Note : Bonjour à toutes et tous ! Merci pour vos reviews, pour votre soutien. Cette fic touche néanmoins à sa fin. Je remarque que quelques nouveaux lecteurs se mettent à commenter, cela me fait extrêmement plaisir. Encore une fois - Rating M. Bonne lecture.
Lorsque Tony se réveilla ce matin-là, la routine avait le goût de la nouveauté, l'ordinaire épousant parfaitement l'inattendu. La douceur des draps l'enveloppait avec délice, l'odeur lointaine de lavande embaumant son oreiller. Il n'avait pas ouvert un œil qu'il souriait déjà. À côté de lui émanait une chaleur singulière qui suffisait à accélérer les battements de son cœur à un rythme défiant toute logique. Comme un gamin un matin de Noël, et vraiment il n'avait pas d'autre image en tête, il était empli d'un désir espiègle de se réveiller et de se lever, là, à la minute, à la seconde, pour enfin découvrir et toucher l'objet de son affection.
Il tenta néanmoins de reprendre son calme, bien qu'il était sûr d'être absolument craquant lorsqu'il sautait sur Bruce, la dernière fois qu'ils s'étaient embrassé de bon matin, un invité surprise avait failli faire son apparition et hors de question de le tenter à nouveau. Il inspira. Expira. Il avait quaran – trente neuf ans que diable, il pouvait très bien calmer ses ardeurs et ses hormones, et ne sauterait pas sur Bruce, allongé nu à quelques centimètres de lui.
Alors, il ouvrit un œil.
Et il ne réussit pas à retenir un couinement faible. Face à lui, les cheveux bouclés légèrement. grisonnants de Bruce, son dos, ses épaules carrées, la ligne discrète de sa colonne vertébrale descendant jusqu'au creux de ses reins – dont la suite était cachée par une saloperie de drap – et sa peau, délicieuse, hâlée, tentante à s'en damner. Il soupira envers lui-même, maudissant son excitant manque de volonté, et se colla de tout son long à ce corps indécent, nichant son visage contre sa nuque, qu'il embrassa chaudement, taquina de sa langue et mordilla sans attendre.
"Bruce…"
L'appelé sursauta, ses muscles se contractant par réflexe, et alors que Tony scrutait sans un mot la couleur de sa peau, il fut rapidement soulagé de savoir son ami – non, amant – simplement surpris, et non en passe de transformation.
"Tony…", grogna Bruce d'une voix sourde, prouvant clairement qu'il avait été tiré de son sommeil par une saleté de gosse pourri-gâté.
"Je t'en supplie, continue de gémir mon nom…", soupira l'ingénieur en allongeant son cadet sur le dos, avant de prendre place à califourchon sur lui, ses lèvres plongeant sans attendre vers ses jumelles.
Mais il ne rencontra qu'un index qui le stoppa sur place. Bruce le regardait droit dans les yeux, légèrement amusé, son autre bras replié sous sa tête, le jugeant de haut bien qu'étant sous lui.
"Tu n'apprendras donc jamais de tes erreurs ?"
"J'ai la mémoire courte."
"Pas de baisers le matin. Maintenant, rallonge toi de ton côté, s'il te plaît."
"Si c'est une technique pour me cacher ta mauvaise haleine éventuelle, je trouve ça dégueulasse de prendre Hulk comme excuse."
Bruce sourit faussement au possible, sourire rendu par son aîné dans la seconde qui pour appuyer un peu plus sa position de "j'ai-décidé-de-décider" commença à onduler bassin contre bassin. Mais les mains de Bruce attrapèrent solidement ses hanches, l'empêchant ainsi de bouger et son regard se fit plus dur – et Stark le savait, plus excité aussi.
"Je vais prendre ma douche Tony."
Sans mal, il repoussa le corps de son amant et se redressa. Tony le vit agiter sa tête de droite à gauche, cherchant manifestement quelque chose, et sourit en voyant le physicien enfiler un boxer.
"Tu sais, je l'ai vue hier. Je l'ai même touchée."
Mais Bruce ne répondit pas et fit le tour du lit sans le regarder.
"Je peux venir ?"
Il s'arrêta cette fois, posa sa main sur la chambranle de la salle de bain et regarda Tony par dessus son épaule.
"… Juste une douche, d'accord ?"
"D'accord, une douche et quelques roulages de pelles, noté."
"… Juste une douche et deux-trois baisers chastes, maximum."
Stark caressa son bouc, estima les enjeux du contrat et les trouvant satisfaisants, il se leva et rejoignit son amant sans attendre.
"Deal."
"Tony, mets un boxer…"
"Pourquoi, je vais le retirer dans dix secondes de toute façon."
Bruce soupira tout bas, réussit à retenir son regard de ne pas se focaliser sur le bas-ventre manifestement très réveillé de Tony, et ferma la porte derrière eux avant de se déshabiller rapidement et d'entrer dans la douche. Le milliardaire contempla cette salle de bain qu'il ne connaissait pas, il en avait fait les plans il y avait quelques années de ça mais il avait oublié avec quel goût exquis il l'avait décorée. Bien vite, les vasques en verre et les plans de travail en marbre ne trouvèrent plus grâce à ses yeux, la seule présence de Bruce et des gouttes d'eau ruisselantes sur son corps nu lui faisant perdre la tête. Il s'approcha à son tour et poussa la porte en verre pour venir se coller à ce corps désirable, avant qu'il ne pousse un petit cri horriblement féminin – à oublier, et vite.
"Putain que c'est froid !"
"Non, c'est tiède.", corrigea Bruce d'un calme olympien, passant ses mains dans sa chevelure.
"Non Bruce, c'est froid ! Tu n'as pas d'eau chaude ici ou quoi ?"
"Si, mais je préfère éviter le chaud. Surtout le matin."
Il le regarda en haussant les sourcils l'air de dire 'tu te rappelles ?' et ce regard, et la température négative environnante suffirent à calmer les ardeurs de Tony. Il contenait ses grimaces autant que possible, essayant de rester à une distance honnête du jet d'eau, sans vouloir non plus passer pour un lâche, lorsque la distraction de l'odeur du shampoing le happa. Il sourit en lisant "lavande", il avait donc raison, et se mordit la lèvre lorsque la bouteille fut abandonnée par des mains viriles à souhait qui déjà massaient une tête ornée de boucles affolantes.
Son regard descendit une nouvelle fois, il retrouva avec plaisir les épaules carrées légèrement. couvertes par des nuages de mousse, la chute de ses reins et, enfin, ses fesses fermes et indécentes qui, il en était sûr maintenant, avaient été créées dans le seul but d'être massées, pétries, flattées, embrassées, mordillées, et occasionnellement pour que Bruce puisse s'asseoir. Le contact fut rompu lorsque Bruce se retourna pour faire face à Tony, qui sans attendre happa ses lèvres, tout en tenant son corps à une distance maximale, pour ne pas faire toucher leurs membres et ne pas être mouillé par l'eau gelée. La position était des plus ridicules, mais au moins, ils ne se touchaient pas.
Bruce sourit durant ce premier baiser, posa ses mains mousseuses sur les épaules de Tony et se délecta de le sentir plus calme, sa langue chatouillant ses lèvres fermées, ses dents ne faisant pas partie de l'équation. Tony recula son visage, se trouvant soudain bien nul d'avoir accepté un deal où "roulage de pelle" avait été remplacé par "baiser chaste" et n'y tenant déjà pas plus, grilla toutes ses cartouches en embrassant à nouveau ses lèvres rapidement, puis son cou, et son torse ruisselant.
"Tony…", gronda tendrement Bruce en sentant le corps de son aîné se rapprocher du sien.
"Baisers chastes, comme tu as dis doc', je respecte les conditions. Cependant, tu n'avais pas précisé où."
Cette fois le physicien pesta ouvertement, l'attitude de Tony, bien qu'extrêmement jouissive, était dangereuse à tout point de vue. Dieu merci, il avait cependant un allié dans cette douche : l'eau. Il laissa donc son amant continuer de parsemer son torse de baisers rapides, avant que ça main ne coupe définitivement le peu de chaude qui coulait sur eux, pour se contenter d'une eau gelée qui l'aidait à se calmer. Stark frissonna à peine, du simple fait qu'il ne se rendait même pas compte du changement de température, trop concentré sur les doux outrages qu'il faisait subir au torse offert face à lui. Ses lèvres se posèrent sur son sternum, puis tout contre son nombril, sur ses abdos discrets, et enfin, il se retrouva à genoux face au corps tremblant de Bruce, et soupira tout bas en s'approchant de son membre, prêt à lui donner un ultime baiser.
La main du physicien attrapa rapidement son visage dans sa main pour l'empêcher de bouger. Stark vit la teinte verte fourmiller sous l'avant-bras face à lui, il ferma les yeux, s'empêcha de bouger et ainsi aveugle, il sentit l'extrême tension environnante, et pour la première fois, le changement de température qui s'approchait de la torture. Plus un mot de prononcé, seuls les clapotis des milliers de gouttes se perdant sur leurs corps et leurs souffles anarchiques emplissaient la douche gelée. Tony frissonna, ses genoux enfoncés dans le marbre, son corps tremblant, brûlé par le froid, son esprit volontairement paralysé, pour calmer ses ardeurs et pour ne pas inviter le Hulk dans leur étreinte improvisée.
"Petit-déjeuner ?", proposa-t-il en relevant le visage vers Bruce, tentant à tout prix de faire diversion.
"Petit-déjeuner.", confirma son cadet en le relevant de force avant de sortir rapidement de la douche.
Ils s'étaient à peine lavés, à peine embrassés, mais c'était déjà trop. Ils se rhabillèrent rapidement et se dirigèrent jusqu'aux cuisines, où Natasha et Clint étaient assis à une petite table. L'ingénieur tiqua, prêt à laisser un peu d'intimité à son ami qu'il savait galérer, mais Bruce les avait déjà salués et commençait à s'installer à côté d'eux. Il servit deux tasses de café, dont une qu'il poussa face à Tony, et ne toucha plus à la sienne, attendant que celle-ci refroidisse.
"Fury nous demande, nous partons à Petrovac dans l'après-midi.", leur avoua Natasha en faisant tourner sa cuillère dans son bol de thé.
"Pourquoi la Serbie ?", s'enquit Bruce en se préparant une petite assiette de biscuit.
"Pourquoi pas plutôt Venise ? C'est quand même bien plus intéressant.", ajouta Tony avant de jeter un coup d'œil à Clint qui dut jouer de sa mâchoire pour ne pas dévoiler son sourire – mais ils se comprenaient simplement du regard.
Natasha commença à révéler les détails de leur mission au physicien tandis que Stark en profita pour se pencher vers son ami.
"Vous deux ?"
"Nous deux.", confirma-t-il avant de cacher son sourire derrière son bol.
"Ne merde pas Clint."
"Oh ne t'inquiète pas, y'a pas de forêt enneigée là où on va."
"Salaud."
"Alors, vous vous êtes réconciliés finalement ?", intervint Natasha tout haut, interrompant ainsi les messes-basses de Stark et Barton.
Tony releva la tête, vit le doux sourire de la rousse ainsi que celui terriblement gêné de Bruce et répondit :
"On n'a jamais été fâchés."
"Ça va faire presque un mois que vous ne vous parliez pas, mais à part ça, vous n'étiez pas fâchés.", railla-t-elle en haussant un sourcil. "Étrange comme relation."
Il sentit le genou de Bruce se coller au sien et sourit malgré lui.
"Science bros.", donna-t-il comme seul argument en haussant une épaule.
"Science bros.", confirma Bruce, un sourire majestueux éclairant son visage.
Ils se regardèrent en silence, tout deux parfaitement satisfaits de cette expression qui pour le moment leur convenait très bien, et finirent leur petit déjeuner sans jamais séparer leurs jambes ; simple contact dont ils ne pouvaient plus se passer.
Le mois de mars fut d'une douceur exceptionnelle. Le soleil avait fait son grand retour, pour la plus grande joie de Tony, mais les températures restaient néanmoins raisonnables, pour le plus grand calme de Bruce. Ils ne s'étaient plus jamais vraiment quittés depuis leur retrouvailles, passant le plus clair de leur temps ensemble dans les laboratoires à travailler pour le SHIELD, pour les armures de Tony, ou tout simplement pour le plaisir.
Ils parlaient des heures autour d'une pizza froide, remettant en cause les théories de Leon Lederman sur les neutrinos, évoquant les dernières nouvelles de Natasha et Clint toujours coincés en Serbie, tentant d'imaginer ce que pouvaient être leurs vies s'ils se réveillaient après un sommeil de 60 ans, comme leur ami Steve. Ils s'endormaient bien souvent sur place, à même le sol, ou l'un contre l'autre dans un canapé en cuir, prenant rarement la peine de se glisser dans un lit. Les matins étaient de toute façon toujours les mêmes, ils ne prenaient pas le temps de se réveiller, corps contre corps, lèvres contre lèvres. Bruce se levait le premier pour éviter toute tentation et Tony avait appris à contenir ses folles envies.
Entre autre. Car si Tony devait ne retenir qu'une chose de leur relation, c'était la façon dont Banner lui avait appris. Il lui avait appris à attendre, à savourer la frustration. Tony, par définition, avait toujours tout eu. Son seul drame étant de n'avoir jamais réussi à maîtriser le temps. Et plutôt que de l'aider à construire sa fameuse Stark Time Machine, Bruce lui avait appris à vivre avec, à se satisfaire de ce qu'il avait, et à plus forte raison, à se satisfaire de ce qu'il aurait plus tard.
Leur relation avait ainsi évolué avec une douceur rare, satisfaite de quelques baisers passionnés et quelques caresses furtives. Science Bros comme les avait qualifié Tony, et cela leur allait parfaitement. Mus par le même intérêt – la passion en plus. De son côté, Stark n'avait pas oublié son nouveau projet. Il s'y consacrait chaque jours, préférant les moments où il était seul. Pepper lui avait donné son accord, le reste du conseil d'administration avait été réticent au début mais avait fini par reconnaître son génie, comme toujours. Il ne lui restait qu'à finaliser les derniers plans concernant les étages 10 à 20, avant de lancer la construction officielle.
Ce soir-là pourtant, Bruce l'avait rejoint dans son salon privé après avoir passé la journée avec Fury à évoquer plusieurs affaires sur lesquelles il serait amené à travailler en tant que physicien. Fatigué et ne désirant que la compagnie de son ami, il s'était assis sur le canapé tout contre Tony, avait posé sa tête sur son épaule et s'était assoupi en quelques secondes. Et comme Stark aimait cela. Voir son amant revenir d'une journée fatigante et plutôt que de le savoir rentrer dans ses appartements, le sentir tout contre lui. Il avait passé son bras droit autour des épaules de Bruce, sa main caressant inconsciemment sa joue mal rasée, de son autre main tapotant sur l'écran face à lui quelques instructions. Et sans s'en rendre vraiment compte, sa main droite calculait les mouvements circulaires de sa main gauche, caressant ainsi du bout de l'index les lèvres sèches de Banner.
Le geste répété de longues secondes, le physicien sans se réveiller glissa sa langue sur sa lèvre inférieure pour l'humidifier. Tony frissonna. Il ferma les yeux quelques secondes et se concentra sur les sensations naissantes tout contre son index droit glissant avec tendresse contre la lèvre récemment humidifiée. Il en fit le tour, lentement, de commissure à commissure, découvrant de son doigt ce qu'il avait si souvent baisé de ses lèvres. Ses caresses incessantes asséchèrent une nouvelle fois la bouche du physicien, qui par réflexe, sortit encore sa langue et cette fois rencontra le doigt de Tony. L'ingénieur soupira malgré lui, posa sa nuque contre le dossier du canapé et ouvrit les yeux en tentant de calmer les battements confus de son cœur. Autant l'avouer, la situation était aussi gênante qu'excitante.
N'y tenant plus, et profitant que les lèvres de Bruce étaient légèrement entrouvertes, il glissa le bout de son index contre la langue chaude, rentrant ainsi timidement son doigt dans la bouche de son amant. Bruce devait dormir pour accepter pareil traitement, mais impossible pour l'ingénieur de s'arrêter là. Il avait beau être le plus heureux des hommes depuis qu'il avait retrouvé Bruce, il n'en restait pas moins Tony Stark, et Tony Stark n'était justement pas n'importe quel homme. Il avait des envies, non, des besoins, et s'il avait toujours respecté la demande de Bruce, ce soir-là, sur ce canapé, son doigt prenant discrètement possession de sa bouche dans un geste de plus en plus explicite, il t'y tint plus.
Il posa sa main inactive sur son genoux, laissant en plan son travail, ferma les yeux en soufflant tout bas, et dans un geste bien trop jouissif, il fit aller et venir son doigt entre les lèvres de son amant, mimant ainsi pour la première fois une étreinte qu'il rêvait depuis des semaines. Il ne savait même pas s'il préférait que Bruce soit réveillé ou endormi, ne sachant s'ils pouvaient se permettre ce genre d'outrages, sans que le géant ne fasse son apparition. Et tant pis si ce soir, il n'y aurait que cela comme caresses, Banner lui avait appris à imaginer, alors il imagina. Il se sentait durcir dans son pantalon, perdu dans ses fantasmes où il remplaçait enfin son doigt entre les lèvres de son amant, allant et venant dans sa bouche avec douceur, profitant de la tiédeur exquise, jouissive au possible. Il gémit tout bas malgré lui, ses sensations chimériques réchauffant son corps entier, lorsqu'il sentit Bruce se redresser – et merde.
Banner se tourna légèrement et plongea son regard dans celui de Tony, prêt à lui mentir en lui assurant qu'il ne s'était rien passé et que le physicien avait du rêver, lorsque le milliardaire remarqua ses pommettes légèrement rosies et son regard voilé de désir. Ainsi, il en eut la certitude, il ne dormait pas.
"Bruce…"
Il s'apprêta à s'excuser lorsque l'appelé glissa lentement hors du canapé et prit place face à lui, entre ses jambes.
Alors, Tony arrêta de respirer.
Et Bruce sourit.
Il rejeta sa tête en arrière, fixant le plafond avec un intérêt somme toute assez mineur, tentant juste de calmer ses ardeurs, sachant pertinemment que Banner n'avait pas choisi cette position au hasard. Il ferma les yeux en sentant des mains chaudes se poser sur son jean dont chaque bouton sauta et inspira bruyamment lorsque son membre fut libéré de sa barrière de tissu. Il ne baissa toujours pas son regard pour freiner l'envie primaire de poser ses mains sur la nuque de son amant – ce qui pourrait être une sonnette d'alarme pour Hulk et plutôt mourir que d'arrêter là ce qu'ils avaient commencé.
Lorsque les rôles étaient inversés, Tony faisait attention au regard de Bruce, le maîtrisant lorsqu'il le fallait, et l'obligeant à contempler lorsqu'il le voulait. A contrario, lorsque le physicien était au commande, l'insatiable play-boy devait à tout prix calmer ses hormones et se retrouvait bien souvent à admirer un plafond blanc, une lampe quelconque ou un mur vide. Ils n'étaient pas égaux face au plaisir mais cela, il n'en avait que faire. Il ferma ses yeux en sentant le souffle chaud effleurer son membre tendu mais dut se rendre à l'évidence dans les longues secondes qui suivirent – rien d'autre que de l'air ne le touchait. N'y tenant plus, il baissa son regard – et se mordit instantanément la lèvre.
À genoux face à lui, Bruce, son regard voilé par le plaisir caché derrière ses lunettes, ses boucles retombant gracieusement sur son front, ses deux mains posées sur les genoux écartés de Stark et son visage, son magnifique visage à quelques centimètres de son membre déjà suintant. Puis un sourire, aussi dominant qu'insupportable.
"Tu me tortures.", gémit Tony d'une voix rauque, à la merci de son amant.
"Et ne compte pas sur moi pour arrêter."
Banner baissa les yeux, approcha ses lèvres du bout rougis face à lui, et Tony remarqua instantanément la lueur d'incertitude dans ses yeux. Certes, Bruce voulait tout contrôler, tout maîtriser, toujours était-il que ça, il ne l'avait jamais fait. Et bien que cela était terriblement excitant, Tony se demanda s'il ne devait pas préciser tout haut qu'il fallait à tout prix éviter d'utiliser ses dents. Il préféra rester muet, laissant à Bruce les commandes de cette première étreinte et d'un geste délicat, il caressa sa joue.
Ce geste sembla redonner confiance au physicien qui approcha enfin son visage et posa ses lèvres humides tout contre le membre de chair. Aucun des deux hommes ne sut qui avait gémi le plus fort à ce premier contact, Tony savait juste qu'une première fois n'avait jamais été aussi bonne. Pourtant, malgré la quantité de femmes, et le peu d'hommes, qui avaient partagé son lit, Tony n'avait jamais cherché la compagnie de personnes vierges. Il avait compris que ce n'était pas pour lui, car, il ne l'aurait jamais avoué tout haut, il estimait qu'une première fois était un événement important, quelque part précieux, et lui ne cherchait qu'une étreinte charnelle dans un lit, un ascenseur, un coup rapide dans des coulisses ou une partie à cinq brûlante. Peut-être était-ce pour cela que malgré la demande très-fort-sexy de Bruce de lui faire l'amour, il n'était toujours pas passé à l'acte. À cause de ça, et du Hulk, bien sûr.
Il fut sortit de ses pensées lorsque son membre prit petit à petit place dans la bouche de son amant et que ses gémissement se firent plus bruyants encore. Il avait posé ses coudes sur le dossier du canapé contre lequel il était appuyé, bien conscient qu'il ne pourrait en aucun cas faire pression sur la nuque de Banner pour prendre possession de sa bouche avec violence. Il respira plus fort encore lorsque les couinement discrets de son cadet firent trembler sa langue qui caressait inlassablement son membre, et rouvrit les yeux pour ne rien perdre de ce spectacle indécent.
Bruce était doué, foutrement doué. Et pour tout en plus. Physicien génial, ami loyal, amant incomparable. Il arrivait à rendre cette première fois tout simplement parfaite, sa bouche allant et venant sur le membre tendu à l'extrême, sa langue caressant son bout sans jamais pouvoir s'arrêter. Et ses yeux. Ses magnifiques yeux perçants à travers ses lunettes – ils les avait gardées pour la première fois et Tony savait déjà qu'il le supplierait de les garder à chaque fois qu'ils coucheraient ensemble à nouveau – et son regard plein de… Non, Tony n'arriva pas à cerner quoi. De la tendresse, pour sûr, de l'excitation aussi, mais il y avait un petit quelque chose de plus que l'ingénieur n'arrivait pas à décrypter. Il oublia tout ça bien vite, lorsque la bouche emprisonnant son membre accéléra ses frôlements, lui arrachant un petit cri alors qu'il se cambrait d'un coup.
"Doucement, Bruce…"
Et non, il ne l'avait pas frôlé de ses dents et il ne lui avait pas fait mal mais oui, c'était trop bon, et il ne restait qu'une chose à faire lorsque c'était aussi bon que ça. Il alla poser ses mains sur les boucles brunes pour lui faire reculer son visage, lorsqu'il vit le corps de Bruce trembler à son approche – non, ne pas le toucher. Il inspira profondément, son corps tendu à l'extrême, retenant sa jouissance à en perdre la raison et réussit à murmurer :
"Re-recule toi…"
Et alors qu'il le suppliait du regard, son cadet sous lui sembla sourire, une seconde, avant de reprendre dans sa bouche le membre brûlant. Tony ferma les yeux, expira dans un souffle bestial, serrant de ses mains tremblantes le canapé, tout son corps réchauffé d'une chaleur ennivrante alors qu'il se sentait jouir tout contre la langue qui le maltraitait de caresses, dans un cri profond qu'il ne retint pas. Tout son corps vidé retomba mollement en arrière, ses oreilles bourdonnantes, son esprit comme à des milliers d'années lumières de cette pièce.
Tous ses sens se décuplèrent ; son ouïe grâce aux halètements de Bruce qui enfin pouvait respirer, son odorat grâce au parfum excitant au possible de leurs deux corps frappés par la jouissance, son toucher avec tout son épiderme comme brûlé d'un mal exaltant, la vue lorsqu'il ouvrit les yeux pour attraper le visage de Bruce face à lui, et le goût lorsqu'il prit possession de son indécente bouche, se goûtant lui même, sa langue maltraitant sa jumelle dans un baiser bestial mais nécessaire. Il sentit Bruce frissonner lors de ce dernier contact, probablement perturbé par ce que cela signifiait vraiment, mais il n'en avait que faire, Banner devait s'habituer à ses envies, maintenant qu'ils commençaient réellement quelque chose.
"Tu es bien trop doué.", réussit-il à soupirer en caressant son visage.
"Tu ne m'as même pas dit ça lorsque j'ai découvert la magnétorésistance géante des couches ferro-magnétiques lundi dernier."
"J'ai tendance à me sentir plus concerné lorsqu'on baisse mon pantalon."
Bruce sourit en secouant légèrement. la tête, gêné par les propos de son ami et se laissa à nouveau entraîner dans un baiser plus doux cette fois.
"Je suis désolé, je t'ai empêché de finir de travailler… Sur quoi travailles-tu d'ailleurs ?", demanda-t-il en l'allongeant sur le canapé avant se s'allonger à son tour, tout contre lui.
"Bientôt – bientôt fini."
"C'est un projet secret… ?"
Sa voix était légèrement. inquiète – Tony ne lui cachait rien.
"Ne t'en fais pas, tu sauras. Bientôt."
Il caressa le visage au-dessus de lui de sa main chaude, encore profondément troublé par son orgasme récent et sourit. Comme il voulait lui dévoiler son projet, tout lui avouer, mais il devait, non, il voulait attendre, il voulait faire ça bien. Pour une fois, Bruce devait se satisfaire de ce qu'il aurait plus tard.
