Chapitre 24 : Esprit de Noël

Quelques cris, une claque et un câlin plus tard, sans oublier un bloc de glace surgit de nulle part venu assommer Chocolove, Hao et sa mère étaient réconciliés et Yoh était allongé dans une congère de neige, satisfait, regardant son fils s'ébattre un peu plus loin. Il se demandait comment il allait pourvoir rattraper les trois années perdues auprès de lui.

Dans le plus grand des bâtiments, de grands feux brûlaient dans les cheminées et les shamans s'échangeaient embrassades et chocolats, discutant gaiement. Yoh rit tout bas, se rappelant l'air un peu perdu de son frère avant qu'Opachô ne se mette à lui raconter tout ce que le jeune homme avait manqué pendant trois ans.

Quand le soleil commença à décliner, Yoh appela son fils et ils rentrèrent au chaud.

- On verra des aurores boréales ? lui demanda Hana alors que Yoh lui retirait son bonnet.

- Non, nous ne sommes pas assez près des pôles, rit l'adulte.

- Des aurores astrales ? tenta Hana.

- Idem.

- Des étoiles filantes ? espéra Hana avec de grands yeux brillants.

- Ce n'est pas la saison, le déçut son père en lui enlevant son écharpe.

- Des hommes des neiges alors ? réclama Hana.

- Tu veux voir des yétis, tu n'as pas peur qu'ils te mangent ? s'étonna Yoh.

- Oui des yétis ! Il y aura des yétis ? s'enthousiasma l'enfant.

- Non il n'y aura pas de yétis non plus, ils vivent dans les montagnes.

Hana fit une moue boudeuse.

- On va voir quoi alors ? lança-t-il.

Yoh réfléchit un instant.

- Ben le Père Noël, lâcha-t-il comme si c'était une évidence.

La figure de Hana s'illumina et Yoh se fit la réflexion qu'il avait intérêt à trouver quelqu'un pour se déguiser en Père Noël.

Finalement ce fut Chris Bounster, qui était celui qui en avait le plus le profil, qui accepta de jouer le vieux monsieur joyeux et qui se déguisa, revêtant une fausse barbe et un gros manteau rouge, pour le plus grand bonheur de Komeri, Seyrarm et Hana. Opachô resta perplexe, n'ayant jamais entendu parler de ce drôle de personnage, et Reoseb confia d'un air de conspirateur à Yoh : « Moi je sais que c'est un faux, mais je dois faire semblant pour ma petite sœur. »

Bounster distribua des porte-clés Paches aux enfants puis partit d'un grand rire et s'en alla enlever son déguisement dans une salle annexe.

Ryu se mit à jouer de la guitare, un air joyeux, et les shamans se mirent à taper des mains. Quand il changea pour un air plus mélodieux, Tamao entama une chanson et Hao esquissa un sourire. Ce dernier se transforma en figure perplexe lorsque sa mère se présenta devant lui et lui tendit la main. Il la prit, bien sûr, et se retrouva au milieu de la salle au centre d'un grand cercle.

Il se fit hésitant sur les premiers pas, déconcerté, déclenchant quelques rires dans l'assistance avant que la mémoire de ses anciennes vies ne lui revienne et que sa danse se fasse plus fluide. Sa mère lui souriait toujours et son bonheur aurait été total s'il n'y avait pas eu les regards amusés de tous les autres sur eux. Il se promit de faire payer sa déconfiture aux musiciens et exécuta sa vengeance dès que la danse fut finie.

Hao enlaça sa mère puis se dirigea droit vers Tamao et l'invita avec un sourire machiavélique. Courageuse, Tamao accepta bravement alors que Ryu entamait un nouvel air sur sa guitare. Hao se rendit très vite compte qu'elle ne savait pas danser et se contenta donc de la tenir dans ses bras en les faisant tourner doucement sur eux-mêmes.

- Vous êtes heureux ? demanda la jeune femme d'une voix timide.

Hao cligna des yeux et garda le silence un long moment avant de répondre. Finalement il acquiesça de la tête, ce qui dessina un sourire sur le visage de sa cavalière.

- C'est une bonne chose, déclara-t-elle.

Hao ne pouvait qu'être d'accord avec elle.