Chapitre Deux : Tout espoir s'estompe

Ce n'était que le début. Jour après jour, et nuit après nuit, ça continuait, jusqu'à ce que même ses élèves commencèrent à remarquer l'épuisement gravé dans chacun des actes de Rogue. La plupart, bien sûr, en devinèrent la cause -les attaques avaient fait les gros titres, et même les plus sots des enfants savaient où leur maître des potions passait ses nuits. Mais, en vérité, ce n'était pas tant le manque de sommeil que les cauchemars

Il en revivait un une fois encore.

Ça avait commencé le 17 Octobre, le jour suivant celui où Voldemort apprit que Black avait disparu d'Avalon. Les Aurors avaient réussi à garder cette nouvelle cachée pendant presque une semaine, mais quand elle sortit, les journaux n'avaient pas lâché l'affaire. Et si les rapports étaient vrais (et Bella avait habituellement raison en ce qui concerne le Seigneur des Ténèbres), Voldemort avait perdu son sang froid.

Ce qui nous amène au Pré-Au-Lard

Rogue continuait de se sentir nauséeux rien que d'y penser, et ça n'avait fait qu'empirer le lendemain matin, quand il avait dû accompagner les autres professeurs de Poudlard pour enterrer les morts. Habituellement, il ne se souciait pas ce que les autres pouvaient penser de lui, mais les regards des trahis/la trahison qu'il lisait dans les regards commençait/ commençaient à peser sur son âme. Sinistra était la pire ils travaillaient ensemble depuis des années et, bien qu'ils n'aient jamais été amis, ses remarques l'avaient blessé. Ainsi que sa froideur, après que ses larmes aient séchées

Même vous, je n'imaginais pas que vous pourriez un jour tomber aussi bas, lui avait sifflé Aurora sur le chemin du retour, ne lui laissant même pas la chance de répondre

Il n'aurait pas pu, de toute manière, mais ça ne l'empêchait pas d'en avoir envie. Elle ne comprenait pas que ce n'était pas son choix, et qu'il aurait donné n'importe quoi pour fuir ce sombre cercle vicieux. Personne ne comprenait – même Remus l'avait regardé avec horreur avant de détourné le regard. Jamais Severus n'avait sentit à ce point le poids de l'absence de Dumbledore. Il se sentait plus seul que jamais.

Il était présent cinq jours plus tard pour la mort de Stephen Hoppner, regardant l'ancien Auror reconverti en Historien célèbre s'éteindre comme un de ces héros mythique des anciens temps. Il avait vu l'offre donnée et rejetée et ensuite il avait vu les gens ignorer le courage démontré par le mourant.

«Tu ne veux pas reconsidérer notre offre, Stephen ? ", lui avait demandé Lucius d'une voix calme, si calme. Il y avait-il un sens caché dans le fait que Voldemort ait seulement envoyé les membres d'ancienne famille pour persuader l'homme ? Un Malefoy, un Rogue, un Lestrange, une Black – bien que Malefoy par mariage, elle était toujours la plus ancienne par le sang. Mais pas de Bellatrix. Elle n'était pas raisonnable.

Et ce qu'ils faisaient était si raisonnable

Hoppner n'avait même pas pris la peine de répondre. Il supportait bien la douleur. Mais en réfléchissant, il avait bien supporté Azkaban. En comparaison, ce n'était rien.

Heure après heure. La femme et fille de Stephen étaient inconscientes dans un coin, principalement grâce aux actions de Rogue. Mais il ne les avait pas épargnées par compassion. Elles étaient autorisées à vivre parce que Le Seigneur des Ténèbres avait d'autres plans pour elles. Le fils avait grandit il venait tout juste de sortir de Poudlard, mais il n'était pas encore rentré à la maison. Son cas sera traité plus tard.

L'aube arriva, mais l'aîné de la famille Hoppner n'avait pas craqué. Il ne craquerait pas, et ils le savaient, donc à la place, ils le faisaient crier. Rodulphus n'était pas l'égal de sa femme dans l'art de la torture, mais ensemble, les quatre Mangemorts recouvrirent le sol de sang. Du sang ancien et pur.

C'étaient des moments comme celui-ci qui, v, avait fait que Rogue se détourne des ténèbres.

Pourtant, Hoppner resta provocateur jusqu'à la fin, parvenant à nier la douleur pour rire à ses tortionnaires, leur demandant si c'était le mieux qu'ils pouvaient faire. Brave homme. Insensé.

Comme les autres, il mourût, même si c'était de manière plus noble que la plupart. Et avec beaucoup moins de raison.

Il était aussi présent le jour ou le jeune fils de Stephen Hoppner, Gnaeus, pris la Marque pour sauver sa mère et sa sœur. Toute deux languissaient toujours à Azkaban, mais elles n'avaient pas été blessées. On leur avait même permis de rester ensemble, même si ca ne changeait rien face aux Détraqueurs. Il se rappelait l'expression de leur visage quand il les avait amenées là.

Oh, il s'en rappelait :

«Pourquoi te fais-tu subir cela ?".murmurait rageusement Severus, tirant énergiquement sa tète de ses mains. Ses coudes étaient douloureux à force de rester sur son bureau si longtemps.

Il secoua la tète, espérant que ça lui apporterait de la clarté. Mais il n'y avait pas de vraie réponse. Pas de raison. Seulement de l'insomnie et des cauchemars qui le hantaient Il n'avait pas été hanté a ce point depuis des années. Le Seigneur des ténèbres gagnait, et ça le rendait malade. «Tu es malade depuis longtemps, Severus.", se rappelait il durement. «Tordu et cruel, tu te rappelle ? "

Même sa propre colère ne le piquait plus, et il s'éleva, une fois encore, essayant de se diriger vers son lit. Peut-être qu'il pourrait dormir quelques heures avant le retour des cauchemars avant qu'il ne revoir les visages de ceux qu'il avait tués. Étrangement, Hoppner ne le hantait pas autant que les autres, mais Hoppner n'était pas exactement innocent. Il avait fait son choix, il y a longtemps.

Et pourtant… Du coin de l'œil, Rogue lut les gros titres de la première page de la Gazette des Sorciers et il grinça des dents

ABANDON DES RECHERCHES, disait le titre du premier article, écrit par Keith Lindsay. Ce n'était que la suite d'un autre article de Charles Li, qui a montré plus de créativité dans son titre LE DERNIER ESPOIR N'EST PLUS, mais pour une raison inconnue, l'article lui donnait un sentiment de vide intérieur

Vingt-neuf jours depuis que la nouvelle était sortie. Trente-six depuis que l'événement avait eu lieu, d'après Remus, qui était bien placé pour le savoir. Ça aurait été quelque chose d'autre, Severus aurait été surpris de voir que les journaux étaient toujours fixés sur le même sujet, mais c'était différent. C'était tragique.

Il a observé les journaux démonter Sirius Black, protestant contre ses actions, d'abord avec tristesse, puis avec colère. L'opinion publique suivait plus ou moins – une perte d'espoir qui frôlait la fureur, et un vide que la guerre amplifiait chaque jour; Dans le passé, Severus se serait senti vengé et satisfait. Maintenant, il était partagé entre joie et terreur. «Ne sait il pas ce qu'il a fait ?" Mais une petite partie de Severus comprenait il se rappelait du regard de Black quand il lui avait demandé ses trois dangereuses potions.

Beaucoup se demandaient si Black allait revenir au côté de Voldemort, s'abandonnant complètement aux ténèbres. Regarder dans ses yeux, pourtant, avait appris à Severus que ça n'arriverait jamais. C'était un homme qui combattrait ou qui mourrait en essayant.

Mais les héros ne servent a rien quand ils s'enfuient

Peu importe. L'effort de guerre plongeait dans les ténèbres

12 Novembre. Ça aurait été une belle journée si le Ministère de la magie ne brûlait pas.

Des mois de travail avaient été consacrés à la reconstruction du Ministère et à le rendre aussi impénétrable que possible. Une construction minutieuse, des protections placées dans le but de protéger la centaine de travailleurs à l'intérieur, et même la pessimiste Gazette des Sorciers trouvait de bonnes choses à dire à propos des chances du nouveau Ministère face a une nouvelle attaque. LE nouveau building avait ouvert ses portes avec beaucoup de bruit une semaine seulement après les événements, terminé et prêt à être un symbole du combat actuel contre les ténèbres. James Potter avait bien parlé, de rêves, d'espoir et de nouveaux départs.

Rogue s'était tenu avec les autres et avait ri quand le Ministère brûlait. Il avait vu les innocents tenter de se sauver. Certain réussirent, et d'autres non. Pendant la première attaque, ils avaient capturé Marcy Basil. Pendant la seconde, moins de deux semaines plus tard, ils capturèrent Mafalda Hopkirk. Des fonctionnaires moins importants moururent pendant les deux, mais Basil était un chef de département, et un des plus ardents défenseurs de James. Rogue savait que cette perte était un coup dur pour le Ministre, il savait que James avait besoin d'elle, particulièrement à la suite de la disparition de Black et de la mort de Dung Fletcher – Fudge n'était pas le seul qui déclarait que Potter avait perdu sa poigne. La présence de Basil permettait l'équilibre des chefs de département, gardait le pouvoir du côté de James. Mais, évidement, ça ne l'avait pas stoppé quand il l'avait capturée.

La vie, même à Azkaban, était meilleur que la mort.

Donc il combattit, et il tua, et il captura, même si Rogue (contrairement aux idiots qu'il commandait) comprenait que le but de cette attaque n'était pas de s'emparer du Ministère. Le but était simple : Tuer une douzaine ou plus, canarder tous les Aurors qui auraient le courage de montrer leur face et rigoler. Rigoler pendant que le ministère s'écroulait sur lui-même, signant ainsi leur échec.

Car ils avaient échoué. Alice Londubat ne pouvait mettre de l'ordre dans ce gâchis, même si elle avait essayé. «Il manque quelque chose. Mais trois Aurors ne pouvaient rien face à une douzaine et demi de Mangemorts, particulièrement avec des employés du Ministère dans les pattes. Et il ne pouvait pas réussir comme ca

Et ces passants innocents étaient doués dans l'art de se mettre dans leurs pattes. Rogue en tua un quand il essayait de toucher Alice Londubat avec un Brise-Os (Il visait sa jambe, mais l'imbécile réussis à tomber face en avant juste sur le chemin du sort et son crane explosa).Alice n'a même pas glapit quand les fragments s'étaient répandu sur son visage. Elle a simplement visé Rogue avec un sortilège d'Imperius qui l'a presque fait tomber

Parfois, il se demandait de quel côté il est vraiment.

Incendio

Il l'enflamma presque sans le vouloir (ce qui démontrait assez bien ce qu'il disait toujours a ses élèves : Faites attention !) et plongea quand le protégé d'Alice lui jeta un sort. C'était le problème avec les anciens de Poudlard. Sauf s'ils devenaient des Mangemorts, ils terminaient inévitablement par chercher à le tuer.

Au moment même ou Rogue se relevait, une explosion détruisit le sol en dessous de lui, le renvoyant face contre terre encore une fois. Il jura et se redressa

de nouveau.

«Allons-y", cria-t-il aux autres. Des airs de mutinerie apparurent sur certains en réaction a son ordre, spécialement de la part de Osborne Blackwood, qui avait des illusions de grandeur par rapport à/qui se faisait des illusions quant sa place dans la hiérarchie des Mangemorts. Mais un simple mouvement de sa baguette remis Osborne en place (les autres n'avaient aucun doute sur le fait que Rogue pourrait les frapper sur place et les trainer tremblants en dehors du Ministère.)

De plus, la dernière explosion était la conclusion de leur attaque. Les nouvelles portes brillantes du Ministère (offertes par Salamender, il en était sûr) brûlait, malgré les efforts de ces idiots pour les décrocher. Imbéciles. Le feu continuerait pendant des heures.

A ce moment là, les Mangemorts seraient à Azkaban, à écouter les cris, encore.

Où sont-ils ? Demanda doucement James

Rogue le regarda de travers. «A Azkaban, évidemment, je pensais que tu savais"

«Peut-être que je savais". James regarda le vieux calendrier richement décoré qui pendait au mur de son bureau (un autre objet hérité de Dumbledore, mais un qu'il aimait). Le 14 Novembre, deux jours après l'attaque du Ministère et presque un mois après l'attaque de Voldemort au Pré-au-Lard. Un mois et 4 jours depuis que Sirius avait disparu. "C'est juste que…" Il ne se fatigua pas à dire le reste : «C'étaient des enfants". Rogue était au courant et ne pouvait pas se permettre de montrer ce qu'il ressentait à propos de ça (s'il ressentait quelque chose). «Nous avons besoin de Sirius."

«Faut le lui dire", rétorqua Rogue

James sentit ses épaules tomber. «Je le ferais si je savais ou le trouver".

«Quel ami ! "

«Ne dis pas ca", dit James, la voix indiquant qu'il était prêt à craquer.

Deux sourcils noirs s'élèvent «Ce n'est pas la vérité ? "

«Tu n'as aucun droit pour le juger ! " C'était dur pour lui de ne pas crier ou grogner. Il savait qu'il s'énervait pour peu, mais James ne pouvait pas s'en empêcher. Ses nerfs étaient usés, et la pression ne faisait que monter.

«Vraiment ?", contredit froidement Rogue. «J'ai vu ce qu'il faisait. J'ai vu la route qu'il arpente. Et personnellement, je serait surpris s'il ose revenir." Ses yeux brillèrent. «Ne te berce pas d'illusions, Potter. S'il revient, il ne sera plus l'homme que tu as connu jadis."

«Tu ne peux pas en être sûr !", rétorqua James, repoussant la nausée qui le menaçait. «Tu ne le connais pas."

La réponse fut froide : «Tu ne le connais plus toi même."

Deux articles parurent le 22 Novembre, chacun pire que le précédent. Le premier expliquait que Gabriel Binns, l'Auror désormais aveugle, était finalement sorti de Sainte Mangouste le soir du 21 et se dirigeait vers chez lui avec sa sœur quand une bataille avait éclaté dans les rues Moldues de Londres. Un Auror aveugle n'avait pas beaucoup de chance de s'en sortir face à une demi-douzaine de Mangemort, surtout quand sa sœur jumelle se fait découpée par Bellatrix Lestrange. Les indices suggèrent que Samantha Binns avait bien combattu (mais pas assez bien).

Sa nécrologie appelait au retour de Sirius Black et le blâmait pour la soudaine chute du monde magique dans les ténèbres. Les héros, comme le disait Charles Li, ne tournent pas le dos de ceux qui ont besoin d'eux. Sirius Black avait fui, mais il avait une dette envers le monde magique. Ils avaient besoin de son aide, et qui était-il pour la leur refuser ? Est-ce que le monde ne valait pas davantage que ce qu'il était en train de faire, peut importe ce que ça pouvait être ? C'était sa faute si Samantha Binns était devenue une victime de plus, dont l'innocente vie avait été gâchée.

Et son frère était juste un autre Auror croupissant à Azkaban. Son arrivée fit monter le nombre estimé de prisonniers à cent-vingt-sept, comprenant cent-vingt-deux enfants, tous entre quatre et onze ans. Enfant qui n'avait plus de famille pour les défendre.

En conséquence, la Gazette avait essayé et fini par réussir à épingler la faute (et la responsabilité) à Sirius Black.

Le pire, pourtant, fut Laçenne.

Voldemort avait rarement frappé sur le continent européen, mais l'alliance de la France et de l'Angleterre semblait avoir détruit cette amnistie. Quelques minutes seulement après que Bellatrix Lestrange et ses compagnons eurent capturé Gabriel Binns, une autre attaque prenait place dans une des plus anciennes et pures villes du monde magique. Beaucoup des traditions magiques modernes pouvaient être retracées jusqu'à Laçenne, et quasiment toutes les familles importantes avaient un membre là-bas. Laçenne était même la demeure ancestrale des Montagues, cinquième famille des Quatorze. C'était la plus ancienne ville de leur monde, et quiconque comptant pour quelque chose était passé par là. Peu était ceux qui ne l'aimaient pas (Magnifiquement perchée au dessus en haut de la Seine, Laçenne était tout ce qu'une ville sorcière devrait être)

La plupart de ses résidents pensaient que ça la rendait sure, même si la ville avait fermement prêté allégeance a Eugene Legarde. Ils étaient fiers de dire que leur président avait été élevé dans l'une des plus anciennes villes sorcière, et d'affirmer qu'il avait raison. Les ténèbres devaient être combattus.

En moins d'une heure, la ville était vide, excepté les corps. Voldemort et ses partisans ne touchèrent à aucun des anciens et célèbres bâtiments (le Seigneur des Ténèbres avait juste ordonné d'exterminer la population). Les bâtiments, vieux de deux milles ans, avaient été épargnés. Trois mille cinq cent sorcières et sorciers furent tués (la plupart dans leur sommeil, mais certains avaient combattu). En moins de soixante courtes minutes, Laçenne était devenue une ville fantôme, dans le vrai sens du terme.

Tous, sauf cinq Aurors que Voldemort ramena à Azkaban: Christophe Montagues, Thierry Moreau, Charlotte Fournier, Josette Simon et Marie Roux. Tous avaient combattu. Ils étaient tous tombés.

Cinq de plus pour Azkaban

Le prisonnier numéro 133 fut Sam Ackerly. Un ancien Auror et père du regretté Edward Ackerly (tombé pendant l'attaque du manoir Jedusor). Il fut tiré de sa maison après avoir vu sa femme et son fils de neuf ans torturés à mort. Ce que Voldemort voulait à cet homme déjà brisé était au-delà de la compréhension magique. Mais il finit quand même à Azkaban.

La suivante fut Mafalda Hopkirk, capturée durant la seconde attaque du Ministère. Bien que moins sévère que la première (physiquement), le nombre de mort s'élevait à vingt sept fonctionnaires, dont les trois quart avaient été tués durant la seconde attaque. Fudge cria au meurtre de sang et James jura vengeance, mais aucun beau discours ne pouvait guérir les plaies.

Puis, ça ce compliqua

Avalon. 25 Novembre 1992 Avec la nouvelle année, venait une nouvelle classe d'Auror (4905) prévue pour le premier janvier. Les Français et les anglais travaillaient sur une manière de standardiser leurs procédures tactiques et (le plus important) d'apprendre les uns des autres. Les Français n'avaient pas été en guerre depuis presque un siècle et leur dernière menace majeur était un sorcier noir assez faible comparé à Voldemort ou Grindelwald, que les Britanniques avaient combattu seuls. Mais où les Britanniques avaient l'expérience, les Français avaient l'avantage du nombre. Ils n'avaient pas subi une attaque de leur prison ou un Ministère détruit, ou un Chemin De Traverse. Ils étaient toujours forts.

«Jean… ?". Bill Weasley traversa le hall principal d'Avalon, accélérant ce qu'il avait à faire. Le chef des Aurors français leva la tête de son café et leva un sourcil.

«Ouais."

Bill ravala sa salive

Il ne pouvait s'empêcher d'apprécier Jean (même si le Français était un peu délicat parfois). Il avait un vif sens de l'humour et l'attention de son président. Grâce à lui, il y avait maintenant neuf Aurors français sur Avalon… et un projet de faire venir la nouvelle classe française était en cours. C'était, évidemment, un secret que aucun des Aurors n'avait partagé avec leur gouvernement respectif. Alice avait juste secoué la tète et avait grogné qu'ils le découvriraient quand ils le découvriraient.

Mais découvrir n'était pas toujours une bonne chose.

Lentement, Bill se plaça sur un fauteuil à côté de Jean et observa le visage du vieux sorcier se tendre d'inquiétude. Bill était habituellement bon à cacher ses émotions, mais dans ce cas, il était sûr de porter la vérité sur son visage. Incapable de se contrôler, il ravala difficilement.

«Qu'est ce qui ne va pas, Bill ?", demanda Jean calmement, comme si il avait peur de sa propre voix.

Il dut prendre une grande inspiration avant de parler «Il y a eu …une attaque" Termine en vite, Weasley ! s'ordonna-t-il. Ne le fait pas souffrir ! «Mangemorts, la nuit dernière. Ta femme…"

Jean ne parla pas, mais son visage devint blanc au moment où le mot sortit de la bouche de Bill. Toujours lentement, sa main se leva pour couvrir sa bouche et ses yeux devinrent vides…

«Je suis désolé," murmura Bill, sentant immédiatement combien cette remarque était inadéquate. Mais que dire d'autre ?

«Est-ce…" Jean aspira un grand coup, luttant pour garder son self contrôle. «Est ce qu'elle est…"

«Oui," répondit Bill aussi gentiment qu'il le pouvait. Mais les Aurors ne se mentent pas entre eux, malgré le gouffre que l'âge et la nationalité pouvaient créer entre eux.

Le morceau de parchemin resta pendu entre eux pendant un moment avant que Jean ne l'accepte, tremblant. Ce n'était pas beaucoup (juste une note rapide d'un Auror à un autre quand même les hiboux leur semblaient non fiables). Bill l'avait déjà lue parce qu'il ne savait pas à qui elle s'adressait quand elle était arrivée sans sceau ni destinataire, et son homologue avait disparut trop vite pour indiquer à l'Auror anglais à qui la donner. Maintenant, pourtant, il se sentait comme un voyeur.

Jean déroula la note lentement et lut les quelques lignes. Bill regarda ses yeux se fermer pour un moment et se rouvrir clair et concentré.

«Je dois y aller", annonça-t-il doucement. «Pour le moment. Je dois annoncer la nouvelle à sa famille… Ce sont des Moldus, ils ne comprendront pas."

Un sourire moitié forcé, moitié penaud se dessina sur son visage, et Bill se leva avec lui.

«Est-ce que vous voulez que je vous accompagne ?", demanda-t-il avant de réfléchir a ce qu'il disait. Il avait des obligations sur Avalon, mais elles pouvaient attendre.

«Non," répondit Jean calmement. «Je dois le faire seul"

"Ne faites..."

"Rien de stupide ?", termina Jean à sa place. "Mon ami, je n'en ferais rien. Pas encore. Et…", sa voix tremblait légèrement, " Il reste trop de chose à accomplir."

«Votre famille… ?"

«Morts depuis longtemps."

Bill ne voyait pas quoi répondre. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était regarder Jean quitter le hall, calme et posé, mais avec quelque chose en moins. Quelque chose qui était la seulement quelques minutes plus tôt. Le charismatique et joyeux Français était parti, et ses pas n'étaient plus si sûrs. C'était pareil pour tous ceux qui avaient perdu un membre de leur famille, mais Jean avait la distinction d'être le premier d'une nouvelle catégorie. Voldemort visait maintenant les Aurors français.

«J'ai l'impression de commettre une trahison en se réunissant ici", dit calmement Peter. Remus acquiesça en silence, assis près du feu et le ravivant avec un vrai tisonnier (le ciel seul savait ou il avait trouvé ca dans l'ancienne demeure Black). Peut être qu'il était là depuis le début.

«Que penses-tu que je ressente tout les jours ?", demanda James d'un air maussade. «J'habite ici."

«Pourquoi tu ne reconstruis pas tout simplement Godric's Hollow ?", répondit Peter.

James haussa des épaules " Plus facile à dire qu'à faire. Mais on le fera. Un jour."

«Peu importe", reprit Remus lorsque personne d'autre ne voulait parler. Sa poitrine était lourde. «A propos de Sirius..."

«Ouais", tiqua Peter.

«Il faut le trouver." Parfois, Remus détestait être la voix de la raison, même si ça lui venait naturellement. Il détestait énoncer l'évidence.

"Je suis à court d'idées", admit James, les mains posé sur son visage. Il tira ses lunettes sur le côté d'un geste irrité et frotta ses yeux. "Il ne répond pas aux lettres (elles sont toutes revenues sans même avoir été ouvertes) et nous avons cherché partout… La Cabane Hurlante, Avalon, son ancien appartement, les caves en dehors de Pré-Au-Lard, tout les parcs entre ici et la manche, magique ET Moldus,…"

"Je commence à me demander s'il est toujours en Angleterre", dit Remus quand James finit son inventaire.

"Si les poster "chien perdu" n'ont rien donné, c'est qu'il ne se cache pas en temps que Patmol," ajouta Peter. "J'ai placardé toute l'île avec. Et la France."

Remus soupira. "Il ne veut pas être trouvé".

"Et?", rétorqua James, et Remus haussa des épaules. Oui, ça les touchait, mais seulement jusqu'à un certain niveau. Ça les touchait en tant qu'amis, mais ils avaient tous des responsabilités sur leurs épaules qui devraient avoir plus de valeur que l'amitié (mais ce n'était pas le cas.). La disparition de Sirius faisait mal. Il était parti depuis un mois et demi.

"Tu devrais savoir, James, à quel point c'est dur de trouver un Auror qui ne veut pas qu'on le trouve", sortit calmement Peter

"Dur, mais pas impossible", répondit calmement l'ancien Auror, pour se dégonfler directement après. "Au moins, on sait que Alice et les autres sont aussi perdus que nous. Ils ont envoyé Bill Weasley et Nymphadora Tonks le chercher, il y a deux semaines, mais rien n'en ait sorti. Ils sont déjà rentrés à Avalon."

Peter grogna, et Remus ne put s'empêcher d'être d'accord. Souvent, il essayait de ne pas penser à Sirius, de ne pas s'inquiéter de où était leur ami et dans quel genre de problème il était en train de se fourrer, mais avec James et Peter, c'était impossible. Et la douleur revint. La douleur et les visions.

Un personnage, debout dans une plaine venteuse. Ses robes noires dansaient derrière lui pendant que le ciel devenait de plus en plus noir.

Il n'y avait même pas une baguette dans ses mais, mais Remus ne pouvait pas voir son visage. Mais Remus n'en avait pas besoin

Un homme.

Une tempête.

Seul

Marchant.

Des éclairs

Il cligna des yeux pendant que la main de James se posait sur son bras. "Ça va, Lunard ?"

Même le surnom faisait mal. "Ça ira. C'est juste une autre vision"

"Mauvais ?", demanda doucement Peter.

Remus acquiesça silencieusement. Il avait parlé aux autres de la Fontaine après que Sirius soit partis, réalisant que les secrets ne pouvaient que diviser dans une période où il avait absolument besoin d'être soudé. Heureusement, Peter et James avaient compris et ils ne le condamnaient pas. Les secrets que Sirius avaient gardé pendant si longtemps, par contre, seraient beaucoup plus durs à expliquer… peu importe ce qu'ils étaient.

"On doit le trouver", déclara James

"Comment ?" Remus détestait avoir l'air si désespéré, mais entre les faits et ses visions… tout ce pour quoi ils s'étaient battus était mourant, et tout ça parce qu'un homme avait choisi de s'enfuir. "Tu dis toi-même qu'on a cherché partout."

Un choix peut tout changer

James commença à répondre, puis s'arrêta dans un haussement d'épaule. Pendant un long moment, lui et Remus se fixèrent, essayant de penser à quelque chose (mais seulement conscient du vide de la pièce sans Sirius avec eux). C'était comme s'ils revivaient ses horribles dix années encore une fois, à l'époque où ils croyaient que Sirius était mort et qu'ils ne le reverraient jamais. Est-ce comme ça que ça marche ? pensa Remus, le cœur brisé. On le retrouve pour à peine un an et, après, il disparait une fois de plus? Il pouvait voir la même amertume dans les yeux noisette de James.

"Peut-être qu'on ne devrait pas être ceux qui le cherche", dit soudainement Peter.

"Quoi ?" Remus et James se tournèrent tout les deux pour le dévisager et Peter essaya de sourire. Ses efforts furent en vain, parce que son cœur était aussi malade que les deux autres.

"Ben, on le connait le mieux. Sirius sait ca… donc il se cache de nous. Vrai ?"

Remus hocha doucement sa tête. "C'est vrai…"

"Donc, laissons quelqu'un d'autre s'en occuper. Quelqu'un qui a passé des années à trouver des choses cachées."

" Hein ? ", dit James.

Peter sourit. "Ne t'inquiète pas, Cornedrue. J'ai une idée"

Ténèbres et Ténèbres.

Il ne comptait plus les jours passés, il passait son temps à travailler, progressant et saignant. Se souvenant. Il avait de plus en plus de mal à différencier rêves et réalité. Tout semblait pareil.

Et le peu de normalité qu'il lui restait se trouvait entre les pages d'un vieux journal en cuir. C'était la seule chose qui le gardait saint d'esprit : un objectif. Objectif. Il tourna le mot dans tous les sens, seul dans le noir, n'étant pas sûr s'il s'était exprimé à voix haute. Il avait un objectif.

Pas à pas.

Jour après jour.

Ténèbres.

Toc, Toc

"Pas encore", se dit elle, s'arrêtant de lancer un regard colérique a Cléopâtre, sa grosse chatte fainéante. Pattie, évidement, ignora l'incessant battage de porte - elle en avait peur autrefois, mais après trois fois par jours, (aussi régulièrement que ses repas), la pauvre créature avait abandonné. Maintenant, elle se contentait de rester allongée sur le comptoir et de bâiller.

Julia s'arrêta pour chasser Pattie du comptoir pendant qu'elle se dirigeait vers la porte. Autant elle pouvait aimer la chatte, Pattie devait absolument abandonner cette manie de s'allonger sur le comptoir. Julia ne pouvait admettre avoir des poils de chat dans sa nourriture.

Pattie se sauva loin de Julia pendant que cette dernière passait à côté d'elle. Elle cracha hargneusement pendant qu'elle rebondissait sur le mur pour atterrir sur ses pattes. Julia, pourtant, ignora la chatte. Une fois de plus.

"Qu'est ce que vous voulez ?", cria Julia en français, alors qu'elle savait exactement qui c'était. Elle souhaita que ses parents ne l'aient pas élevée à être polie et à ne jamais laisser quelqu'un se tenir sur le pas de la porte. Pourquoi je ne fais pas simplement comme si je n'étais pas là ? se demanda-t-elle pour la centième fois, évitant une pile de livre en se dirigeant vers la porte. Il faut que je nettoie. Encore. Elle avait tout le temps besoin de nettoyer. Son appartement n'était peut être pas sale, mais il était encombré ! Sa mère n'en aurait pas été fière.

D'un autre côté, ses parents se serait retournés dans leurs tombes s'ils avaient su qu'elle travaillait dans une ville moldus en tant que libraire moldue. C'était un travail ennuyant, en grosse partie, mais ça l'aidait à passer inaperçu, et Julia a toujours aimé les livres. Au moins, ça lui donnait quelque chose à faire. Et ça aurait pu être amusant si Jerry, son ancien prétendant éconduit, n'avais pas un job au café juste à côté.

Des murmures se faisaient entendre de l'autre côté de la porte. Au moins, il n'était pas en train d'essayer de jouer au romantique dans son affreux français. Julia parlait le français des Quatorze, appris par sa mère, une Montague née française. Jerry, par contre… Jerry Silverman était de New York. Et il aimait prétendre connaître le français.

"Qu'est ce que vous voulez ?", répéta Julia, en regardant dans le judas. Elle était sûre que c'était Jerry, mais il valait mieux vérifier sur qui elle criait.

"Heu… Anglais ?" répondit Peter Pettigrew l'observant depuis l'autre coté du trou.

« Peter ! » Julia ouvrit la porte brusquement, puis se rappela de regardé dans le couloir. Heureusement, il était toujours vide « Entre, je t'en prie ».

« Je suis seul, si c'est ce qui t'inquiète », dit calmement le petit homme, entrant et permettant à Julia de fermer (à clé) la porte.

« Désolée, je crois que je suis devenue paranoïaque », dit la jeune femme en souriant.

« Moi aussi. »

Peter avait l'air si gêné qu'elle demanda presque pourquoi, mais Julia s'arrêta à temps. Ce n'était pas ses affaires, bien sûr, mais pourquoi est-ce que Peter était là ? Montréal n'était pas exactement à deux pas de son appartement à Londres, même quand vous êtes un sorcier. Elle fut retentée de demander, mais s'arrêta encore. Maman m'aurait tuée pour avoir oublié les bonnes manières à ce point.

« Assied-toi, je t'en prie », dit elle finalement, dégageant Pattie du fauteuil. « Je peux t'offrir quelque chose à boire ? »

« Non, merci », répondit Peter, s'asseyant et observant l'appartement avec curiosité. « Je ne peux pas rester longtemps, et tu te demandes probablement pourquoi je suis ici. »

« Oui », admit-elle, se jetant sur le fauteuil en face de lui. « C'est juste que j'étais un petit peu surprise de te voir ici. »

Peter acquiesça. « Ben… Es-tu au courant de ce qui se passe actuellement chez nous ? »

"Un peu", répondit Julia en haussant des épaules. "Pas grand chose, réellement. Je ne reçois pas la Gazette ici. Ça serait trop facile de me trouver et les hiboux ne traversent pas l'océan facilement, de toute manière. Je ne reçois pas de journaux magiques canadiens non plus pour les mêmes raisons. De plus, ils ignorent globalement ce qui se passe en Europe, à part si c'est sensationnel. »

« Donc, tu n'es pas au courant ? »

« Au courant de quoi ? »

Peter grimaça. « Sirius a disparu depuis un mois et demi. »

« Quoi? ». Tout à coup, elle avait du mal à respirer et sa tête commençait à tourner. « Décéd… Mort ? »

Elle doutait d'être capable de dire le mot correctement.

"Non", dit rapidement Peter en secouant sa tête. "Ou, du moins, nous ne pensons pas. Et il n'a pas été capturé non plus". Julia recommença à respirer. « C'est juste que… Il est parti. Il a quitté Avalon sans le dire à personne, et nous ne savons pas ou il est parti. »

« Partis ? »

Peter acquiesça gravement. « Nous, c'est-à-dire moi, James et Remus, avons cherché partout depuis. Nous somme à court d'idées. »

« Et vous voulez mon aide ». Elle avait toujours des difficultés à comprendre ce que Peter lui avait dit mais Julia comprenait au moins ça. Sirius est parti ? Parti ? Elle en eut des frissons. Pourquoi s'enfuirait-il?

"Je sais que c'est dangereux pour toi", répliqua-t-il d'une voix hésitante. Et je ne serais jamais venu si j'avais trouvé une autre solution… Mais les choses ne font que s'empirer, Julia. C'est grave, et nous avons besoin de Sirius. »

« Grave à quel point ? », murmura-t-elle, essayant d'imaginer qu'est ce qui avait pu pousser Peter à traverser l'océan pour la retrouver.

« Assez grave pour penser qu'on ne tiendra pas un autre mois. Nous devons le trouver, Julia. Et tu es la seule chance que nous avons. »

Elle se leva rapidement, lisant de la sincérité sur le visage de Peter et sachant qu'il était un très mauvais menteur. Si le Seigneur des Ténèbres voulait lui tendre un piège, il n'aurait jamais utilisé Pettigrew (surtout depuis que Peter s'était détourné de Voldemort), et Julia savait qu'il aurait préféré mourir plutôt que de trahir ses amis. Le petit Peter Pettigrew était de loin beaucoup plus fort qu'on pouvait le croire au premier regard.

« Je vais faire mes bagages. »