Note : Hello, hello ! Début du week-end, fêtons ça avec un nouveau chapitre :) Ai-je précisé que cette fic était rating M ? Oui ? Tant mieux.


Cela avait un côté presque solennel ; la base de la forêt de Devil's Blackbone n'était pas la plus fréquentée des bases du SHIELD, si bien que lorsque l'on y marchait, l'écho des pas dans les longs et vides couloirs provoquait une ambiance toute particulière. Pas un bruit, à part sa propre respiration et la cadence rythmée de sa marche. Le parfait moment pour réfléchir à vrai dire. C'était exactement ce qu'était en train de faire Tony à ce moment précis.

L'entraînement avait été long et à tout point de vue éreintant à ne pas en douter. Barton, comme à son habitude, n'avait rien lâché et Tony, contrairement à son habitude, s'était battu. Cela faisait bien longtemps qu'il n'était pas allé puiser dans les dernières ressources de son corps et de son esprit pour combattre, repousser l'adversité et cela n'avait pas échappé au blond qui avait eu de sérieux doutes quant à la réussite des tests que devait passer le milliardaire. Mais Tony n'avait pas lâché, il avait tenu bon. Et la promesse de rejoindre Bruce par la suite ne l'avait qu'aidé d'avantage.

Il sortit de l'ascenseur et découvrit le couloir qui le menait à sa chambre, un petit frisson le paralysant une seconde. 'Finis ton entraînement, et finis le bien, tu as intérêt à être le meilleur, à surplomber les attentes de Clint. Et si c'est le cas…' la voix mystérieuse de Bruce résonnait en lui.

Cela faisait environ un mois que les deux hommes se tournaient autour, et bon sang comme il ne s'était rien vraiment passé aux yeux du milliardaire ! Certes, il y avaient eu les baisers et les quelques caresses mais Tony voulait plus, tellement plus. Mais autant l'avouer, quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire. Lui, l'insatiable play-boy avec une légère tendance à être accro aux plaisirs de la chair, avait choisi la seule personne, le seul homme de son entourage qui ne pouvait pas être touché et qui de surcroît avait tiré une croix sur sa vie sexuelle depuis dix ans. Alors oui, il voyait cela comme un défi, mais pas seulement et cela, il l'avait réalisé depuis qu'ils étaient tous installés dans la base souterraine – il ne passait plus ses journées aux côtés du physicien et cela le peinait plus que prévu. Il posa sa main sur la clenche de la porte de sa chambre, inspira pour se donner du courage, imaginant douloureusement l'éventuelle possibilité que la pièce soit vide et fit pression sur le métal froid.

Ce qu'il vit réussit néanmoins à le réchauffer tout entier. Bruce se tenait debout près de la petite table du salon, en train de feuilleter un magazine de motos ramené par Tony. Dans sa main droite, son mug, de café vu l'odeur qui en émanait. Il portait ses lunettes et le milliardaire ne put s'empêcher de le trouver diablement sexy. Il referma la porte et s'approcha de lui.

"Ton café est encore chaud doc' ?"

"Pas le moins du monde."

Il releva enfin la tête de son magazine et lui adressa un regard plein de malice qui suffit à fendre le cœur de Stark. Comme cet homme était beau, et Tony se mit à penser que personne n'avait jamais été aussi beau à ses yeux. Depuis quelle heure l'attendait-il d'ailleurs ? Il n'en avait pas la moindre idée, l'entraînement ayant été difficile à suivre, il avait perdu toute notion du temps. La fin de journée avait été bien entamée pour sûr car ils avaient quitté le terrain une fois le soleil couché. Bruce avait-il donc passé les dernières heures à attendre dans ses appartements ? Aucun indice dans sa chambre ne confirmait cette théorie.

Mais tous ces doutes s'envolèrent bien vite quand Tony avança de quelques pas vers son ami, son esprit se focalisant sur cette si petite chose, la marque qu'il avait dans le cou. Il posa délicatement sa main sur la peau fine et légèrement basanée, la caressant de deux doigts. Bruce ne lui faisait pas face, si bien qu'il ne voyait toujours pas le suçon. Il caressa de son pouce la mâchoire du physicien pour lui donner l'ordre silencieux de tourner la tête ; ce qu'il fit sans attendre. Le cœur de Tony loupa un bond. La peau était encore légèrement. rougie et plus de doute possible, un col de chemise n'aurait jamais réussi à cacher la marque. Il sentit la peau du physicien se tendre sous ses doigts, son épiderme se réchauffer à ce simple contact.

"J'insiste Tony, 11 textos, c'est beaucoup."

"Je profite de mon forfait illimité.", répondit-il en souriant, les yeux rivés sur les douces caresses qu'il lui prodiguait,

"Je les ai tellement relus que je crois les connaître par cœur.…C'était quoi déjà ta nouvelle lubie ? Ah oui, mon torse c'est ça ?"

"Je... oui.", balbutia-t-il malgré lui.

Bruce, sans aucun doute amusé par la gêne que son ami ressentait, posa son mug sur la table, retira ses lunettes, tout en prenant son temps, et entama une longue et lente marche vers Tony. Son regard était aussi possessif qu'impressionnant, son corps émanant l'ordre silencieux que le milliardaire devait reculer – ce qu'il faisait sans s'en rendre compte. Il finit par sentir le mur froid contre son dos, et alors qu'il ne pensait pas Bruce capable de se rapprocher encore plus près de lui, il le vit faire un pas de plus, à quelques centimètres de son corps, son souffle chaud glissant contre ses lèvres.

Les mains du docteur se posèrent avec délicatesse sur sa propre chemise et un à un, les boutons sautèrent avec une lenteur folle. Tony posa l'arrière de sa tête contre le mur, ses mains faisant de même pour ne pas être tenté de les joindre à celles de son ami et lui arracher cette satanée chemise. Sa respiration se faisait plus profonde et plus sonore aussi ; d'accord, il ne toucherait pas Bruce, mais hors de question de lui faire croire qu'il vivait un moment facile, il lui montrerait quel supplice il était en train de lui faire subir. Le dernier bouton sauta enfin et sans hâter ses mouvements, le docteur prit en main les pans de sa chemise et l'ôta, enfin.

Tony se cambra malgré lui, comme irrémédiablement attiré par ce corps offert face à lui. Il mordit sa lèvre durement pour contenir une faible plainte, son regard ancré dans celui qui le dominait. Comme il l'avait imaginé, le torse de Bruce était légèrement plus musclé que le sien, ses formes plus définies, mais ce qui le frappa surtout, c'était sa peau. Ainsi il en eut la conviction : si Hulk n'était de toute façon jamais blessé ou égratigné, le corps de Bruce quand il reprenait possession de son esprit, n'en subissait aucune conséquence. Malgré son âge, le physicien avait donc un corps réellement parfait. Tony ne put s'empêcher de penser aux quelques cicatrices qu'il tenterait vainement de cacher et murmura un "Parfait…" à peine audible, qui suffit néanmoins à éclaircir le visage de Bruce d'un simple et magnifique sourire.

Gardant fermement sa position, le cadet plongea son regard dans celui si soumis de son aîné et posa ses mains de part et d'autre de son visage, l'emprisonnant ainsi contre lui, en évitant toujours soigneusement tout contact. Tony tendit une nouvelle fois son cou en arrière et préféra plonger son regard dans la vision inintéressante au possible du plafond blanc qui, il l'espérait, suffirait à calmer ses ardeurs. Mais Bruce ne semblait pas de cet avis, et fit résonner sa voix rauque :

"Montre moi. Montre moi ce que tu faisais en m'envoyant ces messages."

C'était un ordre aussi simple que prometteur. Tony, sans attendre, leva sa main gauche qui lui semblait soudainement si lourde, pour la poser sur le jean qu'il avait enfilé après s'être changé de l'entraînement. Il poussa un petit soupir discret, se sentant déjà si dur et ne rompit jamais le contact entre leurs yeux. Il voulait, il devait voir chacune des réactions du physicien, connaître ses envies, son plaisir, et indéniablement, ses limites.

Il déboutonna d'une main son pantalon et sans plus attendre prit son membre brûlant en main. Il poussa un long et délicieux soupir, son regard faiblissant, et repoussant légèrement le jean qui le gênait, il se mit à caresser son membre de chair dans un langoureux va-et-vient. Tout le corps de Bruce se raidit à cette simple vision. Il serra malgré lui ses poings, les yeux rivés sur la main qu'il aurait tant voulu remplacer de la sienne ou de ses lèvres. Il se les mordit à cette simple idée, faisant sourire de plus belle Tony. Ainsi, peut-être, commençaient-ils à inverser les rôles, ainsi peut-être l'ingénieur reprendrait le contrôle de la situation. Égoïstement, il ne pouvait que s'estimer heureux de pouvoir ainsi se caresser face à l'objet de tous ses fantasmes alors que ce dernier ne faisait rien. Il vit dans son regard un délicieux mélange de désir et de découverte, bien vite recouvert par une grimace de frustration.

Son esprit se déconnecta quelques secondes, sa main ayant accéléré ses caresses crescendo depuis le début de leur étreinte et tant pis s'il avait l'endurance de ses 15ans ces derniers temps, Bruce lui faisait perdre de toute façon tous ses moyens. Il haleta en fermant cette fois les yeux, serrant son poing contre son membre déjà suintant qu'il massait fermement lorsqu'il sentit le souffle brûlant de Bruce se frotter à sa joue.

"Viens pour moi Tony…"

La voix, proche de la supplication lui glaça le sang, et si cela avait été indéniablement la demande la plus sexy, elle n'en restait pas moins affreusement douloureuse. Tony ouvrit ses yeux rougis de plaisir et plongea son regard soudain plus dur dans celui du physicien.

Non. Stop. La phrase était diablement ambiguë, alors certes, il viendrait pour son plaisir à lui aussi, mais il ne viendrait pas pour lui, à sa place. Il lâcha son membre –frissonnant immédiatement en regrettant son geste- et plaça sa main entre les jambes de Bruce, sans jamais le quitter du regard. Le physicien se cambra, son corps raidi à l'extrême, son poing frappant violemment le mur froid, et son regard fut empli d'un tel désir qu'il semblait lui faire peur.

"Non. Tony, non."

Sa voix avait légèrement changée, elle était plus profonde, incroyablement inquiétante mais elle n'arrêta en rien la fougue du milliardaire qui colla sans attendre son torse nu au sien encore couvert, l'encerclant d'un bras possessif.

" 'Non' ? Bruce regarde nous, regarde où on en est et putain comme ça fait longtemps qu'on attend ça. Bon sang, ne me dis pas que tu n'en as pas envie, pas après tout ça, pas après être venu jusque dans ma chambre ! Ne te défile pas, et fais moi confiance bordel !"

Ses mots à peine prononcés, Tony les regretta immédiatement ; il n'aurait pas pu être plus oppressant. Hulk ou non, il était hors de question qu'il se mette à lui forcer la main, même s'il avait diablement envie d'aller plus loin. Il inspira profondément et reprit.

"Ok, ok… la clé est sur la porte de toute façon."

Là, il lui laissait le choix, et même si cela avait été la phrase la plus difficile à prononcer au monde, il avait été honnête. Il commença à relâcher la pression de son bras qui serrait Bruce contre lui, mais ce dernier ne bougea pas. Il avait fermé ses yeux dans une grimace de désespoir à fendre l'âme du milliardaire, mais il ne bougeait toujours pas. Tony se concentra sur sa respiration – inspirer par le nez, expirer par la bouche- et cette fois referma son étreinte petit à petit. Bruce ne partait pas, ne le repoussait pas, et même s'il ne pouvait pas demander à l'ingénieur de continuer ses caresses, Tony trouva le courage, pour eux deux.

Dans un geste qu'il avait rêvé depuis des semaines, il replaça sa main gauche par dessus le jean déformé du physicien, la terrible éventualité qu'il ne change d'avis planant toujours au dessus de leurs têtes. Bruce soupira, sa voix semblant se terrer dans un sanglot plein de plaisir et d'angoisse et cette terrible ambiguïté était aussi plaisante que dangereuse pour Tony. Ils ne pensaient plus à ce minuscule appartement où ils étaient réfugiés, à cette base souterraine. Et si la raison de Bruce avait pu refaire surface à ce moment-là, il aurait eu la présence d'esprit d'arrêter cette situation risquée. Mais tout sens de raison avait quitté son esprit à l'instant même où la main de Tony s'était posée contre son sexe.

Plus de dix ans s'était écoulés depuis ses dernières étreintes charnelles et bon sang, comme il avait pu oublier à quel point c'était exquis ! Lui qui avait tant vanté les incroyables pouvoirs de la masturbation auprès de Tony s'en voulait maintenant amèrement – comment sa main pouvait-elle suffire à combler ses désirs ? Elle ne pouvait pas, c'était de toute façon impossible, puisque les fantasmes du physicien depuis de très longs mois déjà, étaient réunis et personnifiés en la personne de Tony Stark.

Le milliardaire continua ses caresses, dessinant de ses doigts la forme du sexe déjà durci qui se profilait sous le jean le plus détestable de tous les temps. Il avait gardé son autre main dans le creux des reins du docteur –impossible de se caresser lui-même à défaut de perdre tout contrôle- mais bien vite préféra glisser ses doigts sur le torse offert et si désirable.

Il remonta le long de son ventre dans un geste rapide, son pouce passant sur un téton durci de plaisir quand les mains violentes de Bruce se plaquèrent à ses épaules pour l'empêcher de continuer. Il n'avait toujours pas rouvert ses yeux, son souffle s'était néanmoins fait assourdissant, sa poigne aussi forte que douloureuse. Tony ne bougea pas, et scruta consciencieusement chaque réaction du physicien et oui c'était dangereux, oui c'était une connerie de faire ça, et de faire ça ici, mais c'était une magnifique connerie, la plus belle et la plus excitante. Il patienta près d'une minute, ses mains levées en signe de rédemption, lorsque Bruce inversa la tendance en se plaquant à son tour contre le mur, laissant Tony reprendre les rênes.

Bon sang, bon sang, bon sang, qu'avait fait Tony pour mériter pareil cadeau ? Il mordit violemment sa lèvre, la vision indécente de Bruce torse nu face lui, adossé au mur froid, ses yeux scellés à l'extrême et ses lèvres entrouvertes à la recherche désespérée d'air qui se faisait plus rare entre eux, l'excitant au plus point. Il posa ses deux mains contre le ventre de son ami –il avait pris soin de ne pas prendre la même position de Banner qui n'aurait très certainement pas supporté se retrouver emprisonné de la sorte- et posa son visage dans le creux de son épaule. Il sortit un bout de langue discret et taquina chaudement le suçon dont il ne resterait plus rien dans les jours à venir. Toute sa peau était semblait-il sucrée, d'une délicatesse en tout point antithétique avec la rugosité du Hulk. L'ambiguïté dans ce qu'elle avait de plus sexy. Les dents de Tony se refermèrent malgré lui sur sa peau, se délectant de ses morsure comme jamais auparavant. Les plaintes discrètes et emplies de plaisir de Bruce le poussèrent à intensifier ses morsures, mordillant avec plus de fermeté l'épiderme offert à ses lèvres. Il finit par mordre sensiblement la jonction entre son cou et son épaule et se délecta d'entendre la voix si rauque et cassée de Banner.

"Tony…"

Sa voix n'était pas encore tout à fait libérée de tout signe de douleur mais Stark s'évertuait à lui faire oublier ce qui les gênait depuis tout ce temps, celui qui gênait le cadet depuis dix ans : l'autre.

Bien décidé à penser à autre chose, Tony reposa sa main sur le jean du physicien qu'il déboutonna sans attendre et glissa ses doigts jusqu'à son membre qu'il empoigna doucement. Les deux hommes poussèrent un soupir de bien-être absolu –Bruce ressentant enfin, et pour la première fois, les mains d'un homme sur son érection, Tony touchant enfin du bout des doigts l'objet de son affection. Et bon sang tout ce qu'il voulait faire à ce membre de chair qui brûlait sa paume, il savait déjà que ses doigts ne suffiraient pas et que ses lèvres en étaient jalouses.

Il massa avec application le sexe épais entre ses doigts légèrement tremblants et posa son front contre l'épaule de Bruce qui, à ce contact, serra d'un bras puissant Tony contre lui. La main du milliardaire allait et venait sans douceur contre le membre suintant, faisant haleter ouvertement le physicien, ce qui suffit à faire naître un sourire de diable chez l'aîné. Il l'avait appris il y avait quelques semaines, Bruce était un orateur terriblement sexy, alors, pas question de ne pas inviter sa voix à leur étreinte charnelle.

"C'est ça que j'imaginais te faire Bruce. Te caresser, t'avoir à moi, te faire gémir… Laisse moi entendre ta voix…"

Il referma son poing sur le gland de son cadet pour appuyer ses propos et sourit en l'entendant enfin pousser un premier vrai geignement. Bruce reprit bien vite une nouvelle inspiration bruyante et attrapa Tony par son tee-shirt, le repoussant maladroitement tout en le tenant contre lui, leurs pas s'emmêlèrent et très vite ils se retrouvèrent au sol dans un bruit sourd. Bruce profita du moment de confusion pour grimper à califourchon sur le corps de son aîné, attrapant malhabilement ses poings pour les tenir serrés au-dessus de sa tête.

"C'est moi qui donne les ordres."

La voix était éraillée, ses lèvres muées dans un sourire diabolique étrangement pénétrant. Tony n'eut aucun mal à libérer une de ses mains en profitant de la confusion du moment, qu'il reposa avec ferveur sur le membre dur de son ami.

"Tu as perdu ta couronne mon roi…", sourit-il en mordillant le menton du physicien.

Bruce couina malgré lui –et Dieu comme c'était le couinement le plus indécent qu'il ait jamais poussé - et tenant toujours d'une main ferme le poignet droit de Tony, il glissa son autre main entre leurs jambes, prendre à son tour en main la virilité de son aîné. Il hoqueta à son contact, réalisant soudainement que dans l'effervescence, il avait oublié qu'il ne l'avait jamais touché directement auparavant, et Tony ne put empêcher un petit rire triomphant d'échapper de ses lèvres. Le plaisir le rendait fou de bonheur, malgré leur étreinte aux airs de combat, chacun cherchant toujours à reprendre le pouvoir, sans réaliser qu'ils ne se battaient pas l'un contre l'autre, mais ensemble contre le troisième, celui qui n'était pas visible mais qui était la cause de tous leurs ennuis, de leurs doutes et de leurs peurs.

Bruce était souvent paralysé par des vagues de chaleur qu'il ne savait dues à l'autre ou aux caresses prodiguées par Tony sous lui. Il repoussa la main de Stark soudainement – bien trop près de jouir- et arrêta quelques secondes sa main, sans lâcher le membre qu'il tenait. Une nouvelle fois, respirer, se concentrer était la seule priorité. Et bon sang comme c'était la chose la plus difficile à vivre pour le milliardaire, mais comme cela annonçait des retrouvailles encore plus violentes. Tony, pris sous la ferveur du moment, plaqua sa main sur la nuque de Bruce pour l'attirer à lui, réalisant que leurs lèvres ne s'étaient toujours pas rencontrées depuis qu'il était entré dans ses appartements, mais Bruce le repoussa sans ménagement, faisant claquer ses épaules bruyamment contre le sol froid.

"Non."

Tony grogna bestialement de frustration, le pouvoir –et les obligations- de Bruce le rendaient fou, et alors qu'il plaquait sa main sur son propre membre, prêt à finir lui-même les caresses que son ami ne pouvait plus lui prodiguer, et bien trop douloureusement proche de la jouissance pour s'arrêter, le physicien empoigna violemment son corps pour le mettre dos à lui, l'obligeant à se redresser sur ses genoux, sa main se plaquant férocement sur son membre.

"Putain Bruce…", gémit-il d'une voix cassée.

Tony sentait le corps brûlant de Bruce contre son dos, les deux hommes agenouillés à même le sol, à quelques centimètres du canapé, quelques mètres du lit. Il tenta vainement de prendre en main le sexe de Banner mais la position l'en empêchait, et il comprit alors que le docteur l'avait fait exprès. Il gémit de frustration, bien vite repris par des gémissements de pur et intense plaisir. La main de Bruce était maladroite, le serrant parfois de trop ou passant trop rapidement sur son gland rougi, mais c'était Bruce, et cela suffisait à rendre l'équation parfaite.

Il se mit à haleter avec ardeur, ne retenant plus sa voix cassée par le plaisir. Le souffle chaud de Bruce se répercuta contre son cou offert dès qu'il posa la base de sa nuque contre l'épaule de son cadet. Il eut un bref moment de clarté en sentant le bras de son ami bouger – il était donc en train de se masturber, tout en caressant l'ingénieur et ce détail marqua une nouvelle fois son esprit embué de désirs charnels incontrôlables.

"Oui, bon sang – oui Bruce. Ne t'arrête pas, je t'en supplie, ne t'arrête pas…", gémit-il sans retenue, mais à peine eut-il prononcer ces mots que son corps entier fut traversé d'un frisson violent.

Il appuya une de ses mains au sol, l'autre se posant sur l'avant-bras de Bruce, poussa un geignement rauque et sentit enfin une incroyable chaleur envahir le bas de ses reins, son ventre et son membre, alors qu'il jouit longuement dans la main qui n'avait cessé de le caresser. Haletant, à peine conscient, il entendit la voix de Bruce résonner tout contre sa nuque, réalisant d'un coup qu'il avait suivi le mouvement de son corps en se collant à lui, et reconnut son prénom répété infiniment, alors que Bruce jouissait à son tour, ne ressentant rien d'autre qu'un incroyable plaisir et un unique sentiment de libération.

Malgré la violence de leur étreinte et le bouleversement mental causé par son orgasme, Tony reprit bien vite ses esprits. Ils n'avaient toujours pas changé de position. Lui, quasiment à quatre pattes, soutenant sur son dos un Bruce Banner à peine conscient - la position était des plus suggestive et aurait pu amener à toute autre chose. Il sentit le physicien quitter son dos et s'allonger lourdement à côté de lui. Chacun des deux hommes regardaient fixement devant lui, pour nulle autre raison qu'ils ne se sentaient pas encore prêts à affronter le regard de l'autre.

Et si. Et si cela changeait tout. Et s'ils ne trouvaient plus leurs repères dans cette situation ô combien compliquée. Et si la passion, après leur corps à corps irrationnel, avait disparue. Pas de retour en arrière possible de toute façon.

Sans se concerter, ils tournèrent leurs têtes en même temps, se faisant face. Et si Tony ne pouvait savoir ce que ressentait son cadet, lui au moins était plus sûr que jamais d'être accro à cet homme. Ses yeux voilés de plaisir éclairant son regard si pénétrant, ses pommettes rougies, son cou parsemé de quelques légères marques et d'une voyante morsure, et son corps, tout son corps. Il l'avait dit, et cela n'avait jamais fait autant sens qu'à l'instant, il voulait tout, il aurait tout. Ils se regardèrent longuement, bien incapables de parler, lorsque Tony remarqua les mains salies de son ami. Il étendit le bras jusqu'à la petite table basse d'où il prit un mouchoir d'une boîte en carton, arrêtant cette fois-ci de rester bêtement à quatre pattes, et vint s'asseoir à côté de Bruce, dont il prit les mains pour les nettoyer doucement.

"Tony – je…", hésita Banner en posant son avant bras sur ses yeux. Mais il ne trouva rien à rajouter.

Le milliardaire, toujours bien décidé à ne pas laisser plus d'un mètre de distance entre le docteur et lui, étendit cette fois le bras jusqu'au canapé dont il tira une petite couverture et vint la poser sur leurs deux corps éreintés par la fatigue. Il suffit de quelques minutes à Banner pour tomber dans un sommeil profond. Tony ne l'avait pas quitté des yeux, et comme rassuré à l'idée que son ami dorme enfin, il s'allongea sur le dos, posa ses mains jointes sous sa nuque en guise d'oreiller et fixa le plafond. Il lui fallut quelques secondes pour que la moindre petite pensée cohérente germe dans son esprit. Puis pour qu'un sourire illumine son visage, un incroyable sentiment de satisfaction l'emplissant d'une joie si profonde que cela en était enivrant. Ils avaient réussi. Et quelque part, ils avaient gagné ; contre l'Autre. Et sachant pertinemment que cela n'était que le début –le plus dur était au contraire à venir- Tony se réconforta avec son humour habituel et murmura :

"J'avais toujours eu envie d'avoir une relation à trois de toute façon."

Il jeta un coup d'œil à sa gauche, vit Bruce profondément endormi, et en sourit de plus belle. Cela promettait d'être une magnifique aventure.


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