Note : Cher tous, merci infiniment pour vos reviews. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira tout autant - lui qui est officiellement le plus long de ma "carrière". C'est cadeau. J'en profite pour préciser que chaque élément géographique et que chaque référence existent vraiment. Les rues, les magasins, les livres que j'évoque sont donc réels - si cela peut vous faire apprécier un peu plus l'histoire. Je vous souhaite une bonne lecture.
La nouvelle ère de Tony Stark avait débuté. Et pour être honnête, les changements entrepris étaient aussi radicaux que plaisants. Tout avait commencé fin février, alors que l'ingénieur, pour la première fois de sa vie, avait pris rendez-vous avec un médecin spécialiste des addictions. Il l'avait rencontré dans son bureau sur Barclay Street, s'était amusé de leur nombreux points communs, et mis à l'aise par cet homme pas si différent de lui-même, il avait fini par admettre qu'il ne venait pas par hasard, mais bien pour soigner un problème qui ne pouvait plus être nié. Le médecin l'avait écouté, sans le juger et même si cela était normal, Tony en était agréablement étonné.
Il lui avait fait un schéma rapide des phases par lesquelles passerait le milliardaire, sans fioritures, sans minimiser ce qu'il allait subir, et il lui avait d'ores et déjà prescrit des tranquillisants pour l'aider à tenir. Il l'avait expressément prévenu qu'il aurait des insomnies, mais que cela était normal, qu'il devait manger à heure fixe, ça il essayerait, et surtout, qu'il devait éviter tout stress ou anxiété, qui pouvait lui donner envie de se servir un verre par la suite. Stark avait souri, avait fait signe de la tête pour lui dire qu'il avait compris, et intérieurement ne put s'empêcher de penser à Bruce – même combat.
Il reprenait petit à petit un rythme de vie somme toute assez agréable, les médicaments l'aidant à faire le deuil de sa magnifique, mais douloureuse, histoire d'amour avec le whisky, et pour la première fois depuis bien longtemps, il s'était replongé dans les affaires de la Stark Industries. Bien sûr, il était toujours sur le banc de touche et ne pouvait suggérer à Pepper aucun conseil, mais il avait toujours accès à la plupart des documents, qu'il prenait soin de lire chaque jour, pour ainsi pouvoir mettre en place son dernier projet.
Ce qu'il était en train de concevoir ne lui était jamais venu à l'esprit avant son voyage à Washington, et avant ce rendez-vous face aux vautours du gouvernement à qui il avait menti effrontément. Mais il avait dû leur sortir quelque chose et maintenant ses propos faisaient sens. Il avait fait des estimations de budgets, déjà confronté les futurs plans possibles pour la Stark Tower, il savait qui il embaucherait, tout ce qu'il restait à faire, c'était de convaincre Pepper Potts, CEO.
Elle remonta jusqu'à New York dès qu'elle en eut l'occasion – même si la perspective de voir Tony après Washington ne l'enchantait guère. Ils s'étaient retrouvés dans un restaurant au sud de Manhattan, attablés dans un coin tranquille, s'étaient salués poliment avant de prendre place. Tony ne commanda pas d'alcool, précisa à son ex-compagne qu'il était en traitement, oui, pour de vrai, et ne tourna pas autour du pot :
"Je sais que tu as parlé aux gars de Washington."
"Tony, je suis désolée, je les ai rencontrés il y a quelques mois, j'ai sympathisé avec une femme sur place. Je les croyais 'du bon côté de la barrière', je pensais qu'ils nous aideraient, qu'ils béniraient les Avengers. Fury m'a prévenu par la suite que c'était un piège, sinon jamais je ne me serais laissée faire."
"Je sais, je ne te reproche rien."
Il leur servit l'eau pétillante qu'on venait de poser sur la table et reprit.
"Maintenant, je veux qu'on oublie Washington, d'accord ? J'ai de toute façon d'autres plans pour l'avenir. Et principalement pour l'avenir de Stark Industries."
"Tu seras réintégré au conseil d'administration dans les deux semaines à venir, les papiers sont en cours."
"Très bien, mais je ne veux plus être simple consultant. Du moins, pas pour mon nouveau projet."
"Je t'écoute."
Bien que Virginia gardait son calme, elle n'avait pu retenir ses sourcils de se froncer légèrement. Cela faisait des années que Tony lui avait demandé de s'occuper de la Stark Industries, lui qui en avait marre de jouer les hommes d'affaires, et voilà qu'il revenait en arrière. Soit.
L'ingénieur sourit, sortit de sa mallette le dossier qu'il avait préparé durant les dernières semaines, le plaça sur la table et de deux doigts le fit glisser jusqu'à la femme face à lui qui cette fois, écarquilla grands les yeux en lisant le nom du projet.
"C'est une blague Tony ?"
Sa voix n'était pas mesquine ou moqueuse, elle voulait tout simplement savoir à quoi s'en tenir.
"Absolument pas. Lis le dossier, j'ai estimé les budgets, les travaux pourraient commencer dès juillet et prendront 7 mois, j'ai déjà fait la liste des personnes à embaucher, j'en serai le directeur général, et je sais que ça va marcher."
Potts se mit à feuilleter le dossier mais plus pour la forme que pour autre chose ; elle savait de toute façon que Tony ne faisait rien au hasard et qu'on ne le qualifiait pas de génie pour rien. Alors, malgré l'idée saugrenue qu'il avait développé, elle se surprit à lui répondre après quelques minutes de silence.
"C'est d'accord."
Y avait-il quelque chose de plus beau que le Super Bowl en février aux États-unis ? Non. Y avait-il quelque chose de plus magnifique que le Super Bowl en février dans le reste du monde ? Positivement non. Et ce qui réchauffait le cœur du tout récent ancien-alcoolique en ce froid mois d'hiver était la découverte de son amour partagé pour le plus grand événement sportif de l'année, en la personne de Clint Barton.
Il l'avait surpris en parler avec Natasha lors de leur petit-déjeuner hebdomadaire et avait sauté sur l'occasion pour lui proposer d'aller voir la finale avec lui, dans sa loge présidentielle. En attendant, ils se contentaient de voir les matchs sur l'écran géant du salon personnel du milliardaire. Clint ouvrait une bière, Tony s'ouvrait un paquet de chips, ils coupaient leurs portables respectifs –enfin, sauf Tony bien évidemment– et s'affalaient sur l'immense canapé avant de hurler aux joueurs de bouger leurs fesses et d'arrêter de jouer comme des fillettes.
Tony aimait leurs rendez-vous, Clint devenant à n'en pas douter un véritable ami. Ils partageaient la bière, enfin du moins la moitié d'entre eux, ils parlaient de sport, ils évoquaient leurs précédents faits d'armes sans tarir d'éloges envers eux-mêmes et parlaient même de filles. C'était un sujet plus sensible qui de facto résumait en conversations sommes toute assez banales, où ils vantaient les charmes de Charlize Theron, Mila Kunis et autre Olivia Wilde ; mais ils s'arrêtaient toujours bien vite, n'ayant rien d'autre à critiquer que leurs poitrines, leurs yeux ou leurs chutes de reins, et se souriaient poliment avant de reporter leur attention sur le match.
Bien sûr, chacun des deux hommes savait ce qu'il se passait dans la tête de l'autre, et que malgré leurs plastiques parfaites, ces actrices n'arrivaient pas à la cheville de celui et de celle qu'ils portaient dans leurs cœurs. Et si en temps normal, Tony aurait pu aisément se persuader du contraire, un vendredi de la fin du mois, il craqua.
Depuis leur retour de Washington, il n'avait pas reparlé à Bruce – mise à part leur discussion rapide dans le couloir où le physicien lui avait demandé de lui donner du temps. Du temps, il lui en donnait, cela faisait des semaines qu'il n'était pas allé le voir. Les premiers jours, lorsqu'ils se croisaient au labo ou dans le QG, Bruce faisait tout bonnement demi-tour. Depuis, ils ne se croisaient même plus, et Tony avait appris par Jarvis que Banner avait demandé au majordome virtuel d'émettre une alerte lorsque l'ingénieur quittait ou rentrait dans une des deux salles. Ainsi, il l'évitait en étant sûr de ne jamais le croiser. Cela avait peiné Stark au-delà de la raison, et la douleur s'intensifia avec le temps. Bruce lui manquait. Leurs conversations, leur complicité, leurs baisers et sa simple présence à ses côtés lui manquaient.
Au bout de trois semaines, après avoir laissé passer la Saint Valentin, il s'était mis en tête d'offrir un cadeau à Bruce, quelque chose de simple, juste pour lui rappeler qu'il pensait à lui, sans être présent physiquement. Il avait tout d'abord pensé à des fleurs, jusqu'à ce qu'un détail le frappe : Bruce n'était pas une femme, des fleurs n'étaient donc pas le meilleur cadeau à faire. Alors, qu'offrir à un homme ? Tony n'en avait pas la moindre idée !
Il se retrouva donc un jour de semaine à deux heures du matin, satanées insomnies dues au traitement, le visage plongé sur un de ses écrans à consulter Internet tout entier à la recherche du cadeau parfait. Des chocolats ? Trop classiques, et trop féminin, il fallait quelque chose de fort, de viril, de puissant, à l'image de Banner. Un tigre peut-être ? Il consulta ses archives personnelles, prêt à contacter un de ses amis en Inde qui pourrait lui en vendre un, lorsqu'il se dit finalement qu'un tigre au 38e étage de sa tour à New York n'était peut être pas la meilleure des idées. Une cravate ? Allons, quoi de plus phallique. Une montre Oméga créée spécialement pour lui ? Voilà qui ravit le milliardaire – c'était tout à fait le style de cadeau qu'il aurait aimé recevoir. Mais Bruce n'était pas comme lui à rechercher le luxe dans tout ce qu'il possédait, en témoignait sa retraite discrète en Inde. Non, ce que Bruce méritait était un cadeau simple, venant du cœur. Mais alors, quoi ?
Tony laissa ses doigts glisser sur l'écran face à lui et commanda sur un petit site sans prétention une relique : What is life ? du physicien Shrödinger, la première édition de 1946. Le livre fut livré dans la semaine. Il préféra ne pas l'emballer et le laissa posé sur la table où travaillait le plus souvent Bruce dans le laboratoire. Le soir même, le livre avait disparu. Il se demanda par la suite s'il n'aurait pas dû mettre un mot, ou ne serait-ce qu'un nœud pour bien faire comprendre à Bruce que c'était un cadeau et pas un simple livre de la tour, mais de toute façon, il était trop tard.
"Pas facile hein."
"De quoi ?", demanda Clint les yeux toujours rivés sur le gros plan du Quaterback qui faisait signe à ses coéquipiers.
"De sortir avec un autre Avengers."
"Oui, enfin, ça c'est surtout vrai quand tu sors vraiment avec."
Un long silence gênant suivit, et les deux hommes se regardèrent l'air de dire 'tu parles de toi ou de moi ?'. Tony se pencha pour ouvrir un nouveau paquet de chips qu'il éliminerait le soir même en faisant des abdos devant une énième diffusion de Lawrence D'Arabie, et demanda, maintenant qu'il était à l'aise avec Barton.
"Toi aussi, c'est pas clair comme situation ?"
"Nope."
"…Tu parles de toi et de Steve c'est ça ? Tu sors avec lui non ?", sourit Tony plus coquin que jamais.
Clint le regarda, effaré, et attrapa un coussin qu'il lança violemment sur la tête de son aîné. Ils rirent de bon cœur et Barton reprit, plus sérieux cette fois.
"Bon, il est clair que nous parlons de Natasha, du coup il ne reste pas d'autre femme chez les Avengers…"
Il regarda son ami, sans jugement. Tony soutint son regard incroyablement bleu et hocha la tête sans rien rajouter. Il n'était pas sûr de quelle pouvait être la réaction de son ami mais quand bien même, Tony Stark n'était pas homme à se cacher.
"Bruce.", conclut Clint qui ne voulait pas rendre le silence encore plus long et gênant.
"Bruce.", acquiesça l'ingénieur avant de froncer les sourcils, réalisant soudain : "Comment tu sais ?"
"Le stade. Franchement les mecs, me sous-estimer à cause d'un malheureux brouillard, je trouve ça triste."
"Je n'y avais pas pensé."
"Toi non, ça ne m'étonne pas, mais venant de lui…"
"Tu penses que ..."
"Qu'il l'a fait exprès ? On parle de Bruce Banner, il ne laisse rien au hasard."
Le sourire de Tony se fit radieux, la découverte de s'être fait avoir par un être aussi adorable que Banner le ravissant au plus haut point.
"Le salaud."
"Toujours est-il qu'on ne vous voit pas beaucoup ensemble ces temps-ci."
"J'ai merdé.", répondit Tony en haussant une épaule.
"La nuit dans la forêt ?"
"Ouaip."
"Il s'est passé quoi exactement ?"
"Pas envie d'en parler."
"T'as vraiment dû merder alors."
"Ouaip."
Ils reposèrent leurs regards sur la télé, suivirent de leurs yeux fatigués par l'écran, les jambes des joueurs piétiner le terrain avec hargne. Clint tendit sa bière vers Tony et son aîné trinqua avec ce qu'il avait dans la main : son paquet de chips au vinaigre.
Le match était fini depuis un bon moment déjà et Tony était maintenant seul dans ses appartements. Il n'arrivait toujours pas à dormir à cause du traitement, et décida de faire quelques exercices en remettant son film préféré de Peter O'Toole. Il massa sa poitrine, son réacteur faisait des siennes depuis quelques temps déjà (il travaillait dessus la journée) et s'installa face à l'écran géant avant de commencer ses pompes. Il s'arrêta néanmoins au milieu d'une scène d'action et mit le film sur pause.
Impossible à nier, depuis sa conversation avec Barton, il ne cessait de penser à Bruce. Le manque commençait à se faire sentir – et Tony s'y connaissait en la matière. Il jura tout bas, furieux de ne pas pouvoir le voir, et bloqua quelques instants. Bien sûr, il pouvait le voir. Doucement, il releva son visage vers l'écran et demanda à destination de son meilleur ami :
"Jarvis, tu peux mettre sur l'écran central la caméra du salon du docteur Banner ?"
"Tout de suite monsieur."
Un léger bruit mécanique retentit, signe que le DVD avait été éjecté, et l'image de Peter O'Toole sur son cheval blanc laissa place à l'image de Bruce, assis près de la table basse de son salon, mangeant une assiette de pâtes, le corps tourné vers un livre.
Le cœur de Tony loupa un bond. Il se rassit en tailleurs sur la moquette moelleuse de son salon et posa sa tête dans sa main – il le savait d'ores et déjà, il pourrait passer la nuit à le regarder. L'image était, Dieu merci, de très bonne qualité, et en couleur. Il sourit en découvrant la nouvelle chemise de Bruce, encore une mauve sombre absolument fascinante. Il le vit remettre ses lunettes en place plusieurs fois, sa main tourner les pages avec délicatesse, mais ne put deviner quel livre méritait pareille attention – pour sûr, il ne s'agissait pas de celui de Shrödinger.
Il se mit à jalouser ce bête objet, imaginant les mains de Bruce caresser sa peau et se perdre dans ses cheveux. Il voulait toucher ceux du physicien, ses boucles brunes légèrement grisonnantes plus tentantes que jamais. Il voulait le rejoindre sans attendre, le prendre dans ses bras et ne plus jamais le lâcher. Il sourit faiblement à cette dernière idée, pensant pour la première fois que ses rêves n'étaient que des chimères et demanda à Jarvis d'éteindre la télévision avant de se diriger vers sa chambre.
Cette soirée marqua le début d'un nouveau rituel pour l'ingénieur. La journée, il travaillait sur son prochain réacteur ARC, l'actuel passant milles et un tests dont Jarvis était chargé de trouver la faille qui donnait à Tony mal dans la poitrine. Le soir, il sortait parfois, inaugurer un musée, rencontrer Pepper dans un restaurant chic, ou restait simplement à la tour pour dîner avec les Avengers ou regarder un nouveau match avec Clint.
Puis, son deuxième soir, comme il aimait l'appeler, il se réfugiait dans sa chambre, allumait l'écran géant et demandait à Jarvis de retransmettre la caméra qui était toujours en place dans les appartements de Bruce. Il le regardait vivre, lire la plupart du temps, manger parfois tard, faire les 100 pas, regarder par la fenêtre, sortir puis revenir. Ce n'était pas triste, c'était tout ce dont il avait besoin, le voir et rien d'autre. Du moins, cela était vrai les premiers jours. Le manque, le terrible manque était de plus en plus dur à supporter, il se surprenait parfois à éteindre la télé dans un accès de rage avant de s'endormir la boule au ventre.
Un soir, il coupa le son de la télévision, sans arriver encore à couper l'image, et se concentra sur le réacteur qu'il avait retiré de sa poitrine, pour la centième fois vérifier s'il ne trouvait pas l'origine de son mal-être. Il l'avait soigneusement décortiqué et posé sur son lit, sachant qu'il pouvait vivre sans pendant exactement trois minutes et dix sept secondes, et d'un petit tourne-vis il l'inspecta. Son doigt ripa sur une minuscule vis, il soupira, releva la tête malgré lui et vit sur l'écran géant, l'image de Bruce, allongé à même le sol en train de lire, la chemise légèrement ouverte, l'air plus paisible que jamais. Et encore, cette faible douleur dans la poitrine. Une pression, plus forte qu'une autre alors qu'il se sentait vide. Il baissa son regard sur le réacteur qu'il tenait dans sa main, puis le releva à nouveau vers l'écran.
"Jarvis, que disent les derniers résultats des tests que tu as lancé sur le réacteur ?"
"Je suis dans le regret de vous annoncer qu'ils sont toujours négatifs monsieur – il est en bon état, rien à signaler."
Bien sûr. Bien sûr qu'il n'y avait rien à signaler, car ce n'était pas son réacteur ni même le bout de shrapnel qui étaient la cause de son mal-être. La cause, la vraie, il la regardait tous les soirs sur son écran, il la désirait, il la rêvait. Ne supportant plus ce manège absurde dont il n'arrivait plus à se passer et qui trouvait répercussion jusque dans sa poitrine, il se leva d'un bond, prit son téléphone et enfila un tee-shirt noir sans manche et un jean avant de presser le pas vers la chambre de Bruce.
Il frappa deux coups à la porte face à lui, attendit quelques secondes à peine avant que Banner ne vienne lui ouvrir.
"Tony… ?"
"Salut doc'. Je peux entrer ?"
"Mh, oui, si tu veux."
Le physicien ouvrit la porte et fit un pas sur le côté pour laisser passer son aîné. Il était tard et il aurait pu être en train de dormir mais Tony s'était quand même permis de lui rendre visite. Il referma derrière lui et les deux hommes se retrouvèrent seuls dans le salon que Tony connaissait par cœur à force de l'avoir contemplé sur son écran chaque soir. Il vit le fameux livre que Bruce lisait à même le sol et reconnut Quantum Electrodynamics de Feynman, tangua doucement d'un pied sur l'autre, ne sachant pas encore comment lui annoncer sa décision et prit finalement appui contre un mur à quelques mètres de distance de Banner.
"Je peux t'aider, ou tu cherches quelque chose…?"
"Non, je venais simplement te voir."
Il lui sourit tendrement, sachant la dureté des propos qu'il devrait oser dire tout haut, et n'y tenant plus, lui fit part de son choix :
"Je voudrais que tu quittes la tour Bruce. J'ai appelé Fury pour lui dire. Ne t'en fais pas, j'ai joué le milliardaire excentrique avec une nouvelle lubie, tu es hors de cause, il ne te reprochera rien. Il va t'appeler dans peu de temps pour te proposer un nouvel appartement. Bien sûr, on continuera de se voir mais je pense que c'est mieux de faire ainsi."
Il inspira douloureusement, se rendant compte que sa respiration lui avait fait défaut et reprit, un petit sourire triste sur les lèvres :
"Je ne peux pas continuer comme ça. J'avais accepté ton choix, prendre de la distance, je me suis même dit que ça pouvait me faire du bien, mais ça ne marche pas."
Il n'avait pas quitté Bruce du regard, mais trop concentré sur ses propres remords, il n'avait pas vu la mine de son ami se tendre, ses lèvres trembler, ses sourcils se froncer. Il se rapprocha d'un pas et tendit sa main vers lui, signe banal qui scellerait définitivement leur statut d'ami et rien d'autre que ça.
"Sans rancune ?"
'Sans rancune' ? Tony regretta à la seconde ses mots amers. Quelle expression débile et totalement inappropriée ! Sa maladresse n'avait d'égal que sa douleur, et tant pis si Bruce lui en voulait pour ces mots déplacés, il devait de toute façon se détacher de lui. Le physicien ne répondit pas, haussant les sourcils en entendant la drôle d'expression de son aîné, et se fit violence pour se forcer à lui serrer la main. Leur poigne malhabile, virile mais fausse les grisa tous les deux ; ils ne s'étaient pas touchés depuis la chambre de l'infirmerie de la base du SHIELD. Mais malgré la maladresse de leur geste, ils ne séparèrent pas leurs mains, Bruce ayant ses yeux rivés sur ce simple contact.
"Oui, c'est peut être mieux ainsi."
"Effectivement. Je ne comprends pas ce qui a pu nous passer par la tête, toi le mec qui a constamment besoin de calme et moi le mec qui ai constamment besoin de foutre le bordel."
"Oui, toi qui ne supportes pas la solitude et moi qui ne supporte pas la foule."
Ils se souriaient faiblement, se rapprochant l'un de l'autre sans vraiment s'en rendre compte.
"Toi qui a besoin de contrôle et moi qui ai une légère tendance à aimer attacher mes partenaires au lit."
Bruce tourna légèrement la tête sur le côté, fronça les sourcils et sourit : ça, c'était intime comme révélation et assez déplacé. Ils rirent de bon cœur. et lorsque Tony rouvrit les yeux, il se rendit compte qu'ils se tenaient toujours par la main, mais qu'ils étaient si proches qu'il sentait le souffle de Bruce contre ses lèvres. L'ingénieur murmura, en une dernière confession.
"Moi qui pense tous les jours à toi, et toi qui t'en fous."
Bruce soupira, un de ses soupirs profonds et douloureux à vous retourner l'esprit et de sa main libre, il attrapa doucement la nuque de Tony pour le serrer contre lui et enfin, capturer ses lèvres des siennes. L'ingénieur trembla, ouvrant les yeux quelques secondes pour vérifier la véracité de ce qui était en train de se passer, et finit par gémir tout contre lui, libérant sa main prise par celle de son cadet pour la poser sur sa joue. Il entrouvrit ses lèvres et, donnant la permission à Bruce de prendre sa bouche, il soupira tout bas en sentant sa langue glisser contre la sienne dans un geste qu'il rêvait depuis trop longtemps déjà. Leur baiser d'une extrême douceur dura près d'une minute. Et lorsqu'enfin ils se sentirent rassurés par la présence réelle et tangible de l'autre, leur baiser n'en fut que bestial.
Bruce repoussa Tony dos au mur, prit sa bouche avec fougue, laissant glisser ses mains sur son tee-shirt noir. Il mordilla ses lèvres à peine, sourit en entendant les plaintes de son aînés, et nicha son visage dans son cou pour parsemer sa peau fine de délicats baisers et de timides morsures. Tony gémit, ne pensant pas une seule seconde à contenir sa voix, ses mains griffant doucement le dos de son tendre bourreau.
Il sentit les mains de Bruce se poser dans le creux de ses reins, le plaquer à lui possessivement et ouvrit les lèvres, prêt à gémir de sentir ainsi l'érection de son ami contre la sienne avant qu'un son strident ne résonne. Ils s'arrêtèrent à la seconde, le souffle court et bruyant, et Bruce retrouvant ses esprits, plongea sa main dans la poche arrière de son pantalon pour en sortir son téléphone.
"… C'est Fury.", haleta-t-il en relevant ses yeux vers ceux de Tony.
Stark soutint son regard, sachant pertinemment la question sous-jacente et attrapa le téléphone qu'il lança à travers la pièce. Non, Bruce ne répondrait pas et ne quitterait pas la tour et oui, il lui offrirait un nouveau téléphone plus tard, un avec caméra frontale intégrée pour pouvoir le voir tout le temps et ainsi ne plus jamais le quitter des yeux. Bruce sourit de plus belle devant le geste de son aîné, embrassa bruyamment ses lèvres en tenant son visage de ses deux mains et murmura.
"Plus de frustration ce soir, d'accord ?"
"Plus que d'accord."
Tony le serra contre lui, avide de baisers encore et toujours, avant que le physicien ne se recule légèrement pour continuer sa phrase.
"Je veux dire, vraiment." Il plongea son regard brûlant de désir dans le sien, et sachant que son aîné ne comprenait toujours pas, il glissa son visage contre le sien pour murmurer chaudement à son oreille. "Fais moi l'amour Tony…"
Stark leva les yeux au ciel, mima un "merci" de ses lèvres malgré lui, à destination de qui, il ne savait pas lui-même, et devant la demande la plus excitante qu'il soit, il prit doucement Bruce dans ses bras pour l'allonger à même le sol, à quelques mètres de là où était installé le physicien lorsqu'il l'avait observé grâce à sa caméra de surveillance. Il combla son cou de baiser tandis que ses mains tremblantes déboutonnaient la chemise sombre. Bruce aurait pu lui demander 'prends-moi' ou 'baise moi' mais non, il lui avait demandé de la façon la plus exquise possible.
Et tandis qu'il peinait à ouvrir l'ultime bouton de son haut, il réalisa que s'il tremblait, ce n'était pas seulement à cause de l'excitation mais également parce qu'il savait que Bruce n'avait jamais couché avec un homme avant. Il réussit enfin à se débarrasser de la chemise encombrante, et profita que son ami avait redressé son torse pour s'asseoir à califourchon sur lui et le serrer dans ses bras.
"Est-ce que tu as de quoi… ?" Il le regarda droit dans les yeux mais l'incompréhension pure et simple qui émanait du physicien suffit à lui faire comprendre qu'il ne savait pas de quoi il parlait. "Capotes, lubrifiant… ?"
Cette fois Bruce comprit mais fit non de la tête.
"Capote, je suis clean, et pour le lubrifiant, c'est comme tu veux…"
Tony sourit de plus belle. 'Comme tu veux pour le lubrifiant', Bruce était adorable. Il embrassa ses pommettes rosies par le plaisir, le bout de son nez, ses lèvres, son menton, mais réalisa que malgré le charme indéniable de Banner, autant dire la vérité, cet homme était vierge, tout simplement. Conscient de ce que cela impliquait et conscient qu'ils étaient tous les deux bien trop excités et qu'il ne fallait pas précipiter les choses, Tony ralentit ses gestes, calma sa respiration et doucement glissa le long du torse offert pour le combler de baisers.
"Tony ? Qu'est-ce que tu fais… ?"
"Je prends mon temps. On a tout notre temps, non ?"
"Oui mais… tu m'as entendu ?"
Stark releva son visage face à celui de son cadet, lui sourit en glissant le dos de ses doigts contre sa joue et murmura en le regardant droit dans les yeux.
"Je t'ai entendu. Fais moi confiance.", dit-il pour lui faire comprendre en d'autres termes qu'ils se découvriraient d'une autre façon ce soir là.
Des deux hommes, l'ingénieur avait une réelle connaissance de l'amour au masculin, alors Bruce fit une chose qu'il n'avait jamais osé faire jusqu'alors : il laissa les commandes à Tony. Il se rallongea contre la moquette moelleuse, ferma les yeux et frissonnant, accueillit la bouche de son ami, avide de découvrir son corps, dans un abandon total. La langue de Tony s'arrêta sur un de ses tétons qu'il lécha doucement. Avant Bruce, il n'avait jamais cru cette zone érogène chez un homme, mais comme son cadet lui avait prouvé le contraire, hors de question de passer à côté de ce nouveau point de plaisir. Il pinça des lèvres la perle de chair déjà durcie et sourit en sentant le corps de son ami se tendre.
Bruce était si réceptif à ses caresses que Tony ne pouvait l'imaginer découvrir ses nouvelles sensations. Il préférait l'imaginer se caressant, flattant autant ses tétons que son membre et cette pensée suffit à le faire durcir encore un peu plus. Il glissa sa main sur la toison du torse de Bruce, pinça à peine l'autre perle de chair avant de glisser sa main jusqu'à son ventre puis sur son pantalon qu'il commença à déboutonner. Son visage suivait ses mains, sa bouche léchant, embrassant, mordillant la peau de son ventre tendu, ses abdos discrets bien trop excitants pour être oubliés. Sans plus attendre, il retira le bas suivi du boxer gênant et gémit tout haut en le voyant pour la première fois entièrement nu.
"Bruce, bon sang tu es magnifique.", lâcha-t-il sans vraiment s'en rendre compte.
Hypnotisé par le corps offert, il glissa ses mains le long de ses jambes, son ventre, son torse, ses bras, remontant jusqu'à son visage et vit la mine légèrement inquiète de son cadet. Il lui sourit d'un sourire qu'il voulait le moins carnassier possible et grimpa à califourchon au-dessus de lui, appuyant ses poings de part et d'autre de ses épaules. Il plongea son visage face au sien et murmura.
"Déshabille-moi…"
Sa demande trouva instantanément écho, les mains tremblantes de Bruce se posèrent sur son tee-shirt qu'il lui ôta rapidement puis sur son jean. Mais elles ne firent rien d'autre. Le physicien, la respiration bruyante, tentait de reprendre son calme – il n'y aurait pas de frustration ce soir, pas d'apparition de l'Autre, mais toujours était-il qu'il était le seul habilité à faire en sorte que tout se passe bien. Tony le laissa faire, sans dire mot, sans bouger, un sourire tendre illuminant son visage, et son silence et quelques minutes suffirent à Bruce pour reprendre le dessus. Il déboutonna son jean qu'il baissa vivement, et ne retint pas son sourire en remarquant l'absence sexy au possible de quelconque sous-vêtements.
"Je ne savais pas que la soirée se finirait comme ça.", plaida Tony, toujours à quatre pattes au-dessus de lui.
"Menteur."
Le sourire de Tony se fit infiniment plus doux, presque triste.
"Je pensais t'avoir perdu."
Il glissa le dos de sa main sur la joue mal rasée de son cadet prêt à devenir incroyablement romantique, quand une main chaude se posa contre son membre. Il hoqueta, rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux en profitant des caresses de Bruce. Il sentit ses dents se refermer doucement sur son menton, son souffle contre son visage ; tous ses sens décuplés à l'en rendre fou. Il sentait son parfum, musqué avec une pointe de lavande qu'il avait découvert avec amusement. Il entendait la respiration saccadée de Banner, les succions contre ses propres lèvres, contre son cou.
Il finit par ouvrir les yeux pour capter de son regard pénétrant celui de son ami, bien décidé à mémoriser chacune de ses réactions lorsqu'il passerait à la suite. Il repoussa lentement sa main, baissa ses hanches pour les coller à celles sous lui, et colla leurs membres moites et brûlants dans un soupir profond, avant que sa main ne se referme autour de leurs deux érections. Tout le corps de Bruce se tendit à l'extrême, il planta ses doigts dans la moquette, comme prêt à ramper hors de cette étreinte beaucoup trop exaltante.
"Doucement, Tony, doucement…"
Et toujours ce sourire carnassier et aguicheur. L'ingénieur ondula, avec une lenteur exquise, hanches contre hanches et du coin de l'œil vit le corps crispé sous lui, puis la teinte de vert semblant fourmiller sous l'épiderme de ses avant-bras. Il posa son front contre le sien et murmura d'une voix chaude :
"Regarde-moi…"
Bruce fit oui de la tête, mais encore incapable d'obéir à sa demande ; il se fit violence et parvint à entrouvrir ses yeux. Stark sourit, bien trop accro à cet homme pour ne le qualifier que "d'ami" et reprit ses doux murmures.
"C'est bien, ne quitte pas mon regard."
Il accéléra la main qui entourait leurs sexes et doucement, recommença à onduler contre lui, dans un acte mimant parfaitement l'acte sexuel. Banner, les yeux humides, le souffle rauque griffait la moquette pour être sûr de ne pas griffer jusqu'au sang le dos de son amant, légèrement redressé appuyé sur ses avant-bras. Lui qui avait tout imaginé, tout contrôlé pendant dix longues années, il laissait faire pour une fois un autre que lui, et comme cela était aussi flippant qu'excitant. N'y tenant plus, il brisa la demande de son aîné, glissa son regard une seconde à peine entre leurs jambes, et se redressa malgré lui, le vision de leurs deux sexes gonflés, serrés dans la main de son amant le grisant au-delà de la raison – au-delà de lui-même.
"Tony…", supplia-t-il d'une voix cassée, ses avant-bras se teintant d'un vert détestable.
Mais son aîné ne quitta pas son corps, assis à califourchon contre lui, il encercla à peine son torse redressé d'un bras, et continua ses caresses, qu'il ralentit néanmoins.
"Regarde moi.", ordonna-t-il une nouvelle fois, le captant de son regard grave.
Le physicien fit de légers 'oui' de la tête, déglutissant difficilement, se battant contre lui-même pour ne pas jouir, se battant contre l'Autre pour le maîtriser. Mais le regard de son aîné était si pénétrant, sa voix si douce, ses caresses si provocantes que pas une seule fois, il ne pensa à le repousser.
Doucement, il lâcha la moquette abîmée, leva ses bras qui avaient repris leur teinte normale et les posa contre le dos de Stark pour le serrer contre lui. Il trembla à ce contact et n'y tenant plus, il resserra son étreinte possessive, plaquant ses lèvres dans son cou qu'il mordilla avec force.
Tony rejeta sa tête en arrière, sourit de plus belle, il savait, il sentait Bruce lâcher prise, il se sentait devenir maître de la situation, il sentait l'Autre disparaître petit à petit et rien n'avait jamais été aussi jouissif. Il frotta son bassin au sien, resserra ses doigts autour de leurs sexes et cette fois accéléra ses caresses. Il n'aurait pas pu le faire sien, pas ce soir là, il l'avait su dès le début, Bruce ne maîtrisait pas encore assez l'Autre pour qu'ils puissent se le permettre. Mais ce soir, il le savait, il était en train de lui faire l'amour avec une passion inégalable.
Il accentua ses caresses sur leurs bouts rougis de plaisir, sentit le souffle de Bruce contre son cou s'accélérer et sentant leur jouissance proche, il attrapa doucement une poignée des boucles brunes de son amant dans sa main et lui fit baisser la tête pour qu'enfin il arrête d'imaginer, qu'enfin il arrête de le repousser ou de le retourner pour se cacher, pour qu'enfin il puisse le voir jouir. Bruce suivit son ordre et resserra son étreinte, ne retint pas son cri rauque et sentit son dos se tendre, le bas de son ventre brûler d'un feu nouveau et se regarda jouir tout contre le membre de son amant, salissant la main qui l'avait mené au 7e ciel avant d'entendre les gémissements bruyants de Tony tout contre son oreille. Il sentit le corps qu'il tenait dans ses bras se raidir et le vit jouir à son tour, submergé par un plaisir intense surpassant alors tout ce qu'il avait jamais imaginé.
Encore profondément touché par l'orgasme, la main de Tony se posa sur sa joue pour le forcer à relever le visage et il sentit sa langue violer l'entrée de sa bouche avec fougue. Il se laissa tomber en arrière, serrant de ses bras le corps tremblant de son amant et répondit avec une ardeur incomparable, l'envie primaire et puissante de posséder l'autre surpassant tout le reste. Leur baiser prolongea les bien-faits hallucinants post-orgasmiques, et lorsque l'air se fit vraiment trop nécessaire, Tony sépara leurs lèvres, se redressa sur un bras et inspira bruyamment.
"Bon sang Bruce…"
Son cadet rit de bon cœur, encore chamboulé par ces violentes sensations et passa ses mains sur son visage.
"Pas mieux…"
Ils se sourirent tendrement, Tony se leva le premier, prit la main de Bruce dans la sienne pour l'aider à se relever, et le guida jusqu'à sa chambre avant qu'ils ne se glissent tous deux dans l'immense lit. Tony vint sans attendre s'allonger sur le corps du physicien qui rit à son geste, et déjà accro, il combla le cou de son cadet d'une multitude de tendres baisers.
"Ça m'a manqué, ta peau, ton odeur… Toi – toi tu m'as manqué."
"Je suis désolé Tony, mais j'avais besoin de temps."
"Je sais." Il releva son regard vers lui. "Je vois un médecin. Pour mes addictions. C'est pas facile, mais je m'accroche."
"Je sais.", répondit Bruce en caressant sa barbe du bout de l'index.
"Comment ça, tu sais ?"
"J'en ai parlé avec Natasha."
"Tu m'as espionné pendant tout ce temps ?"
"Ce n'est pas ce que tu as fait, toi aussi ?"
Stark mordit sa lèvre inférieure et sourit légèrement mal à l'aise – devait-il lui avouer son tendre secret, lui qui profitait de la caméra de surveillance installée dans le salon pour le regarder chaque soir depuis des semaines ? Il ne comptait de toute façon pas mentir à Bruce et une fois de plus, il n'était pas le genre d'homme à se cacher.
"Si mais moi, j'avais Jarvis de mon côté."
"C'est à dire… ?"
"La caméra. Dans ton salon. Enfin les trois pour être précis.", fit-il en fermant grossièrement un œil, comme prêt à recevoir un coup.
Mais Bruce se contenta d'écarquiller les yeux, de pincer ses lèvres avant d'esquisser un sourire.
"Voyeur."
"Toujours."
Ils se sourirent une fois de plus. Et Tony n'y tenant plus, plaqua ses lèvres à celles aguichantes face à lui pour l'entraîner dans un tendre baiser. Bruce réussit néanmoins à éteindre la lumière d'une main libre, lui qui était éreinté après avoir joui, et doucement murmura contre les lèvres de son nouvel amant, profitant de l'obscurité pour être honnête.
"Tony, je ne pourrai pas – je ne pourrai pas te faire l'amour." Il avait murmuré cela avec une telle fragilité et une telle douleur dans la voix que Stark ne put répondre tout de suite. "C'est... c'est mieux. Je ne peux pas. À cause de … je ne peux pas." Il inspira, expira lentement et reprit : "À cause de l'Autre."
Bruce n'était pas du genre à rentrer dans les détails, surtout intimes, surtout incertains, alors il ne rajouta rien d'autre, espérant tout bas que Tony respecterait sa décision.
Le milliardaire avait profité de la pénombre pour cacher son sourire – Bruce était trop adorable pour être vrai. Il l'avait écouté mais n'avait rien dit, les principes du physicien avaient une certaine tendance à voler en éclat de toute façon. Il embrassa ses lèvres sans oser lui dire tout haut que rien qu'avec son regard dominant et ses mots provocants il lui faisait déjà l'amour et murmura :
"J'attendrai."
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