Bonjour à tous! Voilà le chapitre 9, que je n'ai pas eu le temps de poster hier, n'étant pas là de la journée. J'espère que vous allez l'aimer, la fin vous plaira certainement! Et un petit mystère autour de Rogue s'installe, je l'avais déjà évoqué très rapidement dans quelques chapitres d'avant, mais ce n'était que des allusions, donc vous n'avez sans doute pas remarqué... Vous comprendrez en lisant le chapitre!

J'ai pratiquement terminé le chapitre 10, je pourrai donc le poster le weekend prochain comme prévu, et je pense pouvoir m'avancer de quelques chapitres pendant les vacances. Je vous tiendrai au courant la semaine prochaine. Merci comme d'habitude à tous ceux qui me laissent des reviews : Mellissa-Lena, SolSiRe, dj83, noumea, Jenifael09, Mariefan85, HeartSerenade, Nayla-HP, Zeugma, pitouloulou.

Voici les réponses en vrac à vos questions & remarques :
Non, la cannelle n'intervient pas la découverte de l'identité du correspondant, mais elle reviendra dans plusieurs chapitre et se révélera au final très importante. Hermione a vraiment beaucoup d'indices, c'est vrai, mais il faut se rappeler qu'elle s'imagine que c'est avec un élève qu'elle correspond, que Rogue est pour elle quelqu'un de mauvais et qu'elle ne s'imagine pas un seul instant qu'il puisse avoir cette personnalité. Et généralement, même lorsque la réponse nous pend sous le nez, on a beaucoup de mal à la voir lorsque ça nous concerne. Pour la fiction, j'avais prévu d'en faire 20, sois deux chapitres pour un mois d'étude, mais je pense qu'au final il y en aura un peu plus, sans doute entre 25 et 30.

Je vous laisse découvrir le chapitre!
Passion Fugace


Chapitre 9 : I want to be forgotten, and I don't want to be reminded

Hermione avait décidé de rester au château pour les vacances de Noël. Elle n'avait pas le cœur à faire la fête et elle savait que cela ne ferait que de la peine à ses parents. Elle leur avait donc mentit et raconté qu'elle le passait au Terrier avec ses amis. Les Weasley l'avaient bien évidemment invitée, comme à leur habitude, mais la jeune lionne avait refusé. Les fêtes de Noël étaient moments de joie et il était inutile que la tension entre elle et Ron vienne tout gâcher. De plus, elle n'avait aucune envie de voir Harry et Ginny s'embrasser à longueur de temps.

Tous les élèves étaient partis deux jours auparavant, le dimanche matin, et le château se faisait étrangement vide. Dans la Grande Salle, pour le dîner, ils n'étaient plus qu'une dizaine. McGonnagall avait rassemblé les quatre grandes tables pour n'en faire plus qu'une. A la table des professeurs, seuls Lupin, Rogue, Sinistra et McGonnagall avaient décidé de rester.

Hermione se leva après avoir terminé sa part de tarte au citron meringuée et se rendit dans son appartement. Là, elle s'assit dans son fauteuil, verrouilla la porte pour être sure que personne ne viendrait l'interrompre – bien que cela soit peu probable, Malfoy étant rentré à son manoir – et enfouit sa tête dans sa cape, respirant avidement l'odeur de cannelle.

Cela faisait presque trois jours maintenant mais elle ressentait encore la brûlure ardente qui l'avait envahie lorsque S lui avait touché la main. Parfois, lorsqu'elle la regardait, elle avait presque l'impression de voir une traînée rouge dessus. Hermione avait d'abord cru le lendemain matin en se réveillant que tout ça n'avait été qu'un rêve. La rencontre avait eu lieu tard dans la soirée et après tout elle n'avait pas vu son visage. Mais lorsqu'elle s'était aperçue qu'elle était encore toute emmitouflée dans la cape, elle avait du admettre que ce qui s'était passé était bien réel. Et elle ne savait qu'en penser. Elle l'avait rencontré, lui. Elle avait senti son cœur battre à mille allures pour lui. Et pourtant, elle ne savait pas son identité. La connaissait-il ? Il n'avait pas voulu répondre lorsqu'elle le lui avait demandé.

Hermione s'était rendue dans le Grand Hall dès la première heure du dimanche pour aller y chercher la lettre de son correspondant, mais elle n'y était pas. Elle n'aurait su dire combien de fois elle avait été vérifier la statue, mais jamais il n'y avait de réponse. Hermione s'était un peu inquiétée, puis elle avait relativisé la chose. Peut-être était-il tout simplement rentré chez lui pour les vacances. Mais il lui aurait alors envoyé un hibou. Malgré ce qu'elle voulait croire, Hermione devenait de plus en plus nerveuse.

En quelques jours seulement, Hermione termina ses devoirs de vacances – les professeurs, à l'exception de Rogue bien entendu, n'en donnait jamais beaucoup durant ces vacances là. La première semaine était achevée et Noël arrivait. Presque malgré elle, Hermione se trouvait d'humeur plus festive et elle prit même soin de s'habiller avec attention pour le réveillon. Elle passa un moment agréable avec Lupin et Deryl, un élève de Poufsouffle de cinquième année et mangea avec appétit. Les elfes de maison s'étaient vraiment surpassés. Cependant, elle ne veilla pas bien tard et rentra rapidement dans son appartement.

Elle y retrouva sa potion, qui bouillonnait depuis quelques jours. Son projet avançait de plus en plus et elle sentait qu'elle touchait au but. Elle y travaillait depuis plus de trois mois, et enfin, elle commençait à voir la fin se dessiner au loin. Elle remua six fois dans le sens des aiguilles d'une montre et la mixture prit une teinte mauve. Hermione respira un grand coup. La potion était censée se reposer pendant treize jours et treize nuits, puis il fallait ajouter la marguerite séchée et les racines de violettes, et elle serait terminée. Elle n'aurait ensuite plus qu'à la tester sur un oiseau pour voir si elle fonctionnait ou non.

N'étant pas fatiguée, Hermione reposa le couvercle avec douceur, lança ses sortilèges de dissimulation et sortit dans le couloir, sans réel endroit où aller. Elle marchait sans se rendre compte de sa direction et ses pas la menèrent machinalement à la bibliothèque. A cette heure tardive d'un soir de réveillon, elle était fermée, mais Hermione fut étonnée de voir un filet lumière passer sous la porte. Lentement, elle poussa celle-ci silencieusement.

Un gémissement lui parvint aux oreilles et Hermione s'affola. Elle n'avait jamais été bonne pour consoler des personnes. L'espace d'un instant, elle envisagea de rebrousser chemin et de faire comme si elle n'avait rien vu, mais la culpabilité l'envahit aussitôt et elle fit quelques pas pour observer ce qu'il se passait.

Elle fut contente de s'être cachée.

Assis sur une des tables de la bibliothèque, de gros livres de sortilèges – probablement de magie noire – ouverts dessus, Severus Rogue gémissait. Il gémissait et malgré tout Hermione le trouvait plus courageux et plein de sang froid que jamais. Rogue avait abandonné sa cape sur une chaise, laissant ses bras, d'une pâleur mortelle, dénudés. Son bras droit était intact, si l'on omettait les nombreuses anciennes cicatrices qui le parcouraient, mais son bras gauche… son bras gauche était un cauchemar.

Hermione l'observait avec effroi. La marque des Ténèbres avait commencé à s'étaler sur tout l'avant bras du professeur. Elle n'avait plus rien de la tête de mort de départ, on aurait dit qu'elle dévorait le bras de Rogue. Elle tremblait, ondulait sur la peau blafarde, comme si elle bouillonnait de par-dessous. Et lentement, mais indéniablement, elle progressait sur le bras, tel un envahisseur indestructible. Les muscles du maître des potions étaient tellement contractés qu'Hermione cru que son bras allait exploser. Sur les bords de la marque, de larges traînées rougeâtres et saignantes barraient le bras du professeur.

Rogue tournait frénétiquement les pages du manuel, ses yeux fiévreux lisaient les lignes si vite qu'ils paraissaient flous. Son bras tremblait tellement fort qu'on aurait dit des spasmes et Hermione voyait Rogue serrer son poing avec une telle hargne qu'elle cru qu'il allait se briser les os. Parfois, il fermait les yeux et l'on aurait dit que la douleur était si insupportable que personne d'autre que lui n'aurait pu la supporter. Dans ces moments, il se pinçait les lèvres et un gémissement s'en échappait, et son visage se tordait de douleur.

Hermione aurait surement hurlé si elle avait été à sa place. Elle n'avait jamais vu une telle chose. Elle aurait été incapable de dire ce qui provoquait ce genre de réaction et elle se demanda si c'était un des produits que Rogue s'était ingéré. Il était connu qu'il avalait tout et n'importe quoi sans y faire attention, et il y avait beaucoup de chance pour qu'il ait avalé un poison sans le savoir.

La jeune lionne resta un long moment à la regarder sans dire un mot. Elle n'aurait su dire combien de temps, d'ailleurs à la fin ce n'était plus vraiment lui qu'elle regardait, mais elle était tellement glacée de terreur qu'elle n'aurait pu bouger. Lorsque Rogue referma brutalement le manuel avec un bruit sourd, accompagné d'un cri de douleur étouffé, Hermione se décida à partir. Il aurait vraiment été idiot de se faire surprendre… elle n'aurait eu que des ennuis. Elle se rendit directement à son appartement et attrapa une plume et un parchemin pour écrire à S. Il fallait absolument qu'elle lui parle de ce qu'il c'était passé.

Elle écrivit des dizaines et des dizaines de centimètres, et lorsqu'elle s'arrêta, sa bougie était presque entièrement consumée. Elle voulut se rendre à la volière immédiatement pour l'envoyer lorsqu'elle changea brutalement d'avis. Pourquoi raconter cela ? Elle était en train de violer la vie privée de son professeur, ni plus ni moins. Elle était en train de faire précisément ce qui l'horripilait chez les autres. Hermione s'enfonça les ongles dans les paumes de sa main tellement elle se trouvait affreuse et brûla sa lettre à la flamme de sa bougie. Elle s'affala ensuite sur son lit secouée de sanglots sans vraiment savoir pourquoi elle pleurait.

oOoOoOo

Le lendemain matin elle se réveilla avec un souvenir vague de ce qu'il s'était passé dans la soirée. Au pied de son lit, elle trouva plusieurs paquets empaquetés dans des papiers de toutes les couleurs. Ginny lui avait offert un livre sur l'histoire de la magie en Afrique et en Asie, Harry lui avait acheté un nouvel étui en peau de dragon pour sa baguette et Mme Weasley lui avait envoyé l'habituel pull, ainsi qu'une dizaine de pattés et cakes. Ses parents, qui n'aimaient pas le mode de poste par hibou, lui avait simplement écrit une lettre pour lui souhaiter de bonne fête, lui raconter ce qu'ils avaient fait avec ses grands-parents et lui dire que ses cadeaux l'attendaient chez elle. Et enfin, elle trouva également avec étonnement un petit paquet de Ron, avec à l'intérieur une boîte en velours noir. Elle ouvrit le couvercle et découvrit à l'intérieur une rose rouge miniature d'une beauté parfaite. Les pétales n'avaient aucun défaut et scintillaient de mille feux, comme lorsque le soleil caresse les fleurs à l'aurore, alors que la rosée est encore là. Hermione la contempla plusieurs minutes lorsqu'elle s'enflamma soudainement, laissant un unique pétale, sur lequel reposait un collier avec pour pendentif une rose rouge.

Hermione sourit. C'était de la belle magie, de la magie qui arrivait à vous redonner de l'espoir dans les temps les plus sombres. Elle attrapa le mot que Ron avait laissé dans le paquet.

Chère Hermione,

Nous ne parlons plus beaucoup mais j'ai trouvé ça dans une boutique où maman nous a traînés hier, et ça m'a fait penser à toi. J'espère que ça va à Poudlard. Joyeux noël, Ron.

PS : fait attention aux pattés, maman les a laissé un moment sur la table dehors et je crois qu'un gnome a vomi dessus.

Elle attrapa le collier et l'attacha autour son cou. Le sourire d'Hermione s'élargit. Ron lui pardonnait. C'était sans doute le plus beau Noël de sa vie.

La fin de la semaine se passa rapidement, Hermione passa un réveillon agréable, partagé de rires avec les autres élèves et professeurs. Seul Rogue n'avait pas été présent et Hermione s'était demandé si la marque avait continué à s'étendre sur son bras. Elle avait étudié plusieurs livres pour essayer de comprendre comment une telle chose avait pu se produire, mais elle n'avait rien trouvé. Finalement, elle en avait conclu que si Rogue lui-même ignorait comment arrêter cela, elle n'allait pas réussir non plus et elle avait passé la plupart des journées suivantes à se promener dans le parc. La neige s'était remise à tomber, donnant encore plus de charmes aux fêtes. Parfois la nuit, lorsque la jeune lionne n'arrivait pas à dormir, elle s'asseyait sur le rebord de sa fenêtre emmitouflée dans sa cape, entrebâillait les carreaux et elle se surprenait à sourire à la lune. Pour la première fois depuis longtemps, elle allait mieux, et elle comprenait à quel point la pression de la présence de Ginny à ses côtés tous les jours la rendait malheureuse. Seule, libérée du regard de l'autre, elle se sentait enfin elle-même et elle se sentait bien. Heureuse.

oOoOoOo

Deux jours avant la reprise pourtant, Hermione sentit qu'elle commençait à paniquer. Elle aurait voulu que les cours ne reprennent jamais, que les élèves ne reviennent pas au château, et que sa routine habituelle ne recommence pas. Mais elle voyait les heures s'écouler de plus en plus rapidement et lorsqu'elle se coucha le samedi soir, elle sentit son cœur se serrer d'angoisse. Pendant un long moment, elle se retourna dans son lit, sombrant dans un sommeil cauchemardesque et se réveillant en sueur. Vers trois heures du matin, elle décida de sortir faire un tour, dans l'espoir de se changer les idées et enfila ses bottes et son manteau.

Le château était silencieux, encore plus que d'habitude. Hermione frissonna et resserra sa cape sur ses épaules. Elle descendit le grand escalier silencieusement et arriva dans le Grand Hall. Elle longea le mur, passa devant la statue sans s'arrêter et soudain, elle se figea sur place. Avait-elle rêvé ou bien… Hermione fit quelques pas en arrière. Elle s'arrêta près de la statue et son visage se décomposa tandis qu'elle déglutinait avec difficultés. Une lettre était posée là, derrière le piédestal. Hermione resta un moment sans savoir que faire, puis elle tendit le bras, et l'attrapa d'une main tremblante.

Ce n'était plus du contenu de la lettre dont elle avait peur. Pendant les deux semaines passées, elle avait redouté la réponse, redouté que S ait découvert qui elle était et la rejette. Mais ce n'était plus cela qui l'inquiétait désormais. Aucun élève n'était encore revenu de vacances, ils n'étaient qu'une dizaine au château et si la lettre était là… cela signifiait que son correspondant était une de ses dix personnes. Hermione se repassa en tête le visage des élèves, mais aucun ne semblait correspondre. Elle ne pouvait imaginer ces personnes écrire des choses aussi profondes, tenter de créer une potion aussi puissante et dangereuse. Hermione ouvrit la bouche de stupeur. Créer une potion…

Le lien sembla se faire. Tous les éléments se superposèrent, les pièces de puzzle se rassemblèrent et Hermione n'eu tout à coup plus aucun doute. C'était forcément lui, elle ne comprenait pas comment elle avait pu ne pas y penser plus tôt. Les potions, cela semblait évident, Merlin ! Les potions ! Et la voix, qu'elle avait reconnue en ce soir du bal et dans son rêve… Ce n'avait pas du tout été un rêve prémonitoire, elle connaissait déjà cette voix, elle la connaissait depuis bientôt sept ans.

Hermione s'enfuit en courant. Evidemment qu'il savait qui elle était. Rien qu'à son écriture il avait du le savoir.

Ce n'était plus du contenu de la lettre donc elle avait peur. C'était du destinateur.

Severus Rogue.


Ca y est, Hermione a enfin compris qui était son correspondant! Comment va-t-elle réagir? Vous le saurez le weekend prochain...

A bientôt, Passion Fugace.