Et voici l'épilogue! Il ne fait que cinq pages mais j'aime particulièrement la dernière phrase et je ne voulais pas la gâcher en continuant plus loin.
Epilogue
-Il parait qu'un seigneur étranger aurait réussi à négocier avec le bourgmestre.
-L'doit être bien fort alors, ce seigneur.
-Et son cheval est fabuleux, enfin, c'est c'qu'on dit.
Les voix réveillèrent Andùnë. Encore emprise de sommeil, elle ne réagit pas. Une voix reprit bien plus proche d'elle :
-Fabuleux ? C'sûr. Venez voir cette belle bête.
Le palefrenier ouvrit la porte de la stalle et Andùnë s'affola. Il ne fallait pas qu'ils la trouvent ! Elle se redressa en vitesse et reprit sa forme de chauve-souris avant de sortir à tire d'ailes, manquant d'assommer les trois hommes. Ils crièrent de surprise et l'un deux agita sa fourche pour la chasser. Evitant de justesse une pique, Andùnë alla se percher sur une branche. Elle devait reprendre ses repères et réfléchir avant d'agir. Ou sinon la métamorphose en animal allait lui prendre sa raison.
-C'était quoi ça ?, cria l'homme à la fourche en tournant autour de lui, à la recherche de la chose qui avait jaillit de la stalle. Mais il dut rapidement reculer quand Glaer fonça sur lui en hennissant avec force. Les palefreniers s'écartèrent du cheval devenu comme fou. Sur l'arbre, Andùnë sourit mentalement. « Brave, brave Glaer. Il me défend. »
Puis elle décolla et se dirigea vers la tête de l'étalon. Elle attrapa une mèche de sa crinière et la tira vers l'endroit où se trouvait le pont. « Il est temps de partir, Glaer. » Le cheval pointa les oreilles vers l'avant puis agita la tête de haut en bas et partit au galop vers la sortie d'Esgaroth. Les palefreniers crièrent et essayèrent de lui couper la route mais ils durent s'écarter pour ne pas finir broyer par les gros sabots du puissant animal.
-Sacrée bête en effet, entendit Andùnë tandis qu'elle s'éloignait vers les ruines de Dale. Elle devait récupérer ses effets qu'elle y avait laissés. Il lui fut plus aisé de traverser les marécages. Refusant de patauger à nouveau dans la boue, elle entreprit de porter la sacoche sous sa forme animale. En repartant, elle tourna le regard vers Erebor.
Smaug s'y était-il rendormi ? Avait-il des regrets ? Etait-il maintenant sur ses gardes ?
Elle n'aurait jamais la réponse à ces questions.
Une fois de retour à Esgaroth, Andùnë reprit sa forme d'homme et se rhabilla. Elle descendit aux écuries et récupéra l'équipement de Glaer. Mais alors qu'elle ressortait des salles, le bourgmestre apparut et lui barra la route.
-Votre cheval s'est enfui, dit-il avec un sourire en coin, comme amusé par la situation, Je suis profondément navré.
-Glaer m'attend à la sortie de votre ville, le contredit-elle, faisant partir le sourire. C'est avec un air plus renfrogné qu'il reprit :
-Vous partez, donc ? Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?
-Malheureusement, ma mission fut un échec. Mais ne vous en faites pas. Le Magicien Gris a dit me payer dans tous les cas. Vous aurez votre dû.
-Je ne manquerai pas de m'en réjouir.
Andùnë le regarda repartir avec un regard dégoûté. Cet homme ne vivait que pour l'argent. Et lui n'avait même pas l'excuse de devoir en manger pour survivre! Et après, on disait que les dragons étaient des monstres. Ce bourgmestre l'était bien plus, à son avis. Ne maintenait-il pas les autres habitants d'Esgaroth sous sa domination, profitant des revenus qu'ils pouvaient lui apporter?
Décidant que c'était là les affaires des Hommes, et non les siennes, Andùnë se dirigea vers la sortie de la ville. Glaer l'y attendait sagement et hennit en la voyant, lui souhaitant la bienvenue.
-Tu t'es attaché à moi, toi, murmura-t-elle en flattant son encolure avant de le seller avec des gestes devenus habituels. Elle l'enfourcha ensuite et ne put retenir une grimace quand sa blessure se rappela à elle. Elle était loin d'être guérie. Très loin. La douleur lui fit tourner la tête et elle tangua légèrement. Secouant la tête, elle se reprit et ordonna à Glaer d'avancer. Elle avait déjà connu pire en douleur. Elle pourrait tenir.
Comme si le cheval voulait la ménager, il alla lentement et refusa toute tentative pour le faire avancer plus vite. Plus la journée avançait, plus Andùnë perdait des forces. Sous sa forme humanoïde, elle avait bien trop peu d'endurance. Avisant un recoin dans le paysage accidenté qu'ils traversaient, elle y mena Glaer et s'y traîna avec difficulté. Faisant fi des conséquences, elle se retransforma en dragonne et s'endormit derechef, son esprit vaincu par la fatigue.
Elle perdit la notion du temps et ne sut pas combien de temps elle dormit. Mais une présence la réveilla. Ses yeux s'ouvrirent d'un coup et un profond grondement fit trembler la colline que son corps formait. Elle entendit un cri stupéfait. Elle crut reconnaître la voix. Dressant la tête, elle regarda l'imprudent qui s'était approché d'une dragonne pendant qu'elle dormait.
Radagast.
-Vous !, s'exclama-t-elle, plus que surprise, Que faites-vous là ?
-Et bien, dit le Mage en se redressant, époussetant au passage ses effets qui avaient mordu la poussière, Je me suis dit qu'une confrontation avec Smaug pouvait mal tourner et que dans ce cas-là, vous pourriez avoir besoin de mes services.
-Vos services ?
-Oui, oui. Votre plaie est belle maintenant et vos capacités naturelles de guérison peuvent faire tous leurs effets.
A ces mots, Andùnë dressa les oreilles et voulut regarder sa blessure. Mais elle ne pouvait pas atteindre sa nuque de ses yeux. Alors elle darda sa langue qui lui renvoya un goût d'herbes médicinales.
-Qu'avez-vous fait ?
-J'ai désinfecté et posé un cataplasme. Vous dormiez profondément.
-Trop, marmonna la dragonne. Penser qu'elle avait été à la merci du Mage, soit-il son allié, jetait une ombre sur son esprit. Elle se leva et s'ébroua, notant avec un petit sourire que là où Radagast avait initié un mouvement de recul, Glaer n'avait pas bougé d'un sabot.
-J'ai une faveur à vous demander.
Le Mage Brun haussa un sourcil surpris. Depuis quand Andùnë demandait la permission de se voir accorder une faveur alors qu'elle s'estimait en droit de le faire puisque travaillant pour Gandalf ? Son échec, car Radagast ne doutait bien que s'en était un, devait lui peser plus qu'elle ne voulait l'avouer.
-Que vous faut-il ?
-Je voudrai que vous gardiez Glaer quelques temps et que vous l'emmeniez chez vous à Rhosgobel. Je viendrai l'y chercher quand je repartirai vers l'ouest.
-Et où allez-vous, si je puis m'en enquérir ?
Les yeux d'Andùnë se firent lointains et le Mage crut qu'elle allait s'envoler sans lui répondre. Mais elle ne l'avait pas oublié.
-Chercher l'illusion d'être entourée des miens. Dans le passé.
Et sur ces paroles tristes, prononcées d'un ton douloureux, ses ailes s'ouvrirent en grand et leur membrane dorée brilla sous le soleil. Bientôt elle ne fut qu'un point dans le ciel. Glaer hennit de protestation en se rendant compte que sa maîtresse ne piquait pas pour venir l'attraper dans ses serres. Radagast mit plusieurs minutes à le calmer.
Pendant ce temps, Andùnë avait disparu à l'horizon.
En direction du nord.
L'orage la poussa à atterrir plus tôt qu'elle ne l'aurait voulu. Sa blessure la lançait encore. « Mieux vaut ne pas tenter Morgoth. » Sentir sous ses pattes la roche de la Terre des Dragons après tant d'années passées loin d'elle lui envoya une si grosse boule de nostalgie qu'elle en resta coincée au fond de sa gorge. Si les dragons pouvaient pleurer, elle serait certainement en train de le faire. Mais leurs yeux étaient protégés par des couches de voile qui empêchaient une telle action. Cela n'empêchait pas que son cœur, lui, pleurait en silence.
Elle inspira longuement, gonflant ses gros poumons, avant de se décider à faire quelques pas pour aller enfin se mettre à l'abri. La pluie qui dégoulinait sur ses écailles faisait ressortir le rouge de sa cuirasse et les rayures plus foncées qui la marbraient.
N'y tenant plus, Andùnë ressortit la tête de la caverne et poussa un long cri. Il déchira la nuit et la pluie et la Terre des Dragons vibra de son écho. Mais rien ne lui fut répondu. Andùnë ne désespéra pas. Pendant les heures sans fin de cette nuit, son cri s'éleva en continuité et fut entendu jusqu'à Mirkwook même. Les Elfes s'arrêtèrent pour l'écouter et frémirent devant tant de tristesse. Ils ne surent pas quelle créature le poussait mais ils en eurent pitié.
Il y avait tant de solitude.
Ce ne fut qu'au petit matin, quand le jour vint chasser les ombres de la nuit, et par là l'espoir qu'elles cachent quelque chose, qu'Andùnë permit à l'évidence de s'installer dans son esprit.
Il n'y avait plus un seul dragon en la Terre des Dragons.
Smaug et elle étaient les derniers des Grands Vers. Et elle se doutait bien que le grand doré serait tué dans les années à venir. Rien de bon ne pouvait advenir à un voleur et un meurtrier comme lui.
S'abandonnant à sa douleur, Andùnë laissa sortir un dernier cri. Un son lugubre. Puis, vidée de ses forces, elle se laissa couler à terre, gémissant pitoyablement.
Elle ne se réveilla que le lendemain matin. Se levant par la force de l'habitude, elle sortit à pas lents de la caverne. Alors qu'elle allait partir définitivement de la Terre des Dragons, devenue une terre sans habitants, son regard se perdit dans les hauts pics et les défilés abruptes. Une idée lui vint en un jaillissement soudain.
Elle ouvrit les ailes et décolla. Mais plus en direction du sud-ouest. Non. Vers le nord. Vers le plus haut sommet de la Terre des Dragons. L'épreuve du passage à l'âge adulte. Chassée de sa demeure trop jeune, elle n'avait pu s'y frotter. Il était maintenant temps de le faire.
L'air devint froid et si violent que quelques écailles volèrent en éclat. Andùnë n'en eut cure. Et elle continua son ascension. Le souffle lui manqua, ses poumons se firent douloureux, réclamant un oxygène bien trop rare. Elle s'en moqua éperdument. Et accéléra ses battements. Ses ailes se couvrirent de givre et leurs claquements se firent plus sonores. Elle ne les écouta pas. Et garda ses yeux fichés sur le pic qui se rapprochait. Sa vue se troubla et le pic ne devint qu'un point indistinct. Elle grogna. Le souffle glacé s'infiltra dans sa gorge, presque à en faire mourir sa flamme. Et ses griffes arrachèrent un morceau de roc. Elle avait atteint le pic.
Alors ses yeux se fermèrent. Ses ailes retombèrent mollement. Et elle chut.
Le fouet du vent finit par la faire reprendre conscience. Conscience que le sol s'approchait à grande vitesse. Mais ses ailes étaient prisonnières de la glace. Et elle n'avait pas la force de les forcer à s'ouvrir. Le sol se rapprochait de plus en plus. Elle voyait maintenant les entrelacs d'herbes. Elle ferma les yeux, prête à abandonner.
La dernière dragonne allait mourir en s'écrasant au sol.
La fierté lui fit rouvrir les yeux. Elle lui fit rugir de colère. Allait-elle mourir aussi bêtement ?! La colère lui donna la force qui lui manquait. Ses ailes s'ouvrirent brusquement, les éclats de glace volant en myriades autour d'elle. Le vent s'engouffra en elle. Et il ne suffit qu'un puissant mouvement de queue pour que la dragonne ne reprenne une position sécuritaire. La vitesse décrut et Andùnë se posa au sol. Elle s'enfonça de quelques centimètres et la poussière vola loin. Grognant de douleur, la dragonne parvint avec grands efforts à rester debout.
Haletante, elle essaya de récupérer ses sens. Tout son corps était douloureux, tendu à l'extrême, frissonnant au moindre contact de l'air. Sa vue était encore trouble et ses oreilles sifflaient. Le goût de la peur et du sang-se serait-elle mordue ?- emplissait sa bouche. Seul son odorat semblait avoir échappé au chaos.
Combien de temps resta-t-elle ainsi, choquée, déconnectée de la réalité ? Elle ne le sut jamais. Ces quelques instants devaient rester les plus éprouvants de toute sa longue vie.
Par contre, elle sut qu'elle avait bel et bien réussi quand, en ouvrant sa patte droite, elle aperçut le morceau de roc, noir sur ses écailles rouges, et perçut la douleur de sa main, entaillée par son trophée tant elle l'avait serré pour ne pas le perdre.
Gandalf s'avançait sur la route menant à Hobbitbourg quand il avisa l'homme. Il était juché sur un magnifique étalon gris souris, une bête du Rohan, racée et puissante. Quant à lui, ses yeux dorés et sa chevelure de flamme suffisait à en faire une bête de foire, notamment dans cette partie du monde. Et le vieux Mage ne pouvait douter de l'identité de cette personne. Il se rapprocha encore d'elle et murmura dès qu'il fut à la portée de ses seules oreilles.
-Vous vous lassez de la féminité, Andùnë ?
-Non point, Gandalf, lui fut-il répondu d'un ton à la fois amusé et agacé, Seulement, les chevaux comme Glaer se remarquent. Les rumeurs commenceraient à devenir pénibles s'il devait changer de cavalier. Et…et les choses ont fait que j'étais ainsi quand je suis arrivée à Esgaroth. J'espère juste que le rohirrim qui me l'a vendu n'entende jamais parler de cela !
Le Mage gris laissa échapper un rire. La dragonne avait l'air d'avoir vécu de nombreuses aventures. Il l'invita à cheminer à ses côtés, ce qu'elle fit. Gandalf se doutait bien qu'elle était venue pour lui parler.
-Vous m'avez trouvé, releva-t-il tout de même, surpris. Il ne s'attendait pas à la voir dans la Comté en vérité.
-Plus difficile que prévu !, grogna Andùnë, Mais je ne pouvais attendre que vous retourniez à la clairière.
-Pourquoi cela ?
-Plus tard. Je dois d'abord vous parler de Smaug.
Le silence revint. Gandalf ne le brisa pas, laissant Andùnë parler à sa guise.
-J'ai échoué et en beauté !, elle afficha un air désolé et ajouta : Maintenant Smaug est éveillé. Vous m'en voyez navrée.
-Vous n'avez pas à vous en faire pour cela. C'est de ma faute, en vérité. Comment est-il ?
-Smaug ? Gros mais pas gras. Puissant et véloce. Bien plus que je ne le pensais. Gandalf ! Il n'est pas à sous-estimer. C'est un mâle dans la force de l'âge, gavé de joyaux et de minerais. J'ai cru qu'il allait me tuer.
Un éclat d'inquiétude se fit voir dans les yeux du vieillard à cette mention. L'avisant, Andùnë sourit et le rassura :
-N'ayez crainte, Glaer et Radagast ont pris soin de moi.
-Radagast ? Vraiment ?
-Il m'aura été d'une aide précieuse.
Ils cheminèrent quelques instants sans parler, s'amusant simplement des regards parfois interrogateurs, parfois outrés, mais toujours curieux, des Hobbits qu'ils croisaient. Leur venue allait faire parler la Comté pendant quelques mois tout au moins.
-Voici l'argent que je vous dois, fit soudain Andùnë en sortant une bourse bien garnie. Je ne vais pas revendre Glaer. Je l'aime bien, moi, ce cheval, malgré son sale caractère. Je ne le mangerai pas.
Gandalf rit du dernier commentaire et Glaer souffla avec force, comme s'il comprenait et en râlait.
-Vous n'aviez pas à vous presser ainsi, dit-il ensuite, Vos blessures auraient nécessité un tel apport en minéral.
-Je ne peux laisser une telle dette en suspens, lui répondit, presque farouchement, la dragonne. Gandalf haussa un sourcil. Andùnë finit par lâcher dans un souffle : Je pars, Gandalf.
-Vous partez ? Comme de coutume ou un voyage sans retour ?
-Je ne pense pas revenir. Gandalf, je vais vers l'Est à la recherche des miens.
Gandalf fronça les sourcils et s'enquit :
-Que voulez-vous dire ?
-Tous les dragons ne peuvent pas être morts !, s'échauffa soudain Andùnë. Consciente des regards qui avaient convergé vers elle à cause de son éclat, elle se tut et se calma avant de reprendre d'une voix bien plus basse.
-L'ouest leur est interdit. Trop d'Hommes, trop d'Elfes, trop de civilisation. Plus loin, au-delà de la mer ? C'est là où les Elfes naviguent. Cette voie leur est fermée. Au nord ? Le froid les tuerait. Alors il ne reste que l'Est.
-Vous pourrez alors vous régaler d'oliphants.
Le ton du magicien était enjoué mais la remarque n'arracha même pas un sourire à Andùnë. Gandalf la trouvait changée. Plus mature. Réfléchissant dans un avenir plus lointain que le lendemain. Plus triste aussi. Son regard se posa sur l'étrange pierre noire qu'elle avait accrochée au cou par un lacet de cuir. Il devina qu'il s'était passé quelque chose qui avait permis un passage. Ce n'était plus la jeune dragonne pleine de fouge, parfois naïve, qu'il avait jusqu'alors connu. Elle était maintenant une adulte et la sagesse des races qui vivent longtemps commençait à émerger en elle.
-Non, Gandalf, réagit-elle enfin, Je ne vais pas au Harad. Ni à Umbar. Ni au Khand. Ni au Mordor. Ni sur les rivages de la mer de Rhùn.
-Alors où allez-vous ?
-Je vais au-delà. Au-delà des grandes forêts de l'Est. Au-delà de Cuivénen. Je vais bien plus loin.
Gandalf hocha la tête avant de dire :
-Je vous souhaite bonne chance et longue vie. Trouvez les vôtres, Andùnë. Nulle créature n'est faite pour vivre seule.
-Je vous remercie, Gandalf.
Le sourire était sincère. Et le visage apaisé. Bientôt un autre sourire se fit voir sur les lèvres d'Andùnë. Mutin et taquin. Plus proche de la dragonne dont il avait l'habitude.
-Quand vous irez à Esgaroth, n'oubliez pas de donner son dû au bourgmestre. Je lui ai promis comme récompense le tiers de la mienne à l'allée.
-Le tiers ? Ou vais-je trouver cela !, s'énerva faussement Gandalf, rentrant dans le jeu d'Andùnë. Elle rit sans se retenir.
-Et puis, reprit le Mage, comment pouvez-vous prévoir que j'irai à Esgaroth ?
-Voyons, Gandalf, lui renvoya Andùnë en roulant des yeux, Je sais très bien que vous comptez vous occuper de Smaug. Je n'étais que l'avant-garde de votre attaque. Vous irez avec des Nains, n'est-ce pas ? Thorïn fils de Thrain fils de Thror de la lignée de Durïn. J'ai récemment entendu dire qu'il préparait une expédition.
-Cela se sait ?
-N'ayez nulle crainte. Il y a peu de chance que cela passe les Monts Brumeux. Ou même n'arrive à Imladris !
Gandalf en fut soulagé. Si Smaug venait à être au courant, tout le plan était voué à l'échec avant même de débuter !
-J'espère que vous réussirez, continua Andùnë, Sur ce, je vais y aller. Cette région est chaleureuse mais ses habitants trop petits, ses collines trop vertes et plates et son calme trop grand pour un dragon !
Elle fit tourner Glaer vers la route menant à l'Est. Gandalf crut qu'elle allait partir ainsi, lui laissant comme dernière image son dos qui disparaissait à l'horizon. Mais, alors que Glaer allait tourner à un coin, elle se retourna et lui adressa un grand sourire.
-Adieu, Gandalf. Que vos affaires soient prospères.
Puis le cheval gris emmena sa cavalière au-delà de son champ de vision.
Ainsi se finit Négociations. Toutefois, j'aime particulièrement mon personnage Andùnë et il me déplairait pas de poursuivre son histoire personnelle dans l'Est. Qu'y fait-elle? Qu'y trouve-t-elle? Revient-elle en Terre du Milieu? A-t-elle une autre confrontation avec Smaug? Comment sont les dragons de l'Est? Ect... Cela dépendra de l'avis des lecteurs...et ne se fera, si cela se fait, pas tout de suite. Je donne la priorité à Peuplades et Mémoires du fandom Lotr.
