Note : Hello à toutes et à tous ! Nouveau chapitre nettement plus long, nettement plus... enfin bref :) J'ai eu un peu de mal à écrire la deuxième partie, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, les critiques sont de toutes façons constructives. Merci et bonne lecture :)
"Encore 11 minutes, pas plus."
Steve, debout dans l'embrasure de la porte, portait déjà son costume de Captain America, son légendaire bouclier dans la main droite. Il regardait impatient les deux scientifiques de l'équipe penchés au-dessus du microscope le plus perfectionné qu'il ait jamais vu. Il n'aurait jamais imaginé en se réveillant ce matin, que le SHIELD aurait autant besoin d'eux, et d'eux tous. Un vent de panique avait secoué le sud de Brooklyn, se répercutant jusqu'aux journaux nationaux : Loki aurait fait une nouvelle apparition près d'une hôtel bondé. Cela était aussi peu probable qu'inquiétant, et l'organisation n'arrivant pas à entrer en contact avec Thor pour lui demander plus d'informations, elle avait mis les Avengers sur le coup.
"10 minutes…"
"Bon, Captain, arrête de te prendre pour une putain de bombe à retardement et laisse nous travailler."
"Bien. Mais je reste là."
Tony leva les yeux au ciel et grogna bruyamment pour marquer son mécontentement – quelle idée de lui résister. L'échantillon d'ADN prélevé miraculeusement sur place que leur avait ramené l'équipe de Fury devait être rapidement analysé, ainsi, ils auraient la certitude d'avoir affaire, ou non, au Dieu asgardien et cela était si stressant, que les mains de Bruce n'arrêtaient pas de trembler.
"Ça va me prendre bien plus que 10 minutes Tony…"
"Bien sûr que non doc', tu peux le faire en moins de 2 minutes, les yeux fermés. Et si tu foires, dis-toi qu'ils auront explosé un hôtel pour rien."
Banner poussa malgré lui un petit couinement de pur malaise et retira à nouveau ses lunettes pour se pencher vers le microscope, sa main tremblante apportant d'une pipette une petite solution préparée par Tony qui devait normalement faire réagir son échantillon. Steve, décontenancé par la totale désinvolture du milliardaire lui lança un regard noir en secouant légèrement. la tête, bien décidé à lui faire comprendre qu'il n'approuvait pas son attitude.
"Je sais motiver mes troupes.", se défendit Tony en haussant une épaule.
Le labo replongea dans un silence tendu. Steve n'arrêtait pas de jeter des coups d'œils à l'horloge numérique de l'étagère, Bruce relevait les résultats qui commençaient à défiler sur l'écran de son ordinateur et Tony donnait le meilleur de lui-même, à faire quelque chose d'imperceptible à l'œil nu, mais pourtant ô combien primordial : il gardait son calme.
Il était couché depuis longtemps lorsque Steve était venu le tirer de son demi-sommeil pour le traîner de force à son labo à grands coups de "Le monde a besoin de nous". La voix si virile et directive l'avait informé que ce crétin de Loki aurait osé remettre les pieds près de Manhattan et que le SHIELD craignait une nouvelle attaque. Ils avaient même croisé Natasha et Clint qui, tout sourire, se permit de se réjouir de se remettre au travail.
Bon sang comme cela était flippant. En quelques secondes, la tour entière s'était remise au rythme qu'ils avaient abordé lors de l'attaque de New York, si bien que Jarvis lui avait signalé qu'il avait déjà préparé son armure en mode combat. Non, non, et non, il n'était décidément pas prêt. Il avait bien fait ce petit tour dans le ciel il y a quelques jours de cela, et vu comme cela s'était terminé, son corps, et son esprit, ne le supporteraient pas. Si en plus, il devait utiliser les armes…
"Tony, s'il te plaît… ?"
L'ingénieur cligna des yeux et porta sa main moite à son front – il s'était perdu dans ses pensées quelques instants.
"Quoi ?"
"La solution n°4 s'il te plaît !", demanda Bruce en tendant sa main libre.
"La 4 ? Réfléchis doc', avec la 4, tu arriveras seulement à prouver que le détenteur de l'ADN n'est pas une plante verte, fais-moi de la place…"
Tony attrapa la fiole étiquetée "N°6" et prit place devant le microscope à la place du docteur qui à son tour, se mit à regarder avec insistance l'horloge.
"6 minutes…"
"On sait Steve !", aboyèrent d'une même voix les deux hommes.
Le Captain écarquilla les yeux, s'il n'était pas du tout surpris par l'attitude désagréable de l'ingénieur, il n'arrivait pas à croire que le docteur ait la même intonation.
"En gros, je ne vous sers à rien ?"
"À rien du tout.", répondit Tony, distant, absorbé par la manipulation qu'il était en train de faire.
Pleinement conscient de la froideur des propos de son ami, Bruce adressa un petit sourire désolé à destination du militaire, qui soupira et sortit définitivement du laboratoire.
"J'ai cru qu'on ne s'en débarrasserait jamais."
"N'empêche, on est loin d'avoir fini."
"Je sais, ajoute 0,2ml dans la première solution, s'il te plaît."
Les deux mains de Tony tenaient difficilement en place les deux fines lames de verre qui emprisonnaient l'échantillon ; ne pouvant rien faire de plus, il fit un geste de la tête pour inciter Bruce à se rapprocher de lui afin de l'aider. Banner n'hésita pas une seule seconde et plongea sa pipette dans le liquide voulu pour en prélever la quantité souhaitée et vint coller son œil au microscope. Sa main s'approcha délicatement et il commença à déverser le liquide avec une infinie patience requise dans un moment aussi important.
Tony, les deux mains toujours prises mais l'esprit libre quelques instants, s'octroya le temps de prendre conscience de la situation. Bruce à ses côtés s'était penché vers lui, sa tête à quelques centimètres de son torse. Il pouvait presque sentir ses boucles brunes chatouiller son menton et se surprit à respirer son odeur. Il avait prit une douche très récemment pour sûr, vu qu'il sentait encore des émanations de son shampoing ; il y avait-il de la lavande ? Il frissonna légèrement, mordit sa lèvre inférieure et demanda d'une voix parfaitement neutre.
"Bruce, je peux te poser une question totalement inappropriée ?"
"Ai-je le choix ?", demanda le physicien avec une telle mollesse dans la voix qu'il était clair qu'il connaissait déjà la réponse.
"Bien. Suite à notre petite discussion de l'autre fois, je n'ai pas pu m'empêcher de faire une petite recherche et si tes derniers rapports remontent à avant ton accident, cela voudrait dire que la dernière fois que tu as fait l'amour, Nina Simone et Barry White étaient encore vivants. Tu confirmes ?"
Bruce vacilla légèrement, ça pour sûr, c'était totalement inapproprié comme question, et arrêta ses gestes pour se concentrer – il n'était pas question d'aller dire à Fury qu'ils avaient cramé le seul échantillon d'ADN valable parce qu'ils étaient trop occupés à parler de sa vie sexuelle.
"Et bien… s'ils sont morts en 2003, oui, c'est ça.", finit-il par répondre avant de se remettre au travail.
"Putain Bruce ! Mais ça fait dix ans ! Comment tu fais ? Non, je ne peux pas te croire, arrête tes conneries !"
La voix de Tony avait résonné avec une telle puissance que les fioles tremblèrent légèrement autour d'eux.
"Ne bouge pas Tony, j'y suis presque…"
Le regard de Bruce ne cessait de passer du microscope à l'écran, le cœur battant.
"Attends mais ça veut dire que la dernière fois que t'as baisé, Pirate des Caraïbes n'était même pas encore sorti !"
Un grand fracas les fit trembler tous les deux ; Steve, impatient à l'en rendre fou avait débarqué dans le laboratoire en claquant violemment la porte.
"2 minutes !"
"J'y suis presque Steve !"
Bruce versait goutte à goutte la solution contre la plaque en verre, se concentrant autant que possible sur son travail malgré la pression folle exercée par ses deux amis.
"… Et Facebook n'existait même pas."
"PAS MAINTENANT TONY !", finit par ordonner Bruce d'une voix si puissante, que le militaire hésita une seconde à appeler des renforts – un Hulk en colère était si vite arrivé. Un long soupir de satisfaction de la part du médecin le rassura rapidement néanmoins. "C'est bon, j'ai réussi…"
Bruce se retira de la demi-étreinte et tapota sur le clavier à côté de lui. Il rit légèrement, la pression retombant enfin, et put affirmer, soulagé :
"Ce n'est pas Loki. Vous devez avoir affaire à un maniaque qui se prend pour lui."
Steve ne put s'empêcher de sourire à son tour, la perspective d'arrêter un simple humain, aussi barge soit-il, était tout de même bien plus réconfortante que d'affronter un être aussi abominable que Loki.
"Merci Bruce, je préviens Natasha et Clint qui sont sur place."
"Et moi alors ?", tiqua Tony qui détestait qu'on l'ignore de la sorte.
"Merci Stark.", grimaça-t-il en réponse avant de sortir rapidement appeler ses amis pour leur apprendre la nouvelle.
Ne resta plus qu'un lourd silence qui sembla éloigner les deux scientifiques pourtant si physiquement proches. Bruce s'étira un peu et se mit à ranger la table couverte d'une multitude de solutions qu'ils avaient utilisé. Ses gestes étaient calmes et précis, rien ne laissait transparaître son léger pétage de plomb. Tony le regarda faire, aussi impressionné que perturbé. Il tangua un peu, d'un pied sur l'autre, fit mine de l'aider à ranger, son esprit de toute façon bien trop concentré sur cet homme complexe pour être productif.
En même temps, si le docteur n'avait pas tiré son coup depuis dix ans, il comprenait très bien qu'il pouvait être un peu sonné. Lui-même en serait probablement mort de toute façon. Il reprit d'une voix plus basse :
"Bravo, j'aurais jamais tenu à ta place…"
"Ce n'est pas parce que je n'ai pas eu de rapport avec quelqu'un que je n'ai rien fait non plus."
La voix de Bruce était, elle aussi, légèrement plus basse, presque voilée, mais Tony avait bien relevé la façon si particulière qu'il avait eu de préciser 'avec quelqu'un'.
"… C'est à dire ?", finit-il par capituler, loin de comprendre les sous-entendus de son ami.
"Et bien, je m'en occupe moi-même." Il releva son visage et fit face à Tony. "Je me caresse si tu préfères."
Son regard était aussi serein que Tony était troublé. Sentant le feu monter à ses joues et sa gorge délicatement se nouer, il fronça légèrement les sourcils et émit un son proche du grognement, soudainement bien incapable de prononcer un mot cohérent. Il déglutit, bruyamment, regarda autour d'eux comme s'il pouvait trouver un souffleur qui lui glisserait les bons mots à prononcer et finit par reposer un regard infiniment plus curieux sur son ami, un large sourire naissant sur ses lèvres.
"Et tu me dis ça, comme ça ?"
"Je ne vois pas de quelle autre façon je pourrais te le dire."
Tony mordit sa lèvre inférieure en posant ses mains sur le plan de travail ; baissant la tête, il souffla longuement et se perdit dans ses pensées, pour ne pas regretter de dire tout haut des choses maladroites.
Mais bordel, Bruce Banner avait-il seulement conscience de ce qui sortait de sa bouche ? Tony avait une réelle curiosité envers lui, qui avait dérapé de son statut de Hulk à ses lèvres certes, mais une curiosité physique quand même, et il osait lui balancer ça ? Il se redressa en passant une main sur son visage, se remémorant leur dernière discussion riche en informations que, Dieu merci, Jarvis avait enregistrée. Il l'avait regardée plusieurs fois et en avait mémorisé chaque geste, chaque mot, jusqu'à se perdre dans la contemplation des mains de Bruce si proches de son corps… il s'égarait à nouveau.
"Bruce, Tony ? Clint vient de me contacter, ils ont pu arrêter la pâle copie de Loki. Pas de victimes, quelques blessés légers et pas de dégâts matériels, bien joué les gars."
Tony, sorti de ses pensées, tourna la tête vers le Captain qui avait ré-ouvert la porte, déjà suivi par un Bruce soudainement extrêmement bavard. Il les suivit, quelques mètres en arrière, pas totalement remis de ses émotions, sans les quitter du regard. Les deux hommes parlaient, avec soulagement, de cette histoire rondement menée, se perdant parfois dans des rires bruyants dont il n'avait même pas compris l'origine. Steve s'arrêta devant l'ascenseur et leur dit au revoir – il n'allait pas dormir à la tour contrairement à Bruce qui y avait déjà commencé la nuit. Ils se quittèrent là, et sans dire mot, les deux hommes se dirigèrent côte à côte vers l'étage des appartements. C'est finalement Bruce qui brisa le silence, avant que Tony ne rentre dans son salon :
"Désolé pour tout à l'heure, je ne voulais pas te perturber à ce point."
"Tu ne m'as pas du tout perturbé !", mentit éhontément le milliardaire en lâchant un rire aussi sonore que faux.
"Je me suis permis de te dire ça, vu ce qu'il s'est passé les dernières semaines, j'ai cru qu'on pouvait se le permettre."
"Bien sûr, tout à fait, exactement, c'est cela même. Pas de secrets entre nous. On se dit tout." Tony parlait rapidement, aussi à l'aise qu'un éléphant tentant d'enfiler un escarpin. "Je suis juste extrêmement impressionné par ton courage et ta force, d'avoir vécu si longtemps sans… tu vois. Enfin, ça me prouve surtout que le firewall que j'ai installé sur le wifi de la tour n'est pas pleinement fonctionnel, j'avais pourtant réduit l'accès aux sites pornos – à part pour moi bien sûr…"
"Non, non…", interrompit Bruce souriant, en faisant un signe de la main. "Tu n'y es pas du tout Tony. Tu n'as peut être jamais essayé mais il n'y a pas besoin de site, de film ou de je ne sais quoi. La masturbation a cela de bon, c'est qu'on peut absolument tout imaginer."
Bon sang! Le cœur de Tony loupa un battement, son esprit encore bloqué sur la façon si particulière dont il avait prononcé le mot "tout". Le regard de Bruce brillait d'une telle lueur que Tony réalisa bien vite que ce n'était rien d'autre que de la provocation, aussi excitante et déplacée soit-elle. Le docteur lui avait fait part de son passé et avait été honnête en lui avouant qu'il ne pouvait être touché par quelqu'un d'autre, mais ce n'est pas pour autant qu'il vivait une vie de moine, comme chacun était à même de le penser. Bruce se pencha vers Tony, encore bloqué par son dernier aveu et glissa son visage jusqu'à son oreille où il murmura d'une voix si rauque qu'elle semblait être faite pour lui, pour ce moment :
"Tout."
Il écarta son visage avec une lenteur délicieuse, laissant même glisser sa joue contre la légère barbe de Tony, et plongea son regard si puissant dans le sien, désormais si soumis.
"Bonne nuit Tony."
oOo
Tony Stark fumait peu. Pas qu'il faisait particulièrement attention à sa santé, la bouteille de whisky près de son lit confirmant plutôt le contraire, mais il avait une sainte horreur de l'odeur du tabac froid. Il n'en était pas encore pleinement conscient, mais cette odeur lui rappelait amèrement les longues soirées passées à jouer aux côtés du bureau de son père, en attendant qu'il finisse un énième travail, avant de les ramener tous les deux en leur maison. Il pouvait passer des heures à attendre, et s'il se permettait, au début, de tirer sur un pan de la veste paternelle pour lui dire qu'il s'ennuyait ou qu'il avait faim, ses quelques claques ou ses nombreuses engueulades l'en avaient bien vite dissuadé. Howard Stark n'était pas particulièrement violent, si l'on faisait fi de son statut de brillant inventeur de machines de guerre, mais l'époque à laquelle avait grandi Tony approuvait les petits châtiments corporels comme un mode d'éducation à part entière. Cela n'avait jamais vraiment perturbé le petit génie.
De ces années, il en retenait plus une extrême frustration à devoir attendre. Comme il détestait attendre ! Il détestait donner le pouvoir à une entité aussi imperceptible que le temps. Malgré son esprit sur-développé, il devait attendre, que son père ait finit de travailler avant qu'il ne puisse rentrer chez lui, afin de se remettre lui-même au développement de sa petite télécommandée sans fil qu'il montait dans sa chambre. Il avait dû attendre d'avoir 15ans pour entre au MIT, malgré les tests brillants qu'il avait passé deux ans plus tôt. Il avait dû attendre d'avoir 18ans pour suivre ses parents lors de leur voyage en Amérique du Sud – mais cela, il savait amèrement comment cela s'était fini.
La boîte noire de leur avion privé n'avait jamais été retrouvée mais plusieurs théories confirmèrent la bête thèse de l'accident. C'était fou comme un simple problème à la phase 2 du cycle thermodynamique du turboréacteur n°2 pouvait à ce point remettre une vie en question – et en voler deux autres.
Tony pinça fermement sa cigarette entre ses lèvres et attrapa le verre de whisky qu'il sirotait tranquillement depuis un moment, nu sur son canapé, et se dirigea vers son lit, sa chambre plongée dans le noir, seulement éclairée par les lumières de la ville et le faible rayonnement de la lune. Il aimait quelques fois laisser ses gigantesques rideaux ouverts, cela donnait une ambiance toute particulière à sa chambre. Ainsi, il voyait la ville s'étendre sous ses pieds dans un silence presque étouffant.
Il grimpa sur son lit, se glissa sous le draps fin et attrapa un cendrier qu'il rapprocha à sa droite. Il tira longuement sur son mégot, pour en profiter une dernière fois, vu qu'il était clair qu'il ne fumerait pas plus de deux cigarettes ce soir, et l'écrasa sans douceur dans le petit récipient en verre. Il soupira.
Pour qui Banner se prenait-il à prétendre connaître les pratiques intimes du milliardaire ? "Tu n'as peut être jamais essayé mais il n'y a pas besoin de site, de film ou de je ne sais quoi" cette phrase était incroyablement pédante et Tony plongea son regard dans son plafond, bien décidé à se prouver en quelques secondes que le docteur avait tort. Lui aussi se caressait sans autre stimulation que son cerveau, et très souvent même, c'était arrivé il n'y a pas plus de… combien de temps cela faisait déjà ? Ah oui, cette fois où il était en convention à Rio de Janeiro et… ah non, il s'en rappelait maintenant, il avait commencé, mais fatigué de devoir utiliser sa main, il avait préféré se rendre dans une boîte de nuit sélect pour en revenir avec une danseuse aux charmes et à la dextérité indéniables.
Bon, très bien, peut-être que cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas occupé de lui et de lui seul. Et comme il ne se laissait pas indifférent –comment résister à Tony Stark- il ferma les yeux et décida d'y remédier sans plus attendre.
De sa main gauche, il chercha à tâtons le verre qu'il porta à ses lèvres. Le whisky l'enivra quelques secondes, juste ce qu'il voulait. Doucement, il posa sa main sur son ventre. Il pouvait sentir les vibrations du réacteurs se répercuter avec une infinie douceur sur son épiderme. Curieux de ces sensations nouvelles, il laissa la paume de sa main délicatement posée sur sa peau. Puis, repoussant ses limites qu'il s'était imposé depuis quelques semaines, il remonta doucement sa main jusqu'au réacteur. Il était froid et dur et ce contact aux antipodes de celui de sa peau, le fit frissonner. Il en fit le tour du bout de l'index, les yeux toujours parfaitement scellés, se permettant de le redécouvrir d'une toute nouvelle façon. Son doigt glissait parfois, passant de la chaleur moite de sa peau à la froideur rigide du petit moteur.
Il déglutit, réalisant que sa bouche s'asséchait et finit par abandonner le centre de son torse pour se diriger vers un téton qu'il caressa mollement. Automatiquement, son esprit se mit en marche, il repensa, avec une certaine fragilité, aux seins de Pepper, à ce corps à en tous points parfait, qui il y a quelques mois encore, était allongé dans ce lit. Il laissa sa main droite continuer ses caresses lorsque sa main gauche, ne tenant plus, se posa enfin sur son membre à peine dressé. Il retint un gémissement profond entre ses lèvres scellées et tendit un peu plus la tête vers le plafond, bien décidé à ne plus rouvrir les yeux.
Malgré l'excitation certaine de la situation, le milliardaire ne se sentait durcir que faiblement contre sa paume rugueuse. Penser à Pepper n'était peut-être pas forcément la meilleure des idées et puisqu'il pouvait absolument tout imaginer, autant passer à autre chose.
Il repensa avec bonheur aux deux "anges" de Victoria Secret's qui avaient fait leur apparition lors de la dernière soirée qu'il avait organisée, et même s'il ne s'était rien passé ce soir là (il avait passé le plus clair de son temps avec les Avengers), il avait mémorisé leurs visages, leurs formes, la délicieuse robe noire de la plus brune des deux, qui clairement dévoilait qu'elle ne portait pas de soutien-gorge. Il poussa un léger soupir et imagina ces deux créatures de rêve grimper sur son lit pour le rejoindre et joindre leurs délicates, et à son avis très expertes, mains aux siennes. Il accéléra sensiblement sa main, ses doigts se refermant sur toute la longueur de son membre – mais il ne se sentit pas durcir pour autant.
Il soupira. Ce n'était pas compliqué pourtant d'imaginer, il passait sa journée à imaginer des centaines de robots, programmes et même farces en tout genre à créer de toutes pièces, et maintenant qu'il le combinait à autre chose qu'il adorait, lui, son corps, il n'arrivait pas à en faire quelque chose de purement génial ? Peut-être que les deux mannequins n'étaient pas le meilleur des catalyseurs ce soir. Il était vrai que la plus brune des deux était légèrement abrutie, ce qui avait le don de calmer les ardeurs du milliardaire instantanément.
Il sourit malgré lui, se rappelant avec amusement ce moment où Bruce et elle avaient discuté, où il avait finit par lui apprendre que New York n'était pas une île, oui, malgré la présence d'eau tout autour. Tony se souvenait parfaitement du regard apeuré de la jeune fille qui se demandait jusqu'à quel point le physicien se moquait d'elle, et il se souvenait encore plus du sourire si tendre de Bruce qui était pourtant parfaitement en droit de se moquer d'elle.
Il avait une chemise blanche ce soir-là et cela avait particulièrement marqué le milliardaire. D'habitude, il ne portait que des chemises sombres, et cette fois, sa peau légèrement bronzée ressortait délicieusement. Il avait une nouvelle fois remonté ses manches et Tony comprit que cela relevait plus du tic que d'un choix délibéré. Ainsi, il avait vu ses avants-bras et ses mains, ses magnifiques mains marquées par les années et le travail, glisser l'une contre l'autre ou serrer délicatement une coupe de champagne.
Quelle pouvait être la sensation d'avoir ces mains glisser sur son corps ? Pour sûr, cela n'aurait rien à voir avec les délicates paumes de Pepper ou de n'importe quel "ange" de Victoria Secret's, et pour sûr, cela n'aurait rien à voir non plus avec les mains des quelques hommes avec qui il avait passé de rares nuits. Il n'avait de toute façon jamais partagé le lit d'un homme, ou d'une femme, ayant autant travaillé de ses mains. Et celles de Banner devaient être aussi timides que dévorantes, prises entre le feu de la nouveauté et l'irrésistible besoin de prendre le contrôle.
Tony inspira bruyamment en ouvrant les yeux. Il cligna malgré lui des paupières et baissa son regard : son torse se soulevait de manière plus grossière que d'habitude, mais son regard se porta automatiquement plus bas. Il avait durci à la simple évocation des mains de Bruce sur son corps. Il ne bougea pas, savourant malgré lui les nouvelles sensations qui naissaient dans son bas-ventre et dut se rendre à l'évidence : ce soir, ce qu'il imaginait, c'était Bruce.
Pas vraiment désireux de laisser la raison reprendre le dessus, il referma les yeux et attrapa un coussin qu'il plaça contre son dos pour rester légèrement surélevé. Sa main se plaqua avec plus de fermeté contre son membre enfin dur qu'il massa avec une telle application que son corps entier frissonna. Et si les premiers gestes étaient mûrement réfléchis et millimétrés, rapidement il n'y pensait déjà plus ; pour lui, c'était les mains de Bruce qui produisaient ces gestes.
Il le voulait là, devant lui, sur ce lit, sentir ses paumes emprisonner son gland, jouer avec la fine peau puis le reprendre de tout son long dans un va-et-vient aussi lent que passionné. Il pouvait tout imaginer, absolument tout, mais son esprit ne pouvait s'empêcher de s'ancrer à des éléments tangibles qui appuyaient un peu plus ses nouveaux fantasmes dans la réalité. Si Bruce n'acceptait pas qu'on le touche eh bien, il le laisserait faire, il se laisserait entièrement à lui.
La main qu'il avait gardée scellée sur son torse attrapa vivement la tête de lit, juste au dessus de sa tête et il imagina sans mal Bruce lui attacher les mains. Tony n'aimait pas d'habitude laisser totalement les rênes lors de ses rapports, ou alors, faisait mine de les laisser pour finir de toute façon maître de la situation – au-dessus et donnant des ordres.
Mais ce soir, pour Bruce, il se laisserait faire. Il ouvrit légèrement les lèvres sur lesquelles il passa rapidement sa langue en les sentant sèches avant de laisser échapper un gémissement rauque. La main qui l'entourait s'était refermée avec plus de fermeté autour de son membre brûlant, les caresses accélérant sensiblement leur rythme. Il voulait ouvrir les yeux, plonger son regard dévoré par le plaisir dans celui du physicien. Son corps entier se cambra, sa main agrippant douloureusement la tête de lit qui grinçait sous ses impulsions, la terrible envie de coller ses lèvres à celles de Bruce lui retournant le cerveau.
Mais Bruce ne voulait pas être touché, il devait l'accepter. Il se mit à haleter bruyamment, imaginant le corps du docteur se pencher au-dessus du sien, le dominer du simple regard, sa main accélérant ses caresses sans lui laisser une seconde de répit. Ils ne s'amuseraient pas à faire durer le plaisir, à accélérer et décélérer juste pour jouer ; l'étreinte étant aussi primaire que bestiale. Son poing se referma presque douloureusement sur son membre déjà suintant et son corps entier tressaillit. Ainsi soumis aux désirs de Bruce, plus rien d'autre n'importait. Il poussa un long et profond gémissement, se cambra plus que de raison, répéta inlassablement le prénom de son amant d'un soir comme un mantra, et finit par jouir tout contre sa main, sentant son corps entier se réchauffer d'une chaleur aussi brûlante que nouvelle.
Sa main ralentit, mollement, l'autre se libérant de la tête de lit pour venir se poser sur son ventre sali de sa semence, qu'il caressa malgré lui, et enfin, ses yeux s'ouvrirent.
"…. Bon sang."
Sa voix était rauque d'avoir trop vibré de plaisir. Il cligna des yeux de façon répétitive, ne cherchant rien de vraiment précis autour de lui et poussa une longue expiration dont son organisme avait terriblement besoin. L'esprit et le corps soudain lourds et fatigués, il attrapa avec langueur un pan du drap sous lequel il était lové pour nettoyer sa main, son ventre et son membre avant de se redresser avec beaucoup de mal pour essayer d'attraper le verre encore rempli à côté de lui. Il soupira en regardant le contenu, bien trop faible pour boire et se laissa tomber sans plus aucune volonté, face contre le lit, enfonçant tout son corps dans le matelas avec un réel besoin primaire de ne plus rien ressentir.
Ça pour sûr, il avait tout imaginé, mais pris sous les assauts de plaisir et très vite rongé par la fatigue, il n'en ressentait pas encore la culpabilité qui, il s'en doutait néanmoins, le prendrait aux tripes le lendemain. Prêt à sombrer dans le sommeil, il ferma les yeux. Mais sa bouche esquissa un sourire pleinement satisfait.
"Bruce Banner…", finit-il par murmurer dans un souffle.
Ce mec était de loin le plus complexe et le plus obsédant qu'il ait jamais rencontré et l'avoir invité, mentalement, dans son lit cette nuit complexifiait nettement plus la chose. Mais autant être honnête, cela avait été réellement parfait.
