Note : Dans la catégorie des chapitres pas évidents à écrire, celui-ci atteint le sommet ! J'espère qu'il vous plaira.


Chapitre 17 : Maman de brume

Il faisait beau. On entendait les animaux de la forêt tout autour d'eux vivre et le soleil faisait rayonner la neige.

Ils n'étaient que tous les deux. Lui, emmitouflé dans son bonnet, son écharpe, ses gants et sa grosse doudoune en train de marcher avec équilibre sur une congère, les bras bien tendus pour garder son équilibre. Elle, ne le quittant pas des yeux, le visage marqué par les pensées conflictuelles habitant son esprit.

- Hana ?

Il lève la tête vers elle, un grand sourire au bord des lèvres.

- Regarde maman, dit-il.

Et sur ce, il s'élance, saute du haut de vingt centimètres et retombe dans de grandes éclaboussures de neige près de Tamao.

Le cœur de cette dernière se serre. « Maman ». C'est un mot qu'il n'utilisera bientôt plus pour l'appeler.

- Hana, je t'ai dit qu'il y avait des gens qui allaient venir, tu te rappelles ?

- Oui, acquiesce l'enfant en se penchant pour ramasser de la neige.

Tamao soupire, l'attrape par les aisselles et le porte jusqu'à une souche d'arbre sur laquelle elle le dépose. L'enfant se calme et porte enfin toute son attention sur elle. Il a compris le message.

- Tu sais de qui il s'agit ?

Le sourire du petit garçon s'élargit jusqu'aux oreilles.

- Mon papa ? s'exclame-t-il d'une voix plein d'espoir.

Tamao lui adresse un sourire tendre.

- Oui Hana, ton papa. Mais pas seulement…

Mais déjà l'enfant se trémousse, tout heureux d'entendre ses espoirs confirmer de la sorte, battant des jambes dans le vide et remuant ses bras dans tous les sens.

- Ta maman sera avec lui, lâche Tamao tout à trac.

Elle n'a que seize ans, elle n'aurait jamais dû se retrouver à gérer une telle situation.

Hana sent son stress et cesse de gesticuler pour la regarder avec de grands yeux.

- Ma maman ? répète-t-il.

Tamao hoche plusieurs fois la tête.

- Oui, ta maman. Ton papa et ta maman. Celle dont tu es sorti du ventre.

L'enfant fixe sur la jeune fille ses yeux clairs dans lesquels elle peut lire son profond désarroi.

- Tu te rappelles, dit-elle en s'accroupissant pour être à sa hauteur. Je t'ai dit que les bébés sortaient du ventre des mamans.

- C'est toi ma maman, fait remarquer Hana.

- Je suis la maman qui t'a élevé, mais ce n'est pas moi qui t'ai fait naître. Ce n'est pas moi qui t'ai donné la vie. Ce n'est pas à moi que tu ressembles.

Tamao sent sa poitrine s'enflammer au fur et à mesure qu'elle parle. Dieu que c'est douloureux !

- Tu as les mêmes cheveux que ta maman, de beaux cheveux blonds, poursuit-elle. Et en disant cela, elle lui tapote gentiment la tête et le bonnet de l'enfant descend de quelques centimètres sur son front.

- J'ai plusieurs mamans ? conclut Hana.

Tamao a beau chercher dans sa réserve de courage, elle se sent incapable de lui dire que chacun n'a qu'une seule maman et qu'un seul papa.

- Oui, murmure-t-elle, si tu le veux, je serai toujours ta maman. Je t'aime Hana.

L'enfant retrouve le sourire.

- Moi aussi je t'aime maman.

Et il tend les bras pour avoir un câlin.

Tamao le prend dans ses bras et le serre très fort contre son cœur, embrassant le haut du front dépassant de sous le bonnet.

- Je t'aime Hana, je t'aime, répète-t-elle tout bas, effrayée à l'idée de l'arrivée d'Anna et de tous les changements que cela va impliquer.

Quand enfin elle s'y sent prête, et que Hana devient trop lourd, elle le repose par terre, lui prend la main et le ramène à la maison. Il se précipite à l'intérieur en entendant Ryu appeler à table mais Tamao reste un instant à l'extérieur, laissant à Manta et Lyserg le soin de déshabiller l'enfant.

Elle a la tête qui tourne et a besoin de se retenir à un arbre voisin pour ne pas trébucher. Ca fait mal.

Quand elle relève la tête, l'ombre du Shaman King est devant elle, le visage impénétrable, les yeux rivés sur elle.

- Qu'est-ce que vous faites ici ? demande-t-elle d'une voix essouflée.

Hao ne daigne pas lui répondre. Il détourne brièvement la tête lors du passage d'une brise et ses yeux se perdent dans le vague.

- Ils arrivent.

Avant que Tamao n'ait pu exiger la moindre explication, il s'est évaporé.