Lorsque Tony se réveilla ce matin là, rien n'avait vraiment changé. À un détail près.
Cela faisait quelques jours qu'il avait commencé son entraînement, et malgré la fatigué éreintante causée par une alternance répétée entre exercices physiques et tests psychologiques, il était toujours le premier réveillé. Il se traînait jusqu'aux cuisines après avoir pris une douche chaude, et il ne faisait rien avant d'avoir préparé un bon café. Il observait ensuite, assis face à la porte, la routine agréable qui s'était installée dans cette base qu'il ne supportait déjà plus.
Clint arrivait en même temps que Natasha, et marchant d'un même pas, ils se dirigeaient vers la cafetière, se préparaient un petit plateau qu'ils venaient ensuite poser aux côtés de Tony. Puis arrivait Steve qui fermait la marche, et même s'il était le dernier à les rejoindre, il semblait toujours plus réveillé que les autres – ce qui avait commencé à faire douter Stark quant au rythme de sommeil du super-soldat, que l'on pouvait résumer à : dort-il vraiment ?
Il regardait tout ce petit ballet se dérouler sous ses yeux, sans lâcher son mug de café et préférait utiliser ses oreilles plutôt que sa bouche. Les petites plaintes discrètes de Natasha qui malgré ce qu'elle laissait croire, était bel et bien fatiguée, la façon dont Clint faisait claquer sa cuillère dans sa tasse pour mélanger le sucre même bien longtemps après qu'il ait fondu, les mains de Steve claquant l'une contre l'autre pour donner du courage à l'équipe de quitter leurs chaises respectives pour aller, enfin, se mettre au travail.
Il ne réussissait pas à se détacher de l'idée que si le gouvernement voulait vraiment les sonder, il n'avait qu'à les rejoindre dans cette immense cuisine, les observer lors de leur rituel du matin. Ainsi, les bureaucrates auraient enfin compris que, sous l'armure, derrière les flèches, et sous le masque se cachaient tout simplement des hommes. Et une femme. Même si Tony Stark avait un problème d'ego, un incommensurable besoin de tout ramener à lui, une fierté mal placée, on ne pouvait pas lui reprocher de ne pas se sentir humain.
Du moins, cela avait été vrai une partie de sa vie, jusqu'à ce qu'il se retrouve allongé à moitié mort sur une table poussiéreuse dans une cave en Afghanistan. Cela était ironique mais vrai : il avait fallu qu'on lui plante un mini-générateur de flux de plasma au centre de la poitrine, tel un robot, pour qu'il comprenne la chance qu'il avait d'être un homme.
Ce qui suivait le petit-déjeuner était le moment préféré de Tony. Chacun rangeait son plateau, enfin, à moitié, il fallait toujours rappeler à Stark que, oh comme par hasard, il avait oublié le sien sur la table. Ils laissaient un mug de café à disposition pour le retardataire qu'ils ne devaient de toute façon pas attendre, et ensemble, se dirigeaient au dernier sous-sol, dans la salle d'entraînement où ils y passeraient la matinée – dehors il faisait de toute façon trop frais pour qu'ils puissent se permettre d'y courir tous les jours, de plus Tony semblait avoir pris froid depuis quelques temps.
C'est entre le couloir A6 et A8 qu'ils croisaient toujours Bruce. Il les saluait d'un petit geste timide de la tête, puis ils échangeaient des banalités sur leur sommeil, et le milliardaire, légèrement en retrait, regardait cette habitude avec plaisir. Il fermait la marche, étant ainsi le dernier à croiser Bruce qui lui demandait d'une voix douce.
"Il reste du café ?"
"Je pense qu'à cette heure-ci, il doit être tiède."
"Parfait."
Ils se souriaient, se regardaient d'un air entendu, et chacun reprenait son chemin, comme si de rien n'était, comme si le doux frisson qui naissait en bas de leur colonne vertébrale lorsqu'ils se croisaient n'existait pas. Et si Tony avait, au début, pris un malin plaisir à se moquer de l'habitude du physicien à toujours se contenter d'un café affreusement tiède, voire froid, il savait maintenant respecter sa décision. Étrangement, il en était même plutôt fier. Adieu douches chaudes, cafés bouillants et pulls en cachemire, il n'y avait qu'une seule chose sur terre, qu'une seule personne autorisée à réchauffer Bruce, et c'était lui, Tony Stark.
Il passait ensuite son temps sur les machines d'entraînement, coaché ou non par le reste de l'équipe qui passait bien souvent la matinée à ses côtés. Il avait croisé deux fois dans cette même salle l'homme qu'il avait observé s'entraîner au tout début de son séjour. Il avait remarqué son regard appuyé, sa façon de lui tourner autour et avait même clairement comprit l'invitation silencieuse à le rejoindre aux vestiaires. Et pour sûr, l'homme avait de quoi plaire, même s'il n'était pas aussi musclé que Steve, il n'avait pas à rougir de son corps. Mais Tony à chaque fois lui avait souri poliment, et avait gardé ses bras ancrés sur la presse de musculation, concentré sur ses exercices.
Quel intérêt à le rejoindre ? L'homme était déjà pratiquement nu, il ne s'entraînait qu'en short, Tony n'aurait donc pas de surprise à découvrir son corps. Il le ferait probablement se déshabiller rapidement, le mettrait dos à lui pour qu'il s'appuie sur le mur et le prendrait après une préparation sommaire, sans perdre de temps, de peur qu'on ne les découvre – et aussi parce qu'il n'aurait jamais voulu que ça dure mille ans non plus. L'étreinte aurait été satisfaisante, tout au plus, mais comment comparer un coup vite fait avec ce qu'il était en train de développer avec Bruce ?
C'était bien au-delà d'un amour de jeune adolescente en fleur se préservant pour 'le bon'. Le charme de Banner n'avait rien de doux, c'était bestial et puissant. Et sous ses airs de physicien mal dans sa peau, sous ses pantalons trop grands, sa manie de frotter ses mains tremblantes et de remonter ses lunettes comme le plus geek des bibliothécaire, Bruce Banner physicien était un diable de domination, et quelque chose au fond de Tony lui laissait croire que cela n'était pas seulement dû au Hulk. Le résultat était le même, et bien qu'il gardait ça pour lui, et qu'il garderait ça pour lui pour les siècles à venir, il était entièrement, irrémédiablement, soumis à ses désirs.
Le reste de la journée était étrangement plus facile. Il avait compris la mécanique des conseils prodigués par Natasha pour passer un test psychologique avec aisance et surtout pour amener les bonnes réponses que cherchait son interlocuteur, quel qu'il soit. Ils finissaient même de plus en plus tôt, la rousse n'ayant bien vite plus rien à lui apprendre. Ils s'entraînaient encore un peu, elle arrivait toujours à le piéger une ou deux fois, puis Steve prononçait enfin la phrase magique : "quartier libre".
Et alors que chacun possédait l'intense liberté de vaquer à ses propres occupations, ils ne se quittaient que rarement. Clint et Steve se retrouvaient encore une fois dans la salle d'entraînement pour parler de boxe, Natasha retrouvait Clint dans la salle de repos pour reprendre leurs messes basses indéchiffrables, et Tony restait à quelques mètres d'eux, avachi sur un canapé à essayer d'apprendre à Steve à envoyer un sms, lui qui était "dépassé par autant de complexité technologique".
C'était le matin du 14e jour que sa routine se brisa. Encore légèrement endormi, Stark s'était levé sur un coude, les yeux scellés, la bouche pâteuse mais déjà salivante. L'odeur du café qui l'avait réveillé était aussi inhabituelle que plaisante. Il passa la paume de sa main droite sur ses yeux qu'il ouvrit avec difficulté. Quelle idée d'allumer la lumière sans lui demander son avis !
"Bonjour."
"… Tu fais le service d'étage maintenant ?"
Le milliardaire avait adouci sa voix malgré sa taquinerie, la vision de Bruce assis à quelques mètres de lui, attablé devant un livre de physique, une tasse à la main avait suffi à son bonheur.
"Bois le tant qu'il est chaud.", dit-il en désignant d'un signe de la tête le mug de café posé sur la petite table à la droite de l'ingénieur.
Il prit l'anse dans sa main sans attendre et s'appuyant contre le mur, il se redressa. Il avala le liquide brûlant, se délectant du plaisir que c'était de boire quelque chose d'aussi chaud à peine réveillé, et poussa un petit soupir de contentement avant de demander.
"C'est mon anniversaire ? J'essaye juste de comprendre que me vaut l'honneur de ta présence ici."
"L'entraînement a l'air de bien se passer. Je me suis dit que je pouvais passer te voir."
Banner lui sourit et reposa son regard sur le livre qu'il tenait ouvert face à lui pour y poser une feuille quelconque en guise de marque page, avant de tourner son corps vers celui de son ami. Il tenait toujours son mug, mouvant son poignet pour faire trembler le liquide. Il n'avait toujours pas porté la tasse à ses lèvres, puisqu'il attendait que le café refroidisse, et ce détail n'échappa pas à Tony.
"Une fois que j'aurai passé ces putains de tests, je voudrais que tu reviennes avec moi à New York."
Bruce fronça ses sourcils, posa sa tasse sur ses genoux sans la lâcher des mains et demanda :
"Et bien, peut être… mais pourquoi ?"
"Parce que j'ai demandé à Jarvis de m'envoyer les derniers résultats des recherches que tu as lancé avant qu'on ne parte et Bruce, c'est foutrement génial. Je veux que tu reviennes avec moi pour la même raison qui t'a poussé à me suivre après le show final de Loki et Thor et leur portail à la Stark Trek. Tu es doué, tu es incroyablement doué, et je refuse de croire que tu pourrais aller te terrer à Mumbai..."
"Calcutta."
"C'est pareil – juste pour prescrire deux aspirines et soigner des morsures de chiens."
"Premièrement, ces deux aspirines peuvent sauver une vie, et de ce que j'en sais, ce chien pourrait avoir la rage donc autant s'en occuper avant que ça ne dégénère."
Tony leva les yeux au ciel dans un soupir d'exaspération et se redressa pour poser ses coudes sur ses genoux relevés, son regard plus sérieux que jamais.
"Tu n'as pas fait de rechute, incontrôlée je veux dire, depuis plus d'un an et demi. Tu ne risques rien à New York. Ou New York ne risque rien, si tu préfères. Et si tu détruis Harlem à nouveau, promis, je paye les réparations."
"Tu es mal placé pour dire ça Tony…"
Le regard de Bruce se fit plus dur, ne laissant aucun doute au milliardaire quant à ce dont il parlait : leur dernière étreinte qui avait failli mal tourner.
"Justement. Tu as réussi à le maîtriser."
"Je voudrais que tu te taises maintenant.", demanda son cadet tendrement.
Il avait posé son mug sur la table, s'était approché d'un pas lent sans écouter les jérémiades de son ami. Il retira ses lunettes et grimpa sur le lit, appuya d'un doigt sur l'épaule de Tony pour le faire s'allonger et grimpa à califourchon sur lui pour reprendre une fois de plus sa posture de dominant. Il prit les poignets de Tony dans ses mains, l'obligea à relever ses bras au-dessus de sa tête, et se pencha vers son visage.
"J'y penserai.", murmura-t-il avant de mordiller à peine la lèvre offerte de Tony.
Le milliardaire poussa un petit soupir de plaisir et ferma les yeux, étendant les jambes pour s'offrir à celui qui le surplombait. La langue de Bruce glissa à peine contre ses lèvres, sa bouche déposa quelques baisers discrets sur son visage, au plus près de ses pommettes et très vite, jusqu'à son oreille qu'il mordilla à peine. Il plongea son visage dans son cou, Tony tournant la tête pour lui faciliter l'accès, et passa ses dents sur la peau fine qu'il désirait tant.
L'ingénieur frissonna de tout son être rien qu'en sentant le souffle chaud caresser sa peau sensible et ondulant malgré lui son bassin contre celui de son ami, il sentit une main dure le tenir fermement contre le matelas. Bruce affirmait sa position, une main tenant ses poignets joints, l'autre appuyant fermement sa hanche pour l'empêcher de bouger, ses dents n'arrêtant pas leur douce torture dans son cou offert. Tony gémit malgré lui et demanda en ouvrant les yeux, ne pouvant rien voir d'autre que le plafond.
"Je peux te poser une question ?"
"Bien sûr."
"Avant moi, avais-tu déjà goûté aux plaisirs de la chair avec le sexe fort ?"
Cette fois, son cadet releva son visage pour le regarder, les sourcils froncés.
"Est-ce que t'as déjà couché avec un homme ?", éclaira-t-il sommairement.
Bruce fit non de sa tête, l'air subitement perdu, mal à l'aise, ses mains relâchant inconsciemment leur emprise. L'ingénieur comprit que sa question était mal perçue et s'empressa de rajouter :
"Donc, tout ce que tu fais, tu l'as juste imaginé sans jamais reproduire ce que tu aurais déjà fait à quelqu'un d'autre ? Bon sang, c'est trop sexy."
Il rejeta sa tête en arrière, se mordant sa lèvre inférieure, se sentant comme béni d'un magnifique cadeau : avoir entre ses bras le parfait cocktail de domination, de frustration et de découverte.
Bruce cligna des yeux malgré lui, pas vraiment sûr de comprendre l'engouement de son aîné pour son manque d'expérience, mais ne se priva pas pour autant de reprendre ses douces morsures sur ses lèvres qui commençaient déjà à rougir. La voix rauque du physicien résonna.
"Je ne te retourne pas la question…"
"Ah, de savoir si j'ai déjà couché avec un homme ? Oh ce n'est un secret pour personne. Je dois même avoir un film qui confirme ça, si tu cherches dans mon ordinateur le dossier..."
"Non, Tony, je ne te retourne pas la question.", répéta Banner en appuyant chaque syllabe pour faire comprendre à l'homme sous lui qu'il ne plaisantait pas.
Et alors que Tony était happé par ce regard dur, il réalisa simplement que Bruce était jaloux. C'était mignon et avouons-le, inquiétant. Son cœur se serra à cette idée, un flash lui traversant l'esprit : lui l'éternel play-boy légèrement accro aux plaisirs de la chair était-il vraiment compatible avec un Bruce Banner "vierge", romantique à souhait qui ne lui autoriserait aucun écart, quelque soit leur relation ? Il se rappelait aigrement de la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés sur ce lit et comme cela avait mal tourné. Mais le besoin primaire d'être honnête avec Bruce, et avec lui-même, surpassait tout.
"Je ne suis pas un saint Bruce. Qu'on soit bien d'accord. Tu sais qui je suis, tu sais ce que je fais. Alors si tu cherches le genre de mec qui n'a pas de vidéos pornos de lui-même, qui n'a jamais fait de plan à six, qui n'a jamais loupé une convention de physique nucléaire pour sortir avec une Ange de Victoria Secret's, autant te le dire maintenant, tu te trompes de personne."
Bon, cela avait été dur à dire (et encore, il était resté très poli dans le choix de ses mots) mais c'était fait, et même s'il allait très certainement le regretter dans moins de 10 secondes, il n'avait de toute façon plus la possibilité de revenir en arrière. Il n'avait pas quitté des yeux le visage de Bruce, pour y lire chacune de ses réactions qu'il imaginait multiples : colère, tristesse, voir même salut-c'est-moi-Hulk, mais ce qu'il vit, il ne l'avait pas prévu. Un sourire effroyablement taquin avait réveillé le visage du physicien, son regard comme éclairé d'une nouvelle lueur. Il avait lâché la hanche qui ne bougeait plus sous lui et avait approché sa main du visage de son ami qu'il prit doucement entre ses doigts.
"C'est comme ça que tu me vois ? Ce n'est pas parce que j'ai fais une pause de dix ans que je suis un vieux moine grabataire, tu sais." Il se pencha pour murmurer au creux de son oreille la suite de ses confessions. "Et c'est comme ça que je te veux avec tes travers, tes défauts, tes envies. Je te sais incontrôlable, imprévisible, égocentrique et quelque part, pervers, ne le nie pas. Mais si tu m'imagines, encore, malgré ces dernières semaines, doux, effacé et farouche, autant te le dire maintenant, tu te trompes de personne."
Il lui rendit son sourire pour appuyer ses paroles et reprit.
"Alors laisse moi te dire une bonne chose Tony Stark, que tu sais inconsciemment, sinon nous n'en serions pas là aujourd'hui, mais que je dois apparemment te redire tout haut : je te veux toi, tout entier. Et si tu pensais que je te l'avais déjà assez sommairement prouvé, sache que tu n'as aucune idée de ce qu'il se passera ensuite. Tu l'as dit toi-même, j'ai déjà imaginé une grande partie de tout ça, mais maintenant que j'ai la possibilité de réaliser, je ne compte pas m'arrêter là. Et si tu profites du fait que j'ai lâché ta hanche pour oser la bouger, je t'attache au lit. Et je te laisse seul dans ta chambre."
Il recula son visage et lui adressa le plus joyeux des sourires, faisant rire, nerveusement, Tony. L'ingénieur joua de sa mâchoire pour tenter de reprendre son calme, inspira longuement par le nez pour expirer par la bouche et demanda, au cas où :
"J'ai quand même le droit de te dire que je durcis juste en t'entendant parler, ou non ?"
"Pas la peine. Je le sens déjà."
Ils sourirent de concert et Tony ne put s'empêcher de dévorer des yeux le visage de cet homme qui le rendait fou. Comme Bruce Banner était mille fois plus génial qu'on pouvait le croire. Il repensa avec haine au nombre d'articles qu'il avait lus de lui, qualifiant le physicien de monstre bas-de-gamme, idiot et sans futur. Et toutes les conversations qu'il avait entendues, les pauvres gens se demandant pourquoi on le qualifiait de super-héros alors que tout ce qu'il se contentait de faire c'était de s'énerver, grossir et tout casser.
Il repensa enfin à tous ces derniers matins, à la routine qu'il avait instaurée avec les Avengers, à sa façon hebdomadaire de savourer avec plaisir leurs vies de simples humains. Parce que Bruce Banner était bien plus qu'un putain de monstre au penchant destructeur, il était l'homme le plus intelligent, le plus envoûtant, le plus fascinant qu'il avait jamais rencontré. Il se mit à rire sans le vouloir, une phrase se répétant inlassablement dans son esprit sans qu'il n'arrive à en comprendre la raison, une phrase qu'il aurait voulu lui murmurer, lui avouer, lui clamer : "Te voilà enfin". Déboussolé par cette révélation énigmatique, qu'il ne comprenait de tout façon pas de manière consciente, il préféra la garder pour lui, couvant d'un regard pétillant Bruce au-dessus de lui.
"Rentre avec moi à New York, parce que je ne sais sincèrement pas comment je ferai sans toi."
Le sourire mutin de Bruce vacilla, son regard s'adoucit enfin et la main qu'il tenait sur la joue de Tony se transforma en une douce caresse, avant qu'il ne se penche pour happer ses lèvres. L'ingénieur n'attendit pas pour glisser sa langue contre la sienne, pour le faire sien d'un langoureux baiser. Son cadet avait enfin lâché ses mains qu'il avait posé dans ses largues boucles brunes qu'il avait tant de fois admiré. Il sentit les doigts de son ami glisser contre son torse nu, le réchauffer d'une chaleur unique.
Ils s'étaient serrés l'un à l'autre avec un tel désir, une telle envie que pour la première fois, ils étaient réellement deux, réellement seuls, comme une évidence. Et malgré la passion commune, Tony se trouva étrangement satisfait qu'aucun des deux n'essaye de dominer l'autre. Ils avaient cette relation, dont Bruce était maître, mais dans de rares occasions, il le sentait lâcher prise et comme cela était tout simplement bon ! Il gémissait contre ses lèvres, ses yeux clos, tous ses sens en éveil pour tenter d'enregistrer chaque seconde de ce moment unique, lorsque son ouïe fut bafouée par un son strident.
"Qu'est-ce que c'est ?", haleta Banner en séparant leurs lèvres.
"Back in Black, AC/DC – ma sonnerie de téléphone.", répondit-il en les happant à nouveau.
"Hnn – Tony attends, c'est peut être important."
"Je ne pense pas qu'il y ait plus important que ça."
Il reprit cette fois ses lèvres avec envie et inversa la tendance en allongeant Bruce sur le dos avant de se rallonger tout contre son corps. Le baiser s'intensifia, Tony aux anges – malgré sa vie sexuelle légèrement dépravée qui n'avait quasiment jamais reçu de refus, il n'avait jamais fait l'amour, ou du moins embrassé avec passion comme maintenant, sur une musique de son groupe fétiche, et Dieu que c'était bon de se frotter ainsi au corps de Banner, la voix de Brian Johnson flattant ses oreilles. Il interrompit malgré lui le baiser en sentant une vibration résonner contre sa cuisse.
"Ça, c'est nouveau. Tu as une fonction vibreur maintenant ?"
"Idiot, c'est mon téléphone.", répondit Bruce en se tortillant pour le sortir de sa poche.
Il décrocha sans attendre, tentant d'une main de retenir les baiser avides de Tony.
"Allô ?… Oui, il est à côté de moi… bien sûr attends..."
Il écarta le téléphone quelques secondes pour s'adresser à l'ingénieur.
"C'est pour toi."
Tony attrapa le téléphone rapidement, bien décidé à vite terminer cette conversation lorsque la voix de Barton claqua contre son oreille avec froideur.
"Tony, c'est aujourd'hui."
Note : Comme vous l'avez compris, le prochain chapitre sera donc consacré à la fameuse rencontre entre Tony et le gouvernement, et aux tests. Mais je préfère prévenir que ce chapitre n'arrivera pas tout de suite. Je vous conseille en attendant de (ré)écouter Back in Black, ou même Cold Hearted Man, bref un bon AC/DC qui fait plaisir. Ou vous pouvez même jouer au dernier jeu Lego Marvel Super Heroes qui est génial :)
Ah, et un autre truc génial aussi : vous et vos reviews ! Merci pour votre soutien incroyable tout au long de ces (omg) 15 premiers chapitres.
