Note : Problème de serveur du site hier soir, d'où l'impossibilité de poster mon chapitre et le jour de retard. Joyeux Noël à tous !


Chapitre 25 : Douceur

Plus de tremblements de terre, plus de volcans en éruption, plus de grandes crues et d'incontrôlables incendies. La Terre semblait avoir passé sa colère et guérissait ses cicatrices. Les températures glaciales de l'hiver étaient remontées, le temps s'était fait plus doux. Les humains reconstruisaient, réapprenaient. Dans le respect de la nature, naturellement.

Le roi observait tout cela avec satisfaction, guéri. Porteurs d'une promesse de renouveau, les shamans s'étaient dispersés aux quatre vents pour annoncer la bonne nouvelle. Les Paches avaient rejoint leur tribu en Amérique, les Loups Blancs étaient partis s'implanter en Europe. Il était question d'une association caritative au nom encore incertain, le plus prisé en l'instant étant X-Charity.

Horohoro était retourné à Hokkaïdo parmi les siens, Chocolove et Lyserg allaient se servir du grand réseau formé par le marché noir pour répandre l'information, Ren était rentré en Chine, Yoh avait projet de fonder la source thermale dont rêvait tant Anna. Le pourrait-il ? Il leur restait beaucoup à faire malgré tout et n'écartaient pas l'idée de repartir en voyage, dans la péninsule arabique probablement. Mais ils savaient qu'Hana ne pourrait pas les suivre. On n'emmenait pas un enfant de trois ans quand on partait prôner la paix dans des régions en guerre, ni on n'arrachait ce même enfant à sa mère adoptive aussi simplement.

Les filles des Hanagumi avaient choisi de suivre Ryu et Tamao au Japon, quel que soit l'endroit où ces derniers s'installeraient. Tous les deux voulaient retrouver leur pays natif après trois ans d'expatriation en Chine.

Blocken, Big Guy Bill et Zang-Ching avaient suivi Ren en Chine, oubliant leur différent passé. Turbin n'avait étonnement, ce qui avait beaucoup peiné Jun. Il était parti avec Peyote nul ne savait où, les hommes n'ayant révélé à personne qu'ils comptaient rendre visite à leurs proches défunts. Mère et père pour Peyote, petite sœur pour Turbin. Ce dernier avait promis à Jun qu'il reviendrait près d'elle, Lee Pyrong lui avait clairement fait savoir qu'il avait intérêt à ne pas trop tarder s'il ne voulait pas avoir de problèmes. Ren avait appuyé cette déclaration d'un regard meurtrier envers l'arabe.

Les Ice-Men de leur côté repartaient en Russie, Yamada s'était fait embauché dans la fabrique de voitures que Marco et Rakist voulaient remettre sur pied, Boris comptait ouvrir une maison hantée dans un parc d'attractions. Le lieu n'était pas encore défini mais ce serait en Chine ou au Japon, si possible près de ses anciens compagnons de voyage.

Les Nails avaient pris leur envol pour l'Egypte, le Gandhara pour l'Inde. Reoseb et Seyrarm s'installeraient au Japon avec Mikihisa, de retour auprès de Keiko. Opachô avait fermement déclaré qu'il souhaitait rester auprès de Hao quoiqu'il arrive et le sujet était très vite devenu épineux. Hao aimait énormément l'enfant mais jugeait qu'il avait sa place sur Terre. Opachô, qui n'avait même pas dix ans, avait démenti, pleuré, râlé, boudé, refusant l'éventualité d'être de nouveau séparé de son grand frère.

Finalement, à la surprise de tous ceux qui assistaient passivement aux états d'âme de l'enfant sans oser l'approcher, c'était Tamao qui avait résolu l'affaire en allant parler doucement au petit garçon. Opachô avait finalement accepté de la suivre avec Canna, Mary et Mach.

Par conséquent, personne ne se serait étonné de trouver le Shaman King au Fumbari Onsen nouvellement construit, veillant sur Opachô et suscitant la joie et l'émerveillement de l'enfant à chacune de ses visites. Tamao lui servait modestement du café dans ces cas-là, s'assurant que les brefs passages du roi se déroulent bien. Elle n'agissait pas ainsi pour lui plaire à lui mais pour contenter Opachô, Hao le savait, mais cela n'empêchait pas qu'à chaque fois qu'il accrochait son regard dans ses moments-là, il revoyait confusément la mère aimante et combattante qu'il avait tiré de la glace plusieurs mois auparavant.

Un soir que la lune était pleine, Tamao alla s'asseoir sur la terrasse de l'auberge, près de Hana qui fixait tristement les étoiles.

- Ils sont repartis sans moi, dit tristement l'enfant.

La gorge de Tamao se serra sans qu'elle ne sut quoi répondre.

- Tu aurais préféré qu'ils t'emmènent, déduisit Tamao.

- J'aurais préféré qu'ils restent, rectifia le petit garçon.

Tamao le prit dans ses bras et Hana se serra contre elle, son petit cœur tout fragile souffrant silencieusement dans sa poitrine. Le parfum de sa mère adoptive le fit somnoler et il ne tarda pas à plonger dans le sommeil.

Tamao le porta jusqu'à sa chambre, le coucha, le borda et l'embrassa sur le front avant de ressortir. Opachô la regarda faire avec attention puis fila à sa chambre quand elle le lui ordonna. Il se glissa sous sa couette et sourit quand la jeune femme s'assit près de lui, s'assura qu'il était bien installé, éteignit la lumière et l'embrassa à son tour. Des gestes différents mais la même tendresse que le Seigneur Hao.

La jeune femme redescendit saluer Mach et Mary qui papotaient près du feu, Ryu et Canna étant sortis rouler au clair de lune, puis s'apprêtait à se coucher quand Hao apparut près d'elle.

Il la fixa intensément pendant un moment et elle fit de son mieux pour soutenir son regard, se retenant à grand peine de ciller ou de détourner les yeux.

- Merci, articula lentement le roi.

Tamao hocha brièvement la tête, comprenant qu'il la remerciait de veiller sur Opachô.

Il se détourna et s'en fut. Matamune l'attendait sur le toit de la maison et il avait promis à Ohachiyo et sa mère de leur rendre visite.