Note : Hello ! Tout d'abord un merci général pour vos reviews (même si j'aime surtout vous remercier par MP). Le monde du smut-smutty-smut étant fort agréable, il est difficile pour moi d'en sortir, mais promis l'histoire avancera tout de même ;) Petite précision que j'ai oublié, cette histoire avec le gouvernement est, comme l'a évoqué Belle Pimprenelle, inspirée par Civil Wars. Bonne lecture !


Les mouvements confus de Bruce interrompirent les premiers le calme silencieux de la pièce. Les deux hommes, toujours allongés à même le sol, s'étaient endormis sans même éteindre la lumière ou se préparer un lit de fortune – la légère couverture les couvrant ayant disparue sous le corps du docteur dès les premières minutes de son sommeil. Tony sentit les jambes de son ami se frotter aux siennes et sortant petit à petit de sa torpeur, il se redressa sur un coude, passa la paume de sa main sur ses yeux, qu'il ouvrit difficilement. Le physicien s'était lui aussi redressé, ils se regardèrent et d'un commun accord muet, ils retirèrent leurs jeans, Tony ôta son tee-shirt, puis ils se glissèrent paresseusement jusqu'au seul lit de l'appartement. Bien sûr, le SHIELD n'avait pas prévu de double lit dans cette base, ni dans aucune autre d'ailleurs, mais l'organisation tenait tout de même à prendre soin de ses acolytes ; la taille des lits simple était donc raisonnable.

Bruce se glissa le premier sous la couette épaisse, encore à moitié endormi, il eut néanmoins la présence d'esprit de laisser de la place à Tony, qui le rejoignit sans attendre. Le milliardaire éteignit la lumière d'une main las, et retournant son corps vers celui qui partageait ses draps, il sentit une incroyable chaleur le réconforter. Il ouvrit ses yeux, ne s'attendant à n'y voir rien d'autre que du noir, mais la silhouette bleutée de Bruce le marqua indéniablement. Il baissa son regard pour regarder l'origine de cette lumière, son réacteur ARC particulièrement puissant ce soir là – il devrait régler ça au plus vite en rentrant à New York- et reposa ses yeux sur le visage paisible de son ami.

Il semblait dormir d'un sommeil si profond que le milliardaire se sentit incroyablement seul. Chacun appuyés sur leurs flancs, ils se faisaient face, leurs jambes nues collées sensiblement. Tony sentait son cœur battre d'un rythme puissant et entêtant, semblant trouver écho dans tout son corps, jusqu'à son esprit embrumé. Il ne pouvait quitter des yeux son visage et sans chercher à se contenir, il leva sa main pour la porter jusqu'à ses joues. Il retint sa respiration, posant le bout de ses doigts sur la peau bleutée, et poussa un petit soupir entre ses lèvres, en ayant la confirmation que ses caresses n'avaient pas réveillé Banner. Il se surprit à dessiner le contour de ses pommettes, la ligne de sa mâchoire du dos de son index, l'irrésistible envie de passer une main dans ses boucles anarchiques lui retournant le ventre, et glissa sa main jusqu'à son cou, jusqu'aux multiples petits suçons et finalement, jusqu'à la morsure près de son épaule dénudée. Alors, ça serait ça leur vie ; l'irrésistible envie, l'invincible besoin bestial de dominer l'autre.

Et plus exactement : l'autre. Un simple mot pour désigner le drame que vivait Bruce. Comment l'avait-il qualifié déjà ? "Je n'ai pas d'armure. Je suis exposé, un nerf à vif. C'est un cauchemar." Même si l'autre n'était pas toujours visible, il restait irrémédiablement toujours présent. C'était ça qui avait tué le mariage de Banner, ça qui l'avait fait fuir des années durant jusqu'à se cacher deux ans en Inde, ça qui l'avait coupé de tous ses amis jusqu'à l'empêcher d'avoir une vraie relation, intime, avec quelqu'un, et c'était ça que Tony devait apprendre à maîtriser aujourd'hui.

Il profita de ce très rare moment de calme pour continuer ses caresses sur la peau exposée de son cadet, sachant pertinemment que dès que Bruce reprendrait conscience, ils seraient amenés à lutter comme avant. Tony fronça malgré lui des sourcils à cette idée, pour sûr, le Hulk ne faisait son apparition que lorsque Bruce était parfaitement et pleinement conscient, c'était même lorsqu'il réfléchissait trop que le géant se matérialisait. Il passa en revue les seuls moments où un homme se déconnectait de sa conscience –le sommeil en premier lieu, la douleur extrême- et sourit à la dernière évocation : l'orgasme. Car oui, s'il était évident que Bruce devait se battre avec douleur pour calmer les ardeurs de l'autre lorsqu'il était excité, le point final, l'orgasme devait être en tout point de vue un moment d'extrême libération où ne devait rester que lui, Bruce Banner et nulle autre entité.

Tony se redressa sur son coude et posa sa tête dans sa main, mordillant son pouce dans un sourire mutin ; voilà pourquoi Bruce était si fatigué, sa jouissance l'avait réellement exténué, en provoquant tout son corps, et ses deux êtres, comme jamais auparavant. Il avait affreusement envie de prendre ses lèvres, de coller leurs corps à moitié nus l'un contre l'autre, le serrer dans ses bras pour ne plus jamais le lâcher – mais hors de question de le sortir de son sommeil, de son cocon. Il posa sa main sur le réacteur pour interrompre le petit faisceau de lumière, sinon il l'aurait regardé toute la nuit, et se recoucha sur le dos en poussant un long et nécessaire soupir.


Lorsque Tony se réveilla la deuxième fois, il sut immédiatement qu'il avait dormi longtemps, très longtemps. Pas de fenêtres pour lui confirmer que le soleil était levé, mais il sentait au fond de lui le sentiment d'être vraiment reposé. Il se pencha et tâtonna d'une main aveugle le sol pour trouver son jean, dont il sortit son téléphone pour regarder l'heure. Il lui restait une petite heure avant que Barton ne vienne lui hurler dans les oreilles.

Il regarda à sa gauche, vit Bruce encore profondément endormi –bon sang mais cet homme n'avait jamais dormi de sa vie auparavant ou quoi ?- et se glissa hors de la chaude couverture pour se diriger vers la petite salle de bain. Il ferma discrètement la porte derrière lui, alluma la lumière et se planta face au miroir au-dessus du lavabo. Il inspira par le nez, expira par la bouche, et sentit une légère pression appuyer contre son torse. Le réacteur faisait-il encore des siennes ? Il prit en main le métal froid, le tourna de quelques crans comme il en avait l'habitude, et le sortit pour le poser face à lui à côté du lavabo. Il évita cette fois soigneusement tout contact avec son reflet, la vue de sa poitrine et du trou béant au milieu lui donnant parfois la nausée, et de ses doigts inspecta sommairement la petite boîte qui le tenait en vie. Rien à signaler de particulier, il réglerait ça plus tard. Il remit le réacteur sans attendre au centre de sa poitrine, poussa un petit gémissement une fois l'objet installé –pourquoi ressentait-il cet affreux goût de métal dans la bouche à chaque fois qu'il le replaçait ?- et retira son boxer pour se glisser sous la douche.

Stark refit son apparition dans la chambre une dizaine de minute plus tard, en jean et torse nu, passant une serviette rapidement sur ses cheveux encore humides. Son cœur loupa un bond en voyant Bruce réveillé, assis dans le lit, le dos soutenu par le seul coussin qu'ils avaient partagé.

"Salut Belle aux Bois Dormants, bien reposé ?"

Bruce joua de sa mâchoire pour tenter de cacher son sourire mais Stark n'était pas dupe. Il releva son visage vers lui et lui adressa le plus tendre des sourires.

"Bien reposé.", confirma-t-il avant de laisser glisser ses yeux jusqu'au réacteur de Tony qu'il n'avait jamais vu directement, sans tee-shirt.

Le milliardaire tiqua en sentant son regard s'attarder au milieu de son torse et chercha des yeux de quoi se couvrir.

"T'inquiète doc', je vais vite cacher ça…"

"Hein ? Non, pourquoi ?"

Bruce se redressa, la couette glissa dévoilant son torse en tout point exquis, et cette vision suffit à faire ralentir Tony. La main du physicien lui fit signe de s'approcher, ce qu'il fit sans remords, en s'asseyant à ses côtés sur le lit.

"Je pensais que tu étais fier de ton réacteur."

"Quoi, de ce vieux tas de ferraille ?" Il toqua de ses deux doigts contre le métal et reprit. "Bien sûr que j'en suis fier. Bon, tout le mérite ne me revient pas, mais je pense avoir fait du bon boulot."

"Et je pensais que tu l'aimais."

Tony ouvrit les lèvres, les referma. Il sourit, pencha sa tête sur le côté, amusé et troublé par les questions de son ami.

"Joker."

"Non, sérieusement Tony, il n'y a rien à ne pas aimer. Ça te maintient en vie."

Bruce leva sa main et la posa avec douceur contre le réacteur qu'il sentit vibrer contre sa paume. Une nouvelle fois, le milliardaire sentit son cœur taper contre sa poitrine, voir quelqu'un le toucher sans qu'il ne sente rien lui glaçait toujours le sang. Mais c'était Bruce et cela n'en était que plus fort encore. Il ne quitta pas des yeux la main virile qui dessinait du bout des doigts le bout de métal circulaire et murmura.

"C'est assez… disons que ce n'est pas très humain. C'est même plutôt monstrueux."

"Oh je crois être bien placé pour pouvoir parler de monstre." Bruce se rapprocha du corps de l'ingénieur, releva les genoux contre lesquels il posa ses coude et pencha sa tête vers la sienne. Son sourire d'une délicatesse telle qu'il suffit à faire fondre le cœur constamment menacé de Tony. Le physicien murmura à son tour, dans un souffle chaud. "Et tu n'en es pas un."

"Si tu essayes de me chauffer, c'est réussi, doc'…"

Le ton se voulait humoristique mais Tony n'avait jamais été aussi sérieux, il avait penché son visage jusqu'à frotter son nez contre celui de Banner, leurs souffles s'entremêlant avec ferveur.

"On ne s'embrassera pas.", répondit Banner, souriant, sans bouger pour autant son visage exposé aux lèvres de son ami.

Stark, n'écoutant que ses propres envies et ignorant royalement la prémonition du physicien, plongea son visage en avant, bien vite arrêté par une main serrant douloureusement les cheveux à la base de sa nuque. Il n'avait même pas vu Bruce lever ses mains, mais sentait maintenant la poigne ferme qui le tenait encore à quelques centimètres de ses lèvres.

"Tu n'en fais qu'à ta tête Tony."

Stark rit malgré lui, la frustration devenant monnaie courante entre eux, et trouvait toujours répercussion entre ses jambes. Il taquina du bout de sa langue la lèvre inférieure du physicien qui gémit à ce contact. Il repoussa vigoureusement Tony, le plaqua de tout son long contre le lit, une fois de plus l'irrésistible besoin de se mettre à califourchon sur lui pour garder le pouvoir sans lâcher son visage de ses mains.

"On ne s'embrassera pas.", répéta-t-il d'une voix cette fois plus gutturale, que Tony rendu fou par la position ne releva même pas.

Ses mains libres, il en posa une dans le creux de ses reins, l'autre contre la nuque de son ami pour le tirer jusqu'à ses lèvres et enfin, enfin il pouvait l'embrasser. Leurs langues se caressèrent avec une avidité débordante, leurs dents s'entrechoquant parfois, tous deux incapables de se séparer comme s'ils ne pouvaient vivre que de l'air de l'autre. Et si le baiser était sans aucun doute le plus passionnel qu'ils avaient jamais échangé, Tony ne put s'empêcher de vouloir le rompre, lorsqu'il sentit une force étrange le pousser douloureusement contre le lit. Il tenta de serrer la nuque qui tremblait sous ses doigts pour lui faire signe d'arrêter, mais Bruce avait déjà repris ses mains dans les siennes, les plaquant au-dessus de son visage et Tony frissonna de tout son être en voyant la teinte légère de vert qui semblait fourmiller sous la peau des avants-bras qui l'encerclait.

"Bruce, ok Bruce on ne s'embrasse plus, respire, tout va bien, on va sortir prendre l'air, ok ?"

Sa voix était chevrotante, ses yeux crispés sur le visage de Bruce qu'il gardait caché contre son torse, le front posé contre son réacteur. Prisonnier sous son emprise, Stark tenta malgré la position d'inspecter son corps, mais mis à part la légère teinte de vert de ses avant-bras, et le poids incroyablement doublé qui l'écrasait, Banner ressemblait encore à Banner. Petit espoir qu'il ne comptait pas laisser échapper.

"Bruce, respire, respire. Lâche mes mains, s'il te plaît..."

Ses mots semblèrent faire effet, la poigne qui encerclait avec animosité ses mains s'arrêtant enfin. Il réussit malgré le poids infernal qui pressait contre lui, à se redresser sur un coude, prêt à caresser tendrement Bruce pour essayer de le ramener à la raison, lorsqu'il sentit ses lèvres happer les siennes avec force, et cette fois, Tony ne put discerner la passion de la férocité, ne sachant qui de Bruce ou Hulk gagnerait ce combat. Il voulait, il devait voir ses yeux, mais l'homme face à lui était intenable, son corps si bouillant que l'épiderme de Tony rougissait à vue d'œil. Il réussit enfin à reculer son visage lorsqu'un terrible son les glaça tous les deux. On frappait à la porte.

"Stark, 5h45, rendez-vous dans la cuisine dans cinq minutes maximum et t'as intérêt à être en forme parce qu'il neige ce matin."

Merde, merde et merde, de quelle folie était prise Barton pour venir le chercher plus tôt que prévu ? À ces mots, l'étreinte des mains de Bruce se ferma autour des épaules du milliardaire et d'une voix rauque et suppliante, il demanda à Tony :

"Il ne doit pas... il ne doit pas me voir comme ça."

Et Stark ne pouvait qu'être d'accord avec cette demande. Il haussa la voix à destination de son entraîneur d'un jour.

"Ouais, ok, pas de soucis, j'arrive !"

"… Ça va Stark ?"

Tony grogna douloureusement, putain mais pour qui se prenait-il le blondinet, à jouer les anges gardiens ?! Il ne pouvait pas être plus insupportable et indésirable qu'à l'instant. Il sentit néanmoins le poids contre lui s'alléger, et glissant ses mains tremblantes sur le dos nu de son ami pour le caresser, il répondit.

"Mais oui ça va, j'arrive Brokeback Mountain !"

Il avait lancé cette dernière pic dans un réflexe, pour ne pas éveiller les soupçons de Barton, et d'une voix infiniment plus douce, il murmura.

"Doc' ça va aller, ça va aller, je te le promets…" Son esprit bouillonnait, impossible de réfléchir, la terrible angoisse que Hulk apparaisse ici, dans cette putain de base souterraine paralysait tout sens de raison, lorsqu'il réussit à glisser tout contre son oreille. "Je suis là Bruce, je suis là, fais moi confiance, je ne te lâcherai pas…"

"Si tu as ne serait-ce que trente secondes de retard, tu es privé de petit déjeuner, tu es prévenu."

Mais la voix de Barton était déjà oubliée, alors que Tony serrait conte lui Bruce de toutes ses forces. Le physicien le repoussa malgré tout quelques secondes après qu'ils eurent entendu les pas de Barton s'éloigner, et courut difficilement jusqu'à la salle de bain, tomba les genoux les premiers dans la douche avant de laisser une eau gelée couler sur lui. Stark le rejoignit aussi vite que possible et la vision de Bruce recroquevillé sur lui-même le glaça à son tour. Il s'approcha lentement, calculant la distance qu'il restait entre eux deux, lorsque la voix de Bruce retentit, plus cassée et faible que jamais.

"Je suis – désolé."

Bon sang Bruce, désolé de quoi, de m'avoir prévenu que tu ne voulais pas que je t'embrasse ? D'avoir cédé à ma putain de lubie ?, pensa fortement l'aîné sans réussir à le prononcer tout haut.

Il posa une main sur la porte en verre encore ouverte de la cabine, regarda le corps tremblant à ses pieds et ne put se résoudre à faire autre chose qu'à se pencher à son tour pour le rejoindre sous l'eau glacée, enroulant un bras tendre autour de son corps.

Bruce ouvrit les yeux, ne vit rien d'autre que le carrelage gris et les milliers de gouttes d'eau qui tourbillonnaient autour de lui. Il posa sa main sur celle posée sur son torse. Il ne comprenait pas pourquoi Tony n'avait pas demandé d'aide à Barton, ni pourquoi il était resté et l'avait rejoint dans cette douche détestablement frigorifiée. Il ne ressentait que l'enivrante certitude que désormais, il n'était plus seul.