Auteur : dracosoftie

Traductrices : Archimède et Nanachan14

Rated : M

Bêtas correctrices : Amy W. Key et Nanola

Disclaimer : Je pense que tout le monde l'aura compris : rien ne nous appartient, les personnages sont à J.K Rowling et l'histoire à dracosoftie. Nous ne sommes que les traductrices !

Particularité : Romance. Il s'agit d'un Slash Yaoï donc mention de relation entre hommes. Si cela ne vous convient pas, passez votre chemin ! Donc Homophobes, s'abstenir !

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Un grand merci à tout le monde pour vos mises en Alert/Favorite Story, mais aussi pour vos reviews :D Si jamais on a oublié de répondre à quelqu'un, hésitez pas à nous le dire !

Merci aussi aux anonymes ladydragonfly, Rawr, celeste et Guest (il est probable que ton compte ait été déconnecté quand tu as laissé tes deux reviews). Vous trouverez les réponses à vos reviews sur mon forum (Archimède) dont le lien est dans mon profil !


Must Love Quidditch

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Chapitre 24


Draco sortit des flammes vertes et regarda autour de lui, curieux. Il s'était attendu à ce que Blaise ou Neville vienne le chercher à Ste Mangouste ce matin, mais il avait été surpris quand il avait vu Théo apparaître. L'homme l'aida à sortir du réseau de cheminette, le sac empli d'affaires de Draco posé négligemment son épaule.

- Je vais parfaitement bien, grogna Draco, légèrement irrité par les derniers examens que les Médicomages l'avaient obligé à faire avant de le laisser partir.

- C'est clair, fit Théo en levant les yeux au ciel. Tu vas parfaitement bien. Les Guérisseurs ont l'habitude de garder des personnes pendant deux nuits entières quand elles n'ont aucun problème.

Draco grogna. Il poussa Théo d'un coup d'épaule pour passer. Pour des raisons évidentes, Caleum n'avait pas eu le droit de lui rendre visite à l'hôpital, et, désormais, Draco désirait le voir le plus rapidement possible. Logiquement, il savait que son fils allait bien, mais sa partie irrationnelle ne le croirait que lorsqu'il l'aurait dans ses bras.

- Chessie ! appela-t-il en fusillant du regard l'elfe de maison quand ce dernier apparut dans son champ de vision. Où est Cal ?

La petite créature s'inclina le plus bas possible tout en se triturant nerveusement les doigts.

- Maître Cal ?

Draco grinça des dents. La légère migraine qu'il avait depuis sa mésaventure avec Cartwell commençait à devenir plus importante.

Qu'est-ce qu'il se passe ici ? se demanda Draco qui se pinça l'arête du nez pour tenter de réduire la douleur.

- Oui Chessie. Maître Cal. Mon fils. Celui dont tu as la charge.

L'elfe hésita, les yeux baissés. Elle portait des petites ballerines de danse aujourd'hui, et Draco dut se battre pour garder ses pensées focalisées sur ce qu'il avait demandé plutôt que sur la raison pour laquelle la petite créature portait cet accoutrement.

- Maître Draco...

Les mots moururent dans la gorge de Chessie.

Draco sentit la panique l'envahir. Est-ce que le coup de Ron et Blaise n'avait finalement pas fonctionné ? Est-ce que quelqu'un en voulait encore à Cal ?

- Où est mon fils ? exigea-t-il, la respiration saccadée alors que la terreur le prenait à la poitrine.

- Relax ! s'exclama Blaise en renvoyant l'elfe de maison de plus en plus nerveuse.

Il lui avait donné l'ordre de ne pas laisser Draco partir sans lui, et elle l'avait prévenu quelque instant plus tôt de l'arrivée de ce dernier.

- Il est avec nous. Tu vas mieux ? Entièrement guéri ? Pas d'effets secondaires durables ?

Draco fusilla son plus ancien ami du regard, et croisa les bras sur son torse.

- C'est qui, nous ? Et, bordel, où est-ce que tu étais passé ce matin ?

Théo posa une main sur son cœur en faisant mine d'être blessé.

- Quoi ? Je ne suffis pas ?

Draco jeta un regard mauvais à Théo qui éclata de rire avant de jeter le sac qu'il portait sur un des fauteuils.

- J'y vais, déclara-t-il en s'adressant à Blaise plutôt qu'au blond furieux. Tu m'appelles plus tard, ok ?

Théo attendit que Draco ait le dos tourné avant d'articuler le mot « photos » à l'attention de Blaise, qui lui sourit en retour et hocha la tête avant d'emmener Draco vers le couloir. Ils entendirent la cheminée rugir lorsque Théo quitta la pièce.

- Qu'est...

- Tu voulais voir Cal ? demanda Blaise.

- Oui mais...

Blaise étudia un instant l'habillement de Draco avant de décréter qu'il était suffisamment présentable. Il savait que le blond méticuleux ne lui pardonnerait jamais s'il le laissait aller au rendez-vous surprise d'Harry mal habillé.

- Suis-moi.

Draco soupira, furieux, mais suivit tout de même Blaise à travers le château. Il fut surpris quand ils tournèrent à la porte d'entrée pour prendre les escaliers de pierres qui menaient aux jardins. Draco tendit le cou, à la recherche de son fils. C'était une belle journée, peut-être qu'il était dehors en train de voler avec Neville ou en train de jouer.

Blaise continua le long du chemin de pierre qui menait à la serre. Draco fronça les sourcils, sceptique, lorsqu'il réalisa quelle était leur destination.

Cal n'était jamais venu près de cet endroit. Il avait l'interdiction formelle de Draco et Neville d'y jouer parce qu'il y avait des potions et des plantes dangereuses à l'intérieur.

La porte s'ouvrit avant que Blaise n'ait pu l'atteindre et le sorcier entra. Il se retourna un instant afin de vérifier que Draco le suivait encore.

Le blond ouvrit la bouche dans l'intention de lui poser une autre question, cependant, il la referma abruptement lorsque la porte claqua derrière lui.

La serre – et Draco dut y regarder à deux fois pour s'assurer qu'il s'agissait bien de ce lieu étant donné qu'il n'y ressemblait en rien – était baignée d'une lueur douce. Des centaines de lumières scintillantes se reflétaient sur les vitres et la surface calme du petit étang qui se trouvait au milieu de la large enceinte.

Les magnolias, qui avaient depuis longtemps perdu leurs pétales puisque Neville avait retiré le sort de stase, étaient couverts par plusieurs lumières et décorations colorées qui pendaient gracieusement à leurs branches.

Draco cligna des yeux au moment où quelque chose de froid se posa sur sa joue. Il dévisagea l'intérieur avec émerveillement quand il se rendit compte qu'il neigeait dans la serre. Un bref regard sur le sol lui confirma ce fait, de même qu'un autre sur le petit lac. Après une inspection plus approfondie, Draco découvrit que l'eau n'était pas seulement calme : elle était littéralement gelée.

Blaise lui posa une cape épaisse sur les épaules, le sortant de ce fait de sa rêverie. Neville se matérialisa à ses côté, il enroula une écharpe aux couleurs familière de Serpentard autour de son cou. Draco n'avait pas réalisé qu'il faisait froid jusqu'à maintenant mais il remarqua qu'il pouvait voir son souffle se cristalliser devant lui.

- Mais...

Draco regardait autour de lui, étonné.

Neville n'aurait sûrement pas autorisé la serre à se transformer en une retraite hivernale. Qu'allait-il arriver aux plantes délicates ? Les arbres fruitiers que Neville chérissait étaient couverts de neige, leurs feuilles vertes tranchant avec les flocons blancs.

- La neige, les plantes ! Ça...

- Tout est sous contrôle, le rassura Neville avec un rire face à la réaction de Draco.

C'était très agréable de voir le masque, habituellement inébranlable du blond, vaciller. Ça valait les efforts qu'avaient demandés les sorts de protections.

- J'ai utilisé les mêmes sortilèges que nous utilisons pour les vignes lors de froids imprévus.

Draco resta bouche bée, et fit un tour sur lui-même pour tout étudier. Plusieurs grands sapins avaient été amenés à l'intérieur, tous décorés de boules et de guirlandes de Noël. Une énorme pile de cadeaux emballés dans du papier coloré se trouvait au pied de l'un d'eux, visiblement enchantés pour résister à l'humidité de la neige.

- Père ! cria Caleum en se précipitant vers Draco pour lui sauter dessus malgré le sol neigeux.

L'homme s'agenouilla sans se préoccuper du fait que ses genoux furent instantanément trempés et ouvrit les bras à l'enfant excité.

- Tu es rentré ! Harry a dit que tu serais là mais j'étais inquiet parce que ça fait tellement longtemps que t'étais pas là !

Draco cligna des yeux pour chasser les larmes qui se formaient au coin de ses yeux, heureux de sentir à nouveau son fils dans ses bras. Il ne releva l'utilisation familière du nom d'Harry par le garçon que lorsque ce dernier s'éloigna joyeusement, ses petites mains gantées le tirant par la manche pour qu'il se lève.

- Harry ! appela Cal, en tirant sans aucune résistance son père vers le lac gelé. Harry ! Père est là ! Est-ce qu'on peut patiner maintenant ? Dis, est-ce qu'on peut ?

Harry apparut de derrière l'immense sapin de Noël, son sourire allant d'une oreille à l'autre. Le cœur de Draco rata un battement à la vue du sorcier qui se tenait devant lui. Des flocons de neige se posaient sur ses cheveux noir et indisciplinés, avant de fondre en petites gouttelettes irisées. Il portait une écharpe aux couleurs de Gryffondor ainsi qu'une lourde cape du même genre que celle de Draco, et il tenait à la main trois paires de patins à glace.

Draco se retourna, son sourire incertain devenant plus franc quand il réalisa que Neville et Blaise étaient encore là. Ses deux chaperons avaient invoqué des sièges confortables près du lac et ils les observaient attentivement. Il se détendit un petit peu, confiant dans le fait qu'ils arrêteraient tout contact inapproprié entre Harry et lui.

Il jeta un coup d'œil vers son fils qui sautillait partout. Ses cheveux noirs étaient couverts par un bonnet tricoté aux couleurs de Serpentard. Il avait les joues rosies par le froid et ses yeux brillaient d'excitation. La présence de Caleum empêcherait également quoi que ce soit d'arriver. Son sourire s'agrandit quand il croisa le regard vert et brillant d'Harry, persuadé que ça avait fait partie de ses plans. C'était un soulagement de savoir que le brun se tenait aux règles de leur cour, même si ces règles leur interdisaient le moindre contact physique pour au moins une semaine de plus.

Ce n'était pas qu'il ne voulait pas toucher le Gryffondor – en fait, il ne désirait rien de plus que de lui arracher ses vêtement et de lui faire l'amour sauvagement sur le sol couvert de neige – mais il savait que de suivre les règles strictes protégerait Cal. Le fait qu'Harry soit attaché à cette sécurité valait tout l'or du monde pour Draco.

Draco tourna sur lui-même, il prit le temps de réellement apprécier tout ce qu'Harry avait fait. Il était complètement ébahi. Harry lui avait donné Noël en guise de cadeau final ? Une journée hivernale parfaite, rendue encore plus spéciale par la présence de son fils. Sa gorge se serra alors qu'il faisait un grand sourire à Harry, pas certain de pouvoir parler sans avoir la voix cassée.

Sentant que Draco était bouleversé, Harry attrapa Cal et l'assit sur la neige afin de l'aider à mettre ses patins. Draco suivit le mouvement. La morsure du froid quand il s'assit l'aida à reprendre le contrôle de ses émotions.

- On patine d'abord et après on pique-nique, déclara Harry avant de faire un clin d'œil conspirateur à Caleum. Avec un chocolat chaud évidement, à la demande de Cal.

Draco hocha la tête, hébété, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde de prendre un chocolat chaud en plein mois d'août.

- Et après les cadeaux ! s'exclama l'enfant avec un petit rire et un regard fourbe en direction d'Harry.

- Quoi ? Avide petit chenapan ! s'amusa Harry en plaquant l'enfant au sol, dos à la neige. Qu'est-ce qui te fais croire qu'il y en a un pour toi sous ce sapin, hein ?

Caleum cria, ses gloussements joignant le rire plus grave d'Harry quand ils roulèrent dans la neige. Draco ne pouvait pas en croire ses yeux. Il était choqué que son fils paraisse aussi à l'aise avec l'homme qu'il venait seulement de rencontrer. Certes, Harry était plutôt sympathique, tout comme Caleum, raisonna Draco. Et visiblement, Harry était à l'aise avec les enfants et semblait savoir exactement quoi dire et quoi faire pour que Cal se sente bien.

Harry aida le garçon à se relever puis l'épousseta tandis que l'enfant cherchait son équilibre avec ses patins.

- Vous êtes prêts ? demanda Harry aux deux Malfoy.

- À patiner ? interrogea Draco, la voix un peu rauque comme s'il n'avait pas parlé depuis des mois alors que ça ne faisait que quelques minutes.

Harry lui fit un regard tendre, et tendit une main à Caleum pour l'inviter à venir sur la glace. Il désirait ardemment toucher Draco – faire courir un doigt sur ses joues roses, tracer le contour parfait de ses lèvres... – mais il résista. Les règles étaient claires. Aucun contact entre eux aujourd'hui.

Draco remarqua le poing serré d'Harry et un sourire étira ses lèvres. Il savait parfaitement contre quoi l'autre homme luttait. Ça allait être une torture de ne pas le toucher, l'embrasser, le baiser aujourd'hui, mais Draco ne risquerait pas ses chances d'être près d'Harry. Ils auraient tout le temps de se toucher plus tard, après que leur relation soit fermement établie.

Harry arqua un sourcil face à la question silencieuse de Draco, indiquant le lac gelé d'un signe de tête. Quand ils furent tous sur la glace, le brun se pencha vers lui, ses lèvres frôlant son oreille.

- À patiner, confirma-t-il en réponse à la question presque oubliée du blond.

L'esprit du Serpentard se vida au contact du souffle chaud d'Harry contre sa peau, toutes pensées cohérentes balayées à cet effleurement. Draco entendit quelqu'un, probablement Blaise, se racler la gorge pour leur rappeler leur présence.

- À sortir ensemble, à apprendre à mieux se connaître. À partager nos vies.

Draco frissonna. Une sensation de froid et de manque le saisit dès qu'Harry se recula. Il observa Cal qui patinait rapidement sur le petit lac, les bras tendus comme s'il volait. L'enfant riait joyeusement tandis que sa cape virevoltait derrière lui.

- Je suis prêt.

-MLQ-

Cal murmura quelque chose, à moitié endormi, avant de se blottir davantage dans les bras d'Harry. Ils avaient passé l'après-midi à patiner et à jouer dans la neige. Ils avaient ensuite fait une pause pour pique-niquer rapidement sous le sapin de Noël avant d'ouvrir la pile de cadeaux qu'Harry avait apportée. Comme Cal l'avait supposé, la plupart étaient pour lui. Le meilleur – et le plus surprenant – avait été le bébé Crup qu'Harry avait appelé hors d'une cachette derrière la serre après que Cal et Draco aient déballé tout ce qu'il y avait sous l'arbre.

- Tous les petits garçons méritent un chiot, avait commenté Harry en haussant simplement les épaules avant de placer la petite boule de poils dans les bras de l'enfant.

Le Crup avait été un grand succès. Caleum avait été extatique et l'avait immédiatement appelé Christmas Crup, C.C. pour faire court, et le groupe avait passé le reste de l'après-midi et le début de soirée à jouer avec le chiot énergique. Même Blaise et Neville s'étaient joints à eux, engageant par là même une furieuse bataille de boules de neiges avec Harry, Draco et Cal. Pendant ce temps-là, C.C. avait couru après les projectiles et aboyé comme un fou.

Draco replaça une mèche de Cal derrière son oreille, totalement émerveillé par la vision que lui et Harry renvoyaient. C'était quasiment ce qu'il avait imaginé au mariage de Ron et Hermione, quand il avait vu Harry bercer son filleul endormi. Il n'avait cependant pas envisagé d'être aussi touché à la vue d'Harry pressant un baiser sur le front de Cal, ni à quel point l'enfant aurait l'air à sa place dans les bras d'Harry. Leurs cheveux noirs se touchèrent quand l'homme se pencha précautionneusement pour déposer Caleum dans son lit. Il était littéralement épuisé d'avoir joué dans la neige et s'était endormi sur la couverture de pique-nique une heure plus tôt.

Draco borda son fils puis déposa de nombreux baisers sur ses joues et son front avant d'éteindre la lumière et de sortir de la chambre. C.C. ronflait doucement sur une pile de couvertures au sol bien que Draco pouvait prédire que la petite boule de poils finirait sans doute la nuit dans le lit du garçon. Lui-même n'avait jamais été autorisé à avoir Argie dans son lit, mais il n'avait pas le cœur d'exiger cela pour Cal.

Harry suivit Draco dans le couloir. Il retira sa lourde cape et son pull pendant qu'ils marchaient car il faisait vraiment chaud dans le château. Il avait été facile d'oublier qu'ils étaient en plein été dans la serre que Neville et Blaise avaient transformée en paradis hivernal. Ils avaient laissé les deux autres sorciers s'occuper de remettre la serre en état, non sans avoir tous les deux promis de bien se comporter en l'absence de leurs chaperons.

- Je peux t'offrir quelque chose ? demanda Draco tandis qu'il ouvrait la porte de son bureau.

Ça semblait être l'endroit le plus sûr pour emmener Harry : pas de lit et un canapé trop étroit pour encourager la pratique d'activités horizontales.

- Peut-être un peu de cet Ogden ? suggéra Harry en s'asseyant le plus loin possible du feu.

Il avait eu un peu trop chaud sur le chemin du retour, d'autant qu'il avait porté Caleum. Et maintenant, être seul avec Draco pour la première fois depuis des semaines, eh bien... ça n'aidait pas.

Draco s'occupa à remplir les verres, le sentiment de camaraderie qu'il avait ressenti tout l'après-midi se transformait en quelque chose de différent – quelque chose de serré et chaud dans son bas-ventre. Une nervosité soudaine le poussa à se donner une contenance. C'était ridicule bien sûr. Ce n'était qu'Harry. Il n'y avait pas de raisons d'être nerveux. En même temps, c'était Harry. Il y avait de nombreuses raisons d'être inquiet. L'homme blagueur et insouciant avec lequel il avait passé la journée semblait différent dans l'intimité du bureau de Draco. Il tapotait l'accoudoir de sa chaise d'un air absent. Il était sexy, et bien trop dangereux.

Se reprenant, Draco traversa la pièce. Il fit attention à ne pas toucher Harry quand il lui tendit son verre de whisky. Les règles de leur cour n'étaient évidemment pas aussi strictes que ça, de simples effleurements de mains étaient acceptés. Toutefois, il ne se faisait pas confiance pour résister au moindre contact avec le sorcier aux cheveux de jais. Il était effrayé que la moindre friction entre eux ne lui laisse d'autre choix que d'allonger Harry sur le sol pour le prendre jusqu'à épuisement.

Harry eut un petit sourire moqueur devant la raideur et la formalité de Draco, excité à l'idée que l'autre homme ressente le même désir que lui. C'était une vraie torture d'être assis en présence de Draco, de voir la lumière du feu danser sur ses traits finement sculptés, de voir ses cheveux habituellement immaculés encore en pagaille suite à leur bataille de boules de neige, et de ne pas être autorisé à le toucher.

Inconsciemment, Harry se passa la langue sur les lèvres, il n'était pas certain s'il voulait prendre ou être pris la première fois qu'ils auraient un tel contact. Avoir Draco à sa merci, se tortillant de plaisir... Harry empêcha ses pensées de continuer, bougeant inconfortablement sur son fauteuil. C'était déjà bien assez difficile d'être là sans avoir une érection dure comme de la pierre. Et c'est ce qui arriverait s'il continuait à avoir ce genre de pensées.

- Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire, mais merci, fit Draco doucement en s'asseyant dans un fauteuil à bonne distance de celui d'Harry.

Le brun haussa les épaules avant de prendre une petite gorgée de whisky duquel il savoura le riche arôme. Il laissa l'alcool rouler sur sa langue puis avala. Il n'avait pas l'intention de boire plus d'un verre. Il avait déjà assez de peine à résister à Draco, sans avoir besoin de réduire ses inhibitions avec du whisky.

- Tu devrais remercier Neville et Blaise aussi, répondit-il simplement.

Il avait fait exprès de mal interpréter les mots du blond. Il savait que ce dernier parlait de son rôle dans la capture de Cartwell mais il n'avait aucun désir d'aborder le sujet. Pas ce soir du moins.

- Ils ont passé toute la matinée avec moi.

Draco inclina la tête et laissa la conversation dériver. Il avait la ferme intention de découvrir les détails du duel d'Harry avec Cartwell, mais il était évident que le brun ne désirait pas poursuivre ce soir.

Plus tard, pensa-t-il, après qu'il ait eu la chance de visualiser les souvenirs de l'homme. Il était presque certain que ce dernier n'accepterait pas une quelconque relation physique avant qu'il ne l'ait fait. Il savait qu'Harry appréhendait la réaction de Draco.

- Je n'arrive toujours pas à croire que tu m'aies offert Noël comme dernier cadeau, fit Draco.

Il vit un éclat de gratitude s'allumer dans les yeux du Gryffondor au changement de sujet.

Harry haussa les épaules et prit une autre gorgée. Draco l'observa déglutir, et il sentit son sang se diriger droit vers son sexe déjà à moitié dur.

- Tu as dit que tu adorais Noël une fois, expliqua Harry en léchant une goutte de whisky du coin de ses lèvres.

Il savait exactement à quel point ce geste affecterait Draco et il s'autorisa un bref sourire. Il était content de ne pas être le seul à avoir une érection douloureuse.

- Et acheter un chiot à Cal... Un chiot ?

Harry laissa échapper un petit rire, mal à l'aise. Il avait parlé à Neville avant d'acheter l'animal et l'homme lui avait assuré que Draco planifiait d'en offrir un à Caleum sous peu. Harry avait pensé que ça serait un cadeau sûr, mais il s'était peut-être trompé ?

- Je suppose que j'aurais dû te demander d'abord, fit-il honteusement et risqua un regard vers Draco.

Il se détendit quand il vit que l'autre sorcier souriait.

- Il l'a adoré, et moi aussi. Cependant, à l'avenir, ne lui achète rien sans m'en avoir parlé au préalable.

Le brun sourit à ces mots. À l'avenir. Il aimait ces mots.

- En parlant d'avenir, reprit Draco en posant son verre afin de pouvoir prendre une grande boîte qui se trouvait derrière son bureau.

Le cadeau pour Harry.

Il souleva le présent avec précaution et le plaça sur la table basse en face d'Harry.

- C'est pour toi.

Harry avala une autre gorgée de whisky, appréciant la légère brûlure du liquide qui coulait le long de sa gorge. Cela l'avait distrait de la proximité tentante de Draco.

Peut-être que de le narguer tout à l'heure n'était pas une bonne idée, songea le brun à la vue de l'érection de Draco contre son pantalon en laine, faisant par là même tressauter la sienne.

- Oh pour l'amour de Merlin, Potter, soupira Draco.

Il poussa la boîte vers le sorcier quand il remarqua où son regard était dirigé. Il se rassit ensuite dans son fauteuil et croisa les jambes pour dissimuler son érection, bien que cette action compressa douloureusement son sexe.

- Contente-toi de l'ouvrir !

Harry éclata de rire, la tension de l'instant d'avant avait disparu quand Draco avait utilisé ce ton pétulant.

Au moins un de nous est raisonnable, pensa-t-il avant de se pencher pour ouvrir le paquet. Il leva les yeux vers Draco. Sa confusion était évidente quand il en sortit une des bouteilles. C'était un Shiraz australien, son label favori du Coonawarra. Dix bouteilles, à première vue.

Draco eut un sourire vainqueur, satisfait de mener enfin la danse. Il avait passé les deux dernières semaines à être à la fois choqué et régalé par la générosité et la délicatesse d'Harry, c'est pourquoi il était content d'être celui qui faisait un geste romantique cette fois-ci.

- L'œnologue australien que j'ai consulté a dit qu'il était meilleur avec un peu d'âge, alors j'ai pensé que tu pourrais vouloir faire une expérience nouvelle, expliqua Draco, son sourire grandissant quand Harry le dévisagea, perplexe.

- Nous allons goûter une bouteille maintenant, et laisser les autres reposer dans la cave à vin, continua-t-il, satisfait de voir une lueur de compréhension éclairer les yeux d'Harry.

- Ça nous prendra un moment, si on ouvre une bouteille chaque année, mais ça en vaudra la peine, n'est-ce pas ? demanda-t-il, son cœur battant frénétiquement alors qu'il attendait une réaction de l'autre sorcier.

- Eh bien, je dois admettre que j'adore faire des expériences avec le vin, répondit lentement Harry en focalisant son esprit sur le fait que le présent de Draco était l'équivalent d'une promesse de mariage.

Il fixa Draco pendant un moment, réfléchissant avec soin aux mots qu'il allait utiliser.

- Ma cave est pleine, déclara-t-il en appréciant la déconfiture de Draco à l'entente de ces mots.

Il savait que la suite allait rassurer le blond.

- Peut-être que nous pourrions les stocker ici ?


À Suivre...


Tadam ! Enfin les retrouvailles entre nos héros que tout le monde attendait ! ... Quoi ? Quelqu'un a dit ? Qui a osé ? ... Personne ? Alors ça va, on peut ranger nos baguettes pour ne pas lancer des malédictions XD ! Bref bref bref, encore une façon de faire surprenante, n'est-ce pas ? C'est tellement romantique *.*

Merci d'avoir lu et on vous dit à la prochaine :)

Archimède et Nanachan14