Note : Hello à toutes et à tous ! Nouveau chapitre pour finir ce week-end, les prochains seront concentrés sur une nouvelle intrigue... et plus que jamais, Bruce et Tony apprendront à se connaître. Merci à Belle Primprenelle et Glasgow ("prendre les choses en main") pour leurs reviews.
Bonne lecture !
Le visage collé contre le hublot, Tony poussa de son index ses lunettes de soleil qui glissaient sur son nez. Il était encore tôt, mais le soleil flattait le ciel de quelques rayons qui déjà rendaient la vision difficile. Le regard ancré sur les lourds nuages sous leurs pieds, il croisa ses bras contre son torse et posa ses pieds sur le siège face à lui qui était vide.
Il étaient une petite vingtaine dans l'avion privé, en comptant le personnel naviguant et les Avengers, mais aucun de ces derniers n'avait voulu s'asseoir près de lui. Steve et Clint s'étaient installés au plus près du cockpit, près d'un ordinateur où le plus jeune des deux se renseignait sur leur prochaine mission, Natasha était lovée sous une épaisse couverture, pas une mèche de sa chevelure de feu ne dépassant, et Bruce était assis du côté droit de l'avion, endormi lui aussi sans rien d'autre pour le couvrir que sa propre veste.
Tony laissa son regard divaguer sur chacun des occupants. Depuis l'affaire des caméras de surveillance, et depuis qu'ils s'étaient rendus compte qu'il n'avait jamais arrêté de boire, l'ambiance était extrêmement tendue. Il avait même senti Steve, Clint et Natasha se rapprocher comme jamais. Bruce, comme à son habitude, restait solitaire. Et si le trio ne se posait aucune question, se doutant que le physicien partageait leurs ressentiments envers le milliardaire et ses frasques malsaines, Tony quant à lui ne pouvait plus ignorer ce qu'il s'était passé entre eux.
Il y avait eu tout d'abord le dérapage de l'ingénieur à le pousser dans ses retranchements, puis leur baiser dans la limousine, mais également leur discussion assez déplacée qui avait conduit Tony à se caresser en pensant au physicien, jusqu'au point de non retour, qu'ils avaient franchis il y avait quelques jours de ça.
Même si le milliardaire était encore très légèrement. sous l'emprise de l'alcool quand son ami l'avait raccompagné à son salon, il se souvenait parfaitement de la façon si féline avec laquelle il s'était assis à califourchon sur lui, avant de plaquer ses mains sur son érection, qu'il avait caressé à travers ses vêtements.
Tony grogna tout bas et se redressa sur son siège, cette étreinte charnelle, il y pensait tous les jours, et tous les jours la réminiscence de ses mains chaudes réveillaient en lui d'érotiques souvenirs qui résonnaient jusqu'à son entrejambe. Il croisa et décroisa les jambes, bien décidé à ce qu'on ne découvre pas son érection et tourna une nouvelle fois le visage vers le hublot pour se concentrer sur autre chose.
Washington. Ils y seraient dans moins de vingt minutes. Steve les avait prévenus, le gouvernement avait émis le souhait sec et autoritaire de rencontrer chacun des Avengers, afin de mieux les connaître soi-disant. Tony lui, ne voyait qu'une tentative vaine de ranger dans leur camp ces super-héros, qu'ils n'hésiteraient très certainement pas à utiliser pour la défense, ou l'attaque, de puits de pétrole au Moyen-Orient. Le milliardaire n'était pas étranger à ces façons de procéder, puisque lui-même était de ce côté de la barrière il y avait encore quelques années de ça. Le pouvoir et l'argent rendaient fou, quoi que l'on en dise.
Et si, lorsqu'il était encore Anthony Edward Stark président de Stark Industries, il avait rencontré quelqu'un comme Iron Man, il aurait tout fait pour mettre le grappin dessus et ne jamais le laisser repartir. C'était ça qu'il redoutait le plus finalement concernant leur voyage à la capitale, le gouvernement n'allait très certainement pas la jouer finement et que trouveraient-ils pour faire plier les Avengers, cela restait à découvrir.
L'avion entama sa descente, chacun des Avengers s'asseyant sagement au fond de leurs fauteuils, attachant leurs ceintures et rangeant tous les appareils électroniques. Natasha et Bruce se réveillèrent au même moment et suivirent à la lettre les mêmes consignes de sécurité. Tony soupira contre la main qui tenait son visage et n'en fit rien, bien décidé à ne pas se laisser commander, comme à son habitude. Il jeta un coup d'œil une nouvelle fois par le hublot mais remarqua qu'ils avaient dépassé Washington, et allaient se poser sur une piste bien plus à l'Ouest de la capitale. Il découvrit de larges montagnes enneigées, parsemées d'une multitude de sapins confirmant une fois de plus qu'ils étaient bien loin de toute ville. Il estima un rapide calcul et réalisa qu'ils étaient au-dessus de la forêt Devil's Blackbone, un charmant nom, qui aurait pu être celui d'un festival de métal improvisé, pensa-t-il en son fort intérieur.
L'avion piqua lentement du nez, et avec toute la douceur dont pouvait se permettre un engin de cette taille lancé à vive allure, il se posa enfin sur la piste découverte de toutes traces de neige. Tony retira cette fois ses lunettes de soleil et regarda autour d'eux : il en avait la certitude maintenant, ils seraient logés dans une base secrète du SHIELD. Il se leva de concert avec ses amis et remarqua qu'aucun d'entre eux n'avait l'air étonné de leur destination ; ils savaient. Il mordit sa lèvre inférieure malgré lui, se rendant compte qu'ils l'avaient tenu à l'écart de ce léger changement de plan, et enfila sa veste chaude qu'il boutonna entièrement avant d'enrouler une écharpe fine autour de son cou.
Il sortit le dernier, suivant de près les autres Avengers, déjà accueillis par un Nick Fury emmitouflé dans un large manteau noir, bref, rien qui ne le changeait de d'habitude.
"Bon voyage ?"
"Très bon Fury, on vous suit."
Encore une fois, c'était Steve qui avait pris la parole et Tony ne put s'empêcher de fulminer intérieurement en voyant cet homme devenir petit à petit le chef de leur bande. Le responsable du SHIELD leur fit un rapide geste de la tête pour les saluer et se mit en marche, accompagné par Steve déjà avide de questions. Natasha et Clint, comme à leur habitude, se serrèrent l'un contre l'autre pour parler si bas qu'il était presque impossible pour un humain de les entendre et Bruce frotta vigoureusement ses mains contre ses bras pour se tenir chaud. Il avait oublié sa veste dans l'avion et Tony l'avait immédiatement remarqué. Il accéléra le pas en le voyant faire et alla porter sa main sur son dos lorsque la voix de Fury l'arrêta.
"Installez-vous dans vos quartiers, la réunion à la Maison Blanche aura lieu d'ici peu. On viendra vous chercher."
Chacun des membres des Vengeurs secouèrent leur tête en signe d'approbation et Tony ne put s'empêcher de faire retentir sa voix :
"On peut au moins savoir ce qu'il se passe ? S'ils veulent nous sonder ou nous faire un lavage de cerveau, autant se préparer non ?"
Quatre paires d'yeux se retournèrent vers lui et il n'y reconnut rien d'autre que du dédain. Il se passait quelque chose dont il ne savait rien. L'entente silencieuse mais ô combien palpable était flagrante et si Tony ne savait pas encore de quoi il en retournait, il était désormais sûr que cela impliquait de grandes responsabilités –dont il était manifestement exclu. Il se tût, bien décidé à mener sa petite enquête quand il serait seul, et suivit le reste de l'équipe, qui déjà rentrait dans une petite maison, leurre qui abritait un immense ascenseur qui les menait déjà plusieurs mètres plus bas.
L'organisation spécialisée dans l'espionnage était de loin beaucoup plus perfectionnée et puissante que n'importe quel être lambda aurait pu imaginer. Pour le grand public, et encore, pour les rares personnes qui connaissaient son existence, le SHIELD n'était qu'une succursale du FBI tout au plus, spécialisé dans la paperasse et les affaires sans grande importance. Dans les faits, son statut supranational en faisait l'organisation secrète militaire la plus puissante sur terre. Ils avaient une multitude de bunkers cachés ici et là, dont Tony ne connaissait même pas tous les emplacements. Et bien qu'il aimait hacker de temps en temps leurs serveurs, en vérité il n'avait que très peu d'intérêt pour ces espions d'un genre nouveau, il se demandait même comment Fury pouvait gérer tout ça – être le directeur d'une telle organisation ? Très peu pour lui !
La base était située plus de quarante mètres sous terre et s'étendait sur plusieurs mètres carrés, et bien qu'elle n'était pas la plus grande des bases du SHIELD, elle n'avait pas à rougir de ses consœurs. Au premier sous-sol se trouvait une salle de renseignements, similaire à celle de l'hélioporteur qu'affectionnait particulièrement Fury, ainsi que la salle des machines et les nombreux bureaux nécessaires à faire fonctionner cette mini forteresse. À l'étage du dessous se trouvaient les quartiers résidentiels, qui consistaient en de nombreux dortoirs et quelques chambres privées pour les invités de marque tels que les Avengers, ainsi que le nécessaire pour vivre, les cuisines et les salles de divertissement par exemple. Enfin, au dernier sous-sol se trouvait le nécessaire aux laborantins, scientifiques et militaires en mal de sport : labos, ateliers et gymnases à la pointe de la technologie étaient accessibles à tous – du moment que l'on possédait le mot de passe.
Tony était installé dans sa chambre depuis un bon moment déjà quand l'ennui le gagna. Il n'y avait pas de fenêtre et cela commençait à légèrement l'oppresser. De plus, il n'avait vu personne depuis son arrivée, où chacun était parti se terrer dans leurs chambres sans prononcer un mot. Il avait découvert la sienne avec dégoût devant la décoration froide et sans intérêt, avait pris une douche brûlante pour passer le temps, et avait regardé un peu la télé avant d'estimer que revoir pour la 10e fois cet épisode de Mad Men n'était peut être pas nécessaire. Il hésitait à sortir se dégourdir les jambes lorsque son téléphone vibra dans sa poche. Il vit le nom de Pepper clignoter et décrocha sans attendre, le tenant face à lui pour que sa caméra le filme.
"Pepper, quoi de neuf à LA ?"
"Tony, j'ai parlé avec Steve."
"Mauvaise idée…", se lamenta-t-il, les yeux fixement attirés par l'image de Pepper renvoyée par son smartphone amélioré qu'il lui avait offert – elle avait dû rester tard au travail car malgré l'heure plus que tardive qu'il devait être en Californie, elle était encore parfaitement apprêtée.
"Réponds-moi honnêtement, est-ce que tu as recommencé à boire ?"
"Très bien, je réponds honnêtement : je n'ai pas recommencé à boire.", répondit-il dans un soupir d'exaspération en levant les yeux au ciel – le genre d'attitude d'adolescent qui ne l'avait jamais vraiment quitté.
"Jure le moi."
"Je te le jure."
Pepper soupira et quitta des yeux la petite caméra pour regarder plus loin – était-elle avec quelqu'un ? Elle reporta son attention sur Tony et son visage était empreint d'une telle anxiété qu'il ne put se résoudre à continuer son petit manège.
"… Je n'ai pas recommencé à boire parce que je n'ai jamais vraiment arrêté."
Il ferma grossièrement un œil, gardant l'autre ouvert sur le smartphone, comme prêt à recevoir un coup fictif et pinça ses lèvres. Mais la réaction de Pepper lui glaça le sang. Elle laissa tomber son visage entre ses mains et le secoua vivement de droite à gauche en signe de désapprobation.
"…Tony, Tony….", répétait-elle indéfiniment, rendant la scène bien plus difficile à vivre qu'elle ne l'était déjà, et dans sa voix, il y reconnut des sanglots.
Il entrouvrit les lèvres prêt à la rassurer sur son état lorsqu'elle révéla son visage, dévoilant ses yeux rougis.
"Et tu n'es pas venu à Los Angeles dans les temps pour rencontrer Duncan… je suis désolée Tony."
"Désolée de quoi Potts ? Il n'y a pas à être désolée ! Il n'y a de toute façon aucune raison de s'inquiéter, tu…"
"Non, c'est trop tard.", répliqua-t-elle d'une voix si brisée qu'une fois encore, le milliardaire comprit bien vite qu'il n'était pas au courant de tout ce qu'il se passait autour de lui. "Je suis désolée Tony.", répéta-t-elle avant de couper la communication.
L'ingénieur se trouva soudainement bien seul dans sa chambre si froide, le smartphone encore profondément serré dans sa main. Il le glissa dans sa poche et comme un réflexe, chercha des yeux le mini-bar de la chambre. Il fut soulagé d'en trouver un dont il ouvrit la porte sans attendre et fulmina vulgairement en y trouvant que des Coke Light et des jus de fruits bio – quelle mode de vie qu'on lui imposait ! Il claqua la porte violemment et cette fois quitta définitivement sa chambre pour aller se dégourdir les jambes.
Le centre était pratiquement vide, si bien qu'il entendait ses propres pas résonner à plusieurs mètres à la ronde. Il ne croisa que quelques personnes qui ne le regardèrent même pas, à qui de toute façon il n'avait rien à dire. Il tenta de se rapprocher des appartements de ses amis mais il ne savait pas où les trouver : tous les couloirs étaient d'un ennui mortel à se ressembler tous. Il tenta d'aller aux cuisines trouver quelque chose à manger, et pourquoi pas à boire, mais le code qu'il entra sur le petit pavé numérique n'afficha que "ERROR" sans jamais le laisser entrer. Ils avaient donc changé le code spécialement créé pour les Avengers sans le prévenir, un nouvel indice de plus qui ne faisait que confirmer sa nouvelle théorie : il était mis à l'écart.
Il prit l'ascenseur pour se diriger au dernier sous-sol, et ne pouvant accéder à la salle de sport, il se posa face à une large fenêtre qui surplombait la pièce, où un homme s'entraînait contre un sac de sable. Il plongea ses mains dans les poches de son pantalon et pencha la tête malgré lui. L'homme était seul, torse nu, manifestement donnant toutes ses forces pour défoncer le pauvre pantin depuis longtemps déjà, au vu de son corps ruisselant de sueur. Il se perdit quelques secondes dans la contemplation de ce corps si viril et étrangement tentant et réalisa qu'une fois de plus, il se désintéressait de la gente féminine pour se concentrer sur l'autre sexe.
Cela lui était arrivé deux fois dans sa vie, la première fois à ses 18ans, lorsqu'il finissait sa dernière année au MIT et que la compagnie de ses amis masculins et de quelques professeurs trouvait plus grâce à ses yeux que les cheerleaders qui pourtant le sollicitaient avec bien peu de retenue ; la deuxième fois à la veille de ses 30ans, où il s'était réfugié de longs mois à Londres à ne rien faire d'autre qu'écumer les bars où les femmes n'étaient pas admises. Et tout le reste du temps, il était inexorablement attiré par toutes les jolies femmes qui croisaient son chemin.
C'était donc la troisième fois que les enivrantes courbes d'une Natasha moulée dans une combinaison noire ou que le charme fou des yeux de Pepper ne le touchaient plus. Il regarda longuement l'homme se débattre, caressant du regard sa musculature parfaite, jusqu'à le voir s'arrêter pour aller sécher son visage d'une serviette blanche posée sur un banc. Il lui suffisait d'attendre qu'il passe par la douche, ou pas d'ailleurs, et ils se croiseraient à l'unique sortie, où était posté le milliardaire. Le contact fut rompu quand l'homme entra dans une autre pièce et Tony garda ses yeux scellés sur la pièce vide, son esprit soudain assailli de nouvelles questions. Comment pouvait être le corps de Bruce ? Musclé et parfaitement taillé comme celui qu'il venait de voir, ou était-il tout bonnement normal ? Il avait déjà vu le Hulk torse nu, avec sa musculature clairement hors-norme, mais qu'en était-il de son corps, une fois redevenu humain ? Il avait également la pratique particularité de régénérer chacune de ses cellules, de ses blessures lorsqu'il était en monstre vert, son corps d'humain n'avait donc aucune cicatrice ?
Malgré son armure ultra perfectionnée, Tony lui n'avait pu se prévenir de quelques marques, qui ne quitteraient probablement jamais son corps. Et il détestait ça. Il avait déjà viré des conquêtes de son lit, qui avaient osés lui poser des questions sur l'origine des cicatrices, ou même les toucher. Il tourna les talons, ayant déjà oublié l'homme qu'il voulait attendre et sortit son smartphone de sa poche, sur lequel il pianota à destination de Bruce.
Chambre 4, couloir C.
TS.
Il regarda son téléphone et sourit de plus belle en le sentant vibrer. Comme il aimait son système d'accusé de réception perfectionné, qui le prévenait quand son SMS était bel et bien lu. Il remonta à sa chambre, gardant toujours fermement son téléphone dans sa main, à l'affût du moindre message… mais rien. Le temps passa si lentement qu'il lui semblait que cela faisait des jours qu'il attendait. Sans vraiment s'en rendre compte, il atteignit bien vite la soirée ; on lui apporta un plateau repas qu'il toucha à peine, et passa le reste de son temps à regarder la télévision, changeant de chaîne toutes les cinq secondes sans jamais se lasser.
Il était assoupi depuis une petite heure lorsque son portable posé sous son oreiller, vibra enfin. Il l'attrapa d'une main molle et la lumière bleue d'une petite écran éclaira son lit. Son cœur loupa un battement.
Viens de rentrer, toujours réveillé ?
BB.
Il sourit. Il avait pris l'habitude de toujours signer ses textos par ses initiales, et Bruce l'imitait.
Je t'attends
TS
Il envoya le sms et se rendit compte qu'il avait peut être été trop directif sur ce coup là. Il s'empressa de renvoyer un nouveau message.
?
TS
Voilà, une question, cela passerait mieux. Toujours allongé sur le ventre, un bras sous le coussin contre lequel son visage était couché, l'autre tenant précieusement son téléphone, il ne quittait pas l'écran des yeux. La réponse de Bruce se fit attendre, son cœur se mettant à battre plus fort qu'à l'habituel, semblant trouver écho dans le matelas contre lequel il était avachi. L'ingénieur finit par se redresser sur ses genoux, l'attente et la position pressant sa poitrine au-delà du supportable. Il avait reçu l'accusé de réception, Bruce avait lu son dernier message pour sûr, alors, pourquoi ne répondait-il pas ? Un milliers de scénarios plus improbables les uns que les autres commencèrent à naître dans son esprit, lorsqu'un bruit le sortit de ses pensées. On avait frappé à sa porte. Il se leva, enfila son boxer, son jean et son tee-shirt noir duquel il avait découpé le centre pour laisser apparaître son réacteur et alla ouvrir
"Je ne reste pas longtemps."
C'était un Bruce Banner souriant, mais visiblement exténué qui avait tenu ces propos face à lui. Tony sourit à son tour, le cœur soudainement réchauffé à cette simple vision, et posa sa tête contre la chambranle de la porte, rassemblant toutes ses forces pour ne pas se plaquer à ses lèvres ou l'attirer dans sa chambre sans lui demander son avis.
"Tu rentres tard."
"J'avais à faire."
"Seul ?"
"Entre autre."
"Je t'ai manqué ?"
Cette fois, Bruce ne trouva rien à répondre. Il sourit plus largement encore et regarda autour d'eux le long couloir vide. Il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon et reposa son regard si tendre sur son ami.
"Je voulais voir comment tu allais."
"Bien. Oh pardon, tu voulais dire, vraiment ? Mal alors, je me fais chier dans cette piaule pourrie, clairement, vous me cachez tous quelques chose, Pepper m'a appelé en pleurs, la pauvre est encore persuadée que j'ai un problème avec l'alcool, Fury est toujours aussi désagréable, et je n'ai pas arrêté de penser à toi."
Bruce pinça ses lèvres en une moue délicieuse que Tony aurait tant voulu gratifier d'un baiser, avant de reprendre, le visage légèrement baissé mais ses yeux ne le quittant pas.
"J'aurais aimé faire quelque chose pour ça."
"Pour quel point ? Car tu peux rentrer dans ma chambre et j'arrêterai de m'ennuyer, tu peux m'expliquer ce que vous mijotez tous, tu peux appeler Pepper et lui expliquer que pour la millième fois, non je n'ai pas de problème, pour Fury malheureusement tu ne peux rien y faire, et pour le dernier point… et bien cela rejoint ma première proposition."
Le sourire de Tony se fit si éclatant qu'il aurait suffi à éclairer sa chambre encore plongée dans le noir. Bruce sourit, soutenant son regard joueur et ôta sa main droite de la poche de son pantalon pour venir caresser du bout des doigts son réacteur apparent.
"Tu recommences à mettre tes tee-shirt troués."
"Tu évites ma question. Et ce n'est pas parce que tu caresses ce bout de ferraille que je vais te laisser t'en tirer comme ça. Tu peux caresser autre chose si tu veux – en plus, tu fais ça très bien."
Le sourire de Bruce se fit plus discret, presque mal à l'aise et Tony vit ses joues se teinter d'un rouge adorable – après le vert, cet homme était donc un caméléon. Le contact s'arrêta lorsque le docteur replongea sa main dans la poche de son pantalon, puis il s'approcha pour s'appuyer à son tour sur le rebord de la porte grande ouverte de la chambre où il était clairement invité, face à l'ingénieur. Il plongea son regard soudain si sérieux dans celui de Tony et murmura.
"Les prochaines semaines vont être difficiles Tony."
Ils n'étaient soudainement plus en train de flirter et le milliardaire se raidit à ces quelques mots. Il se concentra à son tour et soutint son regard avant de murmurer à son tour.
"Qu'est-ce que vous me cachez à la fin ?"
Bruce entrouvrit les lèvres mais les referma aussitôt. Il le regarda silencieusement de longues secondes, de ce putain de regard que Tony ne savait définitivement pas décrypter, et fit un petit "non" de la tête, bien incapable de donner la moindre explication.
Cela rendait fou le milliardaire et comme il aurait aimé hurler une bonne fois pour toute, après ces jours de silence de la part des autres Avengers et cette journée enfermé dans une cage comme une vulgaire bête. Il aurait voulu l'attraper par les épaules, le secouer de toutes ses forces pour lui soutirer au moins une petite explication. Il calma l'ardeur de sa respiration et ne fit rien de tout ça. Pour Bruce, et pour Hulk. Il finit par lui demander, en posant l'arrière de sa tête contre la chambranle en bois.
"Pourquoi es-tu venu jusqu'à ma chambre ?"
"Pour la même raison pour laquelle tu m'as donné son numéro."
Ils se regardèrent de longues secondes, et tous deux pris par la même envie, le même besoin, ils plongèrent l'un vers l'autre, se serrant dans leurs bras musclés avec une passion non retenue, leurs bouches se captant avec une violente ardeur. Leurs langues se lancèrent dans un ballet sans fin, où chacun tentait de reprendre le dessus d'un combat imaginaire. Les mains de Tony se perdirent dans les longues boucles brunes, attrapèrent une poignée à la base de sa nuque sur laquelle il tira pour reculer son visage et ainsi, pour la première fois, le dominer. Il avait tant attendu de ne plus se retenir qu'il en oubliait les enjeux, l'idée d'un Hulk caché non loin soudainement totalement évanouie.
Il mordilla sa lèvre inférieure qu'il savait sucrée et délicieuse, glissa sa langue contre sa jumelle sans jamais réussir à s'arrêter, claquant leurs bouches dans un gémissement à peine contenu. Il ouvrit ses yeux et la vision d'une Bruce Banner si soumis à ses caresses le grisa tout entier. Le physicien, cambré contre lui, gardait ses yeux scellés à s'en donner mal à la tête, ses mains comme désespérément accrochées à l'arrière du tee-shirt du milliardaire, qu'il se mit à griffer. Il ne le repoussait pas, malgré l'ardeur violente dont faisait preuve Tony.
C'en était trop pour l'ingénieur dont tout le corps se réchauffa d'une terrible chaleur qui ne pourrait se calmer qu'en passant, enfin, à la vitesse supérieure. Il posa une main inquisitrice sur les fesses du physicien, poussa un profond gémissement à ce simple contact dont il avait rêvé si longtemps, et pressa de toute sa poigne pour rapprocher son bassin du sien. Il colla leurs cuisses sans ménagement, sentit l'érection de Bruce contre sa jambe, et ne put cette fois s'empêcher de relâcher ses lèvres pour lâcher un gémissement rauque. Il plongea son regard carnassier dans celui désormais si vulnérable du physicien et mordit sa lèvre inférieure, lui arrachant un soupir si sexy qu'il sut immédiatement qu'il y était déjà accro.
"Reste avec moi ce soir…", ordonna-t-il en prolongeant ses douces morsures contre la peau du cou offerte.
"Je ne peux pas."
Le souffle de Banner était brûlant à souhait, son visage rejeté en arrière, s'offrant à son aîné.
"S'il te plaît…", demanda Tony proche de la supplication.
Bruce serra son poing nerveusement, fermant à nouveau les yeux, le visage déformé par une grimace triste, il cogna bruyamment contre la porte contenant malgré lui sa terrible envie de rejoindre Tony jusqu'à son lit.
Le milliardaire le décrypta en quelques secondes et sentit sa frustration qu'il savait bien plus douloureuse que la sienne. Il recula son bassin, mettant ainsi fin petit à petit à leur étreinte mais ne put se résoudre à quitter son cou, contre lequel il plaqua sa bouche avec force. Il aspira doucement la fine peau entre ses dents, la suçotant avec délectation, encouragé par les soupirs aigus du physicien avant de s'écarter lentement, pour y découvrir la marque violette qu'il y avait apposé. C'était bestial, mais cela avait été nécessaire. Il haleta, hypnotisé par la vision de Bruce, langoureusement appuyé contre la chambranle, la chemise légèrement ouverte, ses doigts glissant sur le suçon qui ornait son cou, ses lèvres rouges par leur violent baiser et son regard plus fébrile que jamais. Il reboutonna le haut de sa chemise et passa ses doigts une nouvelle fois sur le suçon, réalisant que son col ne cachait en aucune façon la marque.
"Je ne vais pas réussir à le cacher demain." Sa voix était si basse et si chaude qu'elle suffit à elle seule à redonner toute sa vigueur au milliardaire qui tentait de reprendre son calme. Et le regard infiniment taquin que lui adressa son cadet ne l'aida pas "… et tu l'as fait exprès."
Bruce finit sa phrase dans un petit sourire, passa sa main dans ses cheveux pour les remettre en place et entama sa terrible marche vers sa propre chambre.
"Bonne nuit Tony."
"Bonne nuit Bruce."
L'ingénieur le regarda partir, repassant sans se lasser sa langue sur ses lèvres meurtries, sur lesquelles il sentait encore la présence de celui qui devenait le centre de toutes ses affections et finit par rentrer dans sa chambre en claquant tapageusement la porte. Il se déshabilla sans attendre, colla tout son corps face contre le matelas encore chaud et poussa un long gémissement en sentant son érection prisonnière entre son corps et les draps. Il sourit à cette légère caresse mais garda ses bras scellés sous son oreiller. Il n'imaginerait rien ce soir, gardant sa frustration de concert avec Bruce, pour ainsi se rapprocher un peu plus de lui. Il l'attendrait.
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