Auteur : dracosoftie
Traductrices : Archimède et Nanachan14
Rated : M
Bêtas correctrices : Amy W. Key et Nanola
Disclaimer : Je pense que tout le monde l'aura compris : rien ne nous appartient, les personnages sont à J.K Rowling et l'histoire à dracosoftie. Nous ne sommes que les traductrices !
Particularité : Romance. Il s'agit d'un Slash Yaoï donc mention de relation entre hommes. Si cela ne vous convient pas, passez votre chemin ! Donc Homophobes, s'abstenir !
.
Un grand merci à tout le monde pour vos mises en Alert/Favorite Story, mais aussi pour vos reviews :D Si jamais on a oublié de répondre à quelqu'un, hésitez pas à nous le dire !
Merci aussi à l'anonyme celeste. Tu trouveras la réponse à ta review sur mon forum (Archimède) dont le lien est dans mon profil !
Must Love Quidditch
.
Chapitre 23
Blaise écarquilla les yeux aux mots de Ron et il les attrapa tous les deux sans égard pour les pousser dans une pièce vide.
- Ne devrais-tu pas le dire à Malfoy...
- Non ! répondirent Harry et Blaise d'une même voix, leurs regards se posant inconsciemment sur la porte de Draco.
- Non ! répéta Blaise en se tournant à nouveau vers Ron. Pas avant que nous ne soyons certains que Cal soit sauf. Les Aurors qui gardent la pièce le lui diront bien assez tôt. Nous devons partir.
Ron acquiesça, toujours confus, mais il ne voulait pas interférer. Ils connaissaient Draco mieux que lui après tout et s'ils s'étaient accordés, c'est qu'il s'agissait de la meilleure chose à faire.
- Je viens avec vous, décréta-t-il.
Puis il fit un signe de tête à l'un des Aurors pour lui faire savoir que tout était sous contrôle.
- J'ai la permission de faire tout ce qui est nécessaire pour trouver Cartwell et j'ai le sentiment qu'il va s'en prendre au fils de Malfoy.
Blaise hésita avant de hocher la tête avec conviction, ses yeux brillant d'une lueur sauvage à cette idée.
- Le château Malfoy est à Amboise en France. Le seul moyen d'être reconnu par les barrières pour pouvoir passer est avec moi, Neville ou Draco, fit-il précipitamment. Je vais vous y mener, si vous voulez bien.
Ron et Harry acceptèrent et se rapprochèrent de lui.
- Tenez-vous bien, déclara le métis en renforçant sa prise avant de transplaner.
-MLQ-
- Harry ? Ron ? s'étrangla Neville.
Il avait poussé Cal derrière lui quand les trois hommes étaient apparus à l'entrée du château.
Il avait reçu un Patronus paniqué de Blaise vingt minutes auparavant, qui lui indiquait de garder Cal sous haute surveillance et de rassembler tout ce dont il pourrait avoir besoin pour un séjour prolongé. Il n'avait pas eu besoin de plus d'explications, c'était un plan qu'ils avaient mis en place dès que Cal était né.
- Pas le temps, trancha Blaise en attrapant un des sacs que Neville portait sur l'épaule.
Il s'accroupit ensuite pour attirer Cal contre lui et le serra fort dans ses bras.
- Je sais que c'est effrayant, Cal, mais tout va bien se passer.
Il chercha un petit médaillon sous le col de Caleum. D'aussi loin qu'il s'en souvienne, l'enfant le portait. Blaise croisa ensuite le regard de Neville par-dessus la chevelure noire et indisciplinée de Cal. L'autre homme acquiesça et plaça une main sur l'épaule de l'enfant. C'était du sérieux.
Neville n'avait jamais vu la maison sécurisée où le portoloin était supposé les emmener, mais il savait qu'elle était encore plus protégée que le château. Merlin lui-même ne pourrait probablement pas la trouver après tout le travail que Draco et Blaise avaient fait pour la sécuriser.
- Harry, Weasley, fit Blaise en arrachant un pendentif identique de son cou qu'il tendit à Harry. Utilisez-le uniquement quand il n'y aura plus de danger pour nous.
Harry hocha la tête. Le sous-entendu de Blaise était évident : Ne venez nous chercher que lorsque Cartwell ne sera plus une menace.
Le cœur d'Harry se serra à cette pensée, ses yeux se posant sur le petit garçon toujours emprisonné par l'étreinte protectrice de Blaise. Il était clairement terrifié mais se tenait droit et fier, ses petites épaules redressées. Les yeux gris rencontrèrent ceux émeraude d'Harry, ses traits aristocratiques affichant un air tristement déterminé qu'aucun enfant de cet âge ne devrait être forcé de porter. Le léger tremblement de sa lèvre inférieure était le seul signe indicatif de sa peur et Harry y reconnut l'expression typique de Draco. Le réaliser lui brisa le cœur.
La situation n'était clairement pas une surprise pour le garçon – Blaise venait-il de l'appeler Cal ? – Draco avait dû lui parler de cette éventualité, songea Harry. Il sentit quelque chose gronder en lui, de la haine à l'état pur, à la pensée que Draco soit forcé de cacher son fils loin de tout. Il détestait l'idée que le petit garçon, qui n'avait rien à voir avec les crimes passés de sa famille, doive tout de même en payer le prix.
Harry s'agenouilla et un sentiment étrange de fierté le saisit quand le petit garçon se raidit mais ne s'enfuit pas. Ils se dévisagèrent.
- Je suis Harry Potter, fit-il calmement en tendant une main.
Caleum hésita avant de placer sa propre main dans celle de l'homme pour la serrer.
- Je m'appelle Caleum Malfoy.
- Sais-tu qui je suis, Caleum ? demanda Harry sans quitter du regard le garçon.
Cal leva les yeux au ciel dans une mimique qui le faisait tellement ressembler à son père qu'Harry ne put retenir un petit rire.
- Bien sûr que je le sais, répondit Caleum d'un ton où se mélangeaient le dédain et la confiance.
C'est assurément un Malfoy, pensa Harry avec une pointe de regret.
- Vous êtes le Sauveur du Monde Sorcier. Le Garçon-Qui-A-Survécu.
Cal se rapprocha davantage ses yeux se posant un instant sur son parrain avant de continuer :
- Vous êtes Harry-Putain-de-Potter, le-satané-attrapeur-qui-ne-perd-jamais.
Harry rit à nouveau, il se sentait plus léger. Ce petit garçon, la copie conforme de Draco à la peau tannée et aux cheveux noirs, était à la fois tout ce à quoi il s'était attendu à voir, et son opposé, depuis qu'il avait appris son existence quelques heures avant. Beau, privilégié, confiant, intelligent, courageux – Harry regarda la main de Neville posée sur l'épaule du petit pour ensuite offrir un sourire encourageant à l'homme silencieux – aimé. Il pouvait parfaitement imaginer un futur avec Caleum et Draco.
Harry sourit au garçon, son cœur fondant encore plus quand ce dernier lui rendit une tentative de sourire. Il hocha la tête une fois de plus en direction de Blaise, lui faisant ainsi comprendre qu'il avait saisi le sens de ses paroles. Quel qu'en soit le coût, il s'assurerait que Caleum soit protégé du monde extérieur.
- La phrase d'activation ? demanda l'homme en levant le poing qui tenait toujours fermement le médaillon.
Les yeux de Blaise se posèrent un instant sur Ron, une étincelle d'amusement les illuminant brièvement.
- Weasley est notre roi.
- Quoi ? hurla Ron en posant instinctivement la main sur sa baguette.
Harry posa fermement une main sur son poignet pour l'obliger à se calmer.
- Ça devait être quelque chose que nous n'aurions pas dit par accident, se moqua Blaise.
Il raffermit sa prise sur Cal puis activa le collier que son filleul portait.
Neville sortit un disque similaire de sa chemise. Il haussa les épaules, mal à l'aise, avant de murmurer le mot de passe et de disparaître.
-MLQ-
- S'il vous plaît, Monsieur Malfoy, calmez-vous ! cria un Médicomage, la baguette pointée sur lui tandis qu'il se débattait.
Draco était en train de lutter contre la poigne de fer d'un Guérisseur qui le maintenait sur le lit, faible mais déterminé à récupérer son fils. Il s'était réveillé quelques minutes plus tôt, désorienté et souffrant, mais dès qu'il avait vu l'Auror à l'air morose devant sa porte, tout lui était revenu en mémoire.
L'interrogatoire, la douleur due à sa résistance, le moment où il avait finalement avoué l'existence de son fils, son inconscience libératrice.
- Je n'hésiterai pas à utiliser la magie, Monsieur Malfoy, murmura l'homme dans son oreille.
Draco s'immobilisa, attentif. La voix familière avait interrompu sa crise de panique.
Il observa attentivement l'homme, certain de le connaître mais il ne se savait pas d'où.
- Harry a appelé par cheminette il y a quelques minutes. Il m'a dit de vous dire « Weasley est notre Roi ».
Draco se relaxa dans les bras de l'homme, et se laissa installer dans le lit. Cet homme connaissait Harry.
Oh Merlin, Harry, réalisa-t-il en déglutissant frénétiquement pour s'empêcher de paniquer à nouveau. Harry était au courant pour Caleum, et il savait que Blaise et Neville l'avaient mis en sécurité.
Le Médicomage lança quelques sorts de diagnostic sur lui tandis qu'il regardait le grand homme aux cheveux blonds silencieusement, à l'affût d'une nouvelle réaction.
- Je vais vous laisser vous reposer, Monsieur Malfoy, déclara le Médicomage avec un air strict. Et vous ferez tout ce que le Guérisseur Finnigan vous demandera.
Draco hocha la tête, maussade. Il ne quittait pas des yeux le Médicomage.
Finnigan. N'y avait-il pas eu un Finnigan dans son année à Poudlard ? Un ami d'Harry ?
Il essayait de se remémorer au mieux, l'esprit encore embrouillé par les effets de la potion contre lesquels il luttait pour recoller les morceaux.
Seamus attendit que le Guérisseur soit sorti pour demander à l'Auror silencieux d'attendre à l'extérieur afin qu'il puisse pratiquer un examen plus complet. L'Auror accepta avec réticence, peu enclin à quitter Draco des yeux.
Pour me protéger ou m'empêcher de fuir ? Se demanda Draco avec amertume.
Il cligna des yeux quand Seamus lança un Assurdiato, un sort dont il pensait que seuls les Serpentard connaissaient.
- Seamus Finnigan, fit l'homme en croisant les bras.
Il n'avait pas l'air très amical, mais Draco ne décela aucune menace pour sa sécurité.
- Je suis un ami d'Harry, il m'a demandé de prendre en charge votre cas.
Draco resta silencieux mais tenta de se lever. Il avait l'intention de prendre ses habits et de partir. Seamus l'en empêcha facilement en posant fermement une main sur son torse.
- Vous n'allez nulle part, Malfoy, déclara-t-il sur un ton très professionnel tout en vérifiant le pouls de Draco. Votre respiration est toujours erratique mais votre rythme cardiaque s'est stabilisé.
Il secoua la tête tout en inscrivant les constantes vitales sur le dossier avec sa baguette.
- Je ne sais pas comment – ou pourquoi – vous avez fait cela. Personne ne survit en résistant à un tel dosage. Six gouttes, c'est déjà un miracle que ça ne vous ait pas tué, continua-t-il en claquant la langue.
- Je dois... commença Draco surpris par sa voix rauque ainsi que par la douleur qui traversa sa langue. Il la bougea précautionneusement pour vérifier qu'elle était toujours entière.
- Non, trancha Seamus en invoquant de nombreuses potions d'un chariot qui se trouvait vers la porte.
Draco reconnut la couleur typique de celle de sommeil sans rêve dans une des fioles.
- Harry a été très clair sur le fait que vous deviez rester là. Je ne sais pas ce qu'il a à voir avec ça, ni quand est-ce que vous êtes devenus amis, mais il semble croire que vous êtes suffisamment proches pour lui faire confiance.
Draco retomba sur les coussins, épuisé par le peu de mouvements qu'il avait fait. La tête lui tournait et tout devenait de plus en plus flou.
- Il n'y a pas d'antidote au Veritaserum, ou du moins, rien qui ne puisse être pris après ingestion, expliqua Seamus en débouchant deux fioles. Votre magie a littéralement expulsé la potion après que vous vous soyez évanoui. C'est probablement ce qui vous a sauvé la vie.
Il évalua Draco du regard, s'appuyant contre le lit pour presser une potion contre les lèvres fermées du blond. Ce dernier les maintint closes, peu disposé à prendre quoi que ce soit avant de savoir ce qui se passait exactement.
- Votre magie est au plus bas, ce qui explique pourquoi vous sentez que votre corps et votre esprit ne sont pas en adéquation en ce moment, exposa Seamus.
Il reprit en voyant l'assentiment de Draco.
- La migraine, que je suis sûr que vous avez, n'est rien d'autre qu'un effet secondaire au Veritaserum. Nous sommes capables de soigner votre langue, mais il n'y a rien que nous ne poussions faire pour réduire votre mal de tête, même avec une potion.
Seamus approcha à nouveau la fiole, et laissa échapper un souffle de frustration quand Draco s'obstina à garder les lèvres serrées.
- Ceci est une potion qui va nous permettre de vérifier qu'il n'y a aucun dommage permanent aux tissus que vous avez mordus quand vous avez endommagé votre langue, dit-il d'un ton désapprobateur. L'autre est un myorelaxant qui vous aidera à vous détendre le temps que votre magie se stabilise. J'ignore ce qui s'est passé, ou si c'était fait consciemment, mais votre magie a purgé la potion hors de votre système. Vous devez être un très puissant sorcier, Malfoy, pour avoir été capable de faire ça.
Draco haussa les épaules négligemment. Il se moquait de ses blessures, ou de la façon dont son corps avait réussi à survivre à la résistance qu'il avait opposée à la potion. Tout ce qui l'intéressait était de savoir si Caleum était sauf. Il n'arrivait pas à trouver un moyen de le demander à Finnigan sans trop en révéler.
- Harry m'avait prévenu que vous seriez têtu, soupira Seamus en posant les potions sur le côté et en s'asseyant sur le lit.
Il fouilla dans ses poches et en sortit un petit calepin.
- J'ai écrit, afin d'être sûr de ne rien oublier. Il a dit : « Dis à Draco de prendre ces putain de potions et de se reposer. Tout est sous contrôle et Ron et moi gardons la maison en cas de visites inattendues. »
Il leva les yeux, affligé quand il vit que Draco avait seulement froncé les sourcils.
- « Dis-lui aussi que Blaise et Neville ont dit : 'Weasley est notre Roi' et qu'ils sont partis jusqu'à ce que tout s'arrange. S'il s'en va maintenant, tout ce qu'il gagnera sera de se faire suivre par les Aurors jusqu'ici. » C'est tout ce qu'il a dit.
Draco acquiesça, mais la poigne de terreur qui enserrait son cœur n'avait pas disparu. Si Harry avait dit que Cal était avec Neville et Blaise dans la maison secrète, c'est que tout allait probablement bien. Et il avait raison : il n'y avait aucun moyen de semer l'Auror qui le gardait dans la condition dans laquelle il se trouvait.
- Attends ! s'exclama Seamus en feuilletant les pages du petit carnet. Il a ajouté une autre chose qui ne voulait vraiment rien dire. Je suis un peu inquiet à son sujet pour être franc. Il a dit : « Dis à Draco qu'il est incroyable et que je ferai tout ce que je pourrai pour assurer sa sécurité. ».
Seamus le fixa avec un regard sévère tandis qu'il se penchait pour récupérer les fioles.
- Pourquoi Harry te dirait que tu es incroyable ?
Draco eut un faible sourire et, cette fois-ci, ouvrit les lèvres lorsque Seamus lui tendit les potions. Il les avala rapidement, rassuré par les mots d'Harry et impatient de soulager le bourdonnement dans sa tête.
- Il parlait pas de moi, fit-il d'une voix indistincte.
Il battit des paupières quand la potion de sommeil sans rêve commença à faire effet.
-MLQ-
Caleum sauta de son lit, ses pieds vêtus de chaussettes ne faisant presque aucun bruit alors qu'il s'avançait furtivement vers son parrain. Blaise faisait la sieste, installé inconfortablement sur un sofa qu'il avait conjuré tandis que Neville surveillait la seule entrée de la petite grotte.
Il bondit sur le ventre de l'homme en riant comme un fou quand Blaise jura bruyamment en même temps qu'il s'emparait de sa baguette, tous les sens en alerte.
- Tu joues avec le feu, gamin, marmonna-t-il en bloquant les bras de Caleum derrière son dos pour ensuite le faire basculer et le plaquer contre le dossier du canapé.
Cal tendit le cou et observa la grotte. Ses yeux voyagèrent sur les tables, les chaises, le feu magique, ensorcelé pour ne pas faire de fumée, et son Oncle Neville, qui était tout juste visible de là où il se trouvait.
- Il n'y a pas de feu ici, Oncle Blaise, fit-il, les sourcils froncés.
Blaise éclata de rire avant de le chatouiller jusqu'à ce qu'il se rende. Il se redressa ensuite et assit Cal sur ses genoux.
- Ça veut dire que tu joues à un jeu dangereux, expliqua-t-il en décoiffant le garçon.
Le petit avait encaissé cette évacuation avec un calme surprenant. Amener Harry avait été la bonne chose à faire, sa présence avait rassuré Caleum.
- Est-ce que tu vas bien ? Tu as faim ?
Cal secoua la tête puis se blottit contre le torse de son parrain. Il faisait un peu froid dans la grotte et il ne comprenait pas pourquoi son père n'était toujours pas arrivé.
- Est-ce que Père...
- Il va bien, le rassura Blaise en caressant le dos du garçon. Tu te souviens quand nous avons parlé de ça l'année dernière ? Il y a de vilaines personnes qui n'aiment pas ton père et l'une d'entre elles a découvert ton existence. Nous resterons ici jusqu'à ce que les Aurors le capture.
- Est-ce qu'il veut blesser Père aussi ? Pourquoi il vient pas ici avec nous ?
Blaise fronça les sourcils puis embrassa les cheveux noirs de Cal. Parfois il était trop intelligent pour son propre bien.
- Ton père est avec les Aurors, il est en sécurité. Et ta Nanny l'est aussi. Elle est restée avec Harry et Weasley au château.
Caleum garda le silence un moment et le métis pensa que le garçon s'endormait. Il s'assit donc plus confortablement dans le sofa pour terminer sa sieste.
- Est-ce qu'Harry Potter va venir vivre avec nous ? demanda Cal soudainement en tirant Blaise de sa somnolence.
- Quoi ? Mais pourquoi tu demandes ça ? questionna-t-il en prenant garde de maintenir une voix modérée.
Il sentit Cal hausser des épaules contre lui.
- Nanny a dit que Père avait trouvé le bon, et que les choses allaient changer pour nous, raconta-t-il d'une voix pleine de fatigue. Je pensais que c'était peut-être la raison pour laquelle Harry Potter était venu.
Blaise resta silencieux. Il espérait que l'enfant s'endormirait avant qu'il ne soit obligé de répondre. Il se tendit à nouveau quand, quelques minutes plus tard, Cal reprit :
- J'espère que c'est lui, murmura le garçon en se blottissant davantage contre Blaise.
La surprise laissa l'homme entièrement réveillé tandis que l'enfant plongeait dans un sommeil réparateur.
-MLQ-
- Tu penses qu'il va venir ?
Ron fit une pause et se tourna vers Harry. Il avait passé son temps à observer les photos de Caleum qui se trouvaient sur le manteau de la cheminée, totalement fasciné par les changements d'expressions de Draco quand il se trouvait avec son fils. Il semblait... Heureux. Détendu. Naturel.
- S'il a envoyé ce Patronus à une autre personne du Ministère, alors oui, fit Ron avec frustration.
Il détestait l'idée de devoir attendre que Cartwell agisse, mais il savait que c'était de cette façon qu'ils auraient le plus de chances de le coincer.
- Malfoy a dû déclarer cet endroit, même si c'était extrêmement confidentiel.
Harry acquiesça, les yeux rivés sur le sol. Il commençait seulement à se rendre compte que Draco avait une vie dont il ignorait tout, et cela lui faisait peur. Draco avait accepté qu'il le courtise, mais avait-il réellement l'intention de franchir l'étape suivante ?
Le brun se mordit la lèvre inférieure, l'esprit occupé par l'image du petit garçon qu'il avait rencontré un peu plus tôt.
Le fils de Draco.
- Mec ?
Harry releva la tête et sourit d'une manière qu'il espéra vaguement rassurante.
- Oui ?
- Je suis persuadé qu'il avait l'intention de t'en parler, déclara Ron, les yeux posés sur une grande photo de Caleum. Ça fait beaucoup, je te l'accorde, mais... Ben, je pense qu'il avait de bonnes raisons pour garder ça secret.
Harry hocha la tête, indécis quant à la réponse. Ce n'était pas difficile de trouver des raisons pour lesquelles Draco aurait voulu maintenir l'existence de son fils secrète. C'était déjà un exploit qu'il soit parvenu à le faire tout ce temps. La résolution du brun se renforça d'un cran. Ses craintes concernant sa relation avec Draco n'étaient pas aussi importantes que son inquiétude pour le petit garçon.
- Tu as entendu ça ? murmura-t-il soudain en se mettant en position accroupie, la baguette tendue, prêt à attaquer.
Harry détestait les situations de combat, et il aurait préféré ne pas avoir à réutiliser sa baguette pour se battre. Ça ne voulait pas dire pour autant qu'il avait perdu ses réflexes. Il tendit l'oreille, à l'affût.
- Là.
Ron acquiesça, imitant les mouvements d'Harry. Il lança un informulé sur leurs chaussures afin de s'assurer que leurs déplacements dans le château restent silencieux. Aucun bruit de pas n'était audible dans la chambre d'à côté, ce qui signifiait qu'un Auror qui avait suivi le même entraînement que Ron se trouvait là.
Harry laissa Ron passer en premier et le suivit de près alors qu'ils s'avançaient vers le hall d'entrée. Il espérait sincèrement que Narcissa avait suivi leurs instructions et était restée dans le petit cottage protégé qui se trouvait dans le vignoble, avec Daphné.
Ron put voir deux ombres derrière l'angle du mur et il indiqua à Harry de s'arrêter. Ils attendirent un instant avant de passer à l'action dès que les ombres eurent tourné à l'angle.
- Stupefix !
- Expelliarmus !
Un petit homme massif tomba au sol, immobilisé par le sort de stupéfixion de Ron. La tentative d'Harry pour désarmer Cartwell n'eut pas le même succès, puisque l'homme avait une baguette de secours à la cheville. Ils se tournèrent autour en restant accroupis, se défiant du regard. Ron, pendant ce temps, tenta de trouver un bon angle d'attaque.
- Harry ! cria-t-il, frustré de ne pas pouvoir attaquer.
- Laisse le moi ! répliqua Harry sans perdre Cartwell du regard. Occupe-toi de l'autre. Découvre qui il est et si quelqu'un d'autre est au courant.
Ron ne bougea pas, peu désireux de laisser son ami mal entraîné en duel avec un Auror expérimenté, même si ce dernier était le Survivant.
- Endoloris ! hurla Cartwell en pointant Harry de sa baguette.
- Protego ! contra le brun, rouge de colère.
- Sectumsempra !
- Petrificus Totalus !
- Reducto !
- Impedimenta !
- Confringo !
Harry se baissa et roula sur le côté. Le sort le manqua de quelques centimètres. Il sentit un souffle derrière lui alors qu'un morceau de bois de la chaise derrière laquelle il s'était abrité le frôlait. Son cœur s'accéléra.
- Avada...
Harry se baissa une nouvelle fois et se fit aussi petit que possible, puis il lança le premier sort qui lui vint à l'esprit.
- Contego !
Un bouclier argenté sortit de sa baguette, la forme éthérée créant une barrière physique devant Harry. Ce n'était pas un sortilège très connu. Harry l'avait découvert pendant qu'il faisait des recherches pour son dernier livre, et il ne l'avait jamais vraiment utilisé auparavant. En théorie, ça devrait le protéger de tout, mais aucun sort n'était connu pour résister à celui de mort.
- Kedavra !
Le Protego de Ron frappa son bouclier en même temps que le jet de lumière verte. Cela eut pour effet de solidifier le bouclier argenté en une substance ressemblant à du verre. Le sort rebondit, et alla frapper une tapisserie murale.
- Stupefix ! hurla Harry alors que la barrière disparaissait.
Ce geste lui permit de toucher Cartwell qui, choqué, avait baissé sa garde.
- Putain Harry ! explosa Ron quand l'Auror toucha le sol.
Ses yeux lançaient des éclairs tandis qu'il regardait son ami se remettre sur ses pieds tremblotants.
- À quoi est-ce que tu pensais, bordel ?
Harry secoua la tête, étonné que son sortilège ait marché. Quelque chose s'était produit quand il avait été combiné au Protego de Ron, mais il ne savait pas quoi. Il leva les yeux pour croiser ceux furieux de Ron. Ils venaient juste de survivre à un sort de mort. Il grimaça quand, au moment où il bougea, une douleur intense le prit sur le côté, et il leva son épaule avec précaution. Un sifflement lui échappa, et il serra les dents. Elle était probablement cassée. Il inspira profondément, ce qui lui causa encore plus de douleur. Les côtes l'étaient sûrement aussi.
- Où as-tu appris ce sort ? interrogea Ron.
Son cœur battait toujours la chamade et l'adrénaline courait dans ses veines. Il avait cru la dernière heure d'Harry venue.
- En faisant des recherches pour mon prochain livre, répondit Harry en observant les deux hommes immobiles sur le sol. Cependant, je ne pense pas que ça aurait marché sans ton intervention.
Il leva à nouveau la tête vers son ami avec un grand sourire.
- Merci mon pote. Il semblerait que je t'en doive une maintenant.
Ron secoua la tête en marmonnant alors qu'il jetait des sorts pour attacher et bâillonner les deux hommes. Il devait les mettre en lieu sûr pour les interroger avant que quoi que ce soit d'autre n'arrive. Ron se tourna brusquement quand il entendit Harry grogner, la baguette prête à l'emploi au cas où Cartwell serait venu avec un autre complice.
- Tout va bien, le rassura Harry, gémissant faiblement quand son rire lui provoqua une douleur dans la poitrine. J'ai juste pensé à ce que la presse allait dire.
Il plissa le nez et leva les yeux au ciel de dégoût.
- Harry Potter, le garçon qui n'arrête pas de survivre.
Ron sourit, bien qu'il soit toujours en colère après Harry de s'être mis dans une situation pareille.
- Je ne pense pas, non, fit-il avec un rire mauvais. Ce sera plutôt : Harry Potter, le garçon qui a été tué par Hermione.
Harry écarquilla les yeux d'une manière comique.
- Tu ne vas quand même pas...
- Oh si, promit Ron avant de secouer la tête et d'ajouter : imbécile.
-MLQ-
- Il serait venu en personne, mais il reste encore un jour avant que les règles ne l'autorisent, expliqua Ron, sa chaise posée près du lit de Draco.
Il baissa les yeux avant de sortir quelque chose de ses robes et de le tendre à Draco.
- Avant que j'oublie, voilà le cadeau d'aujourd'hui.
Draco examina l'objet et un large sourire étira ses lèvres quand il vit une bouteille d'Ogden. Harry s'était sans doute souvenu que c'était sa boisson préférée avant un rendez-vous important. Ce qui impliquait forcément la rencontre avec Harry, le jour suivant.
Blaise était passé plus tôt, afin de lui assurer que Cal était en sécurité et qu'aucun écho n'avait été ébruité dans la presse sorcière. Tout le monde était de retour au château qui n'avait, selon les dires de Blaise, que très peu souffert de l'attaque de Cartwell. Il lui avait aussi amené le cadeau d'Harry du jour précédent : une petite fiole remplie de souvenirs. Draco avait demandé à Blaise de la reprendre avec lui, peu désireux de prendre le risque que quelqu'un la prenne par accident à Ste Mangouste. Il avait le sentiment qu'Harry ne voudrait pas que quelqu'un d'autre en apprenne le contenu.
Harry.
Draco ferma les yeux, luttant contre une vague de panique. C'était idiot d'être inquiet pour lui maintenant, après que tout soit revenu dans l'ordre. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de ressasser la pensée qu'Harry avait failli être tué le jour d'avant. Draco réalisa que c'était un homme stupide, borné et foutrement beau. Harry n'avait pas hésité une seconde à mettre sa vie en danger pour sauver Cal.
Il se détendit légèrement et tenta de reprendre une respiration normale. Harry était au courant pour Cal et il ne s'était pas énervé. Oh, il était persuadé que l'homme n'avait pas été ravi, surtout en le découvrant de cette façon, mais il poursuivait toujours sa cour. Il voulait toujours faire partie de sa vie... Et de celle de Cal.
Ron se pencha un peu plus et il fit sur le ton de la confidence :
- Tu n'as pas à t'inquiéter, murmura-t-il, les yeux posés sur la porte afin de s'assurer que personne n'entre. Cartwell et l'autre sorcier – Jameson – sont les deux seuls, à part Harry et moi-même, qui ont découvert la vérité pour ton fils hier.
Draco cligna des yeux, pas certain que le fait qu'un Auror rancunier prompt à la vengeance connaisse l'existence de son fils ne doive pas l'inquiéter.
Ron toussa et détourna le regard. Il semblait bien plus à l'aise à regarder la porte plutôt que l'homme dans son lit d'hôpital.
- Euh… Il y a eu un accident dans la salle d'interrogatoire. J'avais une potion de repousse capillaire dans ma poche et… Elle est… Tombée sur le sol quand je suis sorti… déclara Ron, écarlate. J'ai… Euh… Aussi laissé tomber une potion de Veritaserum.
Draco écarquilla les yeux, tendu. L'ingrédient principal de la potion capillaire était la corne de bicorne, et combinée à l'aconite du Veritaserum, cela créait des volutes de fumées extrêmement toxiques. Les effets étaient similaires à un très puissant charme d'amnésie, elle faisait perdre la mémoire aux personnes assez malchanceuse pour les respirer.
- Jusqu'à quel point ont-ils perdu la mémoire ? chuchota-t-il, les yeux grand ouverts.
Ron toussa encore, extrêmement mal à l'aise.
- Tu te souviens de ce qui est arrivé à Lockhart ? Comment il a fini à Ste-Mangouste ?
Draco hocha la tête. Tout le monde à l'école savait que la mémoire de l'homme avait été effacée totalement…
- Merlin, souffla-t-il, au moment où il saisit le sens caché des mots de Ron.
- Ouais.
Les deux hommes gardèrent le silence un moment, puis Draco étonna Ron en couvrant sa main avec la sienne pour la serrer fort.
- Merci, murmura-t-il, la voix étranglée par des sanglots.
Ron avait fait quelque chose de hautement illégal pour maintenir la sécurité de Caleum.
- Merci.
Ron haussa les épaules, refusant toujours de regarder Draco dans les yeux. Il ne retira pas sa main, cependant, il ne fit rien pour lui rendre son geste.
- Remercie Blaise, c'était son idée, déclara-t-il en reniflant. Une potion capillaire ? C'est bien une idée de Serpentard ça !
- Je le ferai, mais c'est toi que je remercie, ajouta Draco d'une voix un peu plus forte. Tu es un homme bien Ron.
Ron leva les yeux vers le blond à l'entente de son nom. C'était la première que l'homme l'utilisait.
- Toi aussi, Draco.
À Suivre...
Beaucoup d'entre vous se demandaient comment allait se passer la rencontre entre Harry et Caleum, eh bien voilà, c'est fait ! hé hé hé, avouez que vous ne vous attendiez pas à ça, hein ? Quand on vous disait que rien ne se déroulait jamais de la façon dont on l'imaginait ? Eh bien voilà une preuve de plus ! Cette fiction n'est que retournement de situation ;)
En tout cas, on espère que vous avez aimé ! Merci à vous d'avoir lu, et à bientôt pour la suite !
Archimède et Nanachan14
