d'être avec une fille malheureuse qui ne parlait pas de la journée. Elle avait donc déjeuné seule. Cela ne l'avait pas tellement dérangé.

L'après-midi, elle avait commencé ses devoirs de vacances. L'heure avait filé et vers dix-huit heures, Ginny était revenue pour que les deux amies se préparent ensemble pour la grande soirée. Sans surprise, Ginny allait au bal avec Harry et Hermione s'était aperçu avec étonnement que cela ne la touchait pas autant qu'elle le pensait.

Elle fit beaucoup d'effort pour faire croire à la rouquine qu'elle passait un bon moment avec elle, alors qu'elles revêtaient leur robe. Elle dut bien jouer son rôle car Ginny paraissait radieuse lorsqu'elles se rendirent dans la salle commune des Griffondors un peu avant vingt heures.

-Hermione est magnifique ! s'exclama Ginny en se dirigeant vers Harry.

Du coin de l'œil, la jeune lionne aperçut Ron la dévorer du regard et elle détourna la tête tandis que la culpabilité l'envahissait peu à peu.

-C'est vrai, renchérit Harry. Tu es resplendissante ! Je suis content de voir que ça va mieux. Avec qui vas-tu au bal ?

-Alex Ginfer, il est à Serdaigle.

-Oui, Gin me l'a déjà présenté. Il est très gentil.

-Oui.

-Il est bientôt vingt heures Harry, on y va ? Je ne veux pas être en retard ! Alex devrait bientôt arriver.

La soirée était passée extrêmement vite et avec une lenteur horripilante en même temps. Hermione n'aurait pas pu affirmer honnêtement qu'elle avait passé un mauvais temps. Alex était d'une compagnie plutôt agréable bien qu'un peu lourde parfois, elle avait dansé et s'était presque amusée. Et surtout, pour la première fois depuis des mois, elle avait senti que les regards qui se posaient sur elle n'étaient plus des regards de dégoût, mais des regards d'étonnement, voire d'admiration. Et même si elle ne voulait pas l'admettre, cela lui faisait un bien fou. Pour la première fois depuis des mois, elle ne se sentait plus laide, plus horrible. Elle se sentait normale.

Elle avait passé un bon moment, elle avait grignoté quelques gâteaux, siroté deux ou trois verres, dansé avec Alex, Harry, Ginny, Luna, Neville, et d'autres, elle avait presque rigolé de bon cœur. La soirée n'était pas parfaite, mais comparée à l'enfer qu'elle avait déjà vécu, elle avait l'impression d'être incroyablement légère. Malgré tout, plus l'heure passait et plus sa joie retombait. Hermione avait peur, elle sentait le stress la gagner peu à peu.

Elle regrettait d'avoir posé la lettre, mais peut-être S ne l'avait-il pas encore lu ? Vers onze heures, elle s'était éclipsée prétextant un besoin urgent et s'était faufilé jusqu'au troisième étage. Mais la lettre avait disparu. Hermione avait refusé de se rendre dans le Grand Hall pour voir s'il y avait une réponse pour elle. Elle préférait croire – espérer – qu'il ne viendrait pas. Si elle lisait la réponse et qu'il affirmait qu'il viendrait, elle n'aurait plus d'autres choix.

Bien sur, elle avait songé à ne pas se rendre au lac. Mais au fond d'elle, la curiosité l'emportait. Et elle ne voulait pas passer pour une lâche. Si S venait mais elle non, de quoi aurait-elle l'air ? D'une fille qui ne sait pas ce qu'elle veut. Elle n'était pas comme ça. Elle était une Griffondore.

Minuit était arrivé. Hermione marchait déjà en direction du lac, frissonnant dans le froid. Ses escarpins ne convenaient pas tellement à la température, mais la jeune lionne pouvait déjà s'estimer heureuse que la neige ait fondu. Lorsqu'elle arriva, il n'y avait personne. Elle raffermit son gilet sur ses épaules et attendit.

Le lac était entièrement gelé et recouvert d'une fine couche de neige qui avait subsistée. Il était magnifique. A la lueur de la lune, Hermione observait le parc qui scintillait sous les cristaux de glace. Elle attendit longtemps, elle avait si froid qu'elle avait l'impression de ne plus pouvoir bouger aucun de ses membres. Au loin, elle entendit deux coups d'horloge sonner, indiquant la demi-heure. S n'était toujours pas là.

Hermione se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire si jamais il venait. Ecrire ce qu'elle ressentait était facile. On pouvait écrire et effacer pour recommencer ensuite si la première version ne nous convenait pas. A l'oral… ce n'était pas possible. A l'oral, on affrontait la vérité en face et les mots étaient dangereux, on n'avait pas autant de temps pour réfléchir à la bonne façon de formuler tout cela. Une heure approchait. Il n'était pas venu. Hermione ne savait pas si elle devait être soulagée ou déçue. Un mixte des deux sans doute.

Elle resta encore un moment à observer les arbres nus du parc après que les une heure ait sonné et se décida enfin à partir. Elle replaça son gilet qui lui avait glissé de l'épaule et leva le pied.

-Ne vous retournez pas, murmura une voix derrière elle.

Hermione se figea. Cette voix… elle la connaissait. Elle l'avait entendue en rêve… Tu as presque réussi à créer ta potion, il ne manque qu'une seule chose. Elle avait entendu cette voix le jour du match de Quidditch. Pense à moi… Elle avait rêvé de S alors même qu'elle ne le connaissait pas.

-Depuis combien de temps êtes-vous là ? dit Hermione.

-Presque qu'une demi-heure, répondit-il. Je vous regardais.

-Pourquoi ? Vous êtes là, nous parlons… pourquoi est-ce que je ne peux pas me retourner ?

-Vous n'avez pas envie de savoir qui je suis.

-J'ai déjà rêvé de vous une fois. J'ai entendu votre voix dans mon rêve. Je la reconnais.

-Je sais.

-Comment ? demanda Hermione.

Elle n'avait plus froid. Elle n'avait plus peur. Elle sentait sa présence derrière elle et elle avait l'impression qu'il lui donnait toute la confiance en elle dont elle avait besoin. Qu'il lui transfusait de la beauté.

-Vous êtes magnifique dans cette robe, dit-il en éludant la question.

-Merci.

Ils restèrent un instant en silence, mais ce n'était pas un silence gênant. C'était un silence presque magique. Hermione ferma les yeux quelques secondes et sentit une larme perler au coin de son œil. Elle se sentait bien. Avec lui. Si bien qu'elle en avait mal.

-Je vais me retourner, annonça-t-elle finalement.

-Vous ne devriez pas.

Sa voix semblait suppliante.

-Peut-être pas, non.

-Vous allez attraper froid, répondit S. Tenez.

Hermione sentit le poids d'une cape sur ses épaules et cela l'empêcha un moment de se retourner. Une odeur de cannelle lui monta aux narines et elle frissonna. Elle avait toujours aimé l'odeur de la cannelle.

-Est-ce que vous savez qui je suis ? demanda-t-elle.

Il ne lui répondit pas. Il se contenta de prendre une mèche de ses cheveux et de la lui replacer derrière l'oreille. Hermione n'aurait pu bouger en cet instant même si sa vie en dépendait. Elle sentait son cœur battra à mille allures et elle n'aurait pu dire pourquoi. Elle ferma les yeux tandis qu'un frisson la parcourait. Leurs mains se frôlèrent, sa main à lui était glacée mais Hermione ressentit une vive brûlure à l'endroit où il la toucha. Elle se retourna d'un coup, mais il n'était plus là. Hermione était seule. D'un geste lent, elle essuya les larmes qui coulaient sur ses joues.


Voila ce huitième chapitre terminé, le prochain la semaine prochaine! A bientôt,

Passion Fugace