Bonjour à tous! Le 11ème chapitre arrive. Avec les vacances j'ai pu m'avancer un peu et le 12ème est déjà terminé, il faut juste que je modifie un peu la fin car je ne l'aime pas trop... Il portera sur la Saint-Valentin et sera sous forme d'un flash back. Il est plus long que les autres chapitres, vous verrez la semaine prochaine...

Merci à tous pour vos reviews, j'en ai de plus en plus et ça me fait toujours autant plaisir! Merci à clamaraa, fofix, Artemis-Isil, Nephtys, Melissa-Lena, dj83, kumi-no-kotoba, Zugma, jenifael09, pitouloulou, DelfineNotPadfoot, noumea, Phoenix, Nayla-HP, bebenoire.

Voila les réponses aux reviews :
Le revirement du comportement de Rogue en a "choqué" un bon nombre, mais il faut se dire que Rogue écrivait tout ce qu'il a écrit en pensant qu'il était anonyme et maintenant qu'Hermione sait qui il est, il aurait préféré n'avoir jamais rien dit. Rogue déteste les Griffondors, il déteste en fait l'humanité en général selon moi, et préfère ne rien dévoiler de lui-même. Donc je trouve normal qu'il se mette sur la défensive et prétende avoir tout inventé. Non, le fait que Rogue s'en aille du château ne signifie pas que la relation Hermione/Rogue est terminée, d'ailleurs Rogue fait une apparition dans ce chapitre et dans le suivant également, et dans les chapitres qui arriveront ensuite, même si je ne les ai pas encore écrits. Ma fiction est basée principalement sur Hermione, donc même si Rogue est un personnage important je ne pense pas que je transcrirai ses émotions dans aucun des chapitres. Peut-être que j'en écrirai un sur lui, mais je ne suis vraiment pas certaine... Pour la fin de la fiction, j'ai décidé comment elle se terminerait et ce n'est pas une fin vraiment heureuse, mais pas non plus vraiment triste... il faudra attendre pour la lire!

Bonne lecture, Passion Fugace


Chapitre 11 : When you're gone, how can I even try to go on

Le lendemain, les cours reprirent. Personne ne semblait être au courant du départ de Rogue et Hermione se demanda s'il avait vraiment quitté le château. Elle l'avait aperçu la nuit même après tout. Pourtant, lorsque vint l'heure du cours de potion, le professeur Slughorn se trouvait assis derrière le bureau. Il leva les yeux en entendant les élèves arriver et sourit chaleureusement.

-Bonjour ! Bonjour ! Prenez place, Mr Potter, c'est une joie de vous revoir ! Tenez, je vous ai réservé une place devant moi. Et Miss Granger, chère Miss Granger ! Bien… je suppose que vous avez été informés de la situation ? Non ? Le professeur Rogue doit régler un problème d'une importance capitale, expliqua-t-il, bien qu'il n'ait pas jugé bon de donner plus de détails, ajouta Slughorn dans sa barbe, et sera absent pendant une période indéterminée. J'assurerai ses cours en attendant son retour. Questions ? Bien. Ouvrez donc vos livres page 265 et lisez le cours d'introduction sur les propriétés des fleurs de champs.

Hermione ouvrit son livre et fit semblant de lire, son esprit ailleurs. Elle connaissait déjà tout par cœur… Quelques mois plus tôt, elle aurait tout de même relu le cours, afin d'être certaine de n'avoir pas oublié un petit détail que d'autres auraient qualifié d'insignifiant, mais désormais, tout ça n'avait plus d'importance.

Où était Rogue ? Hermione ne pouvait s'empêcher de se rappeler ce qu'il s'était passé la veille dans le couloir. Ce regard brûlant qui l'avait hypnotisée, qui lui avait donné la sensation d'être incroyablement puissance et la plus vulnérable en même temps. Etait-ce seulement possible, de ressentir cela ?

Pourquoi avait-il fui ? Ils auraient pu… s'aider. Rogue avait beau prétendre qu'il avait tout inventé, Hermione n'y croyait pas. Il y avait trop de souffrance en lui. Il ne le montrait pas, mais elle savait qu'il souffrait. A cause de cette femme, à cause de son enfance, à cause de sa famille. Hermione aurait voulu ne pas s'en soucier. Elle aurait voulu oublier toutes les lettres qu'il lui avait envoyées, tout ce qu'il lui avait dit. Mais elle n'y arrivait pas. Elle voulait l'aider. Elle avait besoin de l'aider.

La semaine se passa et Hermione n'avait plus goût à rien. Elle pensait toute la journée à Rogue, à ce qu'il faisait, à l'endroit où il était. Elle se demandait si la marque des ténèbres avait continué à envahir son bras, s'il avait continué leur essai de potion. Elle aurait aimé savoir s'il allait bien. Si elle lui manquait. S'il pensait à elle autant qu'elle pensait à lui.

Hermione n'avait jamais aimé Rogue. Elle lui faisait confiance – Dumbledore lui faisait confiance, et elle faisait confiance à Dumbledore – mais elle ne l'avait jamais aimé. Ses cheveux gras, son air doucereux, son obsession à favoriser sa maison… il avait une passion dévorante pour les potions, ce qui rendait ses cours intéressants, mais cela s'arrêtait là. Elle ne l'avait jamais aimé et pourtant elle ne pouvait s'empêcher de penser à lui, de s'inquiéter pour lui. Et elle n'aimait pas du tout ça.

Hermione ne voulait pas retomber dans cette obsession envers une personne, et encore moins envers une personne inaccessible. Elle ne voulait pas retourner dans ce qu'elle avait vécu avec Ginny. Alors pour s'occuper, Hermione avait repris son étude de potion. Elle n'était plus aussi passionnée mais travailler l'aidait à penser à autre chose qu'à Rogue.

Les treize jours et treize nuits d'attente s'étaient écoulés et Hermione allait pouvoir tester le soir même sa potion sur un oiseau.

Après le dîner, Hermione prétexta être fatiguée et alla s'enfermer dans sa chambre. Elle leva les sortilèges de dissimulation et enleva le couvercle de son chaudron.

La potion avait pris une couleur dorée et bouillonnait à petit feu. La jeune lionne attrapa une cuillère en argent et remua légèrement. De petites étincelles se produisirent et Hermione retira précipitamment la cuillère.

-Quelle imbécile ! fulmina-t-elle. L'argent ne convient pas du tout…

Secouant la tête, elle jeta la cuillère sur la table et attrapa celle en bois. Le bois ne produisait aucune réaction avec aucune potion, elle ne risquait pas de faire une autre erreur… Ce n'était pas le matériau le plus approprié mais elle n'avait pas le courage de refaire des calculs pour déterminer lequel de l'or, cuivre, fer ou zinc était le meilleur.

La potion semblait être prête. Hermione alla chercher l'oiseau qui lança de petits cris angoissés et la jeune lionne se mordit les joues. Merlin, qu'elle détestait utiliser les animaux pour des essais ! D'un coup de baguette, elle insonorisa la pièce puis immobilisa l'oiseau, bec ouvert. Elle versa quelques gouttes dans son gosier puis le réanima d'un sortilège.

L'oiseau fit quelques essais pour s'envoler, en vain et tomba raide mort sur la table. Hermione l'observa durant plusieurs minutes, priant pour qu'il revienne à la vie.

Elle resta à le regarder si longtemps qu'elle s'endormit sur sa chaise. Lorsqu'elle se réveilla, le soleil était levé depuis longtemps. L'oiseau n'avait pas bougé d'une plume. Hermione se prit la tête entre ses mains et essuya une larme qui perlait au coin de son œil. Rogue avait raison. Elle n'était qu'une incapable.

Elle balaya d'un regard désespéré sa table de préparation et ses yeux s'attardèrent sur le couteau qu'elle utilisait pour couper ses ingrédients. Cela faisait trois mois qu'elle ne s'était plus… Hermione ferma les yeux et se pinça l'arrête du nez pour ne pas y penser. Elle ne devait pas, elle ne devait pas, elle ne devait pas. A la minute où elle recommençait, elle était perdue. Elle attrapa sa baguette d'un geste brusque et replaça ses sortilèges de dissimulation, puis sortit d'un pas si rapide qu'elle faillit trébucher.

Jamais elle n'avait été si près de craquer.

Peut-être aurait-elle du rester plus longtemps. Invisible aux yeux de tous, l'oiseau lança un petit cri, mais Hermione était déjà loin. Il remua ses ailes pendant quelques secondes, puis les laissa retomber lourdement, et ne bougea plus.

oOoOoOo

Janvier s'écoula. Les élèves de septièmes années croulaient sous une pile de devoirs et n'avaient plus énormément de temps libre. Cela faisait trois semaines que les cours avaient repris, et Rogue n'était toujours pas revenu. Les conversations sur les raisons de son départ étaient devenues rares et Hermione semblait être la seule personne à encore penser à lui. C'était comme s'il n'avait jamais été là. On saluait Slughorn et on oubliait Rogue. Cela révoltait Hermione, sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi.

Il lui manquait, leurs échanges lui manquaient et parfois, lorsqu'elle était sur le point de fondre en larme, Hermione courait vers son appartement et enfouissait sa tête dans la cape de son professeur. Elle restait ainsi jusqu'à ce que son cœur reprenne une allure normale et retournait ensuite en cours, comme si rien ne s'était passé.

Pour le dernier weekend du mois, McGonnagall avait prévu une sortie à Pré-au-Lard. Ron et Harry, beaucoup trop en retard dans leurs devoirs, avaient renoncé à y aller et Hermione se dirigea seule vers le village, emmitouflée dans sa cape. Il avait reneigé la veille. Elle fit quelques achats à Scribenpenne et passa chez Honeydukes pour acheter les confiseries que Ron lui avait demandées et se dirigea deux heures plus tard vers Les Trois Balais pour boire une bièraubeurre. Mais alors qu'elle poussait la porte, elle réalisa que boire toute seule n'avait rien de très attrayant et elle fit soudainement demi-tour. N'ayant pas envie de retourner au château, elle se promena dans les rues, saluant quelques élèves de temps à autres. Frigorifiée par le vent qui soufflait, elle finit par rentrer dans La Tête de Sanglier et commanda une boisson. Rien n'avait changé depuis sa cinquième année. Les meubles étaient toujours aussi rongés, le plafond croulait sous les toiles d'araignées et tout était recouvert d'une couche de graisse et de poussière. L'endroit était miteux et dégoûtant, mais au moins, Hermione n'aurait pas l'air d'une pauvre fille assise seule au bar, elle ne sentirait pas les regards des élèves sur elle. Personne ne venait jamais ici.

Aberforth lui apporta sa bièraubeurre un quart d'heure plus tard dans un verre crasseux. Elle resta un bon moment à le boire lentement, perdue dans ses pensées et lorsqu'elle retrouva ses esprits, la nuit était déjà tombée depuis longtemps. Les élèves étaient censés retourner au château pour les six heures, mais en temps que préfète-en-chef, Hermione pouvait inventer une excuse qui justifierait son retard. Elle avait fait un tour du village pour s'assurer qu'aucun élève n'était resté, par exemple. Elle trouverait bien quelque chose… Hermione commanda une autre bièraubeurre.

Elle venait de terminer son quatrième verre lorsqu'Aberforth lui suggéra de retourner au château. Hermione haussa les épaules en réponse. Il n'y avait plus rien qui lui donnait envie de quitter ce bar misérable.

-Donnez-moi plutôt un whisky pur feu, dit-elle d'une voix lourde.

Elle l'avala cul sec et tendit son verre pour être resservie. L'alcool commençait à lui monter au cerveau et Hermione avait les idées toutes embrouillées. Elle tourna soudainement la tête en entendant la porte du bar s'ouvrir et faillit tomber de sa chaise. Ce n'était qu'une vieille femme, la tête enroulée dans d'étranges bandages qui venait d'entrer.

-Pourquoi n'essayez-vous pas de ranger un peu pour attirer du monde ? demanda-t-elle à Aberforth d'un ton exagérément outragé. C'est vrai, cet endroit n'est vraiment… pas propre. Pas propre du tout du tout du tout du tout ! Vous devriez avoir honte monsieur Aberforth frère de Dumdoblere… Bledumdo… Dumblydo… Dumbledore ! continua-t-elle en le pointant du doigt d'un air accusateur.

Elle attrapa son verre et bu le contenu d'une traite.

-Aaaaaah mais après tout… ON S'EN FICHE ! cria-t-elle. Hahahahaha ! C'est vrai… pourquoi s'embêter à nettoyer alors qu'il y a tant d'autres choses à faire !

Elle s'accouda au bar et posa sa tête sur ses mains.

-Par exemple, continua-t-elle, on peut écrire tous ses petits soucis à un inconnu et se rendre compte qu'en fait c'est à son professeur qu'on écrit. Vous imaginez ? Hahahahahahahahaha. Rigolo, non ? Ou déprimant, je ne sais pas trop… Qu'en penses-tu monsieur Aberforth frère de Dumblidore ? Rigolo ou déprimant ? Rigolo ou déprimant ? Rigolo ou déprimant ? Rooh ! Mais répondez ! Vous n'êtes pas marrant… Oh regardez là-bas ! Vous avez vu ce drôle de bonhomme ? Qu'est-ce que c'est qu'il a bien sur la tête ? On dirait une bouse de dragon. Hahahahahaha ! EH ! MONSIEUR A LA BOUSE DE DRAGON SUR LA TETE ! Venez donc vous asseoir à côté de moi ! lança-t-elle en tapotant la chaise à sa droite. UN WHISKY POUR LUI ! UN ! Et redonnez donc en un pour LA GRANDE HERMIONE GRANGER hahahaha, dit-elle en rigolant. Non, deux. Trois. Trois, oui. TROIS WHISKY !

Aberforth sembla hésiter un instant, puis lui donna ce qu'elle voulait. Elle avala cul sec les trois verres et son corps fut parcouru d'un frisson.

-Un autre ! Un autre ! Un autre ! réclama-t-elle en claquant des mains en rythme.

-Je crois que ça suffit pour ce soir, Granger, lança une voix derrière elle d'un ton sec.

Hermione eut l'impression qu'on lui jetait un seau d'eau glacée dessus et l'effet fut immédiat. Ses pensées se firent plus claires, et elle se figea. Lui. Que faisait-il là ? Elle se retourna et plongea ses yeux dans son regard d'ébène. Le temps n'eut plus d'importance, rien n'eut plus d'importance. Mais Rogue détourna les yeux d'un air énervé.

-Cessez vos enfantillages et rentrez au château. On doit se demander où vous êtes.

Hermione le regarda un instant encore avant de se lever et d'attraper ses sacs. Elle vacilla légèrement et renversa les confiseries sur le sol. Elle voulut les ramasser mais elle voyait double. Rogue leva les yeux au ciel, exaspéré. Il les remit dans le sac d'un coup de baguette.

-Donnez-moi ça, je vais les porter pour vous.

Hermione les lui tendit sans un mot, le regardant toujours. Pourquoi était-il là ? Etait-ce une simple coïncidence ou bien… Ils sortirent du bar et un vent glacial les assaillit. Hermione esquissa un mouvement pour s'accrocher au bras de son professeur mais se ravisa. Qu'est-ce qui lui prenait de vouloir s'accrocher à son bras ? Elle raffermit sa cape sur ses épaules.

Côte à côté, Rogue et Hermione se frayèrent un chemin dans la neige. Ils ne se parlèrent pas, ils ne se regardèrent pas. Bientôt, ils arrivèrent à la grille de Poudlard et Rogue lança les maléfices pour la déverrouiller. Hermione se tourna vers lui pour récupérer ses affaires, mais il fit un mouvement de recul.

-A quoi pensiez-vous donc, Miss Granger, en allant vous saouler dans un bar miteux ? dit-il d'une voix doucereuse.

-Est-ce que vous allez revenir à Poudlard ? demanda-t-elle à la place.

-C'était complètement idiot…

-La potion n'est pas vraiment la potion sans vous.

-Vous n'avez peut-être pas remarquez, mais plusieurs hommes vous fixaient telle une proie.

-Est-ce que vous êtes partis à cause de moi ?

-Vous n'avez aucune idée des conséquences bien sur, vous êtes si sotte !

-Et qu'est-ce que vous faisiez au bar ce soir ?

-Si je n'étais pas intervenu…

-Est-ce que vous me suiviez ?

-Vous serez probablement dans le lit de quelqu'un en ce moment même.

-Vous me suivez pour me protéger, c'est ça ? Vous tenez à moi.

-Je ne veux plus que ça se reproduise, jamais, c'est compris ? fit Rogue en haussant la voix.

Hermione allait parler, mais elle s'arrêta face à son ton et releva les yeux vers lui.

-Revenez au château alors. Pour m'en empêcher. Revenez.

Rogue l'observa comme s'il la voyait pour la première fois. Et Hermione le sentit. Il la regardait, il la regardait vraiment. Il ne posait plus juste ses yeux sur elle, sans vraiment la voir. Il la regardait. Il lisait en elle, il voyait qui elle était. Il ne la traversait plus, il la regardait. Comme lors du match de Quidditch. Il la regardait, et il devenait un point d'accroche.

-Non.

Et sa voix était aussi affutée qu'un poignard.

-Vous me manquez, fit Hermione.

Elle se demanda pourquoi elle lui avait dit cela. L'alcool sans doute. Rogue secoua la tête.

-Rentrez au château, dit-il d'une voix lasse. Et que je ne vous revois plus dans ce bar dégoutant.

Il balaya des yeux la jeune fille une dernière fois, lui rendit ses sacs, puis s'enfonça dans la nuit. Hermione poussa la grille et se dirigea vers Poudlard.


J'espère que ce chapitre vous a plu, à la semaine prochaine pour celui de la Saint Valentin!
Passion Fugace