Et voilà déjà le 2e chapitre ! Yeah !

Merci pour les commentaires qui me motivent à continuer.

BritneyBitch : Et beh, en fait je n'ai pas de nouvelle de Reachingforheaven depuis juin, donc je ne sais pas si ça va mieux. Je l'espère de tout cœur.


Note de l'auteure : les titres des chapitres seront toujours des extraits de chansons de David Bowie, mon premier grand amour. C'est la première raison. La deuxième est liée à une interview de B. Cumberbatch dans laquelle il déclare s'être énormément réjoui que David Bowie, lui aussi, trouve « Sherlock » génial.

La boucle est bouclée, de mon premier amour à celui du moment. C'est beau, n'est-ce pas ?

The boy in the bright blue jeans

(Tiré de « Lady Stardust » de David Bowie)

John avait enchaîné les rencards en espérant apaiser sa libido désormais ravivée grâce à Sherlock. Bien sûr, ce n'était pas la même chose, mais jusqu'à présent il n'avait pas encore abandonné tout espoir. Parmi ses nombreuses rencontres, il y aurait peut-être une femme, qui éventuellement... Avec laquelle il pourrait s'imaginer...

En réalité, malgré son penchant pour les hommes, John n'avait jamais douté de rencontrer un jour une femme dont il tomberait amoureux, qu'il épouserait et avec laquelle il fonderait une famille. Être avec un homme était certes très excitant, mais il n'avait jamais cru qu'il passerait le reste de sa vie dans une relation homosexuelle épanouie.

Depuis qu'il connaissait Sherlock, son rêve de posséder un pavillon à partager avec une femme et 1,9 enfant, comme lui promettaient les statistiques, perdait de plus en plus de son attrait.

Il s'énervait de la facilité avec laquelle Sherlock éloignait ses nombreuses conquêtes (voire incitait John à les faire fuir lui-même), mais il ne tentait pas grand-chose pour l'en empêcher. Les femmes l'intéressaient toujours, mais désormais, il préférait l'excitation de la conquête à la félicité de la victoire.

John avait de temps en temps brièvement envisagé de retenter quelque chose avec un homme. Peut-être que cela l'aiderait à le désintoxiquer de son obsession pour Sherlock. Bien sûr, cette aventure devrait rester un secret, mais ce ne serait pas un problème insurmontable. Cacher quelque chose à Sherlock n'était pas une mince affaire, mais John était certain qu'il y parviendrait.

Il commença donc à chercher autour de lui. En toute honnêteté, il devait avouer que ses tentatives étaient plus que timides. Mais au final, c'était sans importance.

Plus il cherchait, plus il prenait conscience que dans tout Londres, il ne se trouvait aucun homme qui arrivât à la cheville du célèbre détective.

Peut-être même aucun dans toute la Grande-Bretagne.

Sherlock.

L'homme qui ne cessait d'intriguer John.

John ne pouvait s'empêcher de repenser à la remarque d'Angelo. Il s'essaya même à l'art de la déduction.

Les faits étaient les suivants :

Angelo avait pensé qu'il était le rencard de Sherlock.

Angelo connaissait Sherlock depuis des années.

Sherlock avait déjà dîné dans son restaurant par le passé.

Angelo devait donc avoir de bonnes raisons de croire que Sherlock puisse inviter un homme à dîner.

Conclusion ?

Sherlock devait au moins être bisexuel, comme lui. John n'avait pourtant pas remarqué quoi que ce soit en ce sens, même si Sherlock s'exprimait parfois de manière peu conventionnelle et se comportait assez souvent avec excentricité, il n'avait jamais constaté un quelconque intérêt amoureux chez le détective.

Les arguments contre :

John avait vu Sherlock flirter avec Molly.

Sherlock préférait-il les femmes alors ?

Cependant, Sherlock n'usait de son charme que lorsqu'il voulait obtenir quelque chose, comme avec Molly. Il n'était jamais sorti avec elle, n'avait jamais discuté avec elle juste pour le plaisir.

Y avait-il d'autres possibilités ?

Le soupçon s'imposait de plus en plus à son esprit : Sherlock était peut-être asexuel.

Mais il lui arrivait de laisser éclater ce charme, ce sourire, cet intérêt sincère pour John et son opinion !

Cependant, il ne lui avait jamais lancé un regard... Un regard ardent, un regard entendu que John reconnaîtrait et comprendrait, car dans sa vie il avait été plus d'une fois le destinataire de telles œillades.

Sherlock se refusait farouchement à le regarder ainsi.

Sherlock avait-il choisi de vivre dans la chasteté parce qu'il était réellement et irrévocablement marié à son travail ?

Quelle que soit la raison derrière l'absence de regards significatifs (hétérosexualité, asexualité ou abstinence), aucune ne plaisait à John. Il abandonna ses tentatives de déduction et commença à entreprendre de longues promenades solitaires.

Au fil du temps, les promenades de John prirent une tendance inquiétante à le mener dans les quartiers interlopes de Londres. Cela semblait toujours se produire par hasard. John marchait tranquillement et quand il levait les yeux : oups ! Il se trouvait soudain dans cette zone.

Au bout d'un moment, John arrêta de se voiler la face et un certain soir de printemps étonnamment doux, il dirigea délibérément ses pas dans cette direction.

Cette partie de la ville était constituée d'une mosaïque de bars et de pubs louches, de publicités clignotantes aux couleurs vives et de recoins sombres.

On n'y rencontrait jamais de passants normaux. En revanche, on trouvait un certain nombre de jeunes hommes oisifs, appuyés aux lampadaires ou adossés au mur, seuls ou en petits groupes. La plupart étaient légèrement vêtus ou portaient au moins une chemise largement déboutonnée. Leurs regards se firent interrogateurs lorsque John passa devant eux. Il était souvent venu ici, mais il n'avait jamais abordé personne. Il avait souvent envisagé de le faire, mais n'était jamais passé à l'acte.

Aujourd'hui, ce serait différent.

Aujourd'hui, il adresserait la parole à un de ces prostitués.

Sa frustration sexuelle avait atteint un tel niveau que se caresser fiévreusement sous la couette ne lui suffisait plus.

Aujourd'hui, il voulait la queue d'un autre homme. C'était aussi simple que ça.

Il grimaça lui-même en pensant à la grossièreté de la formule, mais on ne pouvait tout simplement pas l'enjoliver. Il n'avait pas taillé de pipe depuis plus d'un an. Ce soir, son envie était impérieuse. C'était ça ou devenir fou.

Il ne pouvait pas se l'expliquer lui-même. Peut-être que la solitude lui pesait. Ces derniers temps, Sherlock sortait sans lui de plus en plus souvent et marmonnait quelque chose à propos de morgue, de laboratoire, de bibliothèque, de recherche et d'expérience. Quand John avait une fois osé lui demander des précisions, Sherlock s'était montré particulièrement irrité :
– Si j'avais voulu rendre des comptes sur chaque minute de ma vie, j'aurais pu tout aussi bien demander à Molly d'être ma colocataire.

Tels avaient été ses mots exacts.

Il faut bien avouer que John avait été quelque peu blessé, mais c'était Sherlock, après tout. Néanmoins, cette remarque était probablement la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. C'est pourquoi il se trouvait maintenant dans ce quartier à la recherche... À la recherche de quoi en réalité ?

Il ne savait pas exactement lui-même, mais il croyait qu'il trouverait la réponse sur le moment. Il avait brièvement pensé choisir un jeune homme grand, mince et brun comme Sherlock, mais cela l'aurait sûrement déprimé après coup. Et une raison de déprimer en plus de toutes les autres, ce n'était vraiment pas ce dont il avait besoin dans sa vie. Pas question de choisir un grand brun. Tout le contraire alors ? Petit et blond ? John eut un petit rire. Il pouvait tout aussi bien se tenir devant un miroir. Alors qu'il réfléchissait encore à un compromis, un rire clair et sonore parvint à ses oreilles. Du coin de l'œil, il perçut un mouvement vif. Il s'arrêta et se retourna.

Cette agitation provenait d'un homme qui lui tournait le dos. Il tenait une cigarette de la main gauche et faisait de grands gestes. John observa attentivement le dos de l'homme ? Du garçon ?

Jean délavé près du corps, chemise ouverte de la même couleur et de la même matière portée au-dessus du pantalon. Il était grand, mais probablement moins que Sherlock, car le jeune homme portait des santiags noires à talons. Il était mince, avec des cheveux courts dont la couleur hésitait entre le blond foncé et le châtain clair délavé. Ils étaient aussi courts, voire plus courts que ceux de Sherlock, mais beaucoup plus bouclés.

L'un des hommes du petit groupe qui l'entourait sembla avoir remarqué les regards de John, car il chuchota quelque chose à l'oreille de l'homme en jean. Ce dernier se retourna, observa John et s'approcha de lui d'une démarche chaloupée.

La ressemblance avec Sherlock était frappante. Sa bouche avait presque la même forme que celle du détective, ses pommettes étaient un peu plus pleines, mais non moins saisissantes. Toutefois, ses mouvements affectés, mutins, excentriques, séducteurs, mais aussi ses yeux noisette et sa voix aiguë et claire qui portait une trace d'accent étranger gommaient très fortement les similitudes avec Sherlock.

– Qu'est-ce que je peux faire pour toi, chéri ? demanda le jeune homme.

Il regardait John dans l'expectative, la main droite lascivement posée sur la hanche. Sur son torse imberbe et immaculé brillait une chaîne en argent sans pendentif.

– Comment t'appelles-tu ? s'entendit John demander.

L'homme minauda en souriant.

– Comment voudrais-tu que je…

John secoua énergiquement la tête.

– Comment t'appelles-tu ? répéta-t-il.

Quelque chose changea dans les yeux de son interlocuteur.

– Peter, répondit-il.

John secoua la tête et l'homme ricana.

– Bon d'accord, finit-il par dire. Pierre. Je m'appelle Pierre. Si tu veux, je peux aussi te dire plein d'obscénités avec un accent à couper au couteau… ou même ne parler qu'en français.

– Sans aucun accent, ce n'est pas possible ?

Pierre eut un sourire surpris.

– Rares sont ceux qui le remarquent. Tu as une bonne oreille.

Après un moment d'attente, il se passa la langue sur la lèvre supérieure.

– Alors, qu'est-ce que ce sera pour toi ? Je ne veux pas te bousculer, mais…

– Non, pas de problème… Je veux dire… bredouilla John nerveusement. Je... euh... une pipe ? dit-il.

Il eut l'impression d'être le dernier des idiots.

– Pas de problème.

Il rit encore.

– J'ai toujours été doué en langue ! Mais seulement avec une capote. C'est 20 livres. Pour une éjac' faciale, c'est 30.

Le ton était très posé, très commercial, mais toujours sympathique et intéressé.

À sa plus grande honte, John sentit ses oreilles rougir.

– Non… plutôt le contraire…

– Oh ? fit-il, étonné. Tu veux me tailler une pipe ? Ça n'arrive pas souvent. OK... Disons 15. Moi, ça m'est égal, mais avec ou sans capote ?

– Avec.

– Tu n'as pas à te sentir gêné. Bon, tu veux faire ça où ? Tu as une voiture ? Sinon, le patron du bar là-bas derrière nous laissera utiliser les toilettes pour 5 livres. Si tu veux une chambre, c'est plus cher. On peut aussi aller là, dans le parc...

– Il n'y a pas de policiers dans le parc ?

– On a quelqu'un qui fait le guet. Dans le parc, alors ? Viens, suis-moi.

Alors que John suivait Pierre dans le parc, il avait l'impression de se déplacer dans un rêve. Sa tête lui semblait pleine de coton, ses pieds effleuraient à peine le sol, les bruits étaient comme assourdis.

Les bords de son champ de vision s'étaient brouillés et la seule chose qu'il voyait encore distinctement était le balancement de ces hanches moulées dans un jean délavé qui brillaient d'un reflet mat dans l'obscurité du parc, comme un feu follet.

John espérait que ce feu follet ne le mènerait pas à sa perte, mais il n'en était pas si sûr. Il le suivit pourtant sans hésitation, toujours plus loin jusqu'à un banc dissimulé au cœur des buissons.

Pierre s'arrêta et fit face à John.

– L'argent, dit-il. S'il te plaît, ajouta-t-il après une courte pause.
Il tendit la main droite et agita impatiemment les doigts.

John lui plaça les billets dans la main et Pierre n'y jeta qu'un bref coup d'œil avant de les glisser dans la poche droite de sa chemise. D'une certaine façon, John était soulagé qu'il n'ait pas recompté. Cette méfiance l'aurait sûrement vexé. Pierre sortit un préservatif de sa poche gauche.

– À qui l'honneur ? demanda-t-il à voix basse.

– Vas-y, répondit John d'une voix incertaine.

L'idée de toucher le pénis encore flasque de Pierre pour susciter une érection avant de lui enfiler le préservatif le rebutait. Il voulait encore conserver un semblant d'illusion, il voulait se persuader un peu plus longtemps que l'autre avait aussi envie de lui, l'attendait déjà désireux… John savait que c'était complètement idiot, mais il ne pouvait pas s'en empêcher.

Pierre haussa les épaules avec nonchalance, déboutonna son jean et baissa sa braguette.

John déglutit nerveusement.

Pas de sous-vêtement.

Rasage complet.

Et une érection à laquelle John ne s'attendait pas. Il se demandait même comment elle avait pu se produire dans un jean aussi étroit.

Pierre poussa un soupir soulagé et voluptueux quand son sexe fut entièrement libéré. Un sourire complice flotta sur ses lèvres.

– Surpris ?

– Un peu, admit John en se raclant la gorge.

– Tu me plais. Ça facilite les choses, expliqua Pierre.

Ce dernier baissa son jean jusqu'aux genoux, s'assit sur le banc les jambes largement écartées, déchira l'emballage avec les dents et déroula le préservatif sur sa verge.

– OK, tu peux y aller, chuchota-t-il d'une voix rauque.
Sans un mot, John s'agenouilla devant lui.

Les battements de son cœur étaient presque douloureux dans sa poitrine. Ses sens étaient tellement à fleur de peau qu'il en eut brièvement le vertige. Dès qu'il posa la main sur le sexe tendu de Pierre, tout disparut à nouveau dans un étrange brouillard gris.

Pierre poussa un léger gémissement et John leva les yeux. Le jeune homme avait rejeté la tête en arrière au-dessus du dossier. Sa chaîne en argent accrocha brièvement la lumière de la lune avant de se confondre à nouveau avec la pâleur de son torse. Le regard de John glissa sur sa gorge dénudée et offerte jusqu'à sa lèvre inférieure qui ressemblait tellement à celle de Sherlock et qui se trouvait à cet instant malmenée par une rangée de dents régulières.

Sherlock.

John ferma les yeux et pensa à des choses dont il avait honte le jour et qui l'empêchaient de dormir la nuit.

Il ouvrit ensuite la bouche et dirigea le sexe de Pierre entre ses lèvres.

Il gémit involontairement. Comment avait-il pu s'en passer pendant aussi longtemps ? Comment donc ? Il fit glisser le sexe de Pierre de plus en plus loin dans sa bouche avec avidité, presque au point de provoquer un haut-le-cœur.

Tout en lui criait PLUS, mais il avait beau vouloir, ce n'était pas possible. John avait déjà eu plus d'une fois l'occasion de le regretter. Il remonta lentement puis adopta un certain rythme. De temps à autre, il s'interrompait pour ne stimuler que le gland avec sa langue.

Un gémissement guttural lui parvint aux oreilles, mais ce fut le seul son que son partenaire laissa échapper.

John sentit une main se poser sur sa tête et il sut que cela ne durerait plus très longtemps. Pendant un court instant, il regretta de ne pouvoir sentir le goût de l'autre sur sa langue, mais des doigts étrangers agrippèrent brièvement ses cheveux et il n'y pensa plus.

John caressa les cuisses étonnamment froides de Pierre avant de glisser ses mains sur ses bourses pleines dont la chaleur formait un contraste excitant par rapport au reste de son corps et à l'air frais de la nuit.

Avec douceur, mais détermination, il les fit rouler entre ses doigts et les caressa avec ferveur. Un hoquet de surprise et un gémissement rauque furent la seule mais ô combien satisfaisante réaction. Les testicules de Pierre étaient si lourds et tendus, l'apothéose était imminente.

John le regrettait un peu, il aurait bien aimé prolonger le plaisir. Il aimait voir ses partenaires ivres de désir inassouvi au point d'en perdre la raison. Cela lui donnait une impression de pouvoir que rien au monde ne pouvait remplacer.

Il sentit les doigts de Pierre s'attarder sur son cou et ses hanches tressaillir d'impatience involontairement. John abandonna ses bourses et agrippa fermement ses cuisses. Il voulait le sentir au fond de sa gorge, mais pas s'étouffer en cas de geste malheureux.

John prit soin de respirer par le nez. Il avala le membre dur et chaud encore plus profondément, puis il déglutit.

Un gémissement.

John déglutit encore.

Un juron contenu, incompréhensible.

John aurait bien souri, mais ses lèvres étaient trop occupées à cet instant.

Il contracta encore les muscles de sa gorge et le prit encore un peu plus loin avant de pousser un gémissement.

Oui.

Voilà.

C'était comme une vague, un souffle, encore ces gémissements rauques et enfin les pulsations dans sa gorge.

John se recula un peu et gémit de contentement.

Oui.

C'était exactement ce qu'il avait voulu, exactement ce dont il avait eu besoin.

Pierre poussa un léger soupir, puis il s'exclama :

– Mon Dieu, tu aimes ça, sucer des bites, pas vrai ? Tu es diablement doué.

John sentit une rougeur involontaire enflammer ses joues. Il n'avait pas l'habitude d'un vocabulaire aussi cru dans un tel contexte. La réflexion était cependant dénuée de tout mordant et laissait seulement transparaître une légère surprise. John réussit à maîtriser son embarras, à prendre cette remarque comme un compliment et même à en tirer un peu de joie et de fierté.

John se releva, les genoux légèrement endoloris et vit Pierre retirer le préservatif, le nouer et le mettre dans sa poche de chemise.

Lorsqu'il remarqua le regard étonné de John, il eut une réflexion étrange :

– On ne va quand même pas polluer.

Une fois debout, il se rhabilla et ses yeux se posèrent sur l'entrejambe de John.

Pierre fit la moue et avant même que John ne comprenne ce qui lui arrivait, l'autre avait plaqué la main entre ses jambes.

John en eut le souffle coupé, il se rendit alors compte qu'il avait une érection.

– Tu ne veux pas que je...? demanda Pierre – John était sûr que le ton rauque de sa voix n'était que comédie.

John gémit involontairement en sentant Pierre masser doucement son sexe qui formait une bosse sous le tissu de son pantalon.

Non, ce n'était pas ce qui était prévu. Il n'avait pas non plus imaginé que sucer un prostitué l'exciterait autant. À l'origine, il voulait simplement le faire, enregistrer la séquence dans son cerveau, et plus tard, dans la solitude de sa chambre, remplacer les traits de l'étranger par ceux de Sherlock et se caresser au calme en revivant ces instants. Il pensait que cela lui apporterait un certain soulagement et une sérénité mentale, mais à cet instant, tout se bousculait dans sa tête.

Il n'avait jamais pensé qu'il trouverait quelqu'un qui ressemble tellement à Sherlock qu'il puisse presque se passer de retoucher la pellicule de ses souvenirs.

Devait-il accepter ?

Ici, dans un parc public ?

John H. Watson était-il le genre d'homme à faire cela ?

Avant son retour à Londres, la liste des Choses que John H. Watson ne ferait jamais était encore très longue. Depuis sa rencontre avec Sherlock, la liste se raccourcissait pratiquement de jour en jour.

Le voulait-il ?

Automatiquement, il se pressa un peu plus contre les doigts qui le caressaient.

– Avec la main ? Pour cinq livres ? roucoula Pierre.

Toute illusion disparut comme un rideau de brume se dissipe un matin ensoleillé.

Confus, John ouvrit les yeux. Quand les avait-il fermés ?

Deux yeux marron le scrutaient. Interrogateurs, curieux, peut-être un peu intéressés... Mais sûrement uniquement par la perspective d'un peu d'argent facile.

John avala sa salive. Non, ce n'était pas un amant. Ce n'est même pas une aventure d'un soir, un homme qu'il aurait trouvé dans un bar. C'était un prostitué qui faisait cela, non parce qu'il le voulait, mais parce qu'il était payé pour.

John savait tout cela, bien sûr. Pourtant, devant le fait accompli, tout lui semblait plus vrai, plus tangible et en même temps inconcevable.

– Non, répondit John en secouant la tête.

Pierre sembla déçu et retira sa main. John se réprimanda intérieurement pour sa naïveté. Bien sûr que Pierre était déçu, cela aurait été de l'argent aisément gagné.

– Comment t'appelles-tu au fait ? demanda Pierre.
Il sortit une cigarette d'on ne sait où et la plaça entre ses lèvres, mais sans l'allumer.

– John.

– John... répéta Pierre avec un sourire.

De la manière dont il l'avait prononcé, on aurait plutôt cru entendre Jean. John ne savait pas encore si cela lui plaisait. La sonorité était tellement plus douce et mélodieuse que celle dont il avait l'habitude.

Pierre reprit la cigarette entre ses doigts et la pointe rosée de sa langue passa sur sa lèvre inférieure charnue pour ôter une miette de tabac égarée.

– Alors... John, tu es d'ici ? interrogea Pierre de sa voix claire, qui était si désagréablement différente de l'agréable voix de baryton de Sherlock.

– Je veux dire...
Pierre se mordit la lèvre et tressaillit légèrement. À cet instant, John remarqua à quel point sa lèvre inférieure était rouge foncé. Il avait dû se mordre la lèvre tout le temps pour ne pas faire de bruit. John sentit un frisson de fierté le parcourir.

– Est-ce qu'on va se revoir ? continua Pierre en remettant sa cigarette entre ses lèvres.

Il sortit un briquet de nulle part, comme la cigarette auparavant, mais il ne l'actionna pas.

– Je ne sais pas... énonça John lentement.

Oh non ! Certainement pas. Cela ne se reproduirait pas ! Il ne recommencerait jamais une chose pareille. Rien que cette fois s'était avérée une erreur monumentale et personne ne devrait jamais l'apprendre. Jamais. Sous aucun prétexte.

– Je ne crois pas, non, répondit John.

Pourtant, au moment même où il prononçait ces mots, il sut qu'il mentait.


Remarque de l'auteure :
Je n'ai aucune idée de la manière dont s'organise la prostitution masculine à Londres. J'ai demandé à Google, mais il semble que je n'ai pas saisi les bons mots clés. Je ne sais pas comme cela se passe là-bas, ni comment fonctionnent les tarifs. J'ai donc tout inventé. Si quelqu'un en sait plus, communiquez-moi vos informations, s'il vous plaît. Je vous en serai reconnaissante.


Note de la traductrice : alors, vous le trouvez machiavélique le plan de Sherlock ?

Ce chapitre n'a été relu que par moi et j'ai beau l'avoir relu 10 000 fois, il est bien possible que des fautes aient échappé à ma vigilence. Si vous repérez une horreur, dites-le moi.

J'en profite pour passer une annonce :

Je cherche un(e) bêta dispo pour mes différents projets de traduction et notamment la suite de cette histoire.

Si vous êtes intraitable et incollable sur l'orthographe et la grammaire

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