Note : Hello à toutes et tous ! Merci à Glasgow pour sa review :)
Nouveau chapitre, Tony va enfin pouvoir commencer son investigation sur le mystère du docteur Banner...


New York était sans aucun doute, à ce moment précis, la ville la plus froide des États-Unis, voir même du monde entier, pensait, sans aucune exagération, Tony Stark en fermant la porte de sa terrasse derrière lui. La neige n'avait cessé de tomber depuis le 1er janvier, si bien que la Big Apple était devenue aussi blanche que le sourire de Thor. C'était aussi détestable qu'irritant. Quand il vivait encore à Los Angeles, jamais il n'avait fait un froid polaire de la sorte et Dieu merci, la neige était extrêmement rare ! Tony était de toute façon un homme qui préférait la chaleur (humaine ou autre), le soleil, les plages de sable fin et les cocktails bien frappés. La neige, les bonnets et les nez qui coulent – c'était presque pire qu'une reprise d'un tube d'Alan Merrill par Britney Spears.

À cause de ce froid polaire, il était clair qu'il ne sortirait pas aujourd'hui, et cela n'avait rien à voir avec la mauvaise foi, ce n'était pas comme s'il avait le choix de toute façon. La veille, il avait voulu sortir, mais un rendez-vous avec Fury à 15h à la Stark Tower l'en avait empêché. L'avant-veille, le 1er janvier, il était encore trop fatigué de ses nombreuses crises d'angoisses pour oser mettre le nez dehors. De toute façon, aller dévaliser la boutique Armani sur Madison Avenue n'était pas dans ses priorités. Depuis le fameux premier jour de cette nouvelle année, Tony s'était entiché d'un nouveau mystère à percer : Bruce Banner. Cela faisait des années qu'il suivait cette singulière histoire entre les rapports volés au Shield et les enquêtes des journalistes, jusqu'à sa disparition plus ou moins discrète il y a deux ans de cela.

Tony frotta ses deux mains l'une contre l'autre en pestant contre lui-même ; quelle idée d'aller faire un tour sur sa terrasse du 39e étage par ce temps ! Il enfila un pull en cachemire négligemment posé sur une lampe et se dirigea vers le laboratoire du 40e étage. C'était une pièce aux dimensions hors normes dont il était particulièrement fier – Tony avait toujours eu un problème avec la taille. Sur plusieurs mètres carrés s'étendaient tables de travail, étagères remplies de milles produits plus ou moins légaux et outils en tous genres. C'était plus beau et plus excitant qu'un strip-tease privé donné par la plus souple des danseuses, du moins pour Tony. Il avait été ravi de trouver, dans le regard de Bruce, la même passion lorsqu'il lui avait montré pour la première fois le labo ; bien que Bruce n'aurait probablement jamais fait la comparaison avec la prostituée, pardon, la danseuse.

Banner était de toute évidence un homme redoutablement intelligent, à tel point que Tony se sentait parfois jaloux. C'était un fait assez rare pour être noté. Mais ce qu'il y avait de plus étonnant encore, c'était la capacité de Banner à ne pas tout ramener à son incroyable intelligence, comme s'il n'en voyait pas l'intérêt. Tony l'avait déjà vu parler à des gens beaucoup trop stupides –les soldats bon marché du SHIELD, par exemple- sans jamais soupirer ou lever les yeux au ciel. Pire, il semblait s'adapter à son interlocuteur en modifiant aisément son langage pour être compréhensible par tous. En somme, cet homme était humble ; il ne devait pas avoir conscience de ce qu'il valait réellement, sinon, il ne se comporterait jamais de la sorte.

Lorsque l'ingénieur arriva au labo, il fut agréablement surpris de le voir déjà occupé. Banner était penché au-dessus d'un large plan de travail, concentré sur un microscope construit par Stark lui-même. Le docteur portait une chemise d'un bleu fascinant que le milliardaire ne pouvait quitter des yeux. Ses larges boucles brunes cachaient son visage et Tony se surprit à vouloir y glisser sa main. Juste pour lui redresser le visage de force et lui donner la peur de sa vie. À bien y réfléchir, cela pouvait être une sonnette d'alarme pour Hulk et hors de question de mettre son labo en danger.

L'ingénieur se rapprocha du centre de la pièce, ses yeux continuant leur chemin sur le corps du docteur. Il avait remonté ses manches, et cela fit sourire Tony. Lui aussi remontait systématiquement ses manches lorsqu'il travaillait, mais lui avait une bonne excuse, il se salissait ou abîmait ses vêtements à chaque fois alors que le docteur ne faisait que regarder, constater et noter des hypothèses – rien de bien dangereux pour sa jolie chemise là-dedans. Il continua son chemin et se retrouva dans le dos de son invité.

"Oui Stark ?"

Ainsi il l'avait vu, bien, il n'allait pas lui faire peur en s'adressant à lui.

"Qu'est-ce que tu regardes ?"

"Des échantillons ramenés par le SHIELD."

La voix du docteur était particulièrement calme et posée, il était extrêmement concentré par son travail et Tony s'en trouva automatiquement jaloux – toujours ce besoin de tout ramener à lui. Il se rapprocha et pinça sans tendresse Bruce par dessus sa chemise.

"Hey !"

Le regard de Banner se fit dur lorsqu'il se posa sur Tony. Les deux hommes se regardèrent et le docteur ne put s'empêcher de repenser à leur conversation dans l'hélioporteur, lorsque Tony s'était mis en tête de réveiller le Hulk – alors que c'était une idée complètement stupide étant donnée la situation.

"Quoi, tu ne peux pas m'empêcher d'essayer.", répondit Tony en haussant une épaule.

Il attrapa une madeleine posée à côté du docteur qu'il engloutit sans attendre. Il accéléra le pas et se laissa tomber dans son fauteuil en cuir à côté de son bureau. Il tourna sur lui-même de longues secondes en gardant ses yeux ouverts : c'était enfantin, mais il aimait sentir sa tête tourner lorsqu'il faisait ça. C'était comme le whisky mais en plus rapide. Bruce ne l'avait pas quitté des yeux, le regardant s'éloigner pour être sûr qu'il pouvait se remettre au travail. Encore une fois, le sérieux était de mise. Il soupira en repoussant ses cheveux en arrière et se pencha à nouveau sur l'échantillon qu'il analysait.

Bien, il ne comptait pas prendre en compte le nouvel arrivant. Tony le scruta quelques secondes et ouvrit un tiroir de la commode près de lui pour en sortir un dossier. Pas n'importe lequel bien sûr, le dossier Banner qu'il avait fait imprimer et relier par Pepper. Il avait un dossier sur tous les Avengers, et sur certains de ses collaborateurs aussi, mais celui de Banner était de loin le plus fin et cela avait particulièrement le don de l'agacer. Il posa le dossier sur le bureau et se mit à le lire, probablement pour la 50e fois.

"Ça fait longtemps que je ne suis pas allé à Chicago. J'aime bien la ville pourtant. Bien sûr, pas la peine de préciser que je déteste la comédie musicale."

Tony avait parlé assez fort pour être sûr de retenir l'attention du docteur.

"Eh bien vas-y alors Tony.", répondit Bruce plus calme que jamais.

"…. L'Inde. J'aimerais bien aller en Inde aussi, ça a l'air très… comment dire… vivifiant comme pays. On doit vraiment s'y sentir revivre, ça doit apaiser, non ?"

Banner posa bruyamment le stylo avec lequel il écrivait et retira ses lunettes avant de se retourner sur son tabouret pour regarder Tony à l'autre bout de la pièce. Son ami avait évoqué Chicago, la ville où son accident avait eu lieu et l'Inde, le pays où il s'était caché durant sa retraite, clairement, il avait une idée en tête… comme toujours à vrai dire.

"Très bien, que veux-tu savoir Tony ?"

"Moi ? Mais rien !", grogna Stark outragé. Il lui adressa un véritable sourire forcé et papillonna de sa main comme pour lui dire au revoir.

Banner plongea son regard dans le sien, patientant encore quelques secondes pour être sûr que Tony n'allait pas encore le déconcentrer, et finit par lui tourner le dos – il fallait vraiment qu'il finisse ces analyses avant 20h de toute façon.

"Enfin, personnellement si je voulais vraiment me cacher en Inde, je pense que j'arriverais à être d'une discrétion absolue, ce n'est pas comme si le pays était criblé de caméras comme aux États-Unis. Je pense que c'est l'endroit parfait pour une retraite simple et discrète !"

C'était la phrase de trop. Banner se leva cette fois et éteignit la petite lampe près de lui. Il n'arriverait pas à travailler avec Tony près de lui. Il rangea soigneusement ses papiers et se prépara à sortir du labo quand l'ingénieur fit son apparition à ses côtés.

"Tu boudes ?"

Dieu que son sourire était… pédant.

"Non Tony."

Encore une fois, les deux hommes brillaient par leurs différences, s'entrechoquaient par leur simple façon de sourire, Banner était tout simplement doux. Il ne mentait même pas, c'était évident.

"Mais je dois vraiment travailler, j'ai un rapport à rendre à Fury, alors je passerai du temps avec toi plus tard, si cela ne te dérange pas."

"Donc Fury passe avant moi ? Je note. Pourquoi tu t'es énervé quand j'ai mentionné l'Inde doc' ?"

"Ai-je l'air énervé ?"

Non, clairement non. Sa voix était mélodieuse, s'en était… relaxant. Mais Tony ne s'avouerait pas vaincu. Il fit un pas de côté quand Bruce lui demanda d'un geste de tête de lui faire de la place et le regarda s'éclipser.

"Qu'est-ce que tu me caches doc' ?"

"Je ne te cache rien Tony."

"Alors pourquoi est-ce que tu fuis à chaque fois qu'on est dans la même pièce ?"

"Je ne fuis pas Tony."

Le docteur allait passer la porte, vite, une remarque, n'importe quoi pour le retenir encore une seconde.

"Tu ne m'échapperas pas aussi facilement, tu le sais ça, Bruce ?"

Le docteur posa sa main sur l'embrasure de la porte et se retourna doucement. Son tendre regard se posa sur le milliardaire encore posté à côté du plan de travail. Il lui sourit, sans le quitter des yeux et fit un petit oui de la tête en lui répondant :

"Je le sais Tony."

Ah. Ça c'était inattendu comme réponse. Le milliardaire le regarda partir sans dire mot. Il lui avait cloué le bec, mieux valait en rester là.


Depuis que Pepper était à la tête de Stark Industries, l'agenda de Tony s'était considérablement allégé. Plus de réunions aux 4 coins des États-Unis, plus d'obligations légales, plus de papiers à signer à contre coeur, en cela, l'ingénieur était libre. Bien sûr, c'était un mot qu'il n'osait jamais évoquer tout haut, le concept de liberté était bien trop tendancieux et il détestait au plus profond de son âme les conversations pseudo-philosophiques où chacun se sentait obligé d'y apporter son point de vue.

De toute façon, à ce moment précis, il était seul. Installé dans le double séjour, véritable QG des Avengers, il était allongé sur un des canapés, une tasse Kiss à la main. Il leva les yeux vers le plafond et réfléchit : se considérait-il comme un homme libre ? Pour sûr, il avait l'assurance financière qui lui permettait de faire ce qu'il voulait : check. Pas de parents ou de famille à écouter ou à combler : check. Pas même de relation stable qui l'empêcherait d'aller voir ailleurs si l'occasion se présentait : check. Et Iron Man alors ?... Joker.

"Qu'est-ce que tu fais là Tony ?"

L'ingénieur tourna la tête à la recherche du nouvel arrivant qui l'avait tiré hors de ses pensées : un Bruce Banner fatigué. Il était 23h passée et le physicien faisait enfin son apparition. Tony avait entendu que Fury viendrait à la tour pour une histoire d'analyses qu'il avait imposées au docteur mais il pensait que cela serait vite réglé. Au contraire, Bruce avait disparu une bonne partie de la journée, l'obligeant à dîner seul avec Natacha et Clint plus bavards que jamais. Il avait décidé de le lui faire payer. Sans répondre à sa question, il détourna son visage et porta la tasse à ses lèvres.

"Je suis crevé si tu savais… je n'ai même pas eu le temps de manger. Fury te salue d'ailleurs. Tu aurais vu les échantillons qu'il m'a donné, une vraie galère à analyser… heureusement que tu as perfectionné le microscope de la table 8 sinon, j'y serais encore. Il te reste du café ?"

Tony, toujours allongé presque félinement sur son canapé, ne prit même pas la peine de répondre. Bruce devrait galérer comme il se doit pour regagner l'estime du milliardaire. Alors oui, certes, c'était idiot, mais ça l'amusait. Il posa sa tasse presque vide sur la table basse et étira ses bras vers le plafond – il était devenu particulièrement doué pour ignorer ses interlocuteurs.

Le docteur ne sembla pas le moins du monde touché par ce silence. Il se leva, sourit à son ami, bien qu'il ne le regardait même pas, et attrapa sa tasse pour aller lui resservir du café. À peine eut-il jeté un coup d'œil à l'intérieur du récipient qu'il s'arrêta.

"Qu'est-ce que c'est… ?" Il renifla doucement et eut un bref mouvement en arrière. "De la vodka… pure? Tu bois de la vodka pure dans une tasse ? Et seul ?"

Ah, mais voilà pourquoi il s était laissé aller à des réflexions hautement philosophiques : il était quelque peu bourré. Soudain parfaitement conscient de son état, Tony leva l'index de sa main droite en signe de protestation.

"Je bois de la vodka pure, dans une tasse KISS. Rien à voir. Maintenant, sois gentil doc' et rempli la."

Banner soupira malgré lui et reposa la tasse là où il l'avait prise. Il fit le tour de la table basse pour se mettre à genoux près du canapé où était allongé son ami. Leurs regards se croisèrent et une nouvelle fois, les différences étaient si nombreuses entre les deux hommes que c'en était risible. Du moins pour Tony. Lui avachi, puant l'alcool, un tee-shirt blanc sur les épaules qu'il avait bêtement choisi car son réacteur ARC était horriblement voyant, le regard presque éteint et les muscles engourdis par la position. Et Banner, le torse droit, magnifique dans sa chemise bleue, ses larges boucles brunes entourant gracieusement son visage et le regard si… tendre.

"Si tu comptes m'embrasser, sache que je ne me débattrai pas."

"Je ne compte pas t'embrasser Tony."

"C'est dommage parce que la situation s'y prête bien je trouve."

"Tu es clairement saoul."

"Raison de plus pour en profiter."

Soupirer face aux réponses de Tony était devenu la norme pour Bruce. Mais ce qui étonnait le plus le milliardaire dans leur amitié (car étaient-ils vraiment amis, il était de toute façon trop bourré pour trouver une réponse maintenant) c'était leur façon de parler : ils ne se coupaient jamais la parole. Tony, à cause de son QI sur-développé, ne réussissait jamais à attendre que son interlocuteur ait finit de parler avant de commencer sa propre phrase. C'était tout bonnement impossible, les gens parlaient trop lentement, et il comprenait où ils voulaient en venir avant même d'entendre la fin de leurs phrases. Certains s'énervaient, d'autres se vexaient, seules quelques rares personnes, Pepper et Rhodey pour ne citer qu'eux, arrivaient à suivre son flot de parole, et leurs discussions se finissaient toujours en une cacophonie indescriptible. Et Banner, malgré son intelligence sur-développée elle aussi, avait un débit de parole très doux, presque envoûtant, si bien que les conversations qu'il entretenait avec lui tenaient presque de la mélodie. Et l'ingénieur étant un fin mélomane, il y était particulièrement sensible.

"Donc maintenant, c'est le moment où tu me ramènes à ma chambre, c'est ça ?"

"Exactement, lève toi."

"Ouais, enfin dans l'idée, c'est facile mais en réalité…"

Bruce plongea son regard dans le sien, haussa un sourcil, pas le moins du monde touché par la comédie du milliardaire et se leva le premier. Il ne lui tendit pas sa main et ne lui proposa pas d'aide, laissant Stark se débrouiller seul.

"Quelle piètre infirmière tu fais, j'te jure…"

Tony grimaça et s'aida de ses mains engourdies pour se hisser hors du canapé. Il se rendit soudain compte qu'il avait beaucoup plus bu que prévu quand sa vision se brouilla. Il manqua de tomber, et se força à écarquiller les yeux pour se concentrer sur son environnement. Bruce le regardait toujours, sans le toucher, le guidant hors du double séjour.

"C'était quoi alors… ces échantillons ?"

"Je t'en parlerai quand tu auras dessoûlé."

"Méchant Bruce. Hey, pourquoi on prend les marches ? Les ascenseurs, c'est pas pour les asgardiens hein !"

"Ça va te faire du bien de marcher."

"J'aurais vraiment préféré que tu m'embrasses sur le canapé, on aurait fait l'amour directement et on en aurait pas bougé de la nuit…"

Bruce ne répondit pas cette fois-ci et ne soupira même pas. Il marchait quelques mètres devant Tony si bien que ce dernier ne pouvait voir son visage ni la réaction qu'il eut en entendant sa remarque. Mais bordel, qu'est-ce que ce doc' avait dans la tête ? Il ne repoussait pas clairement ses avances déplacées, il le soutenait de manière très neutre mais le soutenait quand même contrairement aux autres, et il était doux, une putain de tendresse qui n'allait pas du tout avec son lui intérieur.

"C'est vrai que t'es toujours en colère ?"

"On en reparlera plus tard Tony, on arrive à ta chambre de toute façon."

"Je préférerais parler avec Hulk, même s'il a le vocabulaire d'un gamin de 4 ans, il est plus marrant que toi."

Banner s'arrêta instantanément et se retourna vers son hôte. Ses lèvres étaient pincées, ses poings légèrement serrés et Tony crut voir ses pupilles légèrement virer au vert. Il inspira par le nez et conclut:

"Voilà la porte de chambre, au cas où tu sois trop saoul pour la reconnaître. Va te coucher, ça te fera du bien."

Bordel. Tony était persuadé qu'il allait prendre un violent coup de poing ou du moins, vu la tête de Bruce, qu'il allait lui hurler dessus, mais rien à faire, sa voix était encore aussi mélodieuse qu'agréable. Fini de jouer, cette situation commençait à devenir plus compliquée que prévue, il se rapprocha de Banner, le forçant à se reculer et plongea son regard dans le sien, dégageant l'ordre silencieux que Bruce devait l'écouter.

"Depuis des mois qu'on se connaît Bruce, tu es doux, tendre, et en même temps si froid et distant. Qu'est-ce que tu me caches ? Qu'est-ce que tu caches à tout le monde ? Tu as l'air si déconnecté du Hulk mais il est toujours là, pas vrai ? Tu n'arrives pas à l'oublier, je me demande même si t'arrives à avoir une vie normale. Je me demande jusqu'à quel point vous êtes deux dans ton putain de corps, et jusqu'à quel point tu le maîtrises. À moins que ce ne soit l'inverse ?"

La voix de Tony était rauque, ses mots aussi durs que son regard. Il avait tellement poussé le docteur qu'il était maintenant dos au mur, incapable de partir, mais Tony avait encore plus besoin d'asseoir son autorité et posa ses mains de part et d'autre du corps de Banner.

"C'est ça que tu me caches ? C'est qu'il te contrôle ?"

Ses yeux, ne pas quitter ses yeux, voir si cette lueur verte allait faire son apparition, voir s'il était possible de lire dans son regard ce qui se cachait à l'intérieur de lui. Le corps de Banner était tellement brûlant que Tony ressentait sa chaleur sans même le toucher. Il commençait même à se dire qu'il avait raison, Bruce semblait touché en plein cœur. par sa déclaration ; il allait s'énerver, le repousser, l'engueuler ou peut être même pleurer, de toute façon, il ne pourrait pas agir comme avant.

"Recule-toi Tony."

Cette. Putain. De. Mélodie. Tony s'attendait à tout sauf à ça ; la voix de Bruce, son regard, rien n'avait changé, comme s'il n'avait rien dit. Le milliardaire baissa les bras et recula comme on le lui avait ordonné.

"Il faut que tu te reposes. On se verra plus tard."

Maintenant libre, Bruce fit un pas de côté et laissa Tony sur place. Il descendit quelques marches et parcourut le long couloir qui le ramenait à ses propres appartements sans même accélérer le pas. L'ingénieur se retourna pour le regarder partir, pour essayer une dernière fois de déceler sa faille. Mais rien. Réalisant soudainement l'ambiguïté de ses paroles et de ses gestes, il pinça ses lèvres en se mordillant l'intérieur de la joue et rentra dans sa chambre. Pas la force de se déshabiller, il avait froid de toute façon, il retira ses chaussures et se laissa tomber sur son lit. Il se glissa entre les draps, posa un oreiller sur sa tête et s'endormit, sans arriver à retirer de sa tête le regard de Bruce et la lueur verte qu'il avait vue dans ses yeux.