Note : Hello à toutes et à tous ! Deux chapitres en une journée, mais celui-ci est nettement plus "mouvementé" :) Une fois de plus, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Bonne lecture !


Tony s'appuya sur la chambranle de la porte du double-séjour dans lequel était installé la totalité des Avengers, à défaut de Thor, qui de toute façon, semblait ne plus guère s'intéresser à la Terre depuis quelques temps. La tête douloureusement assaillie par une migraine des plus terribles, il s'avança d'un pas sûr, affrontant avec dignité les regards inflexibles qui s'étaient posés sur lui à la minute même où il avait ouvert la porte. Dieu qu'il avait mal à la tête, mais il avait pris soin cette fois de ne pas porter de lunettes de soleil, pour que ses amis ne devinent pas ce qu'il avait fait la veille au soir – et toute la journée aussi à vrai dire. Ça pour sûr, il avait beaucoup bu, et son corps lui envoyait tous les signes possibles pour lui faire comprendre que c'était trop, les maux de tête, la bouche pâteuse, et une désagréable envie de vomir jusqu'à ce que mort s'en suive.

La totalité des personnes présentes dans la salle ne lui laisseraient de toute façon aucun répit, vu leurs regards pleins de haine, autant ne pas leur tendre le bâton pour se faire battre, en leur avouant qu'il était encore légèrement saoul. Il les dévisagea l'un après l'autre, tentant de lire dans leurs yeux la raison pour laquelle ils l'avaient traîné ici. Mais rien n'y transparaissait, pire encore, ils avaient réellement l'air hors d'eux et soudain Tony réalisa que Clint ne plaisantait pas lorsqu'il avait proféré ses menaces de mort.

Natasha, Clint et Bruce étaient assis autour de la table ronde aux dimensions hors-norme, où vint s'asseoir loin d'eux un Tony inquiet. Steve quant à lui était appuyé contre le dossier d'un fauteuil, du côté du trio. Ils avaient manifestement été tirés de leur sommeil, habillés chichement, sauf Bruce et Natasha qui déjà étaient habillés. Quelle heure était-il d'ailleurs ? Tony tenta de chercher une montre, une horloge ou un téléphone, mais sitôt que ses yeux eurent quitter ceux de ses congénères, il le regretta amèrement ; la voix de Natasha faillit le faire défaillir.

"Tony, c'est de loin la chose la plus vile, la plus perverse, la plus malsaine que tu aies jamais faite ! Et sois heureux d'être encore en vie, car nous nous sommes concertés pour être sûr de ne pas te tuer dans ton sommeil."

Bon sang, l'espionne ne plaisantait pas, c'était tout bonnement terrifiant. Milles pensées plus ou moins sensées se bousculèrent dans l'esprit encore un peu embué de Tony, qui pourtant se donnait un mal de chien à essayer d'être le plus clair possible. Outre le fait qu'il ne voulait pas que ses amis devinent son emploi du temps de la veille, il voulait surtout comprendre ce qu'il se passait. Il prononça alors les mots craints par tous :

"Et… qu'est-ce que j'ai fait ?"

"Il se fout de notre gueule !", aboya Clint en se levant de sa chaise, la main déjà levée pour s'abattre sur le visage du milliardaire.

Steve et Natasha eurent un bref mouvement en avant pour le retenir et Bruce se redressa légèrement, tous prêts à arrêter au plus vite la possible bagarre. L'alcool s'élimina soudain bien vite du corps de l'ingénieur, plus perdu que jamais. Il aurait tout donné pour avoir réussi à inventer la télécommande à maîtriser le temps, pour appuyer sur pause et demander à Jarvis ce qu'il se passait. Mais là, dans la vraie vie, il était seul, et bon sang comme cela était dur. Natasha inspira profondément pour tenter de maîtriser sa haine perceptible et reprit.

"Comme tu sais Tony, on dort ici lorsque Fury nous le demande, pour une question de logistique, de pratique, et parfois parce que nous en avons envie. Et ce matin, en inspectant de plus près le salon de mes quartiers…" Elle inspira plus bruyamment encore et finit par crier, ne contenant plus sa colère "J'ai découvert tes putains de caméras de surveillance Stark ! Tu oses nous espionner ? Dans nos propres appartements ? On a vérifié, on en a tous, on a seulement trouvé celles dans le salon, mais tu ferais bien de nous avouer où sont cachées les autres et vite, sauf si tu veux souffrir. Horriblement souffrir."

Cela n'avait rien d'une menace en l'air, Tony connaissait par cœur. le dossier de Natasha et ses faits d'armes étaient particulièrement notables par leur violence. Il se redressa sur sa chaise et passa une main nerveuse dans ses cheveux pour les remettre en arrière, légèrement rassuré à l'idée de leur avouer ce qui pourrait être, tout de même, une bonne nouvelle.

"Ok, ok, alors déjà, il n'y a pas d'autres caméras, il y en a seulement dans votre salon. Rien dans la chambre et encore moins dans la salle de bain."

Il les regarda l'un après l'autre, tentant de percevoir un sourire, ou bien une expression de soulagement pur, mais rien. Steve le regardait, plus concentré que lorsqu'il avait regardé les procès des derniers dirigeants nazis, Clint l'aurait tué sur place s'il avait eu des mitraillettes à la place des yeux, Natasha gardait ses bras croisés contre sa poitrine, comme pour protéger son corps, ainsi que celui de Tony, car si elle levait ne serait-ce qu'un petit doigt, elle aurait su comment s'en servir pour torturer l'ingénieur ; seul Bruce, l'air grave, mais moins dur que les autres, semblait se détacher de cette mise à mort en direct. Tony plongea son regard dans celui de son ami le plus proche, cherchant une petite lueur, l'ultime espoir qu'il n'était pas seul sur ce coup là, mais Bruce resta sévèrement impassible.

"Et puis…", reprit-il pour briser le silence de plomb qui l'écrasait. "À ma décharge, vous avez tous signé des papiers en entrant dans la tour, c'était précisé que vos salons seraient surveillés…"

"Putain, je t'avais prévenu Stark !"

Clint se leva plus vite cette fois-ci pour échapper à la poigne de ses amis et abattit ses mains dures sur le col du milliardaire qu'il souleva de sa chaise et très vite du sol, en le poussant inexorablement vers le mur le plus proche, prêt à user de ses poings contre son visage fatigué.

Natasha se leva, suivant de près les faits et gestes de son ami proche dont elle connaissait les limites, mais ne l'arrêta pas. Steve avança vers les deux hommes et rugit d'une voix à vous glacer le sang.

"Il suffit ! Clint, lâchez-le, il n'en vaut pas la peine."

Hawkeye tenait d'une main ferme le cou du milliardaire, rendant chaque mouvement impossible, son autre main déjà serrée en un poing poussé par la furieuse envie d'exploser le nez de celui qui était l'être désormais le plus malsain de tout New York, voire des États-Unis.

"Stop, stop !", haleta Tony en levant ses mains en signe de rédemption. "Je vous jure, ce n'était pas du tout par perversion ou je ne sais quoi, mais toutes les pièces de cette tour sont surveillées, même mes appartements ! Avoir une caméra dans vos salons permet de savoir si tout est sous contrôle. Si demain Loki arrive dans tes appartements Clint, pour reprendre possession de ton esprit, comment pourrait-on le savoir ? Jarvis est le seul qui a un œil constant sur les vidéos, je ne les regarde jamais et elles s'effacent au bout d'une heure si rien d'étrange n'a été reporté. C'est de la protection, c'est tout ! Et je vous jure encore une fois qu'il n'y a que vos salons de surveillés… je n'aurais jamais mis de caméras dans vos chambres ou pire, dans vos salles de bains…"

Peut-être pouvait-il rajouter une petite blague pour détendre l'atmosphère ? Il serait plus sage que non finalement.

Il les regarda droit dans les yeux, chacun leur tour pour appuyer la véracité de ses propos et sentit enfin la poigne de Clint desserrer son cou. Steve le premier retourna s'asseoir à la table ronde, bien vite rejoint par Clint, puis par l'ingénieur particulièrement discret pour la première fois de sa vie, qui s'assit une nouvelle fois le plus loin possible de ces juges d'un genre nouveau. Le silence était pesant, chacun cherchant la bonne décision à prendre. Steve, qui décidément se faisait le chef de cette petite bande, prit la parole et chacun l'écouta avec une grande attention : face à un être aussi tordu que Tony Stark, ils avaient désespérément besoin d'un être aussi pur que Steve Rogers.

"Cela ne va pas continuer comme ça Stark. J'ai parlé avec Fury, nous serons amenés à nous côtoyer bien plus qu'avant. Washington n'est pas enthousiaste à l'idée que des super-héros se baladent librement sans leur demander leur avis et je préfère être honnête avec vous, les prochaines semaines qui vont arriver vont être difficiles. Il est donc hors de question que vous continuiez d'agir seul, en dépit de nos propres décisions. C'est pourquoi j'instaure dès maintenant un vote ; les Avengers voteront dorénavant pour prendre les décisions de manière équitable."

Si le militaire n'avait pas eu sa vie retournée par le sérum, il aurait fait sans nul doute un excellent président, pensa amèrement Tony qui fut vite tiré hors de ses pensées, lorsque son regard suivit Bruce Banner qui s'était levé pour aller s'appuyer contre la baie-vitrée, dans le dos de ses amis. Le physicien remonta ses manches, plongea sa main dans ses boucles brunes qu'il remit en arrière et croisa les bras contre son torse avant de plonger son regard dans celui si fatigué et humilié du milliardaire. Bon sang, mais qu'est-ce que Bruce avait en tête ? Il était si difficile de lire en lui que cela en devenait plus que pénible, cela en était mortifiant.

"… et malgré ce que nous a expliqué Stark, qui est pour un retrait immédiat et définitif des caméras dans nos appartements ?", poursuivit Steve que Tony avait oublié quelques instants.

Le milliardaire cligna des yeux pour se défaire de la vision de Banner au loin, et vit, effaré, la main de Steve se lever, puis celle de Natasha, puis sans attendre, celle de Clint. Trois mains, pas une de plus.

Toute son attention se porta une fois de plus sur le docteur, qui, le regard terriblement ancré dans le sien, avait gardé ses bras scellés contre son tors, n'esquissant même pas un petit geste discret.

Le cœur de Tony loupa un battement. Rêvait-il, mais il lui semblait, enfin, lire quelque chose dans le regard du docteur, quelque chose comme… du défi ? Il plissa malgré lui des yeux pour être sûr de sa vision, et ce qu'il vit confirma ses doutes. Bruce posa doucement l'arrière de sa tête contre l'immense baie vitrée et esquissa un sourire si exquis qu'il sembla au milliardaire qu'il n'y avait qu'eux dans l'immense pièce. Il n'avait pas voté, il se fichait d'avoir une caméra de Stark pointée sur lui, ou peut-être même que cela lui plaisait. Tony se mordit sa lèvre inférieure à cette dernière pensée, se demandant si c'était juste son côté un poil pervers qui lui jouait des tours, ou s'il était possible que Bruce ait lui aussi des fantasmes peu communs. Il pencha légèrement la tête de côté et affronta du regard l'insolent Banner pour lui faire comprendre qu'il ne le laisserait pas s'en tirer comme ça et fut une nouvelle fois rappelé à l'ordre par le donneur de leçon le plus patriote des États-Unis.

"C'est décidé Stark, les caméras seront retirées. Et puisque nous ne pouvons de toute évidence pas vous faire confiance, nous nous en chargerons nous-mêmes."

"Vous pouvez me faire confiance !", se défendit Tony extrêmement blessé par ces paroles. "Quand Pepper vous a transmis le dossier lors de votre semi-emménagement, c'était précisé, je vous le jure !"

"Cessez de jurer Stark." Steve se leva, sa chaise raclant bruyamment le sol. "Cela n'a aucune valeur, prononcé par un homme sentant l'alcool dès 8h du matin."

Touché en plein cœur, son petit secret tristement percé à jour, Tony ne releva plus cette fois de la colère dans les yeux des Avengers mais de la pitié. Il frissonna de tout son être, se sentant plus bas que tout, comme ces vulgaires alcooliques qu'il avait tant souvent analysé et se renferma, tout son corps se recroquevillant sur lui-même sans qu'il ne s'en rende compte. Il entendit le trio quitter la pièce en planifiant déjà comment démanteler les caméras de surveillance et resta attablé, le visage baissé, la migraine le reprenant avec plus de force et l'envie de vomir lui retournant l'estomac. Il n'y avait plus de doute possible quant à la cause de ce mal-être : la honte, pure et dure, envahissait son esprit et ce qui lui restait de cœur.

Une main chaude se posa sur son épaule et le ramena à la réalité. Il rouvrit ses yeux rouges qu'il posa avec difficulté sur le seul qui soit resté, qui était toujours resté à bien y réfléchir.

"Bruce…"

"Viens, ne reste pas là."

Tony allait s'apprêter à se lever seul, il avait toujours en tête la première fois où Bruce l'avait raccompagné jusqu'à sa chambre lorsqu'il était saoul, sans jamais le toucher, mais la deuxième main du physicien se posa sur son autre épaule et doucement il l'aida à se relever. Tony réalisa une chose bien dure qu'il avait tant de fois crainte, et s'il y avait bien une personne à qui il pouvait l'avouer, c'était Bruce :

"Je suis pathétique."

"Tu n'es pas pathétique", le réconforta-t-il dans un souffle chaud.

Il prit le bras de Tony qu'il posa autour de ses épaules et de son bras gauche entoura sa taille, l'aidant à marcher comme si ses jambes ne pouvaient faire leur travail.

"Je… Je ne suis pas saoul à ce point là, je peux marcher.", argua Tony, légèrement mal à l'aise par la douce étreinte qui le tenait droit, que Bruce lui-même avait engagée.

"Je sais, mais tu as besoin de soutien.", répondit-il en captant son regard.

Il avait besoin de peu de soutien physique, mais beaucoup de soutien moral, et si les deux pouvaient se mélanger, cela n'en était que meilleur. Tony ne rajouta rien de plus, laissant faire Bruce, comme il l'avait autrement imaginé. Une fois de plus, le docteur ne prit pas l'ascenseur. Leur marche fut longue et étrangement agréable. Tony se laissait guider par un Bruce plus tendre que jamais. Il sentait sa main, incroyablement chaude, posée sur son ventre, l'autre tenir sa propre main qui était posée sur l'épaule du physicien. Il s'amusa à penser que c'était une position de blessé de guerre, mais c'était bon. Être ainsi contre Bruce était bon. Il profitait de sa chaleur, clairement sur-humaine, de son odeur dont il n'arriverait plus à se passer, de ses mains, enfin posées sur son corps. Mais il reconnut avec douleur la porte de ses appartements et sachant que leur étreinte allait s'arrêter là, comme à chaque fois, il rassembla le peu de courage qui lui restait et lui demanda :

"Tu n'as pas levé la main…"

"Non, effectivement."

"Pourquoi ?"

"Parce que je pense qu'il est plus prudent que, pour Hulk, tu puisses garder un œil dans mes appartements."

"Et pour Bruce Banner ?"

La question était légitime, l'un ne pouvant être dissocié de l'autre, bien qu'ils faisaient de facto appel à deux monde extrêmement différents. Bruce ne répondit pas et de sa main poussa la porte pour les faire entrer tous deux dans le salon du milliardaire, qui sentit son cœur accélérer à ce simple geste. Alors enfin, ils y étaient, tous les deux, chez lui, et pas seulement dans la tour Stark ou sur n'importe quel banc peu confortable de Manhattan, mais bien dans son salon, dans sa maison en quelque sorte.

Banner le fit s'asseoir doucement sur son canapé et contre toute attente, reprit la conversation là où ils l'avaient laissée :

"Et j'aime l'idée que tu puisses garder un œil sur moi, si tu en as envie…"

Il était légèrement penché vers lui, son regard si prenant ancré dans le sien. Tony ne semblait attendre que ça, sentir l'autorisation, discrète certes, de repasser du statut d'ami, au statut de… bon, il n'avait pas le mot encore, mais en tout cas, un statut infiniment plus ambigu.

"Mais dans ce cas là, je ferai plus qu'imaginer pas vrai ?", s'empressa de demander Tony, terriblement terrifié à l'idée que leur proximité ne soit brisée pour n'importe quelle raison.

Bruce ne put retenir un petit sourire diablement sexy et fit un petit oui de la tête. C'en était trop pour le milliardaire qui posa une main douce sur la joue de l'homme qui le surplombait. Il savait qu'il était mal à l'aise quand on le touchait mais sa caresse avait été d'une délicatesse telle qu'il se doutait que Bruce ne pourrait la refuser. Et pour une fois, il avait raison. Le physicien se rapprocha un peu plus de son ami, prolongeant leur regard si intense.

"Tu m'as rendu fou l'autre jour Bruce, avec ce simple mot : imaginer. Si tu savais ce que tu m'as fait faire…"

La voix rauque de Tony les enveloppa, faisant contre toute attente se rapprocher un peu plus le physicien. S'ils continuaient ainsi, il se toucheraient bientôt.

"C'était bon hein ?"

Le sourire de Bruce se fit plus lumineux encore, alors qu'il posait sa main sur celle qui caressait sa joue, avant de glisser un genoux sur le canapé, puis le deuxième. Tony hoqueta malgré lui et sentit son corps se raidir ; Banner était maintenant à califourchon sur lui.

"C'était parfait Bruce, t'imaginer, toi, tes lèvres, tes mains…"

La voix de Tony était rauque de plaisir, il n'eut aucun mal à reconnaître cette voix qu'il n'avait que lorsqu'il faisait l'amour, et ce qu'il vivait à ce moment précis n'en était pas très loin.

"Mes mains ? C'est nouveau ça ?"

"Tes mains…", reprit Tony en déglutissant, pas encore sûr que tout cela n'était pas un rêve. "Bon sang Bruce tu pourrais faire de moi ce que tu veux avec tes mains."

"Et qu'est-ce que tu as imaginé ?" Cette fois, leurs regards se séparèrent, Bruce s'était penché dans le creux du cou du milliardaire pour y murmurer la suite de ses demandes. "Que faisaient mes mains ?"

Tony ferma les yeux, grogna sourdement en rejetant sa tête en arrière sur le canapé, du plaisir naissait une torture indescriptible. Cela aurait été n'importe qui, il l'aurait repoussé pour l'allonger sous lui, le déshabiller avec force et lui faire l'amour sans attendre, mais c'était Bruce, et quelque part, c'était Hulk, hors de question de précipiter les choses, pire encore, hors de question d'être physiquement maître de la situation. Il souffla plus que de raison et languissamment passa ses bras derrière lui pour les faire tomber au dos du canapé. L'excitation lui faisait oublier tous ces principes, tous ses besoins de dominer. Ainsi, il s'empêchait surtout de plaquer les mains de Bruce entre ses jambes pour lui montrer clairement ce que faisaient ses mains dans son dernier fantasme.

Bruce, les yeux grands ouverts, ne perdait pas une seule seconde de ce spectacle fascinant : Tony, si excité, si langoureux et si soumis, contenant sa fougue pour ne pas le brusquer. Il se permit de sourire plus largement encore lorsque les yeux du milliardaire se fermèrent mais ne put quitter des siens son visage si grimaçant, entre plaisir et torture certaine.

"Tes mains Bruce, je les imaginais sur mon torse, mon ventre, je les voulais sur moi. Bon sang Bruce, je t'imaginais dans mon lit, à me caresser et moi… te laissant faire."

Il avoua ce dernier détail dans un grognement presque honteux. Il avait fermé les yeux, trouvant cela beaucoup plus facile pour parler, mais Bruce n'aimait pas cette décision hâtive. Sa main se posa entre leurs corps, sur l'entrejambe du milliardaire, par-dessus son pantalon, et sentant déjà son membre dur et incroyablement chaud, il sourit et murmura :

"Là ?"

Cette fois, Tony ouvrit grand les yeux en hoquetant sourdement, ses mains griffant avec dureté le tissu du canapé. Il entrouvrit les lèvres, pas encore sûr de devoir ou de pouvoir répondre, mais Bruce mit fin à son supplice en posant sa main sur toute la longueur du membre qui déformait son pantalon. Sans attendre, il massa son érection par dessus le tissu fin et se rapprocha un peu plus du corps de l'ingénieur, le surplombant ainsi, jusqu'à son visage, au-dessus duquel il glissa le sien.

"Bien sûr que c'est là que tu voulais mes mains Tony… Tu les voulais là et nulle part ailleurs." Sa main accéléra sans attendre ses caresses, les deux hommes étant dans un état proche de l'extase. "Et toi Tony, qu'est-ce que tu imaginais me faire ?", finit-il par demander après un petit temps d'hésitation que le milliardaire ne loupa pas.

Tony reprit doucement ses esprits, contenant son envie de jouir autant que possible et redressa légèrement son visage pour mordiller à peine le menton offert de son ami juste au-dessus de lui.

"Absolument rien.", murmura-t-il chaudement.

Cette fois, c'est Bruce qui hoqueta de surprise, son regard se fit plus curieux, et étonnamment plus excité.

"Rien ?"

"Regarde moi Bruce, c'est exactement ça que j'imaginais. Tes mains sur moi et rien d'autre. Tu fais ce que tu veux de moi."

Le physicien cligna des yeux, semblant soudain sortir de son statut de dominant mais se reprit trop vite pour que Tony ne s'en rende vraiment compte. Il accéléra sa main qui caressait le membre dur proche de l'extase et garda sa position fermement, sentant les halètements, et très vite, les gémissements de l'ingénieur contre son cou. Cette fois, il le laissa fermer les yeux, le sentant proche de la jouissance, ne voulant en aucun cas le sortir de son plaisir et appuya avec plus de fougue encore sur le membre de chair qui trembla de longues secondes. Un cri profond et rauque flatta ses oreilles. Tony se cambra vivement, déchirant au passage le tissu du canapé qu'il malmenait depuis un moment et finit par jouir dans un ultime cri qu'il ne tenta même pas de retenir.

Il ouvrit les yeux. Prit une longue et vitale inspiration et baissa son regard. Il n'avait pas rêvé. Non, ça n'était pas un putain de rêve, il n'avait pas simplement imaginé tout ce qu'il venait de se passer et le regard pétillant de Bruce ne faisait que le rassurer. Haletant, il ramena ses bras engourdis sur ses genoux, et ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à son pantalon sali, qui ne l'avait pas quitté. Il releva son regard vers Bruce.

"Bruce… ok, c'était vraiment…"

Le physicien lui sourit et se redressa sans un mot. Il attrapa un coussin du canapé qui était tombé pendant leur étreinte et le reposa près du milliardaire.

"Il est encore tôt, tu peux aller te rendormir."

Tony lova sa tête contre le canapé et suivit du regard l'homme qui venait de lui donner l'orgasme le plus particulier et le plus puissant depuis bien longtemps.

"Il faudra qu'on parle un jour Bruce…"

"On parlera Tony."

Il respira bruyamment, cherchant à reprendre un rythme cardiaque normal, et ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil curieux au jean du physicien qui, comme il s'en doutait, semblait bien trop serré. Il réfléchit quelques secondes, mais savait que c'était Bruce qui fixait les limites et ne fit aucun commentaire. Il le vit se diriger vers la porte de sortie, et encore une fois, il ne réussit pas à le laisser partir sans avoir prononcé le dernier mot.

"Tu m'obsèdes Bruce. Et avec ce qui vient de se passer, ça ne va pas s'arranger."

Bruce lui adressa un sourire infiniment taquin, montrant une fois de plus comme le discret physicien maîtrisait cette situation si particulière et sortit en fermant délicatement la porte derrière lui.

Tony tourna le visage face à lui, et laissa son regard divaguer sur la vue imprenable de Manhattan. Une douche s'imposait. Et ensuite, dormir, aussi, pourquoi pas. Il n'avait de toute façon plus la force de faire autre chose.